‹ Correspondance inédite de Marie AntoinetteChapitre 12 sur 33 · I.ZXZIT HEMOIHE · texte numérisé non relu

I.ZXZIT HEMOIHE

et dans toutes les branches de l'administration. Pendant ce moment d'anarchie il est difficile de supposer que tous les employés archivistes soient demeurés bien fidèlement à leur poste, et que les Archives elles-mêmes aient été bien gardées et respectées.

II est au contraire plus que probable qu'au milieu du trouble et de la confusion inséparables de semblables événements, des mains infidèles ont pénétré dans ces archives, en ont enlevé les pièces tes plus importantes; et s'il n'en avait pas été ainsi, d'oii viendrait que le nombre de pièces concernant la Reine, et qui ont été transportées en France, est relativement si petit?

Mais l'attestation des Archives se trouve, avons-nous dit, confirmée par différents documents officiels du temps ; nous citons les principaux.

On voit en effet que, pendant l'occupation française, des mesures ont été prises pour s'assurer des papiers des Archives autrichiennes, et un ordre de l'empereur Napoléon, daté du camp impérial de Schœnbrunn, 9 octobre 1809. ordonne que :

POUR LA QUATRIÈME ÉDITION. lxxxy

<c L'intendant général nommera une com- « mission qui sera chargée de parcourir les ara chwes et dépôts de papiers autrichiens^ et <c d*enlever tout ce qui contiendrait des renseia gnements curieux ou des documents histo- « riques relatifs à P Alsace, à la Lorraine, à la « Franche-Comté, ou qui concerneraient soit a l'Espagne ou tout autre pays et allié de la ce France. »

Puis, dans le traité de paix, signé à Vienne le i4 octobre, on trouve encore à Tarticie VIII cette stipulation :

a Les titres domaniaux, archii^es, les plans et a cartes de pays, villes, forteresses cédés, sea ront remis dans l'espace de deux mois, après <c l'échange des ratifications. »

Croit-on que la remise de tous ces papiers, titres, archives, plans n'ait pas donné lieu à des recherches, à des inventaires, à des investi-^ galions, et qu'en vertu de la cession qui était faite à la France par ce traité de paix, de toutes ces pièces des archives, les commissaires français chargés de l'exécution de cette clause n'aient pas fait de recherches dans ces archives ; et

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n'est-il pas évident que s'ils n'ont trouvé qu'un si petit nombre de pièces, c'est parce qu'il y avait eu beaucoup de papiers enlevés avant leur arrivée ?

En présence de ces faits qui prouvent clairement que les archives de Vienne n'ont pas toujours été respectées et ne sont pas si intactes qu'on veut nous les représenter, qu'au contraire elles ont subi bien des vicissitudes, bien des dérangements, des éparpillements et infailliblement aussi bien des soustractions : on se demandera si les pièces produites récemment par M. d'Arneth méritent cette confiance aveugle dont on les a entourées dès l'abord sur la foi de Tarmoire privée de l'empereur d'Autriche, et si par ce seul fait qu'elles se trouvent à Vienne, elles ont le privilège exclusif de l'authenticité.

On a assez longtemps usé et abusé, contre nous qui n'avions pas d'armoire impériale privée à invoquer, de la difficulté de prouver l'origine de nos lettres, d'indiquer leur provenance première, pour que nous demandions à notre tour si les lettres des Archives de Vienne ont toujours eu une existence si calme et si im-

POUR LA QUATRlÈlfE ÉDITION. LXZXTn

muable, un état civil si bien tracé, qu'on puisse, en tout et toujours, les citer comme type et seul modèle.

On se demandera si, par suite des troubles inséparables de l'occupation, il n'a pu y avoir ni confusion ni substitution de pièces; et puisqu'on a taxé d'œuvre de faussaires la collection française, on aura le droit de demander pourquoi ce travail de faussaire n'aurait pas pu se pratiquer aussi bien à Vienne qu'à Paris; car, encore une fois, les Archives de Vienne n^ont pas toujours été si bien gardées que les détracteurs de la correspondance française veulent le prétendre, et elles ont dû, au contraire, subir infailliblement des pertes.

C'est ce que les hommes les plus compétents eux-mêmes, à Vienne, ne peuvent contester, et ce qui ressort du fait suivant raconté par M. d'Ameth, qui prouverait que, depuis longtemps déjà, des lettres de Marie- Antoinette circulaient à Vienne dans le public. M. d'Arneth rapporte que, vers le temps où l'attention publique commença à être vivement éveillée par les différentes publications rela-

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