‹ Correspondance inedite scientifique et littéraire (volume 2)Chapitre 23 sur 46 · ALEX. HDMBOLDT A FERDINAND DENIS (N · texte numérisé non relu

ALEX. HDMBOLDT A FERDINAND DENIS (N

Mardis avril 1845.

Je regrette infiniment, monsieur, d'avoir manqué le plaisir de vous exprimer de bouche combien je suis reconnaissant de votre intéressant cadeau, combien je suis touché de cette aménité de caractère qui se réunit si heureusement en vous à une instruction solide et variée. Les noms de Barberousse et de Charles T, sous un coloris bien différent, donnent un vif intérêt à ces documents sur le nord d'un continent dans lequel le feu sacré de la civilisation a été souvent allumé et souyent éteint. Les observations que dans le second volume vous avez ajoutées sur l'administration de la colonie (peu favorable jusqu'ici à la mère patrie comme école de mœurs et de désintéressement), m'ont paru des plus judicieuses. Je vous supplie, monsieur, d'agréer l'expression nouvelle de ma haute considération.

Al. de Hdmboldt.

Ce mardi*

ALEX. HUMBOLDT A flITTORFF (iS'' 170).

Paris, janvier i845.

J'ai à vous remercier bien cordialement, mon excellent ami, de votre intéressant envoi et de votre aimable souvenir. Je vous demande mille et mille excuses de n'être pas encore venu pour vous voir. J'ai été dans toutes les horreurs des premiers devoirs, surtout aux Tuileries, plus vivantes et dansantes que jadis. J'ai déjà fait partir votre vue pittoresque et description du beau monument dû à votre talent, mon Roi ne vit que dans l'intérêt et la curiosité la plus inquisitive de là magnifique basilique parisienne, et il a encore changé le plan de la basilique de Berlin. Il s'est enfin résolu de placer les campaniles, non pas isolés en arrière, mais comme vous en avant, liés à l'édifice. Je dois être franc : cette vue pittoresque ne peut aucunement assouvir sa curiosité toute architecturale. 11 m'a chargé de lui procurer Grund und Aufrib (plan et façade) de votre édifice, le tout au trait. Il veut des lignes; les ornements qu'il admirera l'intéressent beaucoup. Il nous demande tout cela pour le fortifier dans les idées « des Berliner Bornes^ (du Dôme de Berlin). Ce que je vous demande donc en grâce^ c'est de me donner aussitôt que que possible ein grund und Aufribj avec des mesures, des dessins faits à la hâte sur de petites feuilles, quelque chose de préalable. Cela tour-

mente le Roi plus que toute la politique. Plus tard, je vous supplie de faire copier, 'par une main étrangère^ tout ce que vous avez fait de plans de votre basilique. Soyez ausrf assez bon de me laisser payer les copies; j'espère que vous ne trouverez rien d'indélicat dans cette expression. Votre célèbre ami Zanth doit être nommé à cette heure académicien. Il n'y a pas eu de mauvaise volonté, mais ce vieux et tyranique directeur de l'académie, Schadow, ne terminant rien. Je lui ai laissé quelques foudres en partant le 28 décembre et je reçois ici le mot rassurant.

Agréez, je vous prie, l'expression de ma haute et affectueuse considération.

Al. Hdmboldt.

Ce jeudi.

ALEX. HDMBOLDT A HITTORFF (n° 171).

Paris, 20 mars i845.

Monsieur,

J'aurai besoin de toute votre amitié comme de toute l'indulgence de madame Hittorff. Il faut avoir étQ parmi les sauvages de l'Orénoque pour avoir le courage de vous faire l'humble prière : de me permettre d'aller vous

demander un autre jour que le mercredi 26 mars à dîner en famille chez vous.

Je reçois dans ce moment l'invitation du comte Arnim pour ce même jour. Il me serait bien facile de dire que madame Hittorff a bien voulu disposer du 26 en ma faveur : mais M. d' Arnim connaît notre ancienne amitié et le crédit que j'ai auprès de vous. Il veut ouvrir son olympe qui est aussi le vôtre; il y a de plus un mois et demi qu'il ne m'a pas invité. Je vous demande donc la grâce de m' accorder ma liberté. Madame HittorfT ordonnera quel autre jour je puis aller recevoir mon pardon. Je suis libre dans tous les cas mercredi en huit et même avant. Veuillez de grâce m'écrire un petit mot de consolation.

