II
geance, je suis tranquillisé par Strûve et Fedorow, au sujet des montagnes de Bogoslowsk. Strûve m'écrit, en date du 5 mars : « Je dois vous informer, au nom de Fedorow, qu'il a mesuré de Bogoslowsk quatre cimes de rOural. Il a constaté que la plus haute d'entr'elles s'élevait de 764 toises au-dessus de la rivière Tûrja, près de Turjinsk, 1 2 werstes à l'ouest de Bogoslowsk. Cette cime est située presque exactement à l'ouest de Bogoslowsk, et elle en est éloignée de 60 werstes. Comment cette cime est nommée par les indigènes, Fedorow n'a pas pu l'apprendre. J'ai mesuré des angles verticaux de Kondjakowskoi-Kamen, suivant lesquels, si l'on adopte, d'après la carte, 1 éloignement de cette montagne à 48 werstes, donne une hauteur, au-dessus de Bogoslowsk, de 680 toises. Ce résultat s'accorde passablement bien avec celui de Fedorow, d'autant plus que j'ai adopté une distance trop courte, et que lui il a mesuré un point situé plus à l'orient et par conséquent plus bas. J'ai trouvé pour Bogoslowsk une hauteur de 80 toises au-dessus de la mer.
Mais à présent ma curiosité me pousse à vous demander, cher ami, d'où vous avez tiré le chiffre i ,300 toises, mêmecelui d'une chaîne de 8,000 pieds d'élévation qui se trouve, par exemple, imprimé dans le journal Ausland de 1837, à la page 1060, dans un très et très-joli article de vous [P Oural et VAltdi). Là, vous nommez positivement le Kondjakowskoi-Kamen, le même que j'ai mesuré. Comment se peut-il, en général, que Fedorow n'ait pas pu apprendre à Bogoslowsk le nom de sa mon-
tagne, tandis que tout h monde connaissait les noms des montagnes dont j'avais mesuré les angles azimutaux, tels que Lâlinskoi-Kamen, Pawdinskoi-Kamen, Seniischtscho, Towskoi, Lachoi, Kondjacowsky-Kamen, Kirtim, Kossvinsky-Kamen, Kumba, Denzsch&oi-Kamen^ qu'on considère comme le plus élevé, il est au N.rN.-O. Au moins pourquoi ne peut-il pas dire qu'il se trouve entre deux montagnes connues? Voulez- vous me dire si Fedorow vous a communiqué lui-mémo son résultat, ou si vous Tavez trouvé à Bogoslowsk noté peut-être peu exactement? Dans votre dernière lettre, qui a contenté parfaitement Léopold de Buch, vous dites que la latitude de Bogoslowsk, d'après Fedorow, est de 58* 35'. Moi, je trouve cette latitude de 59* 44' 36", et beaucoup d'observations que M. Encke a calculées la confirment à 8" près. Encore une plainte ! Si par hasard Fedorow s'était trompé dans son premier calcul, ce serait une faiblesse pour un homme aussi profondément savant que lui de ne pas avouer une erreur de calcul. Vous pouvez compter sur ma discrétion, mais je tiens à savoir si l'histoire de la montagne inconnue ne vous paraît pas aussi un peu trop mystérieuse. Il s'entend de soi-même que j'imprime la lettre de Fedorow sans aucun commentaire et avec beaucoup de remercîments. Ne vous moquez pas de mon importunité, le doute sur la valeur de mes propres recherches m'a tourmenté pendant trois ans, et vous^ homme méchant et tout de même innocent^ vous en étiez la cause. Mais néanmoins vous savez, cher Helmerseuj que votre nivellement par stations (entre Orem*
bourg et Joncief) est le meilleur de tous. Orembourg, d'après vos hauteurs barométriques mensuelles, a 29 toises d'élévation au-dessus de l'Océan. Cela s'accorde très-bien avec le résultat actuel et l'altitude de la mer Caspienne — 1 2,7 toises.
Avec un ancien et très-sincère attachement,
Votre dévoué,
A. HUMBOLDT
Berlin, le 20 mars 1840.
