II
pas connaître la personne à laquelle elle était adressée. Nous avons supposé que cette personne était M. Grille ; mais les biographies que nous avons consultées citent denx auteurs ou littérateurs qui auraient pu eh être l'auteur : Tun^quia un article dans lu Biographie universelle Michaud^ sous le nom de Grille de Beuzelin (Ernest-Louis-Hippolyte-Théodore), mort en 1845, s'occupait plus spécialement d'archéologie, ef a en effet adressé des rapports au ministre de l'instruction publique; l'autre, au contraire, dont la Biographie universelle Michaud ne parle pas, quoiqu'il soit auteur de plusieurs ouvrages littéraires , est cité dans la Biographie des Contemporains sous les nom et prénoms de Grille (François-Joseph); il serait né en 1782, et aurait rempli, de 1820 à 1822, les fonctions de chef de division adjoint au ministère de l'intérieur. Dans cette incertitude, nous ne donnerons la notice biogra* phique ni de l'un ni de l'autre, et les lignes qui précèdent serviront de note.
(13) P. 68-375. Letronne (Antoine-Jean), savant géographe et archéologue français, né à Paris au mois de janvier 1787,était le fils aîné d'un artiste graveur. Placé d'abord dans l'atelier du célèbre peintre David, il se livra en même temps à l'étude du latin et des mathématiques, et montra tant de dispositions pour cette dernière science que son père résolut de le faire entrer à l'Ecole polytechnique. Antoine Letronne se préparait à en subir les examens, mais sa mère étant restée, en 1801, veuve et sans ressources avec deux jeunes enfants^ l'aîné, quoique à peine âgé de quatorze ans à cette époque, résolut del^i soutenir par son travail. Pour y parvenir il suivit, entre autres cours à l'Ecole centrale des Quatre-Nations, ceux d'histoire et de géographie professés par Mentelle, qui l'admit à la collaboration d'un Dictionnaire de géographie qui eut alors assez de vogue. Avec le salaire qu'il en recevait et le produit de quelques leçons de latin, de mathématiques et de géogrpahie, et quelques écrits qu'il publiaitpour des auteurs et des libraires et qui ne portaient pas son nom, il put non-seulement pout voir à tous ses besoins, mais procurer une certaine aisanca
à sa mère et à son jeune frère. Ce fut [alors qu'il résolut de recommencer son éducation sur un plan qu'il s'était tracé, qu'il réapprit seul le latin, l'anglais, les mathématiques et se livra surtout à l'étude du grec, en suivant les cours de Gail. Quand il eut la conviction qu'il avait une intelligence peu ordinaire de la langue grecque, il acheta à vil prix les éditions les plus incorrectes des auteurs grecs, fit en les lisant toutes les corrections qu'il jugea nécessaires, et déposa dans ces volumes de rebut le germe des belles recherches qui ont illustré sa vie. Une importante correction faite par Letronne â un passage de Thucydide, mal interprété par tous les éditeurs et par Gail lui-même, reçut cependant l'assentiment de ce dernier à la correction proposée. Affaiblie par des travaux incessants, la santé de Letronne lui fit accepter l'offre qui lui fut fa,ite par un étranger de l'accompagner dans un voyage qu'il se proposait d'entreprendre. D'octobre 1810 à juin 1812 ils parcoururent ensemble le midi de la France, l'Italie et la Suisse. A son retour, il rectifia d'autres passages de Thucydide ainsi que des ouvrages d'Eunapius, de Plutarque, de Paupanias,etc., en annotant un court traité de géographie composé en latin par un moine irlandais. Ses Recherches géographiques et critiques sur la mesure de la terre^ par Dicuil, suivies du texte restitué de cet auteur, furent le premier ouvrage qui attira sur Letronne l'attention de tous les membres de l'Académie des inscriptions et belles-lettres et, en particulier, celle de Clavier. Peu après, le gouvernement le chargea, après la mort de la Porte-Dutheil, de continuer et de ternâiner la traduction française de Strabon. Ayant remporté un prix à l'Académie des belles-lettres, il en fut nommé membre en i816, et devint successivement inspecteur général de l'Université et des Ecoles militaires (1819), professeur au Collège de France (1834), Tannée suivante administrateur de cette même bibliothèque, garde général des Archives nationales le 5 août 1840, et enfin directeur de l'Ecole des chartes. Sa merveilleuse aptitude de pouvoir passer alternativement du détail des affaires aux travaux de l'esprit, son activité corporelle et sa robuste santé lui permirent de soutenir légèrement le fardeau
d'une vie surchargée de devoirs et 'd'occupations diverses. Nomnoié Tan des auteurs du Journal des savants^ il y inséra, ainsi que dans les Mémoires de F Académie^ dans divers recueils périodiques et dans des ouvrages séparés, une multitude de dissertations sur Tastronomie, les mathématiques, la chronologie, la géographie, l'archéologie, l'histoire ancienne, l'histoire du moyen âge, les cultes et la philosophie religieuse des anciens peuples, et sur la philologie. Parmi ses mémoires nous devons citer celui qu'il lit paraître, peu après son entrée à l'Académie, sous le titre de Considérations sur les monnaies grecques et romaines^ pour réfuter celui de M. Germain Garnier sur les hases de l'évaluation des monnaies an ciennes, dont il démontra victorieusement la fausseté. Ses Recherches pour servir à r histoire d'Egypte et le volume qu'il préparait sur les papyi'vs grecs, et qu'il n'eut point le temps de faire paraître, méritent aussi d'être cités. Il espérait publier bientôt ce dernier ouvrage, mais, quoiqu'il parût jouir de la meilleure santé, il cessa de vivre le d4 décembre 1848, à la grande stupéfaction de ses collègues. Letronne laissa à sa mort cinq enfants deux fois orphelins; il était membre des principales Académies et Sociétés savantes du globe. Nous avons consulté, pour rédiger cette notice, outre les indications de la famille de Letronne, les articles que lui ont consacrés, dans la Biographie universelle ^ MM. Michaud, Barthélémy, Geoffroy Saint-Hilaire, ainsi que la notice historique lue à l'Institut par M. Walckenaer, à la séance publique annuelle du 46 août 1850. A la suite de sa notice sur Letronne, M. "Walcknaer a donné une longue série de notes qu'on devra parcourir pour bien connaître les immenses travaux de ce savant et auxquelles nous croyons devoir nous borner à renvoyer les lecteurs.
Les principaux ouvrages publiés par Letronne sont :
i"* Sur l'origine grecque des zodiaques prétendus égyptiens ; 2<» L'Isthme de Suez;
S*' Sur la séparation primitive des bassim de la mer Morte et de la mer Rouge;
— 4âl — .
