‹ Correspondance inédite [de] Stendhal. Précédée d'une introdChapitre 18 sur 34 · A SIR WALTER SCOTT, A EDINBOUBG · texte numérisé non relu

A SIR WALTER SCOTT, A EDINBOUBG

A la Porelta, le 18 février 1821.

Monsieur, S'il vous convient de faire prendre à Paris les livres dont Y\v * Peut-être celle lettre n'est-dle pas parvenue à Walter Scott, car le

dication est ci-jointe, j'aurai trouvé un faible moyen de marquer ma reconnaissance de l'extrême iilaisir que vient de me donner the Abbot.

Quel dommage que l'auteur n'ait pas eu à peindre le moyen âge de celte admirable Italie' 11 aurait trouvé les premiers pas de l'âme humaine vers la liberté. Au lien de l'égoïste héroïsme de l'absurde féodalité, il eût trouvé sous ses pas la peinture de tout ce que l'àme humaine pouvait alors pour le bonheur de tous. Les idées étaient encore obscures et incertaines, mais les âmes avaient toujours ici, en 1400, un degré d'énergie que, depuis, elles n'ont plus retrouvé nulle part.

Malheureusement, pour se procurer la vision du moyen âge de ce pays, il faut s'enterrer au milieu de monceaux de parchemins poudreux, qui, encore vers 1G50, furent brouillés et gâtés exprès par les jésuites. Aucun écrivain n'a cherché à donner un recueil sincère d'anecdotes peignant les mœurs de celte époque. Quels ne seraient pas les transports de l'Europe si un homme comme l'auteur de Waverley lui révélait la vie de Cola di Bienzi, ou l'exil du premier Côme deMédicisl

Pignotli [Storia di Toscana, Firenze, 1810, 9 vol. in-8°) peut servir de fd pour ne pas s'égarer au milieu des auteurs originaux, qui, eux-mêmes, ne sont qu'une introduction aux manuscrits qui renferment la véritable physionomie des lemps. Un guide agréable serait aussi le Famiglie illuslri d'Ilalia, di Pompeo Lilta, Milano, 1820; Burchard, Journal d'Alexandre VI ; Fiorlifioca, Viln di Coin di Ricnzi, etc.

Du reste, on prend la liberté de présenter les ouvrages mentionnés dans la note ci jointe, non comme objets agréables, les principes poliliques sont trop différents, mais comme signes de reconnaissance. Les amis de l'auieur de Marmion doivent être d'excellents juges; c'est pour cela qu'on a mis des doubles.

J'ai l'honneur d'être, monsieur, votre très-humble et Irèsohéissaut serviteur.

U. Deyle.

manuscril sur lequel on a pris celte copie est sans rature et porte la signature de Deyle. (11. C.)

j:OSSIEUr. LE EARON DE M..., A PAr.TS.

Milan, le 7 mai 18-21.

.''éiais fort en peine de la sanlé de ma pauvre mère*, lors- (|ue j'ai reçu intacte votre lettre du 11 avril. Je vous ai écrit plusieurs longues lettres, ensuite doux ou trois lettres plates, comme celle-ci. M. Dominique est un original qui sera avec vous dans trente jours ; je serais fàclié quil dût embrasser Besançon à travers la Manche.

La chute délia Pielra di Paragone vous démontre ce que j'avance depuis cinq ans : qu'un Parisien comme vous et un Italien tel que moi avons un goût différent. De plus, chacun a le bon goût s'il parle sincèrement. Tout ce dont je puis vous assurer, c'est que la chute du Sigillara (nom d'amour donné à la Pietra) a produit un grand scandale dans Landerneau, et que le nom d'oreille de parehemin a été prodigué aux gens de bon goût par excellence. Sigillara, avec YUaliana et Tancrcde, portera le nom de Rossini à la postérité. Du reste, il est drôle de dire, à propos de la Pietra, que Rossini se répèle : c'est son troisième ou quatrième ouvrage. Vous avez pris les répétitions par la queue. Ne prenez jamais conseil de Dominique sur les choses qui doivent plaire à Paris; en ce sens, il manque d'yeux; il peut dire ce qui plaît généralement ici et ce qui lui plaît.

