‹ Correspondance inedite scientifique et littéraire (volume 2)Chapitre 28 sur 46 · C. C. Rafn · texte numérisé non relu

C. C. Rafn

ALBX. HDMBOLDT A SEDILLOT (n** 211).

17 oovembie 1847.

La haute estime que je vous ai vouée, Monsieur, se trouve exprimée bien des fois dans le second volume du Cosmos qui va bientôt paraître. • Dans le Précis historique sur le développement progressif de ridée de t univers j'ai dû parler souvent de vous en l'histoire de l'astronomie des Arabes et d'Oloug-Beg. Malheureusement je n'ai pas pu profiter encore de ce dernier et important ouvrage que je dois à votre constante bienveillance pour moi.

A t. HUMBOLDT.

Samedi^ la nuit.

ALEX. HDMBOLDT A 6UIZ0T (iT 2 1 2).

A Parîs^ ce 22 décembFe i847.

Monsieur !e Président du Conseil,

Me trouvant, à mon plus grand regret, très^prcs de l'époque où je dois de nouveau quitter la Fr^mce qui,

depuis près d'un demi-siècle, m'est une seconde patrie, je profite de la permission que Votre Excellence a daigné me donner, en osant lui rappeler les noms de deux hommes qui jouissent d'une haute estime par leurs tra« vaux et leur caractère.

Le Baron de Reden^ président de la Société de statistique en Allemagne, a eu l'honneur de faire hommage de son bel et utile ouvrage sur les chemins de fer à Sa Majesté. Auteur d'un grand travail sur le système douanier et* les finances de la Russie, comme aussi d'une géographie commerciale, il avait fixé l'attention de mon neveu le baron de Bulow qui l'a appelé à Berlin. Il mérite d'être encouragé depuis la mort de ce ministre. C'est un savant laborieux, modéré dans ses opinions, trèsdévoué à tout ce qui peut resserrer les liens entre la . France et l'Allemagne. Le baron de Reden est souvent consulté par le prince de Prusse.

M. de Reumonty natif d'Aix-la-Chapelle, conseiller de Légation à Berlin, a présenté au Roi, je crois même sous les auspices de Votre Excellence, sa Storia délia Italia^ au moyen âge. Il écrit avec le même talent en italien et en allemand, ayant passé une partie de sa vie aux missions prussiennes à Rome et à Florence. Catholique trèszélé, il a été employé avec succès dans nos négociations avec le Saint-Siège, terminées par le comte de Bruhl. Les « Florentiner et Rùmischer-Briefe, les Italianische- Dichtergrâber » et la vie de Ganganelli sont écrits avec goût et prouvent de la sagacité dans les recherches histoliques faites dans les Archives de l'Italie. Nous voyons

souvent M. de Reumont dans les soirées littéraires de Sans-Souci, et le roi de Prusse s*est fait accompagner par lui dans ses course d'automne de Venise, Vérone et Padoue.

Mes compatriotes auront de nouveaux motifs de vive reconnaissance pour Votre Excellence, si elle daignait persévérer dans la résolution de proposer le baron de Reden (neveu du dernier ministre, chef du département des mines) et M, de Reumont, comme chevaliers de la Légion d'honneur.

Je suis, avec le plus profond respect,

De Votre Excellence, Le très-hùmble et très-obéissant serviteur.

Le B^û De Humboldt.

A Paris, ce 22 décembre 1847.

ALEX. IIUMBOLDT A ÈllË DE BEADMONT (N° 213).

Paris, ce lundi 1847.

Veuillez, mon cher et excellent ami, lire la lettre d'Agassiz, que j'ai reçue ce matin et qui voiis fera le plus vif plaisir par le sentiment de contentement qui y règne et par le reflet de sa belle âme. Je n'ai pas honte de vous faire lire ce qu'il dit de moi. J'irai m'instruire dans votre

atmosphère demain mardi, à une heure. Je serai heureux de déposer dans ma Physique du monde le plus de ces sommités d'idées, de ces grandes vues dont vous enrichissez la science. Mais depuis que j'ai eu le plaisir de vous voir, je suis de Tavis qu'il est prudent d'ajourner un peu votre pétition à M. Salvandi. Je mens de découvrir que Ârago a commencé à faire des démarches pour faire prendre des poissons de Yalenciennes, si nous nous donnons du mouvement pour les poissons fossiles^ que les deux « HOMiNES PiscES » n'auront riem