4° Mémoire sur la civilisation égyptienne depuis l'établisse^ ment des Grecs sous Psammétiirus jvsquà la conquête d'Alexandre ;
5" Mémoire sur le monument dOsymandyas de Thèbes ;
6^ Sur les écrits et les travaux géométriques et astronomiques d'Eudoxe de Cnide^ et sur quelques points relatifs à Ihistoire de r astronomie et à la chronologie anciennes ;
7° Sur le revêtement des pyramides de Giseh^ sur les sculptures hiéroglyphiques qui les décoraient et sur les inscriptions grecques et latines que les anciens voyageurs y avaient gravées,
iNOTES.
Dans sa lettre écrite de Paris en i836 et imprimée dans le second volume, n» 80, p. 127, Humboldt cite à Tappui de ses observations les pages 45, 49 et 73 de son Examen critique^ ainsi qu'un important fragment de VHistoire de la Cosmogra^ phie, depuis le fleuve Océan jusqu'à rindicopleustes et Colomb, fait réloge de Filz Clarence, qu'il appelle, en plaisantant, le fils aîné du roi d'Angleterre, etc.
Nous ne comprenons pas ce qu'entend Humboldl dans sa lettre n° Si, pages 130.-133, par le pauvre homme aux pots casses, qui ne réussit pas au Musée oh M. d'Aftensfein ne veut 'que Tolker^ de Pinder et de Gérard? Notre embarras est le même, sur les œufs humains de madame Lebrun, dont il parle dans sa lettre n^ 97, p. 165.
— Nous croyons devoir faire remarquer, à l'occasion de la lettre de Humboldt, n^ 114, p. 205, les observations suivantes de M. Auger. Cet écrivain, qui a rédigé, dans la seconde édition de la Biographie universelle Michaud, une notice sur Voltaire, dont il reconnaît que le véritable n^ était Aroret (François-Marie), le fait naître à Ghâtenay, petit village près . de Sceaux, le 20 février 1690. Mais M. Geruzez contredit celte assertion par un document authentique, un acte de baptême, que nous croyons devoir donner ici textuellement : « Le lundi 2" jour de novembre 1694 fut baptisé, dans l'église de Saint
André des Arts, par M. Bouché, prêtre vicaire de ladite église, soussigné, François-Marie, né le jour précédent, fils de M. François Arouel, conseiller du roi, ancien notaire au Châtelet de Paris, et de damoiselle Marie-Marguerite Daumart, sa femme. Le parrain, messire François de Castagnier, abbé commendataire de Varenne, et la mg^rraine, dame Marie Parent, épouse de M. de Symphorien Dflnmarl, escuyer contrôleur de la gendarmerie du roi. Ont signé M. Parent, François de Castagnier de Châteauneuf, Arouet, L. Bouché. » Ainsi le jour de la naissance de Voltaire est bien le dimanche 21 novembre 1694, et non le 20 février, et le lieu, la ville même de Paris» et non le village de Châtenay. Voyez, sur cette question, Berryat-Saint-Prix, édition de Boileau-Despréaux, 1830, t. I, p. XI et suiv., et t IV, p. 492.
— Humboldt transmet, sous le n** 114 ôts, avec deux cartes relatives à la bifurcation de TOxus, que nous avons fait graver sur pierre et que nous donnons ici, quelques lignes écrites de 1840 à 1847, pour indiquer la manière de résoudre géologiquement le problème de Tancien cours de ce fleuve comparé à ce que Ton voit aujourd'hui, et il a mis sur la lettre n° 127, p. 227 : « Lisez les Quatre Destructions du monde dans mes Monuments, »
— M. de Rhanikotf pense qu'à la ligne 3 du n® 128, p. 230, de la lettre de Humboldt, le sens est incomplet et qu'au lieu de : Que le dodécatémie peut, comme zodiaque des pleines lunes des 28 maisons lunaires..., il faudrait : « Que le dodécatémie peut être considéré comme zodiaque... »
— Il s'agit, dans la lettre de Humboldt, n^ 146, p. 152, en marge de laquelle il a écrit : 7^^ de Arin, Bakaririy d'un volume de Navarrete que M. de la Roquette lui avait prêté; et nous croyons devoir donner comme notes la traduction des différents pasdtges suivants contenus dans la lettre de Humboldt, datée de Berlin, 22 septembre 1846, n° 199, p. 336 :
A. Histoire des idées sur le monde, c'est-à-dire : Exposé fragmentaire du développement successif et de Tagrandissement de l'idée du Cosmos^ comme d'un tout naturel.
Points principaux de Thistoire d'une description physique de l'univers.
Après le titre de la première époque :
B. La Méditerrranée comme point de départ d'un exposé historique du développement successif de l'idée du Cosmos. Rapprochement de cet exposé au premier signe de culture parmi les Hellènes. Essais de navigations lointaines vers le nord-est (Argonautes), vers le sud-est (Ophir), vers l'ouest (Colaos de Samos).
G. Après le titre de la deuxième époque :
Campagnes des Macédoniens : Changements des rapports du monde; union de l'Ouest à l'Est; l'Hellénisme contribue au mélange des peuples depuis le Nil jusqu'à l'Euphrate, riaxartes et l'Indus ; agrandissement subit des connaissances du monde par Tobservation personnelle de la nature et par les rapports avec les nations industrieuses et jouissant d'une civilisation ancienne ; souveraineté des Séleucides ; royaume de Bactre.
D. Après le titre de la troisième époque, Humboldt écrit : Ptolemée,
E. Après celui de la quatrième époque : Roemische- Welteinheit (Unité romaine).
F. Après celui de la cinquième époque ; Arabe.
G. Et enfin» après relui de la sixième époque : Développement des Portugais^ Açores, Colomb, Gama, etc. Voir l'analyse et la traduction de l'original aux Biographies
en notes, lettre à Letronne, n° ^99, p. 336 et 337.
