Commune de la Fraternité biblique
isolé. Transmettez mes amitiés à votre femme et à tous les frères. Bien que vous m'ayez beaucoup écrit dernièrement, écrivez-moi avec encore plus de détails et, principalement, s'ils *; croient et professent par leur vie que l'arbre se reconnaît à ses fruits, que l'unique mesure de la vie chrétienne — c'est-à-dire de la vie d'amour — est le rapport entre ce que l'homme prend des autres et ce qu'il leur rend? Et pour atteindre une vie pareille il faut : 1" apprécier le moins possible ce qu'on donne et le plus ^Ш possible ce qu'on prend, et 2°, pour ne pas se ^' tromper, tâcher de donner aux hommes les choses les plus simples, par conséquent celles qui leur sont indiscutablement utiles, ainsi que celles qui exigent le travail le plus grand et le plus pénible et qui, par suite, sont pnu courues. D'ailleurs vous savez tout cela aussi bien que moi. Je vous le mentionne uniquement parce que ces temps derniers, je me suis convaincu de plus en plus qu'en cela seul est la différence enlie les chrétiens sincères et les pharisiens de diverses catégories.
Plus le travail est simple, plus il est diffi-
LETTRES A TÉNEROMO 169
cile et humiliant, selon l'appréciation du monde, plus le chrétien le saisit avec joie, considérant cette œuvre comme ce même pain qu'il demande au Père céleste, et plus le pharisien emploie de ruses pour s'en détourner, cherchant le travail le plus facile et le plus estimé des hommes, et qui lui procure la juslificalion du mensonge et de l'oisiveté.
Je vous envoie deux beaux livres de Posrednik^ ainsi que mon travail u Sur la vie ». Quand vous Taurez recopié, renvoyez-le-moi.
Octobre 1889.
J ai reçu votre lettre, cher ami Isaac Borissovitch. Elle m'a fait une pénible impression.
Est-il possible que l'œuvre de Dieu^ s'arrôte et même échoue complètement faute d'argent?
J'ai beaucoup réfléchi à celle question et non seulement beaucoup réfléchi, mais j'en ai