‹ Correspondance inédite, faisant suite à son journal, accompagnée de fragments également inédits de ses œuvres posthumesChapitre 56 sur 91 · AU MÊME · texte numérisé non relu

AU MÊME

Je ue puis trop donner d'éloges à la versification de la petite comédie du Faucon, aux pensées ingénieuses qui y sont répandues et aux traits de sentiment qui font honneur au cœur de l'auteur.

Mais, comme j'ai déjà eu l'honneur de le lui dire, je n'y trouve point d'action, et le poëme dramatique, comme on sait, est fait pour agh^ et non pour discourir. Corneille l'a dit en parlant du dénoûment, et sûrement il étendait son précepte au poëme entier.

Je n'y trouve pas non plus de caractères. Chacun des personnages a le même ton et le même style , ou plutôt c'est partout celui de l'auteur.

Je ne sais si je me suis trompé, mais j'ai toute ma vie pensé et je pense encore que, dans une comédie, l'auteur doit se faire oublier; et quand il fait parler ses personnages , il doit avoir pour but de porter l'illusion au point de faire croire aux spectateurs que ce sont ses acteurs qui agissent et qui parlent suivant leur situa" tion et leurs caractères, et qu'on ne puisse pas se douter qu'on leur ait mis dans la mémoire et dans la bouche ce qu'ils viennent débiter.

Si l'on convient de ce que je crois une vérité, l'on doit convenir aussi que Mélisse n'a aucun caractère;

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