— Plusieurs des lettres écrites par Humboldt à Letronne, que sa fille avait bien voulu nous confier et que nous publions aujourd'hui, se trouvant sans date, mademoiselle Letronne a eu l'extrême bonté de remplir les lacunes, agitant que cela a dépendu d'elle. Si elle n'a pu nous donner toujours des dates précises, elle nous a fourni du moins pour la plupart de ces lettres des dates approximatives. Nous croyons devoir copier ici celle que cette demoiselle , aussi instruite qu'obligeante, a bien voulu nous écrire à ce sujet :
« Paris, le 26 décembre 1865,
« Monsieur,
« Je viens d^ faire un petit travail sur les lettres non datées de M. de Humboldt à mon père, que vous m'avez renvoyées. J'ai examiné si. je pouvais vous indiquer quelques dates, et j'ai reconnu que je ne pouvais vous les donner qu'à peu près, et encore pas toutes. Je vois que toutes les lettres qui ont été écrites hors de France sont datées, et que celles qui ne le sont pas ont été adressées à mon père pendant les divers séjours que H. de Humboldt a fait à Paris. Il y a neuf lettres dont il nous a été impossible d'indiquer même une date probable. Voici le commencement de celles dont nous pouvons présumer à peu près Tannée :
(( Je mérite bien le tendre intérêt^ etc. ; — probablement 1847 ou 1848;
« Je ne saurais vous remercier assez vivement y etc. ; — de 1841 à 1846;
« Je vois avec reconnaissance que vous avez sanctifié mon cassecol, etc. ; — 1845 ou 1846 ;
(( Vous aimez quelquefois à vous délasser par, etc. ; — avant 1841;
« Je ne sais comment/ai fait de ne pas, etc.; — 1833 ou 1834;
a Mon fils de roi, le comte de, etc. ; — avant 1840 ;
« Comment vous remercier assez, etc. ; — vers 1832 ou 1833 ;
« J'ai été malade depuis quinze fours, etc. ; — 1833 ou 1834;
« Je meurs de honte de n'avoir pas, etc. ; — avant 1841 ;
« Vous êtes bon de prendre tout au sérieux, etc. ; — avant 1838.
« Quant à la lettre écrite de la rue des Augustins, si vous pouviez savoir de quelque ami encore vivant de M. de Humboldt en quelle année il y a habité, cela pourrait vous en donner la date.
« Je regrette, monsieur, de ne pouvoir vous donner des ren-
seij^nementa plus précis; j'aurais étéheureuse de vous faciliter un travail que vous accomplissez avec tant de conscience et de zèle. J'espère que votre santé est meilleure. Je vous remercie de m'avoir renvoyé les deux dernières lettres que vous aviez encore à nous, et je vous prie d'agréer en même temps Tassurance de ma considération,
« L. Letronke. »
(14) P. 68-381 . Champollion-Figeac (J. J.), archéologue français, né en 1778, à Figeac, département du Lot, était le frère aîné -de ChampoUion le jeune, qui s'est rendu si célèbre par ses travaux et ses découvertes sur les antiquités de l'Egypte. Après avoir reçu une brillante éducation, Cbampollion- Figeao fut nommé professeur de littérature grecque à la Faculté de Grenoble et bibliothécaire de cette ville. Parmi ses premiers écrits, consacrés aux antiquités du Daupbiné, nous citerons : Inscriptiones Cularonenses restitutœ (Grationopoli , 1804) ; Antiquités de Grenoble^ ou Histoire ancienne de cette ville d'après ses monuments (Grenoble, 1807, in-4); Nouveaux Eclaircissements sur la ville de Cularo, aujourd'hui Grenoble (1814, br, in-S) ; Notice sur diverses contrées du département de r Isère (Grenoble, 1811, in-8). En 1807, il se rendit à Paris, où il amena son frère, dont il dirigea les premiers pas dans la carrière scientifique. Ce fut dans cette ville qu*il publia, en 1809, un volume in-8 sons ce titre : Nouvelles sur les patois ou idiomes vulgaires de France y et en particulier sur ceux du département de r Isère.
Excité par l'exemple de son frère, Ghampollion-Figeac s'occupa comme lui d'études archéologiques sur l'Egypte, mais en se bornant à l'étude des documents grecs, sans lui faire concurrença sur ce qui concernait le déchiffrement des hiéroglyphes, dont le premier avait fait sa spécialité. Ses A7inales des LayideSy ou Chronologie des rois grecs d'Egypte, qu'il fit paraître à Paris, en 1819, en 2 vol. in-8, furent couronnées par l'Institut. Deux ans plus tard (1821), il les fit suivre d'un Supplément, également in-8, pour répondre à de nombreuses cri-
tiques. Nomme depuis conservaleor des chartes et diplômes de l'histoire de France à la Bibliothèque royale, Champ oUion- Figeac prit part à la réorganisation de TÉcole des chartes, où il professa pendant vingt ans. Parmi les manuscrits qu'il mit en lumière, nous citerons : Charte de commune en langue ro^ marte pour la ville de Grcalou en Quercy^ etc., 1830, in-8; Ystoire de H Normant et chronique de Robert Guiscart, par Aimé, moine du Mont-Cassin, 1835, in-8; les Tournois du roi René (48^7-4828, in-foL); Documents inédits tirés des collections manuscrites de la Bibliothèque royale et des archives ou des bibliothèques des départements (4842-4843, 4 vol.). Champollion-Figeac fournissait en même temps un grand nombre d'articles au Dictionnaire de la conversation, au Moniteur^ à la Nouvelle Revue encyclopédique et à d'autres recueils scientifiques et littéraires, publiait des traités élémentaires d'archéologie (in-32), commençait une édition des Œuvres de Fréret^ collaborait à la Paléographie universelle^ 4839-4844, 4 vol. in-fol., et, mettant à profit les manuscrits laissés par son frère, ajoutait à ses anciens travaux sur les Lagides, V Egypte ancienne et moderne, 4840, in-8; dans la collection de Y Univers pittoresque, V Ecriture démotique égyptienne, 4843, in-4, et sous le titre de Fourier et Napoléon (4844), des mémoires et documents inédits relatifs à l'expédition d'Egypte. Malgré ses nombreux et importants travaux, Champollion-Figeac ne fut point admis à l'Institut. En 4848, au contraire, il fut destitué de ses fonctions de conservateur à la Bibliothèque, appelée alors natio* nale. L'année suivante, néanmoins (1849), le gouvernement le nomma bibliothécaire au palais impérial de Fontainebleau, poste qu'il a occupé pendant dix-neuf ans, jusqu'à sa mort, arrivée dans cette résidence le 9 mai 4867. Il avait atteint à ce moment sa quatre-vingt-dixième année, après avoir publié, l'année précédente, l'un de ses ouvrages les plus remarquables : le Palais de Fontainebleau, ses origines, son histoire artistique et politique, et son état actuel, grand in-folio, qu'on voit figurer comme chef-d'œuvre à l'Exposition universelle.
— Le précieux document dont il s'agit dans la première des lettres écrites par Champollion-Figeac, que nous publions
dans ce volume, où elle porte le n** 40, serait, suivant une note de la main de celui-ci, un manuscrit de dix feuilles sur papier Tellière presque in-folio^ écrit de la main de Guillaume de Humboldt. Le 12 mars 1865, ChampoUion-Figeac engagea M. de la Roquette à demander quelques explications à ce sujet à M. le vicomte de Rongé, membre de l'Institut, chargé dans le temps de revoir, de classer et de cataloguer les ouvrages imprimés et manuscrits de Ghampollion le jeime, dont le gouvernement avait fait l'acquisition. « Le document dont vous me parlez, « répondit M. de Rougé, est extrêmement rare, comnle tous (t les articles partiels publiés à la première époque de la dé- « couverte de Ghampollion ; je ne le possède pas, mais vous « le trouverez infailliblement à la Bibliothèque impériale, c( dans le cabinet Ghampollion. n
Les recherches faites par la Bibliothèque impériale n'ont produit aucun résultat satisfaisant.
