II. is
tiers avec vous Diodore — 60, mais je vous demande, mon cher ami, si vous voulez pour Strabon — 1 5 au lieu de + 15. Je n'y tiens pas du tout, mais je ne veux rien faire de contraire à vos conseils.
2* J'ai dans mon texte, p. 149; Ptolémée, 160 après notre ère, je trouve à côté de votre., . — 60 (Diodore).
+ 140 (Ptolémée).
Vous préférez donc que je place Ptolémée (le géographe) au lieu de 1 60 ?
3* J'ai fourré comme au hazard le Pseudo-Aristote de Mundo^ à la fin de l'époque avant notre ère. Trouvezvous que sans ridicule je le laisse là ?
4** Je suis en pleine révolte sur Ménandre. La page 613, devant indiquer une note que Niebuhr a faite dans l'index, sur l'interprétation du nom des rivières Daise ou Rha^ j'ignore, je tenais à citer cet index. Vous avez sans doute le livre à. la main ; daignez m'écrire un petit mot.
Mille affectueux hommages*
Ht.
Ce mercredi.
Paris, ce vendredi 1840 à 1847.
Une bien ancienne admiration, une de celles que j'aime à proclamer en tout lieu, me conduit toujours vers vous, mon excellent ami, chaque fois que des doutes ténébreux m'obsèdent. Vous me ferez sortir de la sylva sylvarum dans laquelle mon ignorance et ma curipsité me conduisent.
1) Dites-moi, avant de partir y encore quelques mots sur le zodiaque grec. Purifiez mes idées.
a) Si les maisons lunaires [nakchatras) sont bien ancienSj comment tous les signes du zodiaque grec, ou presque tous, s'y trou vent-ils ? Pour me rectifier, daignez jeter les yeux sur mon mém. sur le zodiaque mexicain et la différence de la Dodecit des peuples pasteurs et peuples agriculteurs y sur une division du temps (12 lunes) qui plus tard s'est réfléchie dans la voûte étoilée, reflet du temps dans l'espace (mes Vues des Cordillères et monuments des peuples indigènes de rAmériqiié) . Il y a une édition en deux volumes in-8% j'y ai mis en regard dans un tableau les nakchatras et les signes grecs.
b) Le zodiaque ou plutôt la dodécatomerie de Vannée des peuples tartares (Kirghises) toute bestiale dont on ignore l'antiquité, était connue du temps des Césars. Zodiaque et Decars de Bianchini (Louvre).
c) Les Grecs, en formant si tard leurs zodiaques, auraient pris des signes mystiques existant dans l'Inde (Chaldée), des images bien éloignées des tendances grecques toutes anthropomorphes ? Il y a un monde d'idées dans le Capricorne ; au Mexique, il est en rapport avec Coxcox. Noé, grimpant après le déluge (une des quatre destructions par les éléments, par Teau, atl.) sur le mont Tlaloc^ Ararat ; dans le Mahabarata {morceau du déluge, traduit par Bopp.), le Capricorne conduit Noé sur la montagne qui s'appelle à cause de sa corde Des schiffs — Anbinder daps le Comment. diAratus^ Germanicus Cœsar, place Deucalion dans le Capricorne. L'homme, d'abord poisson, grimpe comme une chèvre ou une gazelle sur une montagne. Quelquefois, une simple longue corne est donnée au poisson. Ces idées doivent être de la Chaldée, du bassin de l'Ëuphrate, de l'Inde, de peuples qui ne sont pas Hellènes; 2. Arago a dit hier dans son cours que Plutarque (de plac. Phil?), en parlant de la mesure qu'Eratosthène a faite de la distance du soleil à la terre, ne donnait pas le chiffre en stades, mais que Xylandre, dans sa traduction, avait énoncé un chiffre (je crois 20,000 rayons terrestres) qui était presque le véritable, qu'on ne savait pas si Xylandre a pris ce chiffre dans un manuscrit inconnu à d'autres, mais que la chose était d^autant plus curieuse que du temps de Xylandre (seizième siècle), personne ne connaissait la vraie distance. Ce n'est que Cassini qui l'a donnée le premier, d'après les obs. de Mar7\ J'ignore d'où Arago a tiré tout cela. Vous le savez comme *otre
poche, et ma paresse pour ne pas faire de recherches moi-même me fait recourir à vos bontés, i Amitiés.