(a) Voir aux notes les observations de Humboldt sur le calque c: dessus.
ALEX. nUMBOLDT A GUIZOT (n** 108).
Ce mardi soir i840.
Rue des Petits-Augustins^ 3^ hôtel de Londres.
Monsieur et illustre confrère.
En souvenir de Tancienne bienveillance dont Votre Excellence m'honore, je me suis présenté ce matin à rhôtel des affaires étrangères sans attendre ses ordres directement. Je n'ai pas été assez heureux de vous trouver, monsieur le comte. Arrivant directement de Polsdam, où votre nom est toujours prononcé avec une haute admiration, il me tarde de vous voir, et ne fusse que pour quelques instants, daignez, de grfice, me fixer le jour et l'heure où je pourrai vous renouveler l'hommage de ma haute et respectueuse considération. J'ai aussi, depuis hier soir, annoncé mon arrivée à M. l'aide de camp de service près du Roi à Neuilly. Je ne puis vous exprimer combien je me sens heureux d'avoir enfin obtenu de mon Roi, également spirituel et bon, de pouvoir rester trois à quatre mois dans une capitale qui a un attrait intellectuel pour moi, fondé sur les souvenirs de votre ancienne amitié.
Al. Uumboldt.
Ce mardi soir.
Rue des Petits- Augustins, 3^ hôtel de Londres.
ALEX. HDMBOLDT A GIJIZOT (n* 1 09) .
Ce mercredi^ octobre 1840.
Paris^ rue des Petits-Augustins^ hôtel de Londres.
Monsieur,
Comptant sur Tancienne bienveillance de Votre Excellence, je me présenterai dimanche soir chez Elle avec un voyageur très-inètruit des mystères tnétaphysîcothéologiques du Bouddhisme, lé baron Schilling de Gan- STADT, qui, aux frais du gouvernement russe, vient de parcourir l'Asie orientale. Il appartient au département des affaires étrangères, comme conseiller intime actuel. C'est l'expression barbare des pays du Nord ! C'est un homme trës-spirituel,qui désire vivement vous offrir ses hommages, monsieur! Il s'est procuré des planches gravées au Tubet qu'il a fait tirer (imprimer) à Leipzig, et* j'ose vous offrir ce rivage du savoir éternel que vous ne taxerez pas, j'espère, de «philosophie allemande » . Comme la Bibliothèque royale ne possède rien de tubétin, il y aurait peut-être à faire quelque acquisition parmi les doubles que M. de Schilling a ici, et que M. Burnouff a déjà parcourus avec une pieuse admiration. C'est une occasion unique qui se présente. J'ai l'air de faire le marchand par amour pour la gloire des lettres dans ce beau pays, ma seconde patrie. Je vous supplie de ne pas répondre à ces lignes, et d'agréer l'expression
renouvelée de la respectueuse considération avec laquelle j'ai rhonneur d'être,
Monsieur,
De Votre Excellence, Le très-humble et très-obéissant serviteur,
Alexandre Hdmboldt.
Rue des Petits-Augustins^ hôtèl de Londres^ ce mercredi.'
ALEX. HDMBOLDT A ALEX. BR0N6NIABT (n* 110).
14 août 1840.
