‹ Correspondance inédite de Voltaire avec Frédéric II, le président de Brosses et autres personnagesChapitre 15 sur 61 · VOLTAIRE , A M. DE COURTEILLES · texte numérisé non relu

VOLTAIRE , A M. DE COURTEILLES

COHSEILLSA D*£TAT.

A Fernejy iSnoyembre 1761.

Monsieur, si M. le président de Brosses est B.oi de France , ou au moins de la Bourgogne cis-jurane ^ 9 je suis prêt à lui prêter sermeut

cule affaire sera abandonnée ( Toir lettre LIII ci- après). On conçoit qu'il convint à Voltaire de présenter le moyen ée conciliation proposé comme une victoire. (Voir également les lettres LiV et LY , écrites par Voltaire à M. 4e Raffey. ) .— Au moins est-il certain que TafKaire ne reparut plus au bailliage de Gex.

Du reste la lettre qu'on Tient de lire, toute d'abandon et de premier mouyement, résume très-bien cette inqualifiable contestation . On peut regretter que M. de Brosses ne se soit pas résigné plutôt à demeurer dope; mais il paraît difficile de préférer le rôle de Voltaire à celui du Président.

' Barberie de Courteilles 9 ex-ambassadeur en Suisse^ mari de Madeleine Fyot de La Marche , fille de l'ancien premier Président de ce nom (Claude-Philippe } , dont Voltaire avait eu la visite deux mois Auparavant.

'^ Le pays de ûex formait précisément la frontière àt la Bourgogne cis-jurane , parce qu'il était au pied du Jura | du côté de l'Italie.

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de (idélltë. Il n*a voulu recevoir ni d'un Jiuis* $iery ni de personne ^ l'arrêt du Conseil à lui envoyé, par lequel il devait présenter au Conseil du Roi les raisons qu'il prétend avoir pour s'iemparer de la Justice de la Perrière qui âp^ pariient à S. M. '.

Il me persécute d'ailleurs pour cette bagatelle , comme s'il s'agissait d'une province. Voua en jugerez, Monsieur, par la lettre ci-joitite

• Voy. page 94 ^ noie 1. ^-Une lettre d a président de Brosses à Voltaire , tardivement retrouvée y rélablii dans S04 vrai jour sa manière d'agir au sujet de cette interminable contestation de la Perrière. Voici cette nou« velle lettre, qui est de mai 1760.

<c On m'a envoyé de Paris, Monsieur, des extraits de pièces et mémoires que vous avez envoyés an Conseil pour établir que Feudroit de la Perrière où 8*est commis le délit de Panchaud , est de la justice et iuridictiou de Genève, non de celle de Tournay , et que la République ayant cédé ce droit au Boy , par le traité du mois d'aoust 1749 , ce n'est ni au seigueur de Touruay , ni ^ Mong'^ le comte de La Marche, seigneur eogagiste de Gex , à faire les frais de la procédure, mais au Roy lui-même. •

(t Je souhaite fort que cet article de frais , dont Thonnenr n*est nullement désirable , puisse regarder S. M. J'ay fait ce que j'ay pu pour faire entrer dans cette idée M. le Procureur Général, qui , de son côté , avoit bonne envie d*y être ; et j*ay eu l'honneur de vous envoyer la note de ce que j'avois d'enseignements Ih-dessus^ qui u'étoient pas trop favorables. Je désire de tout mon cœur que vous en ayez trouvé qui le soient davantage.

« Pour raoy , je n'ai jamais rien ouy dire de pareil. Je n'ajr pas sçu que la République de Genève ayt jamais prétendu ni exercé aucune jurisdiction sur ce canton y qui est du territoire de 1%

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que j*ai élë forcé de lui écrire ' , et dont j*ai envoya co[He à Dijon à tous ses confrères ^ qui lèvent les épaules.

Au reste , Monsieur , je ferai lout ce que vous voudrez bien me prescrire, et je vous obéirais avec plaisir, quand même je serais Roi de la Bourgogne cis-jurane, ainsi que M. le président de Brosses.

J'ose imaginer, Monsieur, que le Roi peut à toute force conserver la Justice de la Perrière, malgré la déclaration de guerre de M. le Président*.

J'ai l'honneur d*étre , etc.

France, mais au contraire qa^le y a été exercée par le juge de Toumay.

<c Mais , comme d*une part , je souhaite de tout mon cœur que TOUS puissiez être déchargé de cette épave désagréable , et que d*autre part , il ne seroit pas naturel que je me misse moi-mcme de la partie contre les droits de ma terre , je resterai neutre sur ceci , sauf à revenir un jour à dire mes raisons, si elles sont bonnes , dans un temps où vos intérêts ne seront pas compromis.»

' La lettre duao octobre 1761. On voit que Voltaire n^épargnait rien pour la publicité de ce libelle.

* Cette lettre , publiée pour la première fois par Tédîteur de 1808, a depuis été reproduite dans toutes les éditions de la Corr, gén. On ne la donne ici que pour compléter les pièces justificatiyes du démêlé de Voltaire avec le président de Brosses.

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