Je ne vous parle pas du souvenir qui m'est resté de votre admirable basilique.

Mille affectueux hommages.

Al. Humboldt.

Il y a encore une confusion de plus. M. d'Arnim invite à deux mercredis : ce 26 courant, puis mercredi, 2 avril. Aussi j'ose vous prier de me donner ou le vendredi 28, ou le dimanche 30 — ou tout autre jour de semaine excepté le 2 avril.

ALEX. HUMBOLDT A COUDIER (n" 172).

Mars 1845.

Monsieur et très-illustre confrère,

J'ose invoquer votre ancienne bienveillance pour moi en recomnaandant à. votre protection spéciable un de mes compatriotes au sort duquel je prends le plus vif intérêt, M. Théobald Fix, professeur de langue allemande au collège royal de Henri IV, qui sollicite en ce moment la place de répétiteur d'allemand à l'École polytechnique. C'est un homme supérieijr, éditeur du grand « Trésor de la langue grecque. » des 13 volumes de saint Jean Ghrysostome et des tragédies d'Euripide. Le Ministre de l'Instruction publique l'a souvent employé dans les examens des collèges; il a professé pendant trois ans la philologie à l'École normale. M. Fix n'est pas seulement un homme d'érudition, il est aussi trës-recommandable par son caractère. Que je serais heureux si vous pouviez lui être utile !

Veuillez bien agréer l'hommage renouvelé de la haute et affectueuse considération que je vous ai vouée depuis si longtemps.

Al. Hdmboldt.

Ce mardi.

ALEX. HUMBOLDT A HITTOUFF (N" 173).

Paris, 27 mars 1845.

Le mercredi a été un jour d'aventures. J'ai fini par être mandé aux Tuileries où il y avait grand dîner pour le prince héréditaire de Meiningen, jeune tyran de trèsbonne mine. Il n'a été question avec la Reine que de vous, mon excellent ami, et de votre « admirable ouvrage. » Comme j'ai la faiblesse d'aimer qu'on loue mes amis, j'en ai été singulièrement satisfait, beaucoup de monde assistait à ces expressions d'une « haute estime.de votre talent. » La reine donne la préférence à votre basilique sur la Madeleine et sur Lorette : elle est « d'un style bien grave, bien religieux, grandiose et noble. » Le toit et les vitraux ont beaucoup frappé ; « tout est en harmonie dans cet édifice, » il a paru si grand qu'il a fallu prouver à la reine que votre basilique ne pourrait pas renfermer autant de monde que la Madeleine.

J'ai fait des reproches de ne pas vous avoir donne la jouissance de conduire la Reine. Sa Majesté a répondu qu'en vous avertissant il aurait fallu voir M* de Rambuteau, le Clergé, etc., qu'elle avait voulu faire en secret une excursion avec son fils seul. Cette visite vous en amènera bien d'autres. J'aurai demain, vendredi, le plaisir de vous renouveler l'expression de ma vive satisfaction.

Al. Humboldt.

La Reine a beaucoup vanté aussi la rampe. « C'est comraode et majestueux à la fois. — C'est un habile homme. »

ALEX. HUMBOLDT A HITTORFF (N** 1.74).

Paris, avril 1845.

Je suis bien sensible, mon excellent ami, aux démarches que vous voulez bien faire en faveur du jeune Fischer ; je le suis plus encore de l'aimable invitation de madame Hittorff pour « mercredi 28 du mois. » Il me reste cependant quelque crainte pour la disposition du jour. Je me suis tenu libre pour mercredi qui est le 29, mais je dîne mardi 28 chez M. Boussingault qui m'a fait choisir le jour. J'espère que votre erreur est dans le chiflfre, car vos réunions si intéressantes sont, il me paraît, toujours le mercredi. Daignez m'écrire un mot.

Amitiés.

Ce pauvre M. Humbert. On n'en aura pas voulu, j'espère, à un vieillard comme moi de ne pas enterrer les autres.

Al. Humboldt.

