A LA GRANDE-DUCHESSE DE UUSSIE
ilARIE DE WURTEMBERG. '
Madame ma sœur, j'ai reçu avec une bien
ConilESPuNOANCK
;ulière satisfaction fa lettre que vous m'az dressée, le roy a été aussi fort touché de t de monsieur mon frère le grand due; vous a ^. laissé icv un sou\enir inefï'açjible et nous itons l'empire de Russie de l'espoir de vous posséder un jour comme souverains, j'aimeroi» à avoir une occasi) vous le prouver. — U v
a dans vos ; grâce et une amabilitc
qui feront le 'al dans votre pays, ei
les lumières d lue en feront un prince
accompli. — !z e la vie, madame ma
sœur, puisque i i i entourée de tous ses charmes, et rap] lezv is que vous n'avez laisse icy que des amis. .le prie Dieu qu'il me fournisse de nombreuses circonstances de me rappeler à votre souvenir et à celui de monsieur le grand duc et de vous exprimer tous mes sentiments de haute estime et d'inaltérable amitié. Votre bonne sceur et amie,
Marie Antoini^ite.
OË AfARlE ANTOINETTE. 127
Versailles, le ai juillet (1782).
A SA SŒUR MARIE CHRISTINE
Vous avez su, ma chère Christine, le départ du comte et de la comtesse du Nord ; le roy a^ voulu leur dire adieu une nouvelle fois, et toute . la famille royale est allée les rencontrer à Choisy. Après avoir visité la Bretagne et la Normandie, ils se rendront dans votre gouvernement par Ostende^ Nos adieux ont été fort affectueux et ils se sont montrés tous les doux très sensibles à Taccueil qu'ils ont reçu. La cour a été enchantée du grand duc qui est très affable, instruit, bien renseigné, et qui avoit toujours quelque chose d'aimable à dire. 11 étoit fort entouré des gens de lettres à cause des goûts de l'impératrice qui avoit icy des relations si assidues avec eux. Le roy n'a pas remarqué cependant qu'il eût adopté des opinions exagérées, du moins il s'est montré fort réservé à cet égard. Au fond, il a l'air d'un homme ardent et impétueux qui se contient et il s'est trahi par quelques paroles. Je
ISS QlIllUSl'ONDANCK
n'ai su que bien imparfaiteineiit l'effet qu'il a produit à Vienne. Pour la grande duchesse, c'est une belle personne qui a aussi une affabilité infinie ; comme son mari, elle n'est étrangère !l rien, elle est remplie de connoissances, mais je vous avoue tout bas qu'elle paroît trop vouloir en faire montre. Cependant, elle a laissé généralement une excellente impression, et si je ne me trompe, elle a le cœur bon.
Ils ont vu Paris dans les plus petits détaiU et comme ne l'ont jamais vu les gens du pays qui remettent toujours au lendemain. Depuis qu'ils sont partis, il nous revient de tous côtés sur eux des traits qui leur font honneur et des anecdotes sans nombre ; c'est à qui rapportera un de leurs mots. Du reste, vous jugerez vous même de ces voyageurs dans peu, et je serai curieuse d'en avoir votre opinion.
Adieu, ma sœur chérie, est-ce que votre mari n'est point à Bruxelles.''
Marie A\toini;itij;,
Dl!! MARIE ÀNTOlNEnrrE. 129
Ce 20 avril 1783,