Voici la position des choses. Pour le moment, Yalenciennes est plus à plaindre qu'Agassiz. Yalenciennes, surchargé de plusieurs générations de famille, est dans une pénible position d'argent, plus pénible que vous ne pouvez le croire. Il peut se sauver si le ministre prend des exemplaires, et né fussent que pour 10,000 fr., ce qui lui donnera 5,000 fr. Vous voyez qu'il s'agit de sommes bien minces. Agassiz, auquel je n'avais d'abord

promis que 16,000 fr., en aura 20,000; il se dit luimême sauvé et nous avons grand espoir de lui procurer pendant son absence quelque chose du prix Monthyon à quoi Yalenciennes mère doit travailler.

Dans cette position assez cruelle pour moi, ayant une plus ancienne amitié pour Yalenciennes, et ayant été occupé pendant six mois à améliorer la situation de rexcellent Agassiz, je voudrais que nous puissions attendre jusqu'à ce que nous voyons la tournure que prendra la démarche d' Arago. Vous sentez, mon cher ami, combien je devrais craindre de reproches d'avoir nui à M. Yalen-

ciennes. Vous ne me blâmerez pas de vous avoir parlé à cœur ouvert de mes angoisses.

Veuillez bien ne pas parler de tout ceci à M. Ârago ; je ne lui en parle pas.

Amitiés*

Al. Hujuboldt.

ALEX, flUMBOLOT A iLIB DE BKAUlfONT (n"* 214).

Je rends grâce à mon noble et ancien ami, M. Léopold de Buch, de m'avoir chargé de vous transmettre ouverte la lettre intéressante qu'il vous adresse, en y joignant la trigonie qui a excité toute sa sensibilité. Je souscris de bon<;œur, mon illustre confrère, à ce qu'il dit de M. de... (illisible, Turenne probablement) et de vous, persuadé que vous devez être depuis de longues années convaincu (probablement^ mais le mot n'y est pas) de Tadmiration que je porte à vos travaux et que j*ai exprimée d'une manière bien explicite dans le premier volume de mon G95mos. J'ai été moins content de la lettre de M. de Buch, adressée à moi. II continue à persécuter, à ridiculiser à l'Académie et dans la société mes compagnons de voyage, Ehrenberg, Gustave Rose, comme il persécute Agassiz et

M. Âbich et toutes les applications très-sensées qu'on fait de la chimie à la géologie des volcans. Tout cela n'est ni philosophique, ni noble, ni digne d'un esprit si hautement placé dans l'opinion que M. de Buch. M. Ehrenberg, après avoir trouvé les infusoires à carapaces siliceuses jusque dans les roches de transition des Etats-Unis, s'est trompé sans doute un instant , en admettant que les ponces remplie d'infusoires sont sorties telles de la profondeur des abimes dans lesquels les volcans ont leur racines, mais cette erreur, relevée de suite par M. de Decken, qui amis en avant que les petites bêtes ont travaillé les ponces tombées dans des cratères-lacs, n'est pas plus blâmable que le dédain superbe avec lequel M. de Buch persiste encore aujourd'hui à regarder comme chimériques et impossibles les traces (vestiges) de Hildburghausen, d'Angleterre, et des Dimrmis des États-Unis. Les résultats des découvertes de M. Erhenberg sous les rapports géologiques sont de la plus haute importance, ne fût-ce que pour nous rappeler le ridicule de la dénomination d'eocène quand | des animaux de la craie, réputée très-ancienne noblesse^ vivent de nos jours et font des petits entre Rugen et Bornholm. La préexistence de ces petits animaux à une époque géologique où à peine quelques terres fermes se sont élevées du sein des mers est un fait géologique bien digne d'attention.

Milles affectueux hommages.

Al. HtJMBOLDT.

Ce samedi.

ALEX. HUMBOLDT A d'aRCHIAC (N" 215),

15 novembre 1847»

Quelques mots d'intérêt pour vos excellents travaux, Monsieur le Comte, m'ont procuré (grâce à Taimable sollipitation de mon jeune et savant ami M. Frapolli) un souvenir bien aimable de votre part.