Les agitations qui accompagnent tout nouveau règne, ma position plus rapprochée encore qu'elle ne l'était sous l'excellent roi que nous avons perdu, les voyages de l'intérieur auxquels je me prépare, sont les seules causes de mon long silence, mon cher et ancien ami. Je me trouve presque depuis deux mois, avec le nouveau roi, à Sans- Souci, devenu de nouveau une résidence fixe d'été, comme du temps de Frédéric IL Je prends la liberté de vous adresser aujourd'hui quelques objets préparés pour être vas sous le microscope et relatifs à l'identité d'un grand nombre de bryorves polythalames et d'infusoires à carapaces siliceuses encore vivants dans la Baltique et dans l'Océan ( sur les côtes de Suède), avec les pétrifi-
cations de la craie et les marnes intercalées à la craie en Sicile. Le nombre de ces animaux encore vivants et appartenant à des formations si anciennes, parait monter déjà à 35-40. Je sais que cette matière vous intéresse vivement. Je n'ai malheureusement pas le loisir de vous traduire en français le manuscrit que M. Ehrenberg m'envoie en allemand. C'est une malheureuse timidité de nos savants de ne pas écrire en français, dans la futile crainte des fautes grammaticales. ^Vous savez que depuis un demi-siècle j'ai été plus hardi. Vous inviterez M. Mandl ou M. Jacquemin à vous traduire ces pièces. M. Ë,.. a notésurles planches qui n'ont pas encore paru,
ce qui est vivant et ce qui est fossile Il va publier
un grand ouvrage in-fol. semblable à ses animaux infusoires, sur les pétrifications microscopiques comparées aux animaux de nos mers. M. Decken soignera la partie des formations, tandis que M. de Buch, qui n'aime pas mon sibérien et a le microscope en horreur, comme les égratignures des roches Scandinaves et les glaces de ce pauvre Agassiz, tonnera du haut de l'Olympe.
Les échantillons que M. E... a employés sont de toute sûreté. Je pars sous peu avec le roi pour la Prusse : l'espoir que j'avais de vousembrasser cet automne à Paris devient très-incertain. Agréez, vous, mon illustre ami, et toute votre respectable famille, l'hommage renouvelé de mon respect et de mon attachement invariable. Mes tendres auiîHés à MM. Arago, Valenciennes et Élie de Beaumont. Al. Homboldt.
A Sans-Souci^ ce 14 août.
Je ne pars pour Kônigsberg que demain, 25. Je rouvre le paquet pour y ajouter une lettre d' E. . . , adressée à moi, et tout allemande, à Berlin, en 1840.
HUMBOLDT A GUIZOT (n* 111).
A Sans-Souci^ ce 12 novembre 1840.
Monsieur et illustre confrère,
La noble simplicité de votre caractère m'encourage à rappeler un titre sur lequel se fondent les seuls succès que j'aie ambitionnés dans une longue carrière. Vous avez daigné vous souvenir de moi pendant mon séjour à Kônigsberg, vous m'avez parlé de la manière la plus touchante et la plus affectueuse du grand ouvrage posthume de mon frère sur la philosophie des langues et ses filiations orientales du sanscrit. Vous avez apprécié avec une bienveillance particulière une personne qui m'est chère (M. de B.) et dont la position dans laquelle il se trouvait placé aurait pu (il y a plus dans la lettre) faire méconnaître les intentions toujours loyales et exeuiptes de vues étroites. En vous offrant l'hommage d'une recon»naissance respectueuse, qui date de si loin, j'ai à vous
exprimer, mon illustre confrère, combien, dans ce jardin que j'habite dans la maison de Texcellent M. de Werther, chez un peuple éclairé sur les intérêts d'une civilisation progressive dans TAllemagne entière, votre retour au ministère a été salué avec transport. Je suis toujours resté ferme dans mes espérances du maintien de la paix. Le premier devoir national est sans doute de réfléchir sur les moyens de défense, mais jamais, jamais on n'a eu de vues hostiles de ce côté-ci. Les intentions du nouveau souverain sont aussi pacifiques que celles du Prince près duquel j'ai vécu si longtemps. Un roi, ami des arts, connaissant le prix des jouissances de l'intelligence, ne peut avoir aucun motif pour ébranler spontanément les fondements de la prospérité publique. Plus le souverain cherche à s'identifier avec les intérêts de l'Allemagne entière, plus aussi, par ce lien même^ il offre des gages pour la conservation de la tranquillité et le repos du monde. La Confédération germanique n'a d'autre penchant que celui de la défense légitime de son territoire, et certes les idées d'agression lui sont entièrement étrangères. On a pu différer sur quelques points de la politique générale, mais, à vos yeux, j'en suis sûr, rien n'a pu annoncer la tendance de rompre cette union des grandes puissances, qui a favorisé jusqu'ici l'équilibre européen. Votre sagacité, monsieur, me dispense de tout ce que je pourrais ajouter sur cette matière. Puissent vos nobles efforts être soutenus par un accord intérieur qui, dans une nation spirituelle et généreuse, est le triomphe de la raison publique. Je supplie Votre Excellence
d'agréer avec bonté Thommage de ma haute et affectueuse considération.
