II. i
Ciiaque pays a vu arriver, en grand nombre, des savants étrangers, même d'au delà des mers. Les anciennes réunions allemandes continueront annuellement aux mêmes époques, en septembre, aussi tantôt dans l'Est et le Nord, tantôt dans le Midi et sur les bords du Rhin. N'aurez-vous pas à craindre l'inconvénient de la trop grande multiplicité des institutions, le conflit de deux diètes simultanées, l'une à Bonn, l'autre à Francfort, ce dont aucune ne voudrait être « provinciale » ? Voilà les doutes qui se sont présentés, à ce que j'entends, chez quelques personnes, sur les difficultés que pourrait trouver la réalisation d'une si grande et si intéressante conception.
Les heureuses recherches que vous avez faites sur une si immense étendue de pays dans le nord et le centre de la Russie européenne, ont vivement attiré mon admiration et celle de mon ami, M. Léopold de Buch. Nous avons pesé chaque ligne de votre importante lettre géologique, en date du 16 décembre. Un profil que nous avons vu ici, entre les mains du baron de Meyendorf, le ministre russe, nous a fait sentir combien vous avez jeté de lumière sur l'âge des formations, combien chaque formaticfn , par des degrés de longitude si énormément différente, présente d'analogie dans les traits généraux et ses grands caractères zoologiques, et de différence dans les sous-divisions, dans les petits groupes, dont la répartition paraît dépendre d'influences plus locales, des sinuosités, des courants,'de la salure et de la température des anciennes mers. Votre séjour en Russie y aura été très-bienfaisant. Le gouvernement y est bien noblement
incliné à favoriser les recherches géologiques, astronomiques et physiques. La facilité avec laquelle on peut se mouvoir sur une surface continentale plus étendue que la surface de la terre que nous voyons, ouvre une vaste carrière aux recherches sur la continuité et l'interruption des couches, la soustraction totale de quelques membres intermédiaires sur les grands axes de soulèvement qui ne sont pas toujours parallèles à la direction des strates, sur Tinclinaison des couches parallèles au grand axe d*une chaîne, mais éloignées à d'immenses distances dans les plaines^ inclinaison qni est antérieure et indépendante de la formation de Tarête. Je désire infiniment que vous puissiez exécuter votre projet de visiter rOural dans le courant de Tété. Je désire me trouver ici pour vous recevoir et jouir de votre conversation aussi animée qu'instructive. Je désire surtout que vous nous éclairiez sur ces grès renfermant du cuivre, dont il y a de faibles exploitations dans le gouvernement de Perm ; sur les sources salées et le sel gemme de Solikamsk et d'Oussolie; sur les formations jurassiques qui, de l'extrémité septentrionale de l'Oural, passent aussi à la partie orientale, selon les collections faites par M. Strangways^ et examinées par M. de Buch (Gebirgs Formationem vonRussland^ p. 103),Lemuschelkalk n'a été trouvé jusqu'ici qu'une seule fois dans la Russie européenne, au sud-ouest d'Orenbourg, dans leBogdo, près de la mer Caspienne, Quant à VAgassisme, l'écriture des glaciers, ses tReliqinœ glaciales » et les sillons de M. Sefstrômyje ne les traite au courant qu'avec dédain : ce sont de nouvelles
observations très-dignes d'examen, tenant à des phénomènes qui se répètent. Vous savez combien j'eiîtime Texcellent Agassiz^ combien je reconnais les immenses services qu'il a rendus à la géologie. J'aime aussi la courageuse indépendance avec laquelle il défend ce qu'il croit vrai et très-important. Les sciences gagnent toujours à cette liberté. Je crois qu'il y a eu jadis des glaciers, là où il n'y en a pas aujourd'hui; mais jusqu'ici je n'admets pas que les blocs nous sont venus avec les glaces et sur les glaces, je pense qu'il n'est pas nécessaire de supposer des calottes de glaces qui couvraient la terre entière, des paroxysmes alternants de chaleur et de froid, éteignant périodiquement la vie animale. Ces convulsions me font peur.
Agréez, je vous supplie, l'expression de ma haute considération. Mes respectueux hommages à l'aimable madame Murchison. Mes amitiés à mon ancien ami le major Sabine.
