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aimerais pas moins, et vous seriez aussi disposée que moi à les pardonner.
C'est une chose plaisante que l'histoire des couplets de M. de Lauzun. Je.vous ai envoyé par la poste un menu de souper, mis en vers par M. de Lille, dont je Q'ai pas écrit le nom, parce qu'il ne veut pas qu'on sache qu'il est ici. J'ai cru que vous le devineriez aisément, puisque je vous avais annoncé son arrivée; point du tout, vous lisez Lauzun au lieu de Lille. Vous nous parlez des couplets de M. de Lauzun, on les montre à M. de Gontaut comme étant de M. de Lauzun ; tout le monde ici demande les couplets, est étonné de ne pas les recevoir, et tout finit par le souper de M. de Lille !
M. le duc d'Ayen et M. de Schombei^ sont partis hier matin. Il reste ici madame de Tessé, qui partira dans quelques jours, ainsi que M. de Sarlabons', qui est venu avec elle, M. d'Estrehan de lundi en huit, M. de Boufflers vers les premiers jours d'août. M. de Beauvau va aussi en Lorraine, de là à Compiègne, et ne retournera peut-être point ici. Madame de Beauvau et madame de Poix resteront jusqu'à la lin d'août
Je cherche dans ma poche pour voir si je n'ai plus rien à vous dire. Vous me demandez pourquoi M. de Beauiïremont a loué une maison de campagne dans la vallée de Montmorency? La réponse est aisée : c'est pour manger des cerises.
' Le comte de Heun, grand-père du marquis de Meim actuel.
CORRESPONDANCB
& LA DUCHESSE DE CHOISEUL
Paris, ce 33 Juillet ITTt.
Faites-moi la grftce, je vous prie, chère graod'maman, de me transcrire la phrase de la lettre à laquelle vou* répondez. Je ne saurais cwicevoir ce que j'ai pu écrire. Je ne me souviens pas d'avoir parlé de vous à madame d' Aiguillon) si ce n'est avant-hier que je lui dis que je voua avais mandé que t'événement présent n'avait rien changé à sa conduite, à son maintien, etc. , etc. , et que vous m'aviez répondu que vous D'en étiez pas surprise, ayant d'elle la meilleure opinion à toutes sortes d'égards. Si c'est là une faute, JQ vous en demande pardon; mais vous m'en avez grondée d'avance, puisqu'elle n'a été commise qu'avanthier.
Je serais bien fâchée que vous n'eussiez point d'amia plus agréables que moi: mais je voudrais que vous n'en eussiez point qui ne vous aimassent d'une façon aussi désintéressée et atissi prudente. Il y a beaucoup de gloire à voua être attachée et au grand-papa ; mais oe n'est pas la gloire que je recherche. Je me contenta du plaisir que j'y trouve, et d'être votre enfant. Je vis tranquille dans mon tonneau, sans le pouvoir d'obUgw et la volonté de nuire. Je n'ai pas assez de crédit pour faire le bien, mais j'ai. la ferme volonté de ne jamais faire le mat, et je comprends dans le mal toutes tes imprudences qu'on pourrait faire en voulant servir ses
amis, comme les bravades, les services indiscrets. Tout le monde, c'est-à-dire les gens dont je suis connue, savent l'attachement constant et inviolable que j'ai pour la grand'maman, pour le grand-papa, et le désir que j'ai de les aller trouver. Voilà le compte exact de mes sentiments et de ma conduite. Je ne sais pas si j'ai la fierté anglaise, mais j'ai la noblesse française, et mes parents n'ont point à rougir de moi.
Can.
J'ai écrit cela avant-hier, après avoir lu votre lettre. Je n'espérais pas avoir une occasion si prompte; mais M. de Chabot vint hier chez moi m'apprendre qu'il partirait ce matin pour Jamac, qu'il passerait par Amboise, et qu'il se chargerait volontiers de mes dé-
Je n'ai rien à ajouter h ce que j'ai eu l'honneur da vous écrire, si ce n'est de vous prier d'avoir un peu meilleure opinion de votre petite-fille, et de n'être pas si susceptible des impressions qu'on voudrait vous donner contre elle. Je vous aime, chère grand'maman, et je ne le dis que parce que je le sens. Cela suffit poar vous répondre de ma conduite.
M. Walpole est pénétré de la plus vive reconnaissance de vos bontés, et du plus tendre et respectueux attachement pour celle qui a bien voulu le traiter comme son petit-fils. 11 vous dirait lui-même tout ce qu'il pense, s'il ne s'était mis dans la tête qu'il ne sait pas parier français. J'ai beau l'assurer qu'il se trompe, il ne me croit pas et veut que je sois son interprète.
CORHESPO^DANCl:
'. LA DUCHESSE DE CHOISEUL
A Cbanteloup, ce S6 juillet 1171 .
M. de Beauvau vous a grondée, ma chère petite-fille; l'abbé vous grondera, et moi je vous gronde de vous être inquiétée du mot i admiration '. • Comment peut-il être jamais pris en mauvaise part? Tout ce qui est honnête, tout ce qui est sensible est admirable à tout âge, en tous temps, en tous lieux. Du moment où vous avez pris la résolution de nous venir voir, nous l'avons admirée; nous en avons été touchés, nous en avons désiré l'exécution. Voilà ce qu'a voulu dire M, de Beauvau ; voilà ce que vous certifiera votre incomparable, qui est témoin de toute notre tendresse pour vous. — J'ai été aussi étonnée que charmée de le voir, cet incomparable ; mais je suis fâchée de le garder si peu. J'ai besoin de penser, pour m'en consoler, que c'est à vous que je le renvoie. Il prétend que vous gagnerez votre pari ' ; tant mieux pour lui, et j'espère aussi un peu tant mieux pour moi.
Le baron de Bézenval n'est point encore ici, parce qu'il s'est arrêté chemin faisant chez sa sœur. Je suis
' Dans une lettre qne nous avons omise, parce qu'elle ne conlenaic d'ailleurs que des répélitions, madame du Deffand, avec sa sutcepUbilité ordinaire, s'était montrée blessée d'un mot de H. de Beauvau, qui lui avait rapporté que l'annonce de sa prochaine arrivée à Chanteloup y avait été accueillie avec admiration.
* Qu'il n'épouserait pas la marquise de BonIQers.