J'irai vous exprimer l'hommage de ma vive reconnaissance,

H(JMB0LD7,

Ce lundi*

ALEX. flUMBOLDT A FfiRD, DBNÏS (iN' 216). '

Monsieur,

Je prie le spirituel auteur des chroniques chevaleresques de l'Ibérie d'agréer l'expression de ma vive recon-. naissance du charmant cadeau que je dois à sa constantp bienveillance pour moi. C'est une grande imagé de •sou*' venirs et de reflet sur les découvertes du monde mari-? time. J'aurai la satisfaction de vous renouveler mes remerciements en personne, bien distrait ce soir par la

mort inattendue de mon imprimeur M. Pihan de la Forest, homme de bien et fort instruit.

Al. Hdmboldt.

Ce mercredi soir.

ALBX. HDMBOLDï A CHASLES (N* 217).

Commencement de janvier 1848.

J'ai été vivement attaqué en Allemagne dans un journal d'érudition, le ; année 6* (1845),

p. 367, par un D' Mûller de Stuttgart, d'avoir inventé dans une citation de mon Cosmos allemand t. i, p. 73, une édition de la Mar ganta pkiiosopkica de 1486. On veut qu'il n'y.... pas d'antérieur à 1496 ; que 1486 est une grossière erreur.

Je trouve citée l'édition de 1486 dans votre grand ouvrage de X Histoire des Mathématiques^ p. 289...

Daignez m' écrire à ce sujet quelques lignes à Berlin...

Je saisis cette occasion pour vous faire cadeau d'une lettre autographe du célèbre Niebuhr sur les chiffres îndoux qu'il a trouvés dans le Codex Palatinus. Comme récriture est difficile, veuillez de grâce vous faire traduire les deux lettres par un Allemand dé race pure. Gardez-les et faites-en usage si vous pouvez.

Vous savez quelle haute estime je fais de votre caractère et de la sagacité de vos belles recherches,

ALEX. HUMBOIDT A HITTORFF (N* 218).

Paris, 12 décembre 1847.

Comment pourriez-vous douter un instant, mon excellent ami, que M. Arago ne travaillerait pas avec ardeur dans le sens de vos intérêts qui sont ceux des arts. Il tient entièrement à Tunité d'action. Je lui ai lu votre lettre. Il aurait déjà désiré d'y trouver un nom propre. Aujourd'hui, lundi, M. Arago est tout occupé d'une élection d'académicjpns libres, mais demain, mardi, à midi ou midi 1/2, il ira, contre son habitude, par amour pour vous, présider la commission des arts. M. Arago vous prie par conséquent de ne pas venir chez lui, â l'Observatoire, mais d'aller le voir avant l'ouverture de la séance à l'Hôtel de Ville même. Vous le ferez demander et vous lui direz l'artiste sur lequel vous comptez.

C'est bien pour mercredi, 15 de ce mois, à 6 h. 1/2, que j'aurai le bonheur d'être au sein de votre famille. Je crois que demain nous nous verrons chez M. Letronne.

Amitiés.

Al. Humboldt.

Ce lundi*

M. Arago paraît avoir des prédilections pour monsieur Fiandrin.

ALEX. HOMBOLDT A ARÂGO (n"" 219).

Berlin, 17 février 1848.

Mon cher ami !

Une lettre très-aimable que je dois à la sollicitude de M. Pentland, la lettre en date du iO de cé^mois, m'avait fait connaître ta légère indisposition et le regret que tu avais exprimé avec tant de bonté de n'avoir pu m' écrire depuis mon départ. Tu sais quel prix j'attache à une lettre de toi^ mon cher Ârago, mais dans un moment où les chambres offrent un spectacle si agité ton silence ne devait me paraître que très-naturel. La lettre que monsieur Pentland a eu la bonté de m'écrire avant son voyage à Madrid me parle d'un étourdissement que tu as eu en revenant de l'hôtel de ville et d'un rhumatisme qui t'a malheureusement forcé de rester alité pendant quelques jours. J'aime toujours savoir et bien minutieusement les souffrances de celui qui m'est le plus cher dans ce monde, mais les étourdissements ne m'effrayent pas. Il y a 30 ans que je t'en connais. Je me souviens d'un cas où dans notre me d'Enfer tu as dû t' asseoir sur une borne pour te reposer ; un développement organi-