— Après ces mots extraits d'une note de GhampoUion- Figeac sur la lettre n° 152, p. 261 : « G'est un bonheur qxxtln. Providence ait permis que la fourberie fût dévoilée; » il faut mettre les notes suivantes de M. Ghampollion-Figac :
— 1 . « Allusion à la piraterie de Salvolini, sur laquelle j'ai publié une brochure. »
Et après le père Bamabite la note ei-après, qui est également de M. Ghampollion-Figeac. :
— 2. « Le Barnabite avait pillé et publié des fragments de la Grammaire copte de mon frère; j'ai aussi publié une note à ce sujet. >»
— Voir aux errata^ où l'on dit qu'il fallait Minutoli au lieu de Mesentoli; le nom était écrit par Humboldt d'une manière à peu près indéchiffrable.
— Note de la main de M. Ghampollion-Figeac.
Après : « Dont M. Ghampollion parle dans le Précis,,. » (Voir le Précis.)
— Et après : « Quand paraîtra le volume de l'édition de Fréret ]pdiTM, Ghampollion-Figeac, renfermant la chronologie d'Egypte? »
(c II a paru à sa date. )>
iâ
(15) P. 70-7-2. Champollion (Jean-François), dit le jeune, savant français célèbre par ses travaux sur les antiquités de rÉgypte, né le 23 décembre 1791 à Figeac, département du Lot, commença son éducation sous la direction d'un ecclésiastique et la continua au lycée de Grenoble, où Tavait appelé Champollion-Figeac, son frère aîné; il y termina ses études, n'ayant encore que quinze ans. Démêlant en lui une rare aptitude pour l'interprétation du langage hiéroglyphique, le savant Fourier, à cette époque préfet de l'Isère, l'envoya en 1807 à Paris et le recommanda vivement au célèbre orientaliste Sylvestre de Sacy, sous lequel il apprit l'arabe. Il apprit ensuite la langue copte, devint en 1812 professeur d'histoire à Grenoble, où il fit imprimer les premiers volumes de son
grand ouvrage, VEgypte sous les Pharaons, Le dévouement qu'il montra pour Napoléon, pendant les Cent-Jours, lui fit interdire, à ce qu'il paraît, l'entrée à Paris, où il ne put obtenir la permission de revenir qu'en 1821. Ce fut l'année suivante qu'il y publia, dans le Journal des savants , une lettre qui eut un grand retentissement, attendu qu'elle donnait une base historique aux principaux monuments de TËgypte. Il confirma l'origine gréco-romaine du zodiaque de Denderah, fit paraître en 1824 son Précis du système hiéroglyphique, et, en 1826, grâce à la protection de M. de Blacas, il put voyager en Italie et examiner la riche collection de M. Drovetli, dont le roi de Sardaigne avait fait l'acquisition. Quoique TÉgypte eût depuis longtemps occupé toutes ses pensées, il ne Tavait cependant pas encore visitée.
Ce ne fut, en effet, qu'en 1828 qu'il put parvenir à l'explorer en personne, et qu'après un séjour de près deux ans, il parvint à y recueillir d'immenses matériaux, car il paraît qu'à son retour, en 1830, il rapporta à Paris, outre ses manuscrits, .deux mille quatre cents dessins de monuments. Toujours infatigable, il s'occupait de la composition d'une grammaire égyptienne, qu'il était sur le point de terminer, lorsqu'une cruelle maladie l'enleva, après un mois et demi de souffrances, le 4 mars 1832, à la science et à ses nombreux amis et admirateurs.
On peut compter parmi les principaux ouvrages de Champollion jeune, outre ceux qui ont déjà été cités ici, d'après le Dictionnaire des dates, ceux qui sont mentionnés dans les nolices fort développées que lui onicon^diCvèesV Encyclopédie des gens du monde et surtout la soconde édition de la Biographie universelle Michaud,
Les ouvrages imprimés et les manuscrits laissés par Champollion jeune ont été réunis et déposés dans un cabinet spécial de la Bibliothèque impériale.
Après : « Je suis touché des nobles procédés de M. Champollion, dont l'ouvrage m'a fait un plaisir extrême (1), lisez :
Le mémoire manuscrit sur les signes numériques dont parle ici M. de Humboldt serait-il le même que celui qui a été signalé par M. Champollion-Figeac en ces termes : « Il existe ou doit exister dans la collection des manuscrits de M. Ghampollion le jeune, qui appartitnt à la Bibliothèque impériale, une longue lettre du baron Guillaume de Humboldt^ et non d'Alexandre^ son frère, au savant français, contenant le développement de sa découverte égyptienne. Cette lettre est un véritable mémoire d'une cinquantaine de pages qui n'a pas été imprimé (2).
— Après de longues et vaines recherches faites par nous aux manuscrits delà Bibliothèque impériale, Cabinet des mauuscrits et autres œuvres de Champollion jeune, après nous être assuré, tant par nous que par M. Garciu de Tassy, qu'on ne trouvait rien à ce sujet, ni dans les procès-verbaux ni dans les cartons de l'Institut, et avoir eu recours à la bienveillance de M. le vicomte de Rougé, nous avons apprisde lui que le document sur lequel nous demandions des renseignements était extré-
(1) Il s'agit du Précis du système hiéroglyphique des anciens, ou Rechercfies sur les éléments premiers de celte écriture sacrée, suf leurs di' verses combinaisons et sur le rapport de ce système avec les autres méthodes graphiques égyptiennes, qui a été publié à Paris en 1824, en un volume, accompagné d'un volume de planches.
(i) M. Champollion-Figeac nous apprend «que, sur la demande pressante d'Alexandre de Humboldt, les feuilles de cet ouvrage furent envoyées^ avant la publication^ à Guillaume de Humboldt^ son frère. »
mement rare , comme tous les articles partiels publiés à Tépoque que nous lui signalions.
(46) P. 77. Geoffroy Saint-Hilaire (Etienne). Voir sa biographie au tome !•% p. 427. .
— Nous croyons qu'au n° 48, page 77, ligne 14, au lieu de: tête coupée sur une table, il faut : sur ma table.
Lesjrois lettres n®» 48, 49 et 50 ne portent point de date; mais M. Isidore Geoffroy Saint-Hilaire, qui a bien voulu les revoir dans le temps, a pensé qu'on peut leur donner à toutes trois celle de 1826^ et nous avons suivi son conseil.