Al. Humdoldt.
A Potsdam, ce 12 janvier 184i.
Nous ne sommes dans ce château que pour quelques jours, environnés de frimas et d'eau sous la forme de roche.
MtX. HUMBOLDT A STANISLAS JOLIEN (n* 116).
Paris, ce mercredi, janvier 1841;
Mon illustre ami et confrère , que vous savez rendre intéressantes vos lettres ! Quelle belle trouvaille que celle de laquelle il résulte cette richesse de cartes géographiques dont on se plaint déjà en 265 de notre ère ! Quelle civilisation chez le peuple observateur, scrutateur de tout ce qui est nécessaire au gouvernement, à Fadministration d*un vaste Empire. Vous savez combien je serai heureux de faire ce que vous désirez et ce qui peut être agréable à M. Goldstûcker, qui m'a donné par (ou pour) le 2' vol de mon Cosmos un magnifique morceau sur le sentiment de la nature qui se montre dans les Yedas et les grands poèmes épiques. Mais, de grâce, n'envoyez pas votre paquet à l'Ambassade, où j'aurais la peine d'aller le chercher pour faire une enveloppe toute de mon écriture. Je fais cela mieux chez moi, rue des Petits- Âugustins, n"" 3 ; mais comme malheureusement, à cause du trop d'affection de mon Roi très-littéraire, je suis forcé de partir déjà le 1 2 ou 1 3 janvier, ne serait-il pas plus simple que je donne de main à main à M* Goldstûcker ce que vous lui destinez.
Amitié, haute estime et vive reconnaissance.
A. HUHBOLDT.
Ce mercredi.
ABAGO A HDMBOLDT (n* 117).
Paris, 12 mars 1841
Je ne dois pas, je ne veux pas croire que tu m'aies demandé sérieusement (je lui avais demandé s'il croyait possible que la différence de nos vœux politiques [la guerre avec TAllemagne] pût troubler nos relations. Note de Humboldt) si je verrais avec plaisir ton voyage à Paris. Est-ce donc que tu douterais de mon invariable attachement? Sache que je regarderai toute incertitude sur ce podnt comme la plus cruelle injure. En dehors de ma famille, tu es, sans aucune comparaison, la personne du monde que j'aime le plus tendrement. Il faut aussi te résigner, tu es le seul de mes amis sur lequel je compterais dans des circonstances difficiles. Je suis vraiment heureux de la pensée que je passerai quelques soirées avec la personne à qui je dois mon goût pour la météorogie et la physique du globe. Il y aura pour toi un lit à l'Observatoire. Le pauvre Savary est dans un état déplorable. Le médecin m'assure que sa maladie de poitrine ne permet aucun espoir. Quel malheur !
Tu arriveras à Paris à l'ouverture de mon cours d'astronomie. Mon nouvel amphithéâtre est d'un luxe scandaleux.
Je suis charmé de la guérison du pauvre Scheiffer
(est-ce ainsi?), ton bon cœur t'a toujours créé une nom- ' breuse famille.
Adieu, mon meilleur ami, mon attachement pour toi
ne finira
Fr. Arago.
ALEX. HUMBOLDT A HITTORFF (n° H8).
Potsdam^ ce 16 mai 1841.
