‹ Correspondance inédite de Marie AntoinetteChapitre 23 sur 33 · I3( CORRESPONDANCE · texte numérisé non relu

I3( CORRESPONDANCE

sa femme — j'ai fait de mon mieux pour !« recevoir dignement. — Le grand duc a beaucoup plu au roy, par sa simplicité, il paroit fort instruit et il se déride assez volontiers tout en gardant devant sa suite une réserve étudiée ; — la grande duchesse ne se départ pas d'une certaine roideur froide, elle décide volontiers et aime ù faire valoir ce qu'elle sait et le fait à tout propos. — Il est impossible de mieux parler le fraii- <;flis qu'ils le font tous deux — le grand duc connoissoit le nom et les ouvrages de Ums nos écrivains, et il leur a parlé comme à des conuoissances, quand Ils lui ont été présentés. Iji politique cruelle de la czarine a ressorti singulièrement dans un mot du grand duc au roy qui lui avoit demandé s'il étoit vrai qu'il n'y avoil pas dans toute sa suite une seule personne sur qui il piit compter. Ah bien, s'écria-t-il, jeserois bien fâché qu'il y eût auprès de moi le moindre caniche (idi'le à ma pei-sonne dans ma suite, ma mère l'auroit fait jeter à l'eau avant que nous ayons quitté Paris. Ce qu'il y a de siugulioc c'est qu'il n'étoit pas seid iwcv le roy quand il ;i tenu ce propos. — .l'ai doimé aux princes u\\

DE MAUIK ANïOliNETTE. 12Ô

souper comme à vous dans mon Trianon avec illuminations. Vous savez mon aversion pour le cardinal de Rohan à qui je n'ai pas parlé depuis son retour de Vienne, concevez vous qu'il ait eu l'impudence de se glisser dans les jardins à mon incu à la faveur d'un homme de service, et il se présenta plusieurs fois en ma présence. J'ai été très offensée de cette audace sans exemple et dont cet homme seul est capable. — Adieu, mon cher frère, j'espère que vous ne vous ressentez plus de votre indisposition. — Que n'êtes vous icy, la cour est très gaie en ce moment, elle vous donneroit de la distraction, vous êtes toujours présent à mes yeux.

Marie ANTOiNErrE.

Ce i6 juillet 1782.

Page 1