— La lettre n° 49 et plusieurs autres qu'on trouvera dans ce volume, adressées non-seulement à Etienne Geoffroy Saint- Hilaire, mais à M. Guizôt et à d'autres personnages éminents, témoignent du vif intérêt que Humboldt prenait à M. Valenciennes et n'ont pas peu contribué à son avancement. Voir, au surplus, une lettre de Humboldt à ce dernier au n® 147, page 252.
— Nous n'avons pas trop compris ce qu'entendait Humboldt par, le dessin du capucin^ et par le Saïmeri dont il parle dans sa lettre n** 50, page 79,
(17) P. 82. ViscoNTi (le chevalier Pietro Ercole), secrétaire perpétuel de l'Académie d'archéologie et commissaire des antiquités, est né à Rome au commencement de ce siècle. Neveu de l'illustre et érudit antiquaire Ennius Quirinus Visconti, et formé dès son enfance sur les meilleurs modèles, il a soutenu dignement l'honneur d'un si beau nom. Ses travaux littéraires embrassent ie champ tout entier de l'art antique et de l'histoire romaine. On lui doit en particulier une excellente notice sur Vittoria Golonna, marquise de Pescaire, mise en tête d'une édition donnée par lui des œuvres de cette femme, considérée comme la première de son siècle et l'un des meilleurs poètes lyriques de tous les temps, morte en 1547. Après avoir dirigé en archéologue consommé les fouilles commencées par le pontife régnant sur la voie Appienne, le chevalier Visconti en a illustré les résultats dans un poëme rempli de verve
et de clarté. Ses fonctions, et plus encore la généreuse aménité de son caractère, l'ont mis en relations confidentielles avec ce que l'Europe a compté depuis quarante ans de personnages d'une haute distinction. On pourrait dire de lui que, dans cette glorieuse compagnie, il comptait autant d'amis que la Ville éternelle d'admirateurs. Nous devons la lettre écrite en italien par Humboldt à P. E. Visconti, et publiée dans ce volume, à M. le comte de Circourt, qui la tenait de l'illustre Prussien; c'est à lui que nous devons aussi les renseignements qui nous ont servi à rédiger la biographie de Visconti.
— La première édition des œuvres de Vittoria Colonna, marquise de Pescaire, fut donnée à Parme en j538, en un vol. in-8; et la plus complète à l'époque où elle parut ayant pour titre : Rime de la diva Vittoria Colonna de Pescaira, a été imprimée à Venise en 1544. Parmi les nombreuses éditions subséquentes, on distingue celle de Pergame en 1760, in-8, avec une Vie de rauteur,parj. B. Rota. Nous ignorons le titre et la date de la publication de Visconti, comme aussi l'indication de ses autres ouvrages*
(18) P* 84-276. TouRôuENEFF (Alexandre J.), homme d'État et historien russe, né à Moscou en 1783, dontle père avait occupé le poste important de gouverneur de province, était l'aîné de trois frères que madame de Swetschine représente comme trois hommes de mérite, unis entre eux par une touchante affection. Leui* père> lié, suivant cette dame et suivant Schnitzler, dans son Histoire intime de la Russie^ avec le fameux prince {lepnin, promoteur de la secte des Martinistes^ avait inspiré à ses enfants les tendances spiritualistes qui ne cessèrent de les animer. AlexandreTourgueneÔ,quemadamedeSwetschine appelait Tourguenieff', occupait, lorsqu'elle entra en relations avec lui, d'importantes fonctionsau ministère de l'instruction publique et des cultes, sous le prince Galitzin. Il devint plus tard directeur des cultes étrangers, remplit ensuite les fonctions de secrétaire d'État au conseil de l'Empire, fut nommé enfin membre de l'Académie des sciences de Saint-Pétersbourg^ et mourut à Moscou en 1845, à l'âge de soixante-deux ans. La
correspondance intime que Tourgueneff entretenait avec madame de Swetschine était très-active, et consacrée ordinaire^ ment à des œuvres de bienfaisance et à des recherches littéraires. Cette dame l'appelait son cher, son bon, son excellent ami, son martyr, dans les lettres qu'elle lui écrivait, et dont plusieurs ont été publiées en 1861 par M. le comte deFalloux, dans le tome I" de la cinquième édition de Madame de Swetschine, sa vie et ses œuvres. Pour donner une idée de la nature de cette curieuse correspondance, nous croyons devoir citer, en note , deux billets de madame de Swetschine, sans date, mais qui doivent être antérieurs à 1814; nous les empruntons à Touvrage cité plus haut.
Parmi les ouvrages qu'on doit à M. Tourgueneff, nous citerons son Historia Russiœ monumenta ex antiquis exterarum gentium archivis et bibliothecis deprompta, ab A. J. Turgenevis consiliar. St. act. et egr. Petropoli, typis Edward Pratzi, 1841, en 2 volumes. Les lettres ci-après , que nous donnons en note, étaient probablement des extraits que madame de Swetschine faisait faire dans les Archives de Berlin pour Tourgueneff.
« DimaQche.
«Voici, mon cher ami, tous les livres que j'avais à vous, nommément quatre volumes de Herder, deux de Klopstock trois de MûUer. Il faut que vous me permettiez de garder Butterwerk (le volume de son Esthétique). J'ai effacé les notes en marge aux autres ; 4 celni-ci, cela m'obligerait de recommencer un travail préparatoire. Sous quelques jours, Graeff me promet de me le procurer. »
« Mardi.
« La pauvre femme qui vous remettra ceci, mon cher martyr, a éprouvé des perles dont la valeur est constatée par M. Romanof, gouverneur de Witepsk, dansle papier ci-joint. Etant venue trop tard, elle n'a rien pu obtenir de la grande quête ; le prince Galitzin et la comtesse Rotchoubey s'y sont
inutilement intéressés. Soi;l mari est malade, elle a deux enfants ; son intention est de retourner à Witepsk, n'ayant pas de quoi subsister ici. De notre misère, nous lui avons accordé deux cents roubles à la dernière séance, secours insuffisant pour transporter elle et sa famille et pour subvenir aux frais indispensables des préparatifs. Si vous pouviez lui obtenir deux ou trois cents roubles, ce serait une charité très-bien placée, m'en étant assurée par les informations de M. Wassiltchikoff et de la comtesse Kotchoubey. Je détermine à peu près la somme, non par la crainte d'avoir moins, mais par celle d'avoir plus; ce que je connais de la générosité de la comtesse Strogonof m'en fait redouter l'excès. Je suis sûre qu'avec cette somme elle peut se rendre dans sa province, et que tout excédant appartient de droit à de plus misérables qu'elle. — Cette femme est juive : j'imagine que ce n'est point un obstacle et que la véritable bonté ne distingue pas Samarie souffrante de Jérusalem. »
— Les mots : «Vous m'avez parlé de Saint- Acheuî, de marmites de trois mille moujiks, » écrit Humboldt dans sa lettre à Tourgueneff, n° 159, se rapportent àlarésidencede madame de Swetschine à Saint-Acheul et au prince Gagarin ; et rinterminable travail auquel Humboldt fait allusion dans une lettre du 17 août 1844, n^ 162, dans laquelle on a mal écrit le nom de la comtesse de Swetschine, rectifié dans Verratum^ est probablement relatif à des extraits qu'on feiisait pour lui dans les Archives de Berlin.