Al. Humboldt.
ALEX. HUMBOLDT A LETROISNE (N* 128).
Paris, ce lundi 1840 à 1847.
Voici, mon excellent ami, ce passage de B. sur lequel j*ai passé la moitié d'une nuit et qui me tourmente. Si apices étaient des anciens, tout serait clair. Pour qu'il s'agît d'étendre la table de Pythagore aux airticules (centaines, millièmes) , il aurait suffi de faire P. P. P. pour 20, 200, 2000, mais chaque fond des , i-9, auraient des apices. Puis on les ajoutait (caractère^ adjun-gendo) à quoi? La table existante était donc écrite dans le chiffre alphabétique commun et l'on fixait les apices' dans les cases, en travaillant, en multipliant avec les apices, comme si on reportait la poussière. Tout cela m'intrigue. Weidler, dans sa dissertation sur l'origine grecque des chiffres arabes, n'y a rien compris et il attaque faussement ce problème, non par le texte, mais par les chiffres ajoutés dans les anciens manuscrits. Cependant, ces figures ou signes aussi quelquefois sont très-extraordinaires; vous les verrez soulignés dans la lettre de Hase.
Je mets à vos pieds , sans toucher le pié héroitjue des monuments; j'abandonne volontiers mon idée que le dodecatemerie peut, comme zodiaque des pleines lunes des 28 maisons lunaires, ii, 10, 50, 157. Pensez que tout cela a été écrit en 1810-1813. Le nouveau sur la balance, ii, 379, était contre Testa et Ideler que je n'ai pas voulu nommer. Lisez, de grâce, tout cela avec indulgence et souvenez-vous que, quoique du séminaire de Heyne avec mon frère, Schlegel, Sprico et Mathiac, au temps antédiluvien 1790, je n'ai aucune prétention à la philologie ; mais j'ai eu, comme dit Montaigne^ l'esprit curieux et j'ai trouvé quelquefois.
J'espère vous offrir mes amitiés encore ce matin de midi à une heure.
HUMBOLDT
Lundi.
Il ya un joli passage sur les ondes sonores dans B...., p. 1 379.
ALEX, HUMBOLDT A LETRONNE (n* 129).
Paris, ce jeudi < 840 à 1847.
J'ai retrouvé trèS'heureusement, lemême jour où j'eus le plaisir de vous voir, mon cher et illustre confrère, le précieux Mémoire sur Atlas et votre lettre non moins pré-
cîeuse, parce qu'elle renferme le témoignage de votre constante et affectueuse indulgence pour moi. Le Mé* moire et la lettre, comme je le supposais, avaient été, par mégarde, jetés dans un carton par mon domestique, sans être vus par moi qui aurais reconnu votre jolie petite écriture que je vous envie comme tant d'autres trésors que vous possédez. Ces idées cosmographiques, liées au mylhe titanien d'Atlas, sont une mine dans laquelle je pourrai fouiller longtemps pour mon histoire de la Phy-sique du monde. Que de choses se trouvent éclaircies à côté de l'objet principal : l'influence du voyage de Colaeus de Samos, l'Atlas oriental d'Apollonius de Rhodes (sans compter le Meron et l'Himalaya) ; Neptune qui ébranle la terre et pour cela même, comme le confirmeraient les amateurs des grandes journées, raffermit et la consolide aussi (Votre Neptune, p. 170, fait presque les fonctions d'un ancien préfet de la Seine !) ; le Venturinus de Thaïes réduit à Homère (L'engouffrement des rivières dans le calcaire -jurassique de la Grèce, l'eau et les bancs sortant souvent dans les tremblements de terre, devaient confirmer le mythe poséidémique des . poètes grecs.) ; la comparaison ingénieuse des systèmes de Platon, d'Empédocle et d'Anaxagore sur le principe d'équilibre... Les preuves que vous donnez de la .du personnage, àxx principe erroné h. T Atlas-montagne, sont des plus concluantes. Je ne connaissais pas trop la fonction
d'Atlas (Éléphant indien, effet des , désir de
l'homme d'éloigner les solutions du problème I) et le basrelief dont vous me donnez. un joli petit dessin de votre
main, est une découverte précieuse. Vous voyez que j*ai le « corps rempli des vérités » que nous vous devons et je crains que, dans ces temps où l'on n'a d'oreilles que pour la musique de Thôtel de ville et des yeux que pour le programme mystérieux et pour les titans qui veulent ébranler les pavés, faute de montagnes, votre admirable mémoire ne sera lu attentivement que dans cette mer de sable que j'appelle ma patrie^ et à travers de laquelle on veut faire naviguer le Hannon hollandais, le biblique amiral du Texel. (Verhuel nommé ministre à Berlin.) Mille affectueux hommages.
