SUR
PIERRE-MICHEL IIEN^'I^
PiEiiRL-MlCHEL Henjsin , iiaquil à Ma^iiy en Vcxiiijlc 5o août 1728, de Jean Michel Hennin, avocat au parlement, dont la làmille était originaire de Cambray, et d'Angélique Léger. Il fit ses études au collège de Beauvais à Paris. Son père fut nommé avocat et procureur du Roi, (fahord au baillage^de Magny , puis en lyoc), au baillage de \ersailles.
P. M. Ilcnniii fut reçu avocat à vinîit ans. Il commençait dès-lors à se livreur à la littérature et aux diverses études qu'il cultiva constamment depuis, au milieu des occupations que ses emplois lui imposèrent.
Le séjour de Versailles et d'autres circonstances déterminèrent sa vocation; il entra (>u novctubre 1749 dans le département des affaires élrangères.
Le marquis de Pnysieulx, alors ministre secrétaire d'Elat de ce département , lui fit diriger ses travaux comme à un élève dont les services paraissaient devoir être utiles un jour.
Dès l'année lyôi , il fut chargé par le ministre, pendant les voyages de la cour, de rester dans les bureaux à Yersailies, pour répondre aux demandes qui lui étaient envoyées sur les affaires courantes : il profita de cette commission pour lire toutes les correspondances relatives aux négociations depuis la paix d'Aix-la-Cbapelle et povu en faire des extraits.
Son temps se trouvait alors partagé entre ses travaux diplomatiques et la littérature. Il vivait avec quelques jeunes gens que les mêmes goûts avaient rapprochés, et dont plusieurs se sont fait connaître depuis, Palu, de Yaudricourl, Graslin, Marescot et autres; déjà se développait en lui une âme ardente pour tous les genres de connaissances, et surtout pour ce qui avait trait au bien public.
En mars 1752, le comte de Broglie ayant été nommé ambassadeur en Pologne , P. M. Hennin le suivit en qualité de second secrétaire de l'ambassade ; il passa les années 1752 a 1765 à Varsovie et à Dresde.
La diète de Pologne étant terminée , le comte d<" Broglie qui devait retouriicr en France, pru-
^11) |)Osa au Ministre tle faire voyager P. M. Hennin clans le i^ord de l'Europe. Telle était alors l'importance que l'on atlachailà la carrière politique, que le Ministère donnait une grande attention à Finîîtruction de ceux des jeunes gens employés dans cette partie , qui paraissaient devoir par suite servir avec succès. On les regardait comme des élèves ; on *es faisait vovai^er et visiter les diverses cours de l'Europe, aux frais du gouvernement.
P. M. Hennin quitta donc Dresde en mars 1765. 11 visita Berlin , le nord de l'Allemagne , le Danemarck , et la Suède, il resta à Stockholm jusqu'en août 1756, fut témoin des événemensqui se passèrent à cette époque dans cette Capitale , et rejoignit le comte de Broglie à Dresde.
A la fm de 1756, cet ambassadeur ayant été rappelle, P. M. Hennin resta chargé d'alTaires près la Reine de Poloiine et le gouvernement Saxon. La triste position dans laquelle se trouvait ce pays, al ors envahi par les Prussiens qui occupaient Dresde , rendait cette mission difficile; sa conduite fut approuvée. Enfm, en mars 1 767 , le roi de Prusse le força d'abandonner Dresde , et le (il partir accompagné d'un officier qui le conduisit jusqu'aux frontières de l'Elcctorat de Saxe.
De retour à Versailles, il fut décidé (ju'il ferait
de nouveaux voyages dans les pays qu'il n'avait pas encore visités. 11 partit à la fin de mars lyôS, et parcourut d'abord les Pays-Bas. L'abbé de Bernis depuis cardinal , alors ministre des affaires étrangères, lui donna les instructions nécessaires, et qui prouvaient l'estime qu'avait inspirée sa conduite. De Hollande il passa en Suisse. Ce fut à Soleure chez le marquis de Chavigny, ambassadeur de France, qu'il vit pour la première fois Voltaire, avec lequel il forma une liaison qui devint plus tard très-intime , lorsqu'il se trouvèrent réunis. Il visita l'Italie et revint à Paris en avril lySg.
Après avoir été désigné pour diverses missions que sa santé ne lui permit pas de remplir, il retourna de nouveau en Pologne en avril 1760, en qualité de secrétaire d'ambassade du marquis de Paulmy.
Avant son départ pour la Pologne, P. M. Hennin reçut du Roi des ordres relatifs à une affaire secrête qui devait être suivie en Pologne par lui seul, indépendamment de fambassadeur et du ministre des affaires étrangères , auxquels il ne devait en rien communiquer. Cette affaire tenait à une suite de négociations que Louis XV faisait diriger par quelques agens particuliers ^ avec lesquels il correspondait lui même. Les termes dans lesquels
claient conçus les ordres du Roi , le secret sans nulle exception qu'il y recommandait, les assurances que ces ordres devaient être considérés comme une marque distinguée do sa confiance, prouvent l'importance des afTaires dont il était question. Ce n'est pas ici le lieu d'entrer dans des détails sur ces correspondances secrètes, qui avaient rapport à la politique de l'Europe et dont le voile a été levé en grande partie dans quelques ouvrages.
Les affaires de Pologne étaient alors un des points les plus imporlans de la politique. L'ambassade du marquis de Paulmy fut d'un grand intérêt. P. M. Hennin en suivit le travail , fit pour les affaires un voyage à Versailles en 1 762 , et fut ensuite nommé, en 1765, Résident de France près la république de Pologne, poste qu'il occupa jusqu'à la mort d'Auguste III, pendant rinterrègne, et jusqu'en juillet 1764. Les circonstances [)oliti(pies rendant alors impossible la continuation du séjour d'un envoyé français à Varsovie , il eut ordre de se rendre à Vienne, et quelques mois après fut rappelé en France.
Ce fut pendant ce séjour de P. M. Hennin à Varsovie, que le comte Stanislas PoniatOAVski, qui fut ensuite roi de Pologne, conçut pour lui un
attachement dont il lui a depuis donné de fré* quentes preuves.
11 fut alors nommé PiésidepUt de France près la république de Genève^ et se rendit dans cette \ille en décembre 1^65. La Cour prenait beaucoup d'intérêt aux affaires de cette république, et aux troubles qui l'agi taient^ Le désir de voir régner la paix dans un petit état placé sous la protection naturelle de la France , d'être arbitre souverain de ce pays , et d'attirer les familles Genevoises au service de France, telles devaient être et telles étaient sans doute les intentions de la Cour à l'égard de cette République. D'un autre côté, les Genevois étaient attachés à la France par les liens du voisinage , par ceux d'une antique habitude, et surtout par les capitaux qu'ils avaient placés dans les fonds publics français. Le grand nombre de relations que les Genevois entretenaient a Paris, leurs richesses, les diverses circonstances qui rendent leur ville si remarquable sous tant de rapports , contribuaient encore à augmenter l'intérêt que le cabinet de Versailles portait à ce petit état.
Il serait hors de propos d'entrer ici dans le détail des troubles de la république de Genève, pendant le séjour qu'y fit P. M. Hennin. Ce récit