‹ Correspondance inédite de Voltaire avec Frédéric II, le président de Brosses et autres personnagesChapitre 41 sur 61 · V. T. H. Ob. S.^»^- , V · texte numérisé non relu

V. T. H. Ob. S.^»^- , V

it«»«

xu.

i5 Mai 1765, à Fernej.

Je vous l'ai déjà dit, mon cher Président, il faut que vous pardonniez aux malingres de répondre tard; vous comptez plus assurément sur mon tendre attachement pour vous que sur mon exactitude.

Il est vrai que je bâtis ^ mais jç ne m'en oc-

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cupe guère. Je prendrais beaucoup plus d'intérêt à l'architecture 9 si je pouvais jamais espérer de vous recevoir dans les apartemens que je fais.

Je vous remercie des bontés que vous avez eues pour M. Dupuiis, mon gendre ' ^ il a ua procèz contre des huguenots, et moi j'en ai un contre un prêtre ; nous verrons si je l'emporterai sur Juda, et lui sur Samarie.

Je ne sais si M. l'ancien Premier Président de la Marche est dans sa terre; s'il y est, je vous suplie de lui dire, quand vous ]ui écrirez, qu'il aura en moi, jusqu'au dernier moment de ma vie, un serviteur bien tendrement attaché. Je ne. lui écris point , car à quoi servent des lettres qui n'ont d'autre objet que celui de renouveler des sentimens dont il doit être sûr ? Je lui écrirais très-souvent si j'étais à portée de recevoir quelqu'un de ses ordres.

J'aurai l'honneur de vous envoyer l'édition in-4^ qu'on va faire de bien des sotises ^ y si je suis assez heureux pour la voir finie.

Conservez-moi votre amitié , elle m'est prétieuse. Mille tendres respects.

' Dupuîts, mari de M^He Corneille, avait passé qnelques jours à Dijon, chez M. de RaHey, en avril 1^65. Grimm ne vante pas son esprit.

^ L'édition de ses œuvres par les Cramerr

A M. SE RUFFET- 370

XLn.

i8« Sept. 1765 , à Ferncy.

J'ai reçu de mon mieux vos deux conseillers, mon cher Président , tout malade que je suis. Je m'intéresse vivement aux progrès de votre Accadémie 5 vous l'avez établie et vous la perfectionez. Je ne peux que vous applaudir de loin. Si vos magistrats avaient pu rester quelque temps dans nos cantons, ils auraient vu chez moi une assez bonne comédie, qui se soutient malgré le départ de M*^*^ Clairon. Il faut avouer que cette M^*« Clairon est bien étonnante j en vérité je n'avais point d'idée d'un jeu si supérieur. Toutes les actrices que j'avais vues jusqu'à présent, excepté M**® Duménil, n'étaien( que de froides marionettes.

J'aurais bien voulu vous tenir à Ferney avec M. l'ancien Premier Président de La Marche, voire ami. Je fais bâtir deux ailes pour vous mieux recevoir si jamais vous revenez dans' nos déserts.

Conservez-moi des bontés qui seules peuvent me consoler de votre absence.

38o XBTTRES DE VOI.TAIAE

A Femeyi 18 janvier 1766.

Mon cher confrère , voire jeune François ' me charme et m^étoune.

D'où TÎent qu'aux grands Condés il craint de rendre

hommage?

C'est à lui seulement de chanter ces guerriers 9 A lui qu'on voit comme eux se couvrir de lauriers ^ Dès le hean printemps de son âge.

Enfin donc voilà le père et le fils^ comme ils doivent être. J'écrirai à mon conlemporaiu silôl que mes maux me permettront d'écrire.

Rousseau est un grand fou , un méchant fou y et un malheureux fou. Je me suis occupé pen» dant deux mois à jetter de Teau sur les char-^ bons ardens qu'il avait répandus dans Genève»

Puisque vous m'avez envoie des vers, en voici que je vous prie de ne montrer qu'à d'honnêtes gens ^ .

* François de Neufchâteau, qui venait d'être nommé membre de l'Académie de Dijon , à l'âge de 1 5 ans.

^ Les deux Premiers Présidens de la Marche.

' J'ignore quels étaient les vers inclus dans cette lettre.

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