A M. DE RUF7£T
Voilà irc^ de latin* Je vous dirai en français que toute ma fiimille est aux pieds de madame da Rufifey et que mon cœur est à vous pour jamais»
xm.
Aux Délices , et 3 mars 1759.
Vos rosiers sont dans mes jardins^ Et leurs fleurs Yont bientôt paraître.
Doux azlle où je suis mon maître !
Je renonce aux lauriers si Tains ^ Qu^à Piaris j^aîmai trop peut-être.
Je me suîa trop piqué les mains Aux épines quUis ont fait naître.
Je viensde recevoir^ Monsieur^ et de fiiire planter sur-le-champ vos jolis rosiers de Bourgogne } l'y ai mis la main , je les ai baptiseade votre nom : ils s'appellent des RuJQfey , et j'en donnerai sous ce nom à mes voisins qui partageront ma reconnaissance. Pourrais-je me flatter que vous vien^ drez les voir quelque jour^ et que vous n'ou* blierez pas entièrement ce petit coin du monde que vous embellissez par vos présens? Vous .serez probablement dans vos terres cet été; je viendrais vous y voir si je pouvais abandonner
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un moment mes maçons et mes charpen tiers. Je commence par me ruiner aTatit dé donner mon aveu et dénombrement à la Chambre des comp-» tes 9 qui ^ probablement^ me fera interdire quand elle saura que je dépense vingt mille écus à bn chàtau dont la terre ne vaut pas trois mille livres de renies. Il n'en sera pas de même de Tournay : je ne dois rien pour cette acquisition j j'y suis entièrement libre, et c'était là l'objet de mes tendres vœux. J'ai rempli la vocation de l'homme ; Dieu l'avait créé libre et je le suis devenu; c'est assurément la plus belle fortune qu'on puisse faire. Ma nièce de Fontaine sera encore plus heureuse que moi : elle aura l'honneur de vous voir y vous et madame la présidente de Rufifey , à la fin du mois , si vous êtes à Dijon.
Je ne sais si je vous ai mandé que le roi de Prusse m'avait envoyé deux cents vers de Brest* lau y dans le temps qu'il assemble deux cent mille honunes. On commence déjà à rougir la terre avant qu'elle soit verte : cela est infernal. Les Jésuites plus infernaux encore , s'ils sont en effet convaincus d'avoir trempé dans le parricide du roi de Portugal. On ne leur jette encore à Paris que des oranges de Portugal à la tête ; mais si le crime est avéré, on leur jettera de grosses