J'ai vu 31. Ilérold, que j'ai trouve gentil, mais déjà diablement, je ne dirai jamais gdté, mais changé par l'air de la Seine. Le Français actuel me fait l'effet du singe. Donc à vos yeux je serai le lourd éléphant, e sempre hene.

Les arts sont morts et enterrés. Nous avons ici Mercarlanle. C'est le seul maestro qui se dislingue un peu, avec Pacini. Le duo de Frédéric li est sublime ;JOMr moi. On dit qu'il l'a volé; voilà la question.

' La France.

Le premier acte de la Pucelle de Vigaiio, copié de Scliiiler, fut un clief-d œuvre en son temps, et par moi à vous décrit, les quatre derniers actes plats. Ce grand homme balifiera en août

Adieu. Dominique sera à Paris au commencemcnl de juin. Vous trouverez en lui un animal de plus en plus différent du Français aimable, et probablement aussi insupportable à vous que les Saint-.\iil)in et compagnie le sont à lui.

RoiiEUT.

A JlOiNSIEUR LE CAI;0.N DE M. ., A PAUIS.

Milun, leGjuin 1821.

Je vois que vous n'aurez pas reçu la longue lettre que je vous ai écrite sur le !^ucl:;és d'ADiiinio, à Venise. Crivelli y était trop chaud; musique sublime de Pavesi, je crois, qui depuis vingt ans ne faisait rien qui vaille. Paroles qui ont enlevé; malgré les fautes de langue, il paraît qu'il y a du romanti(ine. Cela va bien au nom de l'auteur, qui est simplement Diedevaracovitz, jeune genlilhomme, qui vit à Venise. Tout cela, orné de phrases convenables, a fait, dans son temps, une lellre de quatre pages. Si vous l'avez reçue, rappelez-vous toujours qu'il faut multiplier tous mes résultats par le rapport j, le goût de Paris divisé par le goût italien; car je parle à des b.irbares qui ont sifflé Siyillnra, qui est au Barbier ce que le Tartufe est au Cocu imaginaire.

Comment va le voyage de Besançon en England? Dominique serait bien piqué d'être oblige de débutor dans l'île de Barataria', sans le secours de son Menlor. Que penseront de moi les Malo renforcés et les Saint-Aubin en carrosse, si vousne dirigez mes pas? C'est cette énorme hypocrisie nécessaire qui me dés-

Paris. — Dominique, c'est Beyle lui-même.

espère. Je suis allé voir la relraile de Dominique sur le lac de Como ; j'y ai passé dix jours avec ma sœur ; c'csl là qui! viendra. Il voudrait déjà être hors de Paris; te^l une expérience ennuyeuse, qu'il lente uniquement par respect pour voire prudence.

M. Levati a publié quatre volumes des Voyages de Pétrarque. Ce sont des extrails consciencieux, et surtout plats, des œuvres de Pétrarque. Cependant cela a un peu du mérite tVAnacharsis, et réussirait en Angleterre-, l'ouvrage se composera de cinq volumes. Comme je connais Pauteur, Utiles annoncer, si vous li» pouvez.

La charmante Schiassetli reste encore un an à Munich. Madame Pasla, chantant à la française, chant iieurté, aura dû plaire aux sifflcurs de la Pietra cli Paragone.

11 fait un froid de chien en Suisse et probablement en France.

Auguste ,

A IJONSIF.UR r.. C..., DIRECTEUR DES CONTRICUTIOKS INDIRECTES A SIONTCRISON (lOIISE) .

Paris, le 29 décembre 1821, à onze heures et deiuie du soir, en rentrant, n'ayant rien à lire.

Je t'envoie, mon cher ami, un dialogue dont j'ai clé, ce soir, à lOpéra. un des interlocuteurs, et que tu auras mot à mot, tel (lu'il a eu lieu. Poumons, habitants de Paris, cette conversation n'offre rien de bien neuf; mais, dans ta pauvre petite ville, elle aura peut-être pour toi quelque intérêt.

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