Vous devez être bien surpris, monsieur, qu'avec la haute estime que je professe pour votre beau talent et pour la noble indépendance de votre caractère, j'aie laissé si longtemps sans réponse la lettre aimable dont vous m'avez honoré au sujet de M. Zanth. C'est la crainte de ne vous donner que des éclaircissements très-peu satisfaisants sur un objet qui vous intéresse si vivement, qui est la cause d'un long et coupable silence. Depuis que l'infortuné Schinkel est tombé dans cet état indéfinissable causé probablement par un abcès dans l'intérieur du cerveau, la place de premier architecte du Roi a été recherchée par plusieurs hommes très-distingués dans un art dont le nouveau et. spirituel souverain s'occupe journellement. La tendre amitié que le Roi professe pour Schinkel rend assez difficile de pénétrer le mystère du remplacement, Lçs grands travaux parmi lesquels une
basilique comme cathédrale, le musée égyptien et la bibliothèque occuperont le premier rang, sont loin d'être commencés. On évite toutes les combinaisons qui rappellent la perte dont on a été menacé. Le dénoûment paraissait probable de semaine en semaine. Le Roi a une très-haute opinion du talent de Zanth : il connaît ses travaux dans le plus grand détail, ses admirables dessins, le plan de son beau théâtre, son érudition dans l'histoire de l'art, l'ingratitude avec laquelle il a été négligé à Stuttgard. Malgré ces circonstances si avantageuses pour votre ami, j'ai dû conseiller à celui-ci de n'écrire au Roi qu'après le décès de l'excellent Schinkel. Le Roi ne se décidera que lorsque ce triste événement aura lieu : il se décidera alors instinctivement de lui-même. Toute influence dans les objets d'art est nulle. Le roi a beaucoup de goût pour Stûler, qui nous a sauvés aux fêtes de Kônîgsberg , pour Persius, Schadow et Strack. On croit assez généralement que M. Stûler occupera la première place. M. Persius, qui dirige en ce moment les constructions ajoutées au petit château de Sans-Souci, sans en altérer l'aspect et l'ordonnance du côté du jardin, doit faire une course à Paris pour étudier les eaux de Versailles et de Saint-Gloud. On établit ici une machine de 80 chevaux pour élever les eaux au Ruinenberg et les distribuer par les terrasses de Sans-Souci, jusqu'à la grotte du nouveau palais. C'est une entreprise très-considérable, à laquelle sont liés des portiques et d'autres constructions ornées. Le Roi désire aussi que M. Persius puisse encore voir M. Fontaines, qui est resté l'objet
d'une tendre prédilection. Ma santé» malgré mon grand âge et la multitude, des travaux de ma position sous le nouveau règne, se soutient merveilleusement. Depuis l'automne dernier, je sollicite le voyage de Paris, où des publications m'appellent depuis deux ans. Je vais être sur le point d'obtenir ehfm quelque liberté. Je me fais une fête de voir terminée voire magnifique basilique, et de vous renouveler de bouche, mon digne et excellent ami, à vous et à l'aimable madame Hittorff, l'hommage de mes sentiments de respect et d'affection.
ÂL. HUMBQLDT.
A Potsdam^ au château de la ville. La colline historique étant encore habitable. Ce 16 mai 184i.
La réunion des hommes célèbres que Berlin doit à la munificence du Roi est bien remarquable : Cornélius, le grand poète, Ruckert-Tick, de Dresde, Félix Mendelssohn, Les Grimm, Schelling, le médecin Schœnlein, probablement Kaulbach, et de plus une grande liberté d'opinions politiques et religieuses. — Vous direz que j'écris du fond d'un château et sous l'influence du moment de madame de Sévigné. — Personne, dans ce pays, n'a jamais cru à la possibilité de la guerre avec la France.
ALEX. HUMBOLDT k HITTORFF (n' 119).
Paris, 6 août 1841,
Je suis touché de votre aimable souvenir, mon excellent ami, je choisis un jour plus éloigné pour que mes amis Persius et Bayer soient bien libres. C'est vous demander jeudi après deux heures. Je me présenterai directement à la Magdeleine chez le concierge où je recevrai vos ordres et ceux de M. Ziegler dont je suis heureux de pouvoir admirer les ouvrages. Mille amitiés.
Ce lundi.
ALEX. HUMBOLDT A S]ÉDILLOT FILS (NVi20).
Monsieur,
Quelle est la personne malveillante qui aurait pu me nuire auprès de vous, monsieur, et vous dire que j'étais mécontent de vos procédés? Je n'ai toujours proféré que les sentiments de haute estime et d'affection qui vous
sont dus. Vous n'avez jamais imprimé un seul mot qui aurait pu me blesser ou me déplaire. Je suis dans les horreurs du départ, dans un embarras d'affaires les plus prosaïques qui me privent du plaisir de m'entretenir avec vous de l'intéressant ouvrage que je dois à votre bienveillance. Je pars demain matin.
Al. Humboldt.
ALEX, humboldt A LETRONNE (n"* 121).
Ce dimanche^ 6 septembre 1841.