Al.. HUMBOLDT,
A SanS'Souci, ce 12 novepobre i840.
Ce samedi 1840.
Monsieur,
Je suis heureux de pouvoir me rendre à vos ordres mardi prochain, me trouvant dans les horreurs des préparatifs de mon triste départ. Je pourrai vous offrir de bouche l'hommage de ma reconnaissance et de ma constanteadtoiràtion. Je me suis logé, à deux époques, dans dans la nàaiison de madame de Rumford^ pour exempter sa maison des visites et logements des Slaves et de la race indo-gérmanique. J'ai été plus que tout autre touché de ce monument érigé à l'amitié. C'est un charmant morceau qui pourrait être intitulé : « la Société du dixhuitième siècle. » II est plein de profondeur et de finesse d'observations. Heureux les temps où l'on ne vivait que du mouvement de la pensée et de respéran<îe. J'ai été charmé du souvenir de madame de Tessé, beaucoup trop oubliée. Voyageur philosophe et politique, vous
avez sondé l'abîme, signalé, comme le géologue, les restes d'un grand continent, les débris de l'Atlantide sur lesquels nous nous sommes réunis avec délice.
Agréez, je vous supplie, l'hommage de mon constant et respectueux dévouement, et, de grâce, calmez les douleurs de mon ami et collaborateur V.
De Votre Excellence, le très-humble et très-obéissant serviteur et ami,
A. HUMBOLDT
Ce samedi.
ALEX. HUMBOLDT A M. PLATON DE TCHIHATCHEF (n* 113).
Paris^ mardi 1 840-1 84K
Si j'avais l'air de vous fuir hier (je suis si cruellement pressé, oppressé par mes épreuves, que je n'ai pas même pu assister à l'Institut), je vous désire au contraire ardemment pour demain, mon cher Tchih. Faites-moi la grâce de venir à l'Institut demain mercredi à une heure, chez moi. Si vous avez une leçon, venez à quatre heures. J'ai à vous consulter, à vous prier de placer avec moi trois points sur mon épreuve (d'après la carte de Perovski) seulement.
Akboulak,
Ati-Yaksi,
Bich-Tamak, peut-être aussi le Bagertakh.
Vous me conseillerez peut-être de placer Dsharib
dont un de vos bulletins avait donné lat., long, et hauteur (98 t.) et que Zimmermann avait placé.
Hdmboldt.
Mardi.
Je dois être de 3-4 à la leçon, chez Letronne, venez àlh.
ALEX. HDMBOLDT A. LETRONNE (n** H 4).
Paris, ce mercredi 1840-1847.
J'avais oublié de vous dire, mon cher et excellent ami et maître à tom^ que le mém. de M. Ideler, que je vous ai transmis, est destiné aux Mémoires de V Académie de Berlin^ \ 838, et que le Mémoire sur le calendrier chinois qu'il cite quelquefois, s'imprime en ce moment pour paraître dans les Mémoires de PAcad., 1 837. C'est M. Ideler, le chaldéen, qui me charge de vous le dire. Conduit hier à Chatenay, lieu de naissance de Voltaire, par la politique princesse (Lieven), j'y ai trouvé (chez Mad. de Boignes) M. Narcisse, tout ivre des immenses découvertes que M. Raoul Rochette y a faites dans cette Asie mineure qu'il n'a pas vue. De grâce, lisez le passage de Diodore, xvii, § 82. N'est-ce pas, malgré les horribles descriptions du froid souffert par les Macédoniens (amplifiées dans Quinte-Curce, vu, 3, et Strabon, xv, p. 498) , Diodore, en parlant des Paropamisades, les dé-
signe comme habitants des plaines au pied du Paropa-
misus (Hérodote, p. 40)?
ne se rapporte pas à une table-landy mais à des plaines, avant d'arriver à là chaîne. Cependant, il me reste des doutes. Les Grecs n'ont pu voir aucun grand plateau (si ce n'est celui de Perse, qui a de 6 à 700 toises d'élévation) dans toute cette invasion. Alexandre, en allant des
pays chauds de la Penta- ^ ^.^ ^W'"^^^^^ potamide, par Khaboul
et Bamkan [Alexandria
ad Caucasum), dans la
^^^^ ^^ Bactriane, a passé le
''•^-''^- Indo-Kho, à l'ouest du
''St^ / et du Bolor.