— Dans une lettre écrite en 1842, portant le n* 137, Humboldt accuse réception d'une notice de M. de la Roquette, rédigée sur Juan de la Gosa, et en demande une autre publiée dans la Biographie universelle Michaud, qui lui a été transmise depuis. Voir, au surplus, dans ce volume , la lettre que M. de la Roquette adressait à Humboldt*d Paris, le 2 mai 1831, n<» 56, page 85.
(19) P. 58-218. HiTTORFF(Jacques-Ignace), célèbre architecte etécrivainfrançais, membre de l'Institut, Académie des beauxarts, naquit à Cologne le 20 août 1792. Après avoir reçu des leu. 2S
çoDg des meilleurs artistes de sa ville natale^ il fat envoyé à Paris par son père, qui le destinait à la carrière de Tarchitectare pour laquelle il paraissait montrer de grandes dispositions. Arrivé, en 1810, dans la capitale de la France, pour y compléter son éducation, le jeune Hittorff, alors âgé de dix-sept ans, suivit avec autant de zèle que de succès les cours de Percier et de Bélanger, qui prirent à lui, le premier surtout, un véritable intérêt* Les progrès que le jeune élève, qui s'était fait naturaliser Français, fit sous leur direction le mirent en état de concourir aux travaux de l'abattoir da Roule et de la coupole de la Halle aux blés, et le firent nommer, en 1814, inspecteur des bâtiments royaux. Ayant succédé aux fonctions d'architecte du roi après la mort de Bélanger^ mort en 1818, Hittorff montra, surtout à partir de 1819, une activité infatigable et un talent des plus remarqua* bles« Parmi les travaux qu'il exécuta, avec son collègue Lecointe, nous nous bornerons à citer les décorations de la basilique de Saint-Denis, pour les pompes funèbres du prince de Coudé, du duc de Berri, du roi Louis XYIII ; dans Notre-Dame de Paris, pour le mariage du duc de Berri et le baptême du duc de Bordeaux; et dans la cathédrale de Reims, pour le sacre de Charles X« Ce fut avec le même architecte qu'Hittorff dirigea la restauration du Théâtre-Italien et la construction de l'AmbigU'Cîomique. L'étude de l'architecture antique, à laquelle Hittorff se livra pendant l'intervalle de ses nombreuses occupations, lui donna l'idée de visiter la Sicile, la Grande Grèce et l'Italie, pour en explorer les ruines, projet qu'il exécuta après avoir étudié, en 4820 et 1821, les principaux édifices de l'Angleterre et de l'Allemagne. Les solutions archéologiques qu'il rapporta de ce voyage, pendant lequel il consacra près d'une année à la Sicile, accompagné de Zanth, l'un de ses élèves, et de Stier, ancien professeur d'architecture à Berlin, et d'où il rapporta plus de mille dessins et de nombreuses notes, eurent un grand retentissement à l'Institut, auquel il avait cru devoir les communiquer. Elles le mirent en état de publier trois ouvrages remarquables : l* Architecture ancierme et moderne de la Sicile; les Antiquités de FAttique^ et
V Architecture polychrome chez leê Grecê» Parmi les importantes et nombreuses constructions qu'on doit à Hittorff, à partir de 1833, on peut indiquer comme ses principaux ouvrages : les embellissements de la place de la Concorde et des Champs^ Élysées, et les fontaines qu'il y a fait élever; ceux de la place de rÉcole, du nouveau Cirque^Napoléon, et enfin, comme son œuvre d'art la plus importante, la basilique de Saint- Vincent de Paul, dont Le Père, son beau-père, avait été chargé et qu'il ne put voir achevée ; la maison Napoléon-Ëugène, etc. Après une courte maladie^ Hittorff est mort à Piiris, le mercredi â7 mars 1867^ dans sa soixantè-'quinzième année.
—• Lorsque le roi Louis-Philippe, après son avènement au trône, voulut, en prenant sur Je Jardin, faire agrandir le palais des Tuileries pour pouvoir y loger avec sa nombreuse famille, il y eut une grande opposition dans les journaux contre les constructions projetées, qui furentprésentées comme devant servir de fortifications. On sait que la presse devint si véhémente que Sa Majesté crut devoir abandonner le projet. Ce fut cette opposition qui éveilla la curiosité du roi de Prusse et du prince royal) et qui leur fît demander à M. de Humboldt les dessins des bâtiments projetés. (Voir la lettre du 7 février 1832, n'» 58.)
-*^ Les gravures dont il est question dans la lettre du 10 février 1832, n? 59, étaient les plans composés par les célèbres architectes du roi, MM. Percier et Fontaines, des nouvelles constructions qui devaient former, du côté du jardin des Tuileries, une adjonction considérable à l'ancien palais.
-^ Le monument cité dans la même lettre, n"* 50, consistait en une table de pierre surmontée d'un fronton, sur laquelle étaient gravés les noms de plusieurs héros de Juillet, morts à l'attaque des Tuileries. Il y dominait le nom d*un journaliste auquel on disait que le monument devait surtout son existence et une solennelle consécration qui avait eu lieu. La table était incrustée à l'un des angles de Vhdlel de Nantes, qui est resté si longtemps seul debout sur la place du Carrousel.
— M. le comte de Turpin de Crissé (voir la lettre du 14 février 1832) avait fait une lithographie portant pour titre :
« Le fj)uis XIV de 1830 et son Lenôlre^ dirigeant les embeUiS" sements des tuileries, » Elle représentait le roi et M. Fontaines debout devant le pavillon de Flore, du côté du jardin, et regardant tomber les grilles et les murailles sous les pioches des démolisseurs.
— S. E. le baron de Werther, qui possédait, suivant Humboldt, le secret des heures, était, en 1832 (lettre n** 63), ambassadeur à Paris.
— Après la révoloutin de 1830, la nouvelle royauté supprima la place d'architecte du roi pour les fêtes et cérémonies, que M. Hittorff avait occupée sous Louis XVIII et sous Charles X. Il perdit également une nombreuse et lucrative clientèle composée de la haute noblesse attachée à la cour.
