‹ Correspondance inédite de Voltaire avec Frédéric II, le président de Brosses et autres personnagesChapitre 29 sur 61 · A M. DB I.A MARCHE · texte numérisé non relu

A M. DB I.A MARCHE

même. Que n'ai-je pu y être un de vos sujets ! Je vous demande en grâce , mon grand magistrat , de vous faire donner , quand vous serez à Paris , le Mémoire à consulter des Calas, signé par quinze avocats. M. d'Argental vous le procurera facilement. Vous n'êtes pas homme à croire qu'un Parlement aye toujours raison. Je m'en rapporte à votre jugement sur cette affaire comme sur bien d'autres. Vous aimez la justice et la vérité encor plus que l'intérêt des Classes ' . Conservez votre santé , votre gaité et vos boutez pour moy.

A Ferney, 18 décembre 176a.

Mon digne magistrat, mon philosophe humain , où êtes-vous ? que faites- vous ? Est-ce le malin peuple de Dijon , ou le tranquille séjour de La Marche , ou le fracas de Paris qui vous

' Tous les Parlemens du Royaume affectaient de se considérer comme un seul et même corps 5 chaque Parlement de province se disait une Classe du Parlement du Roi. -i^ Voy. sur cette pr^tentioA l'Hlst. du P* d« Brosses,

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possède ? Je suis bien malheureux qua nous ue soyons si voisins que pour ne poiai pous voir* Fâudra-t-il que je meure sans avoir eu eacor la consolation de philosopher uq peu avec yous ?

Il y a une terrible tracasserie k l'Acadeu^îe de peinture de Paris au sujet de votre dessina-^ leur. Je luy avais bien dit qu'il fallait qu^e- touttes. les estampes fussent de la n^n^ di^ien^on ; oa ne veut point de cette bigarrure. On a soulevé des. souscripteurs ; on prétend que les figures de M. Devoge sont trpp grandes; qu'elles doivent être de la même proportion que celles de Paris., Enfin c'est un schisme ; vous sentez bien que je suis pour la tolérance. Je crois qu'il importe peu que les Attila y les Pertharite y\es Pulchéries , les Suréna , les Agésilas , les don Sanche d'Arragon , soient grands ou petits j mais j'ay affaire à des gens têtus ^ et me voylà y si parva licet componere magnis , comme le Roy entrç les jansénistes et les molinistes.

Yoylà une affaire plus importanteque je confie à votre amitié et à vos bontéz. Je suis sur le point de marier la nièce de ce Corneille dont je s^uis. le con^^^entateur^ et je ne La marie pas avec la raison sans dot : outrQ ce que je luy ay déjà as&uréy il faut luy donner vingt mille francs, et je n'ay presque point de bien libre. J'ay compté que ces vingt mille francs seraient bip-

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