Il est retombé vers Bal y, qui n'a que 300 toises de haut, comme les plaines de Gastille, dans les régions chaudes au nord du Paropamisus. Si les plaines de Diodore ne sont pas des table-lands (et Burnes n'en a aucunement trouvé en passant la chaîne) les Parqpamisades étaient au pied des montagnes au sud, entre Peschawer et Kaboul.
Mille amitiés. Ne vous donnez pas la peine de répondre. Je passerai chez vous prendre le miel de vos lèvres. Al. Humboldt.
Ce mercredi.
Je demande grâce pour l'écriture, ma main malade, vous le savez, des couches de feuilles mortes de l'Orénoque, est bien faible, aujourd'hui* « Seigneur, ayez pitié de moL »
— âoi —
ALEX. aOMBOLDT A LETRONNE (nM 14 bÙ],
La bifurcation de FOxus n'a commencé à se mani-
f ester que par Tari dite accroissante du pays, ab (reste du goife scythique de Mêla) s'est évaporée. La partie ab a couvert la bifurcation. Après Tévaporation ab^ il est resté un bras à demi desséché vu par Mouravieff et en 8, il s'est formé le delta qui lie l'ancien renflement (l'Aral) à rOxus.
Manière de résoudre géologiquement le problème de l'ancien cours de l'Oxus comparé à ce que l'on voit au-^ jourd'hui.
Al. Humboldt.
Potsdam, i 2 janvier 1 84 ! ,
Monsieur et très-illustre confrère,
J'ai été infiniment touché de la mention trop tlMease dont vous, monsieur, et notre commun et excell^ ami M. le major Sabine, avez bien voulu honorer mor^om lors de !a première séance de la « British Associa à Glasgow, en 1840. A la fin d'une longue carrièfl qui n'a eu d^autres mérites que celui du dévouement It de l'ardeur pour les progrès des sciences, je ne po obtenir un succès plus éclatant, un témoignage publTc d'indulgence et d'affection plus signalé que celui que votre bienveillance m'a procuré de la part d'une Société composée des hommes les plus éminents de votre patrie.
Tout en vous offrant, à vous, monsieur, et à l'illustre Société dont vous êtes l'organe officiel, l'hommage respectueux de ma reconnaissance, je regrette vivement que ma position, les devoirs que j'ai à remplir, et les publications qui me restent à terminer à un âge si avancé, ne me permettent pas d'accepter la mission honorable que vous daignez m'offrir, soit pour présider le premier Congrès scientifique européen à Francfort-sur-le-Mein, au mois de septembre 1842, soit pour vous présentera cette époque un travail sur l'état actuel des sciences et ses progrès futurs. 11 vous sera aisé de trouver dans une génération plus rapprochée de la splendeur que les sciences ont acquise dans ces derniers temps , une voix plus digne de remplir un si noble but. Puissiez-vous, mon cher et respectable ami, ne pas voir dans mon abnégation timorée les traces d'une sauvage indépendance, fruit d'un long séjour dans les forêts de l'Orénoque. Vous ne voudrez pas que vos bontés et votre prédilection m'ayent porté malheur dans votre noble patrie : je vous en conjure, au nom de toutes les divinités siluriennes qui ont protégé vos mémorables travaux , et dont , en conquérant heureux, vous avez agrandi l'empire et le culte. Personne n'est plus persuadé que moi de l'utilité de ces réunions, auxquelles je n'ai pu assister que bien rarement ; ce sont des moyens de communications verbales et plus libres que les écrits; quelquefois aussi, malgré l'onéreuse fréquence des assistants, des centres d'action. Elles ont eu toutes jusqu'ici, d'après les règlements de leur première institution, le caractère de réunions européennes.