‹ Correspondance inédite;Chapitre 61 sur 123 · L. Tolstoï · texte numérisé non relu

L. Tolstoï

21 juillet 1876.

Cher Afanassi Afanassiévitch,

Je suis bien coupable envers vous d'être resté si longtemps sans vous écrire. Chaque jour, je m'apprêtais à le faire, et chaque jour le temps me manquait, précisément parce que je ne fais rien. Le premier sujet de conversation avec vous, et le plus intéressant, c'est Pierre Borissov. Dans une lettre, bien entendu, on ne peut tout dire (j'espère que nous nous

verrons bientôt), mais il m'a ]эеаисоир plu, surtout parce qu'il unit deux qualités rares : l'esprit et la simplicité. J'avais particulièrement peur pour la dernière, mais, sous ce rapport, il a beaucoup ctiangé à son avantage.

Maintenant, comment faire pour vous voir? Si vous n'aviez pas changé vos projets d'aller, au mois d'août à Graïvoronka, je désirerais beaucoup vous y accompagner. Pour cela, il me faut savoir : 1" si vous voulez que j'y aille avec vous; 2^ la date exacte de votre départ; 3° la durée de votre voyage ?

Comment va votre santé? Les dernières nouvelles étaient bonnes. Il y a une semaine, j'ai eu la visite de Strakhov, avec lequel, en parlant de vous sans cesse, j'ai philosophé à la chasse. Si Dieu permet que nous allions à Graïvoronka, nous chargerons Pétia de la police, pour qu'il ne nous permette pas de causer en route ni de philosophie, ni de poésie, pour qu'il ne soit pas dit un mot ni de L. N. Tolstoï, ni de Fet. Léon Nikolaiévitch est l'ami de Fet l'hiver; l'été est aux amis peut-être encore plus grands : les propriétaires Tolstoï et Chinchine.

Notre salut à Marie Pétrovna.

Je serre la main de Pierre Afanassiévitch. Je voudrais entendre ses récits sur l'Herzégovine, à Fexislence de laquelle je ne crois pas.

Га'\ rintention de partir en septembre à Samara. Si Pierre Afanassiévitch n'a aucun plan pour septembre, ne voudra-t-il pas venir avec moi pour voir les Kirghuis et leurs chevaux. Comme ce serait gai !

Mon neveu m'accompagnera.

Vôtre,

Page 1