L. Tolstoï
13 juillet 18:9.
Cher Afanassi Afanassiévitch, Ne m'en veuillez pas si je ne vous ai pas €crit pour vous remercier de la belle journée que j'ai passée chez vous et si je n'ai pas répondu à voire dernière lettre. C'est probablement vrai que je n'étais pas de bonne humeur chez vous (excusez-m'en) mais, pour le moment, je suis toujours de mauvaise humeur. Je me tourmente, je souffre, je travaille, je tâche à me corriger, je m'injurie et je me demande si je ne ferai pas comme le défunt Vassili Pétrovitch *, si je ne mourrai pas avant de combler la lacune. Et cependant je ne puis pas ne pas fouiller en moi-même.
Chez nous, il y a toujours la rougeole : la moitié des enfants a été malade et nous attendons que l'autre moitié le devienne. Quand irez-vous à Moscou ? Seulement Dieu fasse que ce ne soit pur raison de santé, ce serait bien