Koref a fait insérer un magnifique'article à sa louange par Varnhagen dans le Journal de Yoss. L'argent demandé n'était que 1,400 francs, et Cuvier a dit de lui

dans une lettre « que si on n'avait pas de Koref à Paris, il faudrait aller en chercher. ■ Le jeune fondeur Fischer demeure rue Neuve-Ménîlmontant, n* 16, hôtel du Nord,

ALEX. HDMBOLDT A HITTORFF (N'* 175).

Paris^ H avril 1845.

Les renseignements que vous avez bien voulu me donner, mon excellent ami, sur les constructions de Paris, en grande partie monuments durables de votre beau talent, font plus que je pouvais espérer. Ils intéressent vivement mon roi que je pense rejoindre vers le 5 ou 10 mai. J'écris ces chiffres pour ne pas vous hâter trop dans l'accomplissement de vos aimables promesses. Si cela ne vous contrariait pas, nous ferions un seul rouleau de vos dessins, de ceux de M. Duban et de quelques traits de Nepveu que M. Fontaines a promis après y avoir envoyé un jeune architecte. Enrichi de vos dons, je pense qu'il est plus prudent (afin qu'il y ait exécution et non-seulement promesse) que je traite la petite affaire de M. Antoine Hansmann, qui mérite plus que des encouragements personnellement avec le tyran rempli de délicatesse.

Mille affectueux hommages,

Al. Humboldt.

Ce mercredi.

Arrivé auprès du Roi, je placerai dans trois cartons voire basilique ; la restauratiop de la Sçiinte-^Chapelle par M. Duban ; le dessin de; M. Fontaines du château de Navarre.

ALEX, .HDMBOI.0T A CHAMPOLUQN-FIGEàC (N** 176)

Paris, ce 11 avril 1845.

Monsieur,

La bienveillance. Monsieur, que vous m'avez accordée depuis un si grand nombre d'années, l'instruetion que je puise encore souvent dans vos ouvrages et les sentiments d'admiration qui ont lié Guillaume de Humbold et moi à votre illustre frère m'inspirent le courage de vous adresser une prière dont l'accomplissement me rendra très-heureux. Je pense que mon savant ami M. Stanislas Julien vous aura présenté déjà un de mes compatriotes également distingué par ses vastes connaissances que par l'aménité de son caractère. M. Goldstûcker fait de grands et utiles travaux sur cette philosophie de l'Inde dans laquelle les autres philosophies de r Ouest paraissent bien trouver leurs premières racines. Son séjour à Paris ne pourra pas être assez long pour épuiser le magnifique manuscrit du Mahabharata que possède la Bibliothèque du Roi, renfermé, je crois.

en 16 boëtes longues et étroites; M. Goldstûcker, connaissant tout le prix de ce trésor et dotinant par la moralité de son caractère une garantie supérieure à toute garantie purement oflScielle, nourrit Tespérance que ce manuscrit sanscrit de Tadmirable poème épique du Mahabharata pourrait peut-être lui-être confié dans son voyage à Kônigsberg. Ce n'est qu'en France où l'amour des lettres inspire toujours des sentiments si élevés, que j'ose en appeler. Monsieur, à votre généreuse intervention, j'ai le courage de réclamer votre protection en faveur de mon compatriote. 11 soignera le mieux le trésor en l'emportant lui-même, et le manuscrit pourrait revenir par l'entremise du consulat de France à Kônigsberg ou Dantzig, et par celle de M, le marquis de Dalmatie, envoyé extra, à Berlin. M. Goldstûcker, pour marquer sa vive reconnaissance pour des procédés si généreux, s'occupera à Berlin de fournir au département des manuscrits de lord Chambre^ dont le Roi de Prusse a fait l'acquisition lors de son avènement au trône.

Daignez, je vous supplie. Monsieur et respectable ami, excuser la hardiesse de ma prière et agréez l'hommage des sentiments de reconnaissance et de haute considération que j'aurai le plaisir de vous renouveler de bouche avant mon départ.

Votre t. h. et très-obéissaat serviteur.

Alex. Humboldt.

A Paris, ce 11 avril 1845.

ALEX. HUMBOLDT A flITTORFF (]>r 177).

Paris, 15 a^ 1845.