que comme le tien, moralement agité par un esprit ardent, sans cesse consommateur de force vitale, a dû offrir, dès la première jeunesse, à rentrée d'une carrière 6Î grande et si noble, des réactions passagères. La longue et heureuse habitude que j'ai de vivre dans ton intimité ne me font pas craindre ces réactions. Je crains peu aussi les agitations politiques auxquelles ta philosophie oppose souvent le calme d'une longue et méfiante incrédulité; ce que je crains, ce sont des tracasseries qui sans être scientifiques en affectent les formes, les méchants procédés de ceux qui te doivent ce qu'ils possèdent et qui fatiguent par d'impuissantes attaques. J'apprends avec un vif plaisir que malgré ces attaques et les essais d'amendements, le nouveau règlement a définitivement passé tel que tu l'avais ébauché. J'y mets beaucoup d'importance, parce que je sais plus qu'un autre de quelle immense importance est pour la propagation des sciences le Compte-rendu tel que tu l'as créé. M. Lev. te ferait dégénérer dans une feuille d'annonce et de clabaudage qui rappelerait les derniers temps de Zach et de Lalande I Et ce grand ami, le spirituel M. Littrow^ qui n'a pas même pu faire arriver à la prétendue Académie Impériale de Vienne,' son aquatique VroiQcXe\xv. Une académie

sans toi, sans Herschell, Brewster, Airy On croit

être au treizième siècle et l'ignorance parait avoir été plus active encore que les inimitiés politiques! Si j'écris ces lignes aujourd'hui, mon cher ami, c'est pour cause. Je lis dans le /. des Débats ^ du 13, qui ne paraît vouloir enregistrer que la fin du Kosmos, que je suis dangereu-

sèment malade. Avec la tendre amitié que vous me portez tous, toi et ta famille, je m'empresse de f écrire ce peu de lignes. Après avoir joui d'une si excellente santé auprès de toi pendant trois mois, j*ai en effet, sans doute à cause d'un froid atmosphérique ( — 18*7 cent.), été pris de la grippe qui est endémique ici. Elle s'est montrée comme une petite fièvre rhumatismale vers le 4 de ce mois : la fièvre n'a duré que quatre à cinq jours; il ne m'est resté que de grands dérangements d'estomac comme tu me les connais. Je garde encore la chambre par prudence, je n'ai jamais cru que je pourrais devenir sérieusement malade : mais j'ai été bien souffrant, et quand la vie devient presque un miracle, on est un spectacle aux autres et les journaux font peur à mes amis. Depuis quelques jours je me suis remis à travailler au Kosmos et je me sens de mieux en mieux.

J'ai lu dans le long article de Herschell sur mon Kosmos, t. I (mélange d'éloges exagérés et de doutes religieux) , qu'on a été trèfr-frappé à Londres de la nouvelle qu'à Toronto (le grand orage magnétique de Torento) du 24-25 sept. 1841 sur lequel on a publié un gros volume in-4% s'est répété à Torento et à Londres en 1847. Je viens de découvrir dans mes registres magnétiques très-détaillés de Berlin qu'observant (lunette magnétique de Prony) jour et nuit conjointement avec M. Oltmanns, de 1/2 en demie heure sans interruption du 19 sept. .1806 au T' octobre, il y a eu

dans la nuit 24-25 sept. 1 806' un orage magnétique sf épouvantable qu'à cause de i'é-

tendue des oscillations toute observation a été impossible. Voie donc, ftion cher ami, si pour le même jour on trouve quelque confirmation dans les registres de Paris T

Mille tendres amitiés à toi et toute Taimable famille^ J*espère que ma lettre te trouve debout.

J'ai appris avec peine que le pauvre Valenciennes a été souffrant aussi.

ÂL. HUMBOLOT.

A Berlin, ce H février 1848.

ALGX. HUMBOLPT ▲ L£TRONN£ {ff" 220).

Paris, ce jeudi. 1847.