Al. Hdmboldt.
Ce jeudi.
ALEX. HUMBOLDT A LETRONNK (n^ 130).
Berlin, ce 8 janvier 1842.
Vous aurez vu par les journaux, mon cher et excellent ami, combien ma vie est agitée. Arrivé après six mois d'absence ici, je savais dans la première quinzaine que je devais accompagner le roi à Windsor. Ce devoir n'est aucunement d'office, ma position à la cour est entière^ ment indépendante, mais on ne se refuse pas à l'amitié, môme à celle d'un tyran doux et spirituel. Nous serons d^ retour ici le 1 4 février. Malheureusement nous ne passe rons pas par Paris, pas même par Calais. Je pars le 1 5,
on s'embarque à Ostende sur un vaisseau de 80 canons. Je n'aurai aucune jouissance intellectuelle d'un voyage de cette nature, j'ai le cœur encore rempli de la reconnaissance que je vous dois. J'ai fait partir par Brockhaus quatre volumes pour vous, deux des œuvres de mon frère avec d'admirables poésies j et deux énormes volumes in-4, Hermapion, C'est moi qui les mets à vos genoux. Il m'est arrivé un grand malheur dans V Hermapion^ j'en ai pâli en voyant qu'on avait imprimé une page de votre tableau chronologique. M. Ideler prétend que je le lui avais permis. Cela me paraît un mythe ! J'ai tant d'embarras dans ce moment, que je vous demande en grâce d'être généreux, de ne pas trop m'en vouloir, j'en suis aux larmes. Si vous blâmez, que ce soit moi et non le jeune Ideler, quoique je pense qu'il n'a pu résister à une ten* tation ; je ne puis réparer ce qui est fait. Vous ne vous vengerez pas, cher ami, en publiant le tableau chronologique... de M. Lepsius, que j'ai laissé entre vos mains ; il est dangereux d'être le dépositaire des travaux de ses amis. Je compte sur votre indulgence ; mon tort, s'il est le mien, est grave.
Mille tendres amitiés à vous et à votre charmante et
spirituelle famille.
A Berlin, ce 8 septembre 1842.
En grande hâte.
ALEX. HDMBOLDT A STANISLAS JULIEN (131 j.
Berlin, 10 janvier 1842.
Je pars en deux ou trois jours avec mon roi pour Londres et je n'ai que le temps de vous dire, mon cher et excellent ami, que je viens de porter votre Lao-Tseu à notre célèbre philosophe M. Schilling. Il a été on ne peut plus flatté d'un si honorable souvenir. Je lui ai lu des passages de cet admirable ouvrage. 11 les a trouvés pleins de grandeur et souvent de profondeur philosophique. Nous avons admiré aussi, l'un et l'autre, la noblesse de votre diction et la manière heureuse dont vous avez vaincu les difficultés d'un texte si ancien. Ce travail doit vous ouvrir toutes les portes des académies; je me charge de celle d'ici et je parlerai haut dans mes lettres à Pétersbourg : je ne serai de retour d'Angleterre à Berlin que le 15 ou le 1 6 février. Je ne puis malheureusement plus profiter de vos aimables offres pour de nouveaux extraits, mon siège est fait. Je dois me jeter dans le Kosmos.
Mille affectueux hommages.
HUMBOLDT