Le froid moral qui a régné pendant l'ennuyeuse distribution de V ambroisie ne m'a pas empêché d'admirer l'art et le goût que vous savez employer dans les petites choses comme dans les grandes. Cette restauration de l'hôtel est une très-belle chose et prouve encore que la supériorité du talent n'exclut pas les soins et l'habileté dans les dispositions extrêmement limitées. Après avoir fait sonner bien haut l'effet qu'avait produit votre basilique sur la Reine et les^Tuileries en général, j'ai, attaqué de front M. Duchâtel en lui faisant la trop juste des demandes pour la fête du Roi, Je lui ai parlé de l'estime de mon maître et de notre amitié. Il m'a serré la main et promis : il a dit cependant que c'était plutôt l'affaire du Ministre des Travaux publics. Je ne manquerai pas, la semaine prochaine, de faire une visite chez M. Dûment en votre intention, mon excellent ami, car je n'y mets jamais les pieds, quoique je le connaisse beaucoup du cours de M. Arago qu'il a suivi assudûment. Je crains de le trouver plus curieux des corps planétaires que des basiliques.

Comme vous connaissez mes vœux d'être agréable à votre neveu, M. Hansmann, si digne d'encouragements et d'éloges, j'ose vous prier, pour rafraîchir ma mémoire, de mé donner une petite note que personne ne

verra. « Le nom du jeune artiste de Cologne, les dimensions du tableau de la très-belle sainte famille d'André del Sarto avec la phrase du catalogue du musée. Je pense, que le Roi doit avoir vu l'original au Luxembourg où il était avant la débâcle. Minimum du prix 4 ,600 fr. plus une médaillç d'or, » On m'accuse à tort de n*être pas un . homme d'ordre.

Le Roi me tourmenta souvent de chiffres pour les frais en gros des travaux d'architecture. Votre mémoire vous mettrait à même, je crois, de rectifier ce qui suit. On ne demande aucune exactitude.

l"* Place Louis XV, sans l'Obélisque, 1,200,000 fr.;

T Notre-Dame de Lorette, avec les peintures, 3 millions passés.

3** Saint-Vincent de Paul, fixé 4 4- millions; la rampe, 120,000 fr.;

4** Restauration de la Sainte-Chapelle, quand elle sera terminée, 800,000 fr.;

5° Hôtel de ville avec ameublement, 9 millions; sans l'ameublement, 7 -^ millions de francs; 6" Cirque Hittorff, 670,000 fr.;

7" Opéra;

8** Bourse;

9' Tombeau Louis XVI ;

10" Chapelle d'Orléans;

1 r Grand Arc de triomphe (Élysées);

12** Théâtre Italien, restauré en entier, 750,000 fr.

Je vous tourmente parce que je le suis beaucoup. Amitiés.

Al. Humboldt.

Ce vendredi.

Veuillez bien ne pas faire de recherches et passer sous silence tout ce que votre mémoire si riche ne vous fournit pas.

Il faut aussi presser M. de Rambuteau qui, aujourd'hui, agit avec beaucoup de tendresse pour vous sur les deux Ministres.

ALEX. HUMBOLDT A HITTORFF (n* 17&).

Paris^ 3 mai i845.

Monsieur,

Je suis peiné d'apprendre, monsieur, que vous avez été souffrant. J'augmente encore vos tourments; comme je comptais aller dimanche à Versailles, M. Nepveu voulant me montrer et m' expliquer « verbeusement » plusieurs artifices hydrauliques applicables à Sans-Souci, j'ose vous prier de ne me recevoir que mardi prochain, 6 mai, à une heure. Je ne crains pas la grosseur du cylindre (rouleau de fer*blanc) ; peut-être cependant pré-

féreriez-vous ne pas rouler les trésors. Je pourrais peutêtre placer les dessins dans un carton derrière mon dos, nnais ma voiture se rétrécit, je crois, dans le fond, à 2 pieds ou 2 pieds 3 pouces. Je vais en prendre les dimensions exactes et vous demander la permission d'amener mardi mon chasseur sibérien, qui a été aussi mon « conseiller d'État. »

Veuillez agréer, mon excellent ami, vous et Taimabie madame Hittorff, l'hommage de mon respectueux et aflfectueux dévouement.

Al. Hdmboldt.

Je suis sûr que Tidée du Roi d'un séjour sur les bords du Rhin est abandonnée. Je le regrette politiquement.

