M' CORRESPONDANCE
roit à craindre pour elles ; — j'ai une telle appréhension de ce mal que je presse beaucoup le roy de se faire inoculer avec ses frères, ce sera un bien bon exemple qui sauvera bien du monde. —
Le roy qui ne parle pas n'a point dit un mot sur le choix d'un ministère, il ne me semble point disposé à garder M*^ d'Aiguillon, l'àme damnée de la comtesse dulîarry et qui a trop de penchant pour la Prusse; ■ — j'ai mis en avant le nom de AF de Choiseul qui seroit bien pris du pays, mais on ne m'a pas répondu, on neparott pas lui être favorable et je ne sais qui sera désigné si ce n'est pas lui, je reviendrai à b charge dans un moment plus opportun ; je présume que le roy attend le rétablissement de ma tante Adélaïde avec laquelle peut être il s'est déjà entendu, s'il en étoit ainsi c'en seroit fait pour M*" de Choiseul et ça seroit M** de Machaut.
Le roy a fait enfermer la comtesse du B. avec injonction de ne lui laisser voir personne jusqu'à nouvel ordre, il arrive d'étranges rapports sur la famille de cette femme.
Je prie ma chère maman de me permettre dç
lui baiser les mains avec toute Tafifection que je lui porte et tout mon respect.
Marie Antoinette.
Choisy, ce i3inay (1774).
A SA SŒUR MARIE CHRISTINE
Ma chère sœur, j'ai écrit avant hier à Timpératrice mne pour lui donner quelques détails que j 'a vois appris autour de moi. : — Le dévouement de mes tantes a été vraiment exemplaire, et elles auront infailliblement pris la petite vérole du roy qui étoit mortelle, je crains beaucoup, pour elles et mon mari est très inquiet, — nous, avons très fréquemment de leurs nouvelles car elles sont dans le même palais oii elles occupent un pavillon séparé, — mes belles sœurs et les enfantes se portent parfaitement et sont hors de toute portée du mal comme nous. Nous vivons en famille et on commence à se rasseoir un peu. — La comtesse du 6. a été renfermée dans une