‹ Correspondance inédite [de] Stendhal. Précédée d'une introdChapitre 14 sur 34 · A MONSIEUR THOMAS MOORE, A LONDRES · texte numérisé non relu

A MONSIEUR THOMAS MOORE, A LONDRES

Bologne, le 25 mars 1820.

Monsieur,

Les amis du charmant auteur de Lallah-Rookh doivent sentir les arts. Ils font sans doute partie de ces Happy-few, pour lesquels seuls j'ai écrit, Irès-fàché que le reste de la canaille humaine lise mes rêveries.

Je vous prie, monsieur, de présenter les trois exeni|>l;»ires * ci-joints à vos amis.

Je viens de lire Lallah-Rookh pour la cinquième fois, et suis

De VUisloire de la peinture en llaiie.

138 ŒlJVIltS POSTIIUJIES DE STENDHAL.

toujours plus éloiiné qu'iiu lel livre ail pu naître en Anglelerre, dans nu pays corrompu, selon rnoi, par une teinte de férocité hébraïque.

J'ai l'honneur dêtre,

Monsieur, Votre très-humble et obéissant serviteur, H. Beyle.

A KONSICLR BEXLP.ME, LIBRAIRE A LONDRES.

Bologne, le 25 mars 1820.

.Monsieur,

M. de Burral ma fait passer votre obligeante lettre. Le paquet (jue vous avfcï fait mettre à la diligence à Calais, probablement le 2 février 1819, n"étani point arrivé, je vous prie d'écrire. Je viens de recouvTer de cette manière, en provoquant des recherches, un paquet de livres qui a mis dix mois de Paris à Milan, où je réside todjours.

Comme j"ai quelque idée d'aller passer plusieurs mois dans le singulier pays que vous habitez, pour avoir un substantif à joindre à mon nom, je consens à être l'auteur de Vllistoire de la peinture en Italie, (jue le n" 04 de V Edinburg-Review traite trop bien.

Si, par hasard, on faisait à cet ouvrage le même honneur qu'aux autres, je verrais avec plaisir mon nom sur le titre de la traduction ; cela m'ouvrirait les ateliers des artistes, dont je compte particulièrement m'occuper en Angleterre. J"ai fini Vllistoire de la peinture en Italie; je pourrai occuper mes loisirs à faire Y Histoire de la peinture en Europe ; ']e lie i>uh\\eri\\ le tout que quand je trouverai un libraire (jui achète le manuscrit.

Vous pourrez donner gratis des exemplaires de la Peinture à Murray, Colburn, Lougmann, enfin aux libraires que votre connaissance de la place de Londres pourra vous faire penser cire dans le cas de s'occuper d'une traduction. Mais un ju^te

amour-propre ne me permet pas de provoquer le moins du monde celle Iraduclion, el je ne pense à y mctlre mon nom que pour pouvoir êlre accueilli de M. Th. Lawrence el aulres artisles gens d'esprit.

Il y a plusieurs erreurs de fait dans VIHstoire de la peinture, que je corrigerai avec plaisir pour le libraire de Londres, auquel j'enverrai, s'il le demande, trente pages au moins d'additions el de corrections.

Envoyez un exemplaire à M. Rich-Pliilips, le rédacteur du Mo)Uhhj-Bevietu, je crois, qui m'avait fait cadeau de son ouvrage sur le jury. Faites également remettre un exemplaire à M. llobbliouse, ami de sir Francis Burdelt, que j'ai eu Fbonnenr de voir à Rome.

Agréez, monsieur, l'assurance de ma considération la plus dis tinguée,

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