ALEX. BUMBOLDT A miTORFF (n* 179).

Paris^ ce mardi, mai 1845.

Je suis toujours dans le même tourment de l'incertitude de mon départ. Les journaux du Rhin annonçaient qu'à Stolzenfels on attendait leRôi le 9 mai et le 22 avril. M. de Bayring écrit à M. d'Arnim « que pendant l'hiver on était sûr d'aller le printemps de bonne heure au Rhin et qu'à présent il n'en est plus question. » Dans la triste

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possibilité d'un départ brusque, je dois, mon excellent ami, prudemment prendre mes précautions. Ne m'en voulez donc pas si j'ai le courage de vous endosser ainsi le rouleau du célèbre maçon M. Fontaines. Peut-être pourrai-je emporter le tout, vos trésors^ ceux de Duban et de Nepveu dans le même rouleau. J'irai au moindre signe que vous me donnerez la veille le matin chez vous pour jouir de la vue de vos dessins , avant qu'on les emballe. Jusqu'ici rien ne presse.

J'ai eu une bien aimable lettre de M. Zanth. J'ai encore prêché il y a huit ou dix jours un de MM. les ministres, il me répond — toujours avec un sourire gras : — Nous verrons.

Amitiés.

A. HUMBOLDT

ALEX. HUMBOLDT A HITTORFF (n** 180).

Paris, 17 mai 1845.

Me pourrez-vous croire assez sauvage et ingrat pour ne pas aller me présenter pour prendre congé de vous et de votre charmante famille ? Je ne puis vous offrir cependant que les seules heures de 9 à H heures du soir après-demain mardi. J'entendrai avec le plus vif plaisir votre lecture de l'iritroduction d'un ouvrage qui me pa-

raît devoir faire époque dans l'histoire de Tarchitecture et des beaux-arts en général.

Mille affectueux hommages. A. Humboldt.

Veuillez bien, de grâce, nMnvita* personne qui voudrait m'engager à. voir quelque chose.

ALEX. HUMBOLDT A GUIZOT (n° 181).

Ce 15 mai 184o.

Votre Excellence a gracieusement permis que je lui parle de mes douleurs peu philosophiques. J'ai fait présenter (par M. Vatout) au Roi un magnifique ouvrage sur les insectes nuisibles aux forêts^, pB.T M. Ratzeburg, professeur à notre Académie forestière de Neustadt Eberswalde près de Berlin.

Cet ouvrage a été distribué à tous les Oberfôrster en Prusse parce qu'il renferme des vues très-pratiques. Il a coûté au gouvernement près de 30,000 francs. Le Roi a pris connaissance de l'ouvrage de M. Ratzeburg avec le plus vif intérêt et paraissait décidé , à ce que m'a dit M. Vatout, d'accorder à l'auteur la croix de la Légion d'honneur. M. Ratzeburg a été longtemps précepteur des enfants de mon frère. Il jouit comme savant d'une juste célébrité parmi les entomologistes de la Fbance et de l'Angleterre.

Il y a aussi des gémissements très-doux dans la maison de M. Waagen , directeur de la galerie de tableaux à Berlin, homme spirituel, que votre Excellence a accueilli avec beaucoup de bienveillance pendant son dernier séjour à Paris. Depuis la mort de M. de Rumohr, on regarde le D' Waagen, professeur à l'Université de Berlin, comme Thomme de TÂUemagne qui connaît le plus profondément les arts. 11 a eu l'honneur d'envoyer son utile ouvrage sur les arts en Angleterre et en France au roi Louis-Philippe, il y a deux ans. On a beaucoup d'estime pour M. Waagen sur la Colline trop artistique de Sans-Souci.

Je ne parle plus du très-théologique et sémitico-linguistique profess. Tischendorf à Leipsig, qui, depuis a fait de si belles découvertes en Orient. Je suppose quMl a été compris dans les nominations du T' mai.

Agréez, je vous supplie, l'hommage d'une reconnaissance, d'une admiration, d'une amitié qui datent de bien loin.

Al. Humboldt.

Ce 15 mai 1845.

ALEX. HUMBOLDT A HITTORFF {if 182).

Paris, 18 mai 1845.

Hélas, mon cher ami, je dois vous tourmenter. Je pars

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