A M. BB TA MARCHE
taire serait le résultat de dos conférences* Je serais votre secrétaire. Mille tendres respects.
A Fcmey, ao octobre 17^1.
Votre charmante lettre du cinq octobre m*a trouvé, mon très-respectable ami, dans un moment d'enthousiasme et l'a redoublé j vous avez été le génie qui m'a conduit; vous devez savoir , en qualité de génie, que le sujet d'une tragédie me passait par la tête. Je ne voulais ni de froide politique, ni de froide rhétorique, ni de froides amours. J'ai trouvé tout ce que les plus grands noms ont de plus imposant, tout ce que la religion secrette des Anciens , si sottement calomniée par nous, avait de plus auguste, de plus terrible et de plus consolant , tout ce que les passions ont de plus déchirant , les grandeurs de ce monde de plus vain et de plus misérable ^ et les infortunes humaines de plus affreux. Ce sujet s'est emparé de moi avec tant de violence que j'aifaitla pièce ^ en six jours en comptant un peu les nuits. Enstdte il a fallu corriger, voilà
' Olympie,
pourquoi je vous remercie si tard de toutes les bontés dont vous m'honorez.
Je suppose qu*enQn vous avez des nouvelles de madame de PauJmy ' et peut-être est-elle chez vous. Permettez que je vous en félicite et que je lui présente mon respect. Je suis ému plus qu'un autre des sentiments de la nature^ car c'est ce qui domine dans la pièce dont je vous parle. Cest ce qui me faisait verser des larmes en écrivant cet ouvrage avec la rapidité des passions.
Vous avez dû ^ cher et illustre bienfaiteuV des arts, recevoir parM.de Varenne, secrétaire de la noblesse de Bourgogne, un paquet où étaient les desseins de votre graveur. Je vous ai conjuré de permettre qu'il travaillât pour Pierre et que les Grammers lui donnassent un petit honoraire* Je persiste dans ma prière.
. Je vous rends grâce de l'arbitrage de M. votre
' Suzanne 9 fille putnéedeTancienF. F< de la Marche , mariée à Antoine Rénéde Yoyer d^Argenson, marquis de Paulmy , né le aa novembre 172a , mort le 1 3 août ij^j* Leur fille unique épousa le duc de Luxembourg.
Le marquis de Paulmy avait été ambassadeur à Venise, membre des trois Académies et créateur de Timmenst bibliothèque de T Arsenal. C'est lui qui a publié les 40 premiers volumes de la Bibliothèque des romans •