J'ai lu avec le plus vif intérêt hier soir votre excellent mémoire sur les pyramides, et j'ai été surpris de la couche calcaire qui sert de revêtement, je la croyais granitique : mais les pyramides ne sont pas l'objet de ces lignes, c'est la prière bien pressante de me prêter de nouveau (car j'en possède un exemplaire à Berlin) votre dernier mémoire sur la mer Morte, tiré dés Annales des Voyages. Je croyais y avoir trouvé les mesures barométriques tentées par M. Bertou. Je possède en manuscrit les observations de M. Rusegger, faites à Jaffa, à Jérusalem et à la mer Morte. Je les ai recalculées en mètres; elles donnent comme il l'avait annoncé :
NazarethH- 193 toises.
Jérusalem-h 413 t.
Le niveau du lac Tiberias—, 104 t.
Jéricho— H9 t.
Le niveau de la mer Morte — . 193 t. Cela est effrayant^ quand on pense que le nouveau nivellement géodésique russe ne donne à la mer Caspienne que — 1 3 toises.
MM. Beck et More n'avaient trouvé pour la mer Morte que 500 pieds! Qui croire?
Envoyez-moi, de grâce, votre mémoire.
Amitiés.
A. Hbt.
Ce dimanche.
ALEX. HUIIBOLDT A ARA60 (iN'' 122).
Berlin^ ce 14 décembre 1841 .
Mon cher ami, j'ai sans doute Tair de mettre trop d'importance à ma personne, en t'adressant ces lignes ; mais comme je t'ai mandé mon arrivée au 1 8 décembre, le retard qu'elle éprouve pourrait te faire craindre quelque accident. Il y a eu deux causes pour ne pas partir : d'abord le désir qu'a le Roi que je reste encore avec lui quatre jours à Potsdam, où des affaires l'appellent ; puis un froid de — H* à 12* Iiéaumw\ que certes, je ne crains pas lorsqu'il s'agit du bonheur de voir M. Arago, mais que le Roi redoute pour moi. Mon départ reste toujours
décidé, mais je puis tarder encore huit à dix jours, espérant en même (ems que la neige tombera pour adoucir ses rigueurs sibériennes. Tout le manuscrit du premier volume de ma Physique du monde est terminé, et ma santé est excellente. Je t'écrirai encore la veille de mon déparf. J'ai de tristes pressentiments sur Valenciennes dont je ne connaîtrai le sort qu'en deux jours. Mille tendre amitiés.
Al. Humooldt.
A Rerlin, ce 14 décembre.
J'ai bien à te remercier d'avoir imprimé le long mémoire d'optique d'Erman. Tu me ferais grand plaisir si tu pouvais obtenir que dans un journal libéral on insérât ce peu de lignes, mais non pas sous forme de lettre de ma part.
ALEX. HUMBOLDT A ARAGQ (iS** 123).
Ce vendredi matin 31 décembre 1841.
Je suis encore sous le charme du Condorcet i C'est noble, plein d'élévation, spirituel et amusant à la fois. Mon admiration, malheureusement, me donne l'air stupide,un air de marin du bureau des longitudes : j'en suis encore tout attristé, j'ai un essaim de mouches luisantes dans ma tête, situ ne parviens pas à les chasser, j'imprî-
merai toujours en t' adorant et en te citant, de lourdes bêtises dans mon Cosmos. Avec une teinte un peu poétique, cela n'en sera pas moins dangereux, du moins plus confus.
Voici ma lettre assez basse et stupide. Je te conseille, mon cher ami, de glisser ta lettre qui sera plus noble et plus ferme dans le même couvert. Je pourrais, si tu l'ordonnes, porter la lettre, en ton nom (il faut écrire sous le couvert de la part de MM. Arago et Humboldt) à l'ambassade des Macaronis.
Amitiés et pardons que je demande en grâce.
A. Ht,
L'aîné des Siamois, le vieux de la montagne.
ALKX. HUMBOLDT A PLATON DE TGHIHATCHEFF (n° 124).
Paris, 1841.
