‹ Correspondance inédite [de] Stendhal. Précédée d'une introdChapitre 31 sur 34 · FRANÇAISE · texte numérisé non relu

FRANÇAISE

Paris, le 1824.

Monsieur,

J'ai le projet un peu hardi, peut-être, de solliciter voire voix

pour être admis à l'Académie française. Je compte prendre

celle liberté vers l'an 1845. A celle époque j'aurai soixante

LETfilES A SES AMIS. 269

ans, rAcndémie ne comptera probablement plus parmi ses membres plusieurs hom.mes fort bonnêtes, fort estimables, fort aimubles, mais qui, peut-être à tort, ne me semblent pas des juges littéraires.

Un médecin qui a de l'expérience fait une monographie de la ficvre. Vers la fin d'une jeunesse fort agitée un oisif a essaye de faire une monographie de celte maladie que tout le monde prétend avoir eue et qu'on appelle l'amour. On dit que les premières pages sont obscures. L'auteur serait heureux si l'homme supérieur, qu'il scnnilalise peut-être, pouvait arriver jusqu'aux dernières pages de l'amour et se dire : Après l'admission de MM. tel, tel, tel, je donnerai ma voix à celui-ci.

Il est avec resuect,

Auteur de la Vie de Rossini.

A KOSSlEUr. LE DARON DE M , A llOXFLEia.

Pans, ie 15 oclùLre 1824.

J'aime mieux, cher ami, ce que vous me dites du caractère gai que si vous m'appreniez (jue vous avez trouvé auprès du grand crucifix, à un quart de lieue au levant de Ilondcur, deux billets de mille francs. Voilà un mariage qui s'annonce bien.

Je vous trace ces lignes mourant de faim et sortant du lit, où l'on vient de m'apporter voire épîlre ; je vous ferai une longue lettre un aulre jour.

Tout le monde en veut à M. de Viilèle; pour moi, je l'aime comme bon financier et anlillusse. On dit qu'il va êlre fait duc;

gare pour la popularité de Charles X. S vient de lancer

une pliilippique contre ledit Villcle. — Le clergé paraît s'être fort barbouillé par son indigne procédé envers le fou roi, son bienfaiteur; les prêtres voulaient que sou corps allât à ÎXolrc- Dame, connue ce pauvre Uenri IV.

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