Je mérite bien le tendre intérêt que vous daignes prendre» mon excellent ami, au plus important ouvrage de ma vie, car personne parmi tous vos amis n*a été depuis quios^e ans plus occupé de votre gloire, plus déat* reux de faire comprendre k TËurope entière ce que nous possédons en vous, que Tauteur de cet imprudent ou* vrage du Cosmos. Il désire que vous puissiez vous p^ nétrer du but gigantesque que je me suis proposé. J^ai voulu prouver qu'en décrivant la nature on peut réunir la plus grande exactitude des faits, des théories que Ton croit vraies à une époque donnée, à l'élévation du style, à la peinture des sites, à la « coloration » du langage, à

l'harmonie que doit reproduire renchaînement des mots. J'ai cru aussi que l'impression de grandeur et de richesse que doit présenter un tel ouvrage ne part pas uniquement de ce qu'il y a de grand et de riche dans la nature physique, mais que le reflet des opinions antiques, des mythes oui souvent ne sont que ces opinions en action, sont un moyen à employer, le genre humain étant un, et nous-mêmes ne formant idéalement qu'un chaînon de cette culture intellectuelle dont la source éternelle sont les Hellènes. •

Je vous conjure de lire ma préface, puis Tintroduction, p. 3-78, La mer et l'air que transmet la parole, p. 331 et 332; tout le morceau des races depuis Théodectès de Phaselîs, p. 378-386. Jetez les yeux sur quelques notes, p. 76, 397, 407, 449, 450, 454, 463. Je peux être quelquefois dans l'erreur, vu l'extrême variété des objets que tous j'ai voulu traiter avec la même importance, mais j'espère que vous sentirez pour le moins que ces 300 notes renferment lés preuves d'un travail assidu, d'un respect pour le public. Je vous demande en grâce de me renvoyer seulement les 28 et 29, déjà demain vendredif à 4 heures, mais tout le reste dimanche matin, non chez moi, mais chez Pingard qui me donnera les feuilles, car le secrétariat sera fermé. Je n'en travaille pas moins dimanche à l'Institut.

Je vous embrasse de cœur et d'âme.

Al. Humboldt.

Ce jeudi..

J*ai tellement besoin du cours d*Ârago qui est dans rOptique, que je renonce à regret au plaisir de vous voir à la séance publique.

ALBX*. HUMBOLDT À MADAME DE CmcOURT (n"" 221).

BerliUi vendi*edi $q\v (avril 1848}.

Une soirée^ madame la Comtesse ! hélas ! Si j'avais quelques moments de libres dans ce temps d'agitations» comment n'aurais-je pas paru chez vous depuis trois jours, le matin, d'après l'aimable permission que vous m'avez donnée? Je suis ravi des nouvelles de Paris, et prête l'oreille à tant de bruits mensongers qui courent de la tribune du puissant orateur du Parc (Thiergarten) jusqu'à l'hôtel de ville à Paris. Agréez, je vous prie, Madame, l'hommage de mon dévouement et de mes sentiments respectueux.

Al. Hdmboldt.

Madame de Gircourt, à Berlin.

ALEX. HCMBOLDT A MADAME DE CIRCOUBT. (iN* 222).

A Potsdam^ mardi (avril ou commencement de mai 1848}.

Si je me rends « introuvable, » madame la Comtesse, ce n'est certainenaent pas pour éviter par ruse les « curieux » et les «ennuyeux; » avec le respect que m'inspire un noble caractère, il m'en coûte de ne pas pouvoir profiter de votre bienveillante invitation. Pour traiter des objets très-délicats et d'une grande importance politique, il faut reconnaître dans son ensemble la marthe que veut suivre le gouvernement. Je n'ai pas eu un seul entretien avec M* le Ministre des affaires étrangères, et je ne puis abandonner une ligne de conduite que ma position et mes devoirs me prescrivent Daignez agréer, Madame, l'bommage de ma reconnaissance et de ma respectueuse admiration.

Al. HtJMBOLDT.

ALEX. HUMBOLDT A MADAME DE CIRCODRT (n* 223).

(Potsdam^ Un de mai 1848.)

Heureux de l'aimable souvenir de madame la comtesse de Circourt, j'ai remis de grand matin à madame

la comtesse de Dônhoff votre billet. Je ne saurais vous exprimer assez vivement quels regrets excite cet irami- Tient départ. J'écris ces lignes pour rectifier mon inviter tîon pour lundi. Le dîner à Sans-Souci sera non à trois heures, mais déjà à deux heures, à cause des eaux de Marienbad que le roi prend de très-grand matin, et qui excitent l'appétit, à ce qu'il paraît. Daignez recevoir ' l'hommage renouvelé de mon admiration et de mon dévouement respectueux.

Al, Huhboldt,

Ce dimanche. <

P. S. — J'aurai donc le bonheur de vous recevoir demain à Sans-Souci, un peu avant deux heures, t Est-ce clair?... »

Madame de Circourt^ à Berlin^

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