‹ Correspondance inédite de Voltaire avec Frédéric II, le président de Brosses et autres personnagesChapitre 50 sur 61 · FRÉDÉRIC , A VOLTAIRE · texte numérisé non relu

FRÉDÉRIC , A VOLTAIRE

Il n^étaît pas nécessaire que tous prissiez le prétexte du besoin que vous me dites aToir des eaux de Plombières pour me demander Totre congé'. Vous pouvex

' Voltaire , déjà sous le poids de la disgrâce ouverte de Frédéric qui y le 24 décembre , fit brûler ^ par la main du bourreau , la Diatribe du docteur Akakia, songeait à se rattacher à la France.

* Publiée par M. Beuchot sons le n» 1968 de son édition, ce qui lui assignerait la date du 16 mars 1753. C'est le 18 mars que Voltaire reviut occuper à Potsdam le même appartement quUL avait eu aux jours de sa faveur. Gela suffit pour prouver que cette lettre est plus ancienne. Par les raisons développées dans la préface de ce Supplément , je crois que la vraie date est le 29 ou le 3o décembre.

3 Après réclat du aj décembre , Voltaire avait demandé un congé et non son congé ce avec promesse de revenir et avec le « ferme dessein de ne revoir Frédéric de sa vie m, comme il le dit lui-même dans ses Mémoires, Dès le mois d'octobre, M">^ Denis lui avait suggéré le prétexte des eaux de Plombières , et Voltaire Tavait rejeté (lettre du i5 octobre 175a). Poussé à bout par la scène du 24 , il s'était apparemment résolu , comme en désespoir de cause , à suivre le conseil de sa nièce , appuyé d'une consultation dç Bagicu (lettre à ce dernier, du 19 déc— Beuchot,

l4 LETTRES DE VOLTAIRE.

quitter mon serTice quand tous voudrez ; mais avant de partir, faites-moi remettre le contrat de votre engagement , la clef y la croix y et le volume de poésies que je vousaiconfié * . Je souliaiterais que mes ouvrages eussent été seuls exposés à vos traits et à ceux de Kœnig. Je les sacrifie de bon cœur à ceux qui croient augmenter leur réputation en diminuant celle des autres. Je n'ai ni la folie y ni la vanité de certains auteurs. Les cabales Ae% gens de lettres me paraissent Popprobre de la littérature. Je n'en estime cependant pas moins les bonne tes gens qui les cultivent. \je^ cbefs de cabale sont seuls avilis à mes yeux.

Sur ce , je prie Dieu qu'il vous ait en sa sainte et digne garde.

VOLTAIRE, AU CHEVALIER DE LA TOUCHE

Ce n'est pas sans raison , Monsieur, qu'on m'avait dit que vous êtes le plus généreux de tous les hommes. Je l'éprouve bien dans le malheur horrible que j'éprouve pour une bagatelle. Ce malheur est baucoup augmenté de*

^ On voit combien Frédéric tenait à la restitution de ce T0« lume qui donua lieu k Tayeature de Francfort.

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puis la visite dont VOUS m'avez honoré*. Oseraije vous supplié (sic) de vouloir bien envoyer demain^ avant diner, votre secrétaire d'ambas* sade chez un homme que ny sa maladie ny sa situation ne laissent en état de venir vous assurer de son respect et de sa tendre reconnaissance.

Jeudy au soir. *

vni.

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