L. Tolstoï
13 novembre L876.
Pourquoi si longtemps sans nouvelles de vous, cher Afanassi Afanassiévitch? ICtes-vous en bonne santé? C'est le principal. Je suis allé à Moscou pour apprendre des nouvelles de la guerre. Tout cela m'émolionne beaucoup. C'est bon pour ceux à qui tout cela est clair, mais je suis épouvanté quand je commence à penser à toute la complexité des conditions dans lesquelles s'accomplit l'histoire : c'est comme une
dame quelconque, M"^ A..., avec son ambition el sa fausse compassion pour quelque chose de vague, et c'est un rouage complètement inutile dans toute cette machine!
Plaignez-nioi pour deux choses : cette canaille de cocher a emmené les étalons à Samara ; à quinze verstes avant d'arriver, il a fait noyer Gounib dans une mare qu'il a voulu traverser pour abréger la route. Deuxièmement, parce que je dois écrire et ne le puis pas. Je me méprise pour ma paresse, et ne me permets pas de m'alteler à une autre besogne quelconque.
Nos saints à Marie Pétrovna et à Olenka. Vôtre,