A SON FILS LÉON
immoraux. C'est pourquoi les hommes sont d'auiantplus immoraux qu'ils s'occupent avec plus de zèle de la transformation sociale.
Que donc faire?
Les hommes irréligieux n'ont qu a faire ce qu'ils font : se joindre à un parti quelconque, et lutter, haïr, nuire. Et les hommes religieux, vivre leur propre vie, en tâchant de remplir devant Dieu leurs devoirs, parmi lesquels est celui d'avoir pitié des hommes, de les aimer, de les secourir autant que possible, au lieu d'instituer telle ou telle douma ou assemblée constituante et autres sottises pareilles.
Et la preuve qu'il en est ainsi, c'est que, dès qu'on est occupé des conditions extérieures, outre qu'on s'embrouille soi-même, qu'on ne sait plus ce qui est bien et ce qui est mal, on se trouve aussitôt en rapports hostiles avec les hommes, tandis que si l'on ne pense qu'à ses devoirs envers Dieu, alors tout est clair, facile. Il n'y a d'autres obstacles que les obstacles intérieurs qui peuvent être vaincus, et non seulement on n'éprouve pas d'hostilité envers les hommes, mais^ au contraire, on
ressent de l'amour pour eux, on le provoque en soi.
C'est pourquoi je ne désire qu'une chose pour toi et pour tous les hommes : qu'ils comprennent que sans religion l'homme est un être méchant, vilain, malhonnête, et que le plus important pour lui, s'il n'est pas religieux, c'est d'établir en lui le rapport religieux envers la vie et de traiter d'après ce rapport tous les phénomènes de la vie.
La nécessité de faire cela se sent particulièment dans un temps comme le nôtre.
Je te le conseille beaucoup, beaucoup.