J'ai exposé, mon cher M. de T... de la manière la plus claire à M. Puissant ce que le jeune mathématicien doit répéter avec vous pour vous faciliter la lecture du lYaité de Géodosie et vous rompre dans l'usage du calcul logarithmique, en employant des formules dont il n'est même pas nécessaire toujours de connaître les fondements. Il faut que M. Puissant lise ma lettre et la déchiffre à tête reposée ; aussi je vous supplie de ne pas la lui
porter, mais de la lui envoyer, en ajoutant le seul mot que « sous les auspices de M. de Humboldt, vous vous présenteriez chez lui le lendemain à dix heures, pour apprendre (à sa porte) quel autre jour vous devez venir » . 11 vous recevra sans doute la première fois ; cette stratégie vous sera utile, dans un pays où l'on ne reçoit que lorsqu'on est convenu d'un jour d'avance. Mais aussi, j'aurai beaucoup de plaisir de vous recevoir avec vos moyennes^ après-demain vendredi, à midi, à l'Institut (je dois sortir avant les une heure). N'oubliez pas de me rapporter le Tableau des temp. de Russie, Ne réduisez pas vos Réaum. en cent. Je fais cela pour les derniers résultats.
Je vous prouverai qu'absent, vous et M. votre frère ne sont pas oubliés dans mon livre. J'ai imprimé dans \Asie centrale^ t. III, p. 57, qui va paraître : « Depuis que M. Kupffer a écrit ces lignes sur le froid hivernal qui règne sur le littoral de l'Aral, tout un corps d'armée russe, dans l'expédition entreprise contre Khiva à \ 8^, a lutté avec une patience inouïe contre cette âpreté du climat. M. de Tchihatcheff, observateur spirituel et zélé, a eu le noble courage de mesurer jour et nuit. » Il n'y a personne à l'Orénoque qui soit plus poli que moi*
Al. HUMBOLDTé Ce mercredi.
J'ai cité en note vovez les observations ban et therm^ dans la lettre de M. de Tchih. à M. Ritter, en date d'Orenbourg^ 16 mai 1840*
ALEX. nUMBOLDT A PLATON DB TCaiHATCHKFF (iS* 125).
Ce mardis 1841.
Je m'empresse, mon cher monsieur de T..., de vous remercier bien affectueusement de votre dernier travail qui est tout à fait exact.
La moyenne du groupe des 12 j. (26 décemb. 7 janv.) est 15,1, de sorte que toute la période de 2 1 j. (17 déc. — 6 janv. donne
Vous avez très-bien 1 9''5. J'ai profité de toutes vos notes. J'ai nommé et loué les personnes que vous m'avez désignées, et mon siège étant fait, je vous rends l'ensemble de vos notes qui se perdraient chez moi et que vous devez conserver. Je vous dois un intéressant article de ma climatologie asiatique et que je serais bien ingrat, si jamais j'avais pu montrer de Timpatience. N'oubliez pas que les températures moyennes se déduisent des max. et des min. de chaque jour (lever du soleil et deux heurcFi ou d'heures qui ont une même dénomination, huit heures du matin et huit heures du soir, dix heures du malin et dix heures du soir). Veuillez bien aussi marquer
toujours des dixièmes de degré faciles à évaluer à la vue, i = 0°3' ; f de ligne 0*7'. Cette habitude de précision numérique est requise et inspire de la confiance. Amitiés.
ÂL. HUMBOLDT.
. Ce mardi soir.
ALEX. HDMBOLDT A LETRONNE (n* 126).
Paris^ ce mercredi 1840 à 1S47.
Quel bonheur d'avoir un ami si indulgent et d'une si surprenante activité. J'ai fait disparaître l'afféterie du stagirite, expression à laquelle iiO\xs^ poétiques Germains, sommes très-accoutumés, l'Ideler que j'avais ajouté parce qu'il m'avait paru, d'après la préface de MearijlaL Transoxiane que les calculs dldeler sur l'erreur de la mort d'Alexandre, avaient de l'influence sur l'époque des guerres; mais il me reste des doutes et une.grâce à vous demander :
1" Vous ne permettez pas par la manière comme vous placez, p. 157, l'ère chrétienne que Strabon ait écrit sa géogr. après le Seigneur, j'ai pensé avec Wâchler et Mathieu que Diodore était à peu près à zéro année, et Strabon, quinze ans après notre ère. J'adopterai volon-