— On sait que c'est à cette époque que le monde savant et artistique était vivement ému et préoccupé de la découverte faite par M. Hittorff de Texistence, depuis les temps les plus reculés jusqu'aux époques de l'art en Grèce et dans les colonies, de l'architecture polychrome, c'est-à-dire de l'usage des Hellènes d'orner et de relever les belles formes de leurs édifices par le concours des plus harmonieuses couleurs, sans en excepter la dorure. (Voir la lettre n° 71.) •
— En parlant du projet d'élever un palais du roi do la .Grèce sur la colline même du Panthéon, Humboldt, dit Schinkel, y a mis beaucoup de talent, mais cela ne sera jamais exécuté. Ce projet, suivant Hittorff, une des plus belles et des plus poétiques compositions d'architecture de notre époque, n'a pas, en effet, été exécuté; il ne pouvait l'être. Le choix du palcûs sur l'acropole, qui avait permis à l'artiste de grouper les monuments antiques avec les nouveaux bâtiments d'une manière la plus hautement pittoresque et grandiose, présentait, indépendamment de beaucoup d'autres inconvénients graves, comme d'être entièrement isolé et éloigné de la ville et de ses habitants, des âiffîcultës, on peut dire insurmontables, pour y avoir un commode accès. (Voir la lettre no 74 et le renvoi à la lettre du 14 février 1832.)
— Indépendamment de ses importants travaux scientifiques, comme naturaliste et comme géologue, M. Dubois, plus connu
sous les noms de Dubois de Montpereux, avait dessiné un grand nombre de tombeaux et de cippes de la plus haute antiquité, d'autres appartenant au christianisme primitif et remontant jusqu'aux huitième, neuvième et dixième siècles; des armures et des bijoux, les uns du plus pur goût hellénique et les autres d'une profusion de richesse tout orientale; des églises du cinquième jusqu'aux douzième et treizième siècles, qui présentent d'abord les éléments de l'architecture romaine iiVLïïS mélange, puis une réunidn de formes diverses parmi lesquelles celles des édifices persans figurent avec leurs arcs aigus et toutes les mesures des monuments dits gothiques. Le savant voyageur avait fait aussi un recueil de constructions turques et persannes naodernes, et un choix de vues pittoresques les plus intéressantes. Les remarquables travaux de M. Dubois furent justement appréciés à Paris, et la Société libre des beaux-arts, sur un rapport de M.*Hittorff, son président, inséré dans les Annales de la Société (t. VIII, p. 180, année 1837) j décerna à leur auteur une première médaille. Celte marque de déférence et plusieurs autres encouragements qu'il reçut à Paris et du gouvernement de Russie donnèrent au savant voyageur le courage de rédiger, à Neufchatel, son Voyage autour du Caucase^ chez les Tcherkesses et les Abkases^ en Colchide^ en Géorgie, en Arménie et en Crimée^ qui fut publié à Paris, de 1839 à 1843, en six volumes in-8°, accompagné d'un grand atlas in-folio, dont les planches et les cartes ont été lithographiées par lui à Neufchatel, et qu'il a dédié à l'empereur de Russie.
Nous avons consacré à Dubois de Montpereux, dans le Journal de la Société de géographie, une notice biographique fort étendue qui a été lue à la séance générale de cette Société le 2 avril 1852. (Voir la lettre n° 82.) Ce savant et laborieux voyageur, né le 28 mai 1798, dans le village suisse de Motîers-Travers, où son père avait un établissement de commerce, est mort, le 7 mai 1859, dans sa résidence de Peseux, près de Neufchatel. Il était correspondant perpétuel de la Société géographique de Paris, et appartenait à plusieurs Sociétés savantes parmi lesquelles
nous citerons la Société géographique de Londres. Nous ayons donné dans notre notice la liste des principaux ouvrages de Dubois de Montpereux, en annonçant que depuis 1843 il préparait, sous le titre d'Antiquités neufckateloises, un important travail qui devait embrasser les monuments des premiers figes de l'histoire de Neufchatel. Les nombreuses planches de cet ouvrage, toutes dessinées de sa main, étaient terminées à sa mort; quant au texte, pour lequel il n'avait laissé que des notes imparfaites, M. SandozRoUin, ancien président du canton de Neufchatel, s'est chargé de le rédiger et de le compléter, et une partie a été publiée. — Nous ajouterons, pour terminer, que Dubois de Montpereux avait obtenu en 1838 le grand prix annuel de la Société de géographie de Paris.
-^ M. Zanth, dont il est parlé dans la lettre n® 118, était rélève, le compagnon de voyage et le collaborateur de M. Hittorff dans sa publication des Monuments antiques et modernes de la Sicile. Il fut nommé depuis architecte du feu roi Guillaume de Wurtemberg, pour lequel il éleva, parmi beaucoup d'autres remarquables édifices, la magnifique villa la Wilhelmina, située à Gannstadt, non loin de la capitale. ^Ses nombreux bâtiments, ses serres et ses vastes jardins sont conçus dans le style mauresque. C'est dans ce lieu splendide que le roi donna, le 26 septembre 1857, les brillantes fêtes qui devaient célébrer l'entrevue de l'empereur de toutes les Russies avec l'empereur des Français. L'effet féerique de cette merveilleuse conception, joint au goût le plus pur qui y est adapté à l'architecture orientale, frappa le czar, au point qu'il demanda à voir l'architecte pour l'en féliciter. Malheureusement, l'artiste était étendu sur son lit de mort ! Sa Majesté accorda spontanément à M. Zanth la croix de commandeur de Stanislas; le prince Gortchakow, mû par un noble sentiment, se rendit aussitôt dans la demeure du moribond, et ramena un doux sourire sur ses lèvres en le décorant des insig les de l'ordre.
— Arago, comvâ conseiller municipal, avait, dans une commission, critit^ué sans aucune raison, dit-on, quelques
parties des travaux d'embellissement de la place de la Concorde. HittorfiT, auteur des projets, demanda au savant une entrevue pour le mieux renseigner. La réponse se disant attendre, Hittorff renouvela sa demande, dans laquelle il disait : « Je dois croire (non, j'ai le droit de croire) que ma lettre ne vous est pas parvenue. » Soit que d'excessives occupations Teussent empêché de répondre, ou qu'un peu d'orgueil, tiré de sa position de conseiller, vis-à-vis d'un artiste occupé par l'administration municipale, s'en Mt mêlé, la réponse ne fut pas convenable et força Hittorff de l'exprimer à son auteur. — Mais, à la suite de l'amicale entremise de Humboldt, l'illustre secrétaire perpétuel fit tout ce qu'il était possible pour faire oublier un moment de vivacité, et il donna depuis en toute circonstance à Hittorff les preuves de son estime et de son dévouement. (Voir la lettre n* 144.)
— Dans sa lettre écrite de Sans-Soaci à Hittorff, le 14 juin 1844, Humboldt appelle Cancrin l'un des plus puissants ministres de l'Europe.
— Après : «De l'aigle rouge, troisième classe... » ondoitajouter que l'album, format grand in-folio, dont il est parlé dans la lettre n» 165, contenait un grand nombre de vues des nouveaux monuments de Paris. Ses dessins avaient de riches encadrements, et étaient exécutés avec un rare talent. Le roi de Prusse, frappé de ce beau travail , s'était adressé à l'architecte le plus haut placé alors , pour apprendre le nom de l'auteur de l'album, et, sur la réponse qu'il l'ignorait, Sa Majesté l'ayant demandé à M. Hittorff, elle récompensa aussitôt M. Duban, que son collègue et ami lui avait désigné.
— Après : « Son Olympe qui est aussi le vôtre... » (Lettre n"* 171.) Humboldt fait allusion aux embellissements de l'hôtel de la légation de Prusse, rue de Lille, dont les intérieurs venaient d'être complètement restaurés par M. Hittorff.
— Après : « Le toit et les vitraux ont beaucoup frappé... » (Lettre no 173.)
Le plafond incliné qui est à charpente apparente, c'est-àdire les riches plafonds rampants de la nef qui suivent 1^ in-
clinaisons du toit et les belles peintures des verrières de M. Maréchal de Metz, qui ornent les croisées de église de Saint-Vincent de Paul.
— Après : « C'est un habile homme... » (Même lettre que cidessus;)
La rampe de l'église de Saint-Vincent de Paul était originairement en cela très-remarquable, car elle présentait le seul exemple d'une aussi haute montée qui réunit des pentes douces pour les voitures et des escaliers pour les piétons. Aussi les dessins de la rampe furent-ils souvent demandés à l'architecte pour en faire l'application dans plusieurs pays étrangers. Le récent abaissement de la place Lafayette a fait perdre à cette construction toute monumentale et son bel aspect et son objet. Un grand nombre de marches, grossièrement établies, sans harmonie avec l'ensemble, ont .été placées en avant de la rampe; elles en bouchent l'entrée aux voitures et détruisent tout ce que cette conception offrait de curieux et de satisfaisant. Cependant, sur la demande du préfet, M. Hittorff était parvenu à modifier la disposition, de manière à conserver les mêmes pentes dans un aspect général, tout en mettant le point de départ des voitures et des piétons au niveau du nouveau sol de la place. — Ce projet eut l'approbation de l'ingénieur en chef, et il est à croire que le fâcheux état actuel des choses n'est que très-provisoire.
— Après : « Que si on n'avait de Roref à Paris... » (Lettre no 474.)
M. Roref, de Berlin, médecin très-répandu alors et fixé à Paris, avait eu un procès au sujet d'une demande jugée trèsexagérée de i4 à 24,000 francs pour le traitement d'un malade. Il s'agit dans la lettre no 175 de la résurrection de la Sainte-Chapelle, par M. Duban. Le dessin de M. Fontaine, du château de Navarre.
— Après: « Pour la fête du roi... » (Lettre no 177.)
H. de Rambuteau, sous l'administration duquel M. Hittorff avait dirigé les monuments dont ce magistrat lavait chargé, avait eu l'intention de faire obtenir du ministre compétent, pour cet architecte, chevalier de la Légion d'honneur depuis
1825, la croix d'officier. M. de Humboldt, auquel M. de Rambuteaa en avait parlé, s'était empressé, en faveur de son ami, de seconder ses bonnes intentions.
— Après : « Des beaux-arts en général... » (N° 180, p. 303.) C'était de V Architecture polychrome chez les Grecs, publié par
M. Hittorffenl851.
— Après : « Le compas à la main... » (Lettre n® 186, p. 315.)
C'est aussi la planche des monuments religieux comparés qui a occupé M, Hittorff pendant bien des heures, le compas à la main. C'était un parallèle des plus célèbres temples antiques et des églises modernes, dessinés à une même échelle. Ce tableau démontrait que les anciens avaient connu, dans les intérieurs de leurs sanctuaires, l'effet imposant des proportions élancées aussi bien que les modernes ; mais que si dans beaucoup d'églises gothiques. Texcès de la hauteur des nefs par rapport à leur largeur produit la fâcheuse impression de rétrécir le monument au lieu de l'élever, les Grecs ne sont jamais tombés dans ce défaut.
— Après : « Je lui ai lu votre lettre... » (No 2i8.) Lisez :
Il s'agissait des peintures de la grande frise et de la voûte de l'abside de Saint-Vincent de Paul. L'administration voulait partager ce travail entre beaucoup de peintres; M. Hittorff, dans l'intérêt de l'unité de son édifice et de l'harmonie même des peintures, demandait un seul artiste. M. Arago aida efficacement l'architecte à atteindre son but. Si depuis MM. Picot et Flaudrin ont été chargés, l'un de décorer Tabside, l'autre la nef, ces divisions étaient suffisamment marquées dans le monument pour qu'il ne pût jamais en résulter une grande dissonance. Aussi ces artistes distingués cherchèrent-ils à s'accorder dans leurs peintures le plus possible, et ils y sont parvenus avec un remarquable succès.
(20) P. 108-385. Arago, voir pour sa biographie le tome I^r, n» 133, p. 432.
— Il annonce que le capitaine Duperrey est venu le consulter sur les courants qu'il a éprouvés près de l'île de Cocos, et
que lui, à son tour, lui a adressé des questions sur les b&ti* ments de la marine marchande française qui se perdent an*nuellement, et communiqué ses doutes sur la sûreté de la grande masse des montres de Bréguet, etc.
— Après avoir fait, dans sa lettre datée de Berlin, 24 août 1844, n*» 163, p. 278-283, un grand éloge des travaux de Mit' scberlîg sur le développement organique des végétaux et sur rinfluence des changements des corps sur les phénomènes optiques, Humboldt rend hommage au mérite du prince de Canine, de LafStte, etc, et de quelques autres. Il appelle ensuite M. Pritchard « la Reine alcoolique du grand amiral de la longue épéen et représente Garnot, assis sur sa brouette, ayant en main son ennuyeuse lettre à Louis XVIII ; et n'oublie pas surtout de parler en faveur de Yalenciennes, dont l'affaire lui parait bien embrouillée.
— Humboldt raconte en plaisantant, dans sa lettre à Arago, no 185, p. 311-314, le danger qu'il a couru de tombera la mer et d'être ainsi prudemment quitte du second volume du Cosmos; il annonce comme très-curieux, quoiqu'un peu vague, dn ouvrage qui vient de paraître sur Vastronomie des anciens, et surtout sur Keppler, Epoques de l'histoire de r humanité. L'auteur est M. Apelt, professeur à lëna. Il termine sa lettre en consacrant quelques lignes à son ami de Buch, qui continue, au plus grand regret des infusoires^ h se faire adorer dans le pays du léopard.
— Humboldt, dans sa lettre à Arago, n» 203, lui comnoiunique quelques observations accompagnées d'un tableau de chiffres sur les causes qui abaissent la température sur la côