A VOUS SEUL
Yoicy y Monsieur, une avanture que je vous confie avec le secret qu'on me recommande et avec un abandounement entier à votre protection et à vos conseils. J'ay renvoyé au Roy ma clef, mon ordre et ma pension, à trois
* a janvier lySS-
* On voit combien Voltaire avait à cœur de prérenir le brnît de sa disgrâce.
3LETTRES DE VOLTAIRE. 2l
heures et demie. Il m*a envoyé FédersdorfF' à quatre heures me dire de n'en rien faire, qu*il réparerait tout , et que je luy écrivisse une autre lettre. Je luy ay écrit * , mais sans démentir la première , et je ne prendrai aucune résolution sans vos bontés et sans vos conseils* Comme j'ay eu l'honneur de vous prendre à témoin de mes sentimens dans ma première lettre , et que le Roy sait que , selon mon devoir, je vous ay confié mes démarches, ce sera à vous à être arbitre 5 • vous êtes actuellement un ministre
' Valet de chambre de Frédéric et son trésorier général. Voltaire et OoUinî le peignent comme une espèce de fac totum qui réunissait les emplois les plus disparates, à la fois secrétaire , intendant , ^et de chambre , grandmaître d'hôtel , grand échanson et grand pannetier. Avant d'être le farori du monarque , il avait été fifre (pfeifer) dans son régiment ^ lorsqu'il n'était encore que Prince Royal. Quand son maître était mécontent de lui, il le remettait dans son premier état {Notç tirée des papiers du chevalier de la Touche)^
* La lettre 1 94^ del'édit. de M. Beuchat ; y. cî-après«
^ Voici une note dont copie s'est retrouvée dans les papiers du chevalier de la Touche , et qui était probablement destinée par Voltaire aux journaux , comme V Avertissement qu'il adressa au libraire Walther de Dresde (n<> \^5S de l'édit. Beuchot) :
« Le premier ianyier , M. de Voltaire renvoya à Sa Majesté Prassienue la clef d*or et te cordon de l*Ordre dont le Roi Favait honoré et se démi^ d'une pension de 2?) 000 liy. et de tout ce qtfi
aa XETTRES DE VOLTAIRE.
de pait ; on la propose : dictez les conditions. Je ne peux sortir , je ne peux que vous renouveller ma respectueuse reconnaissance.
On parle de souper ' ; je ne peux être assez hardy y si vous n'y êtes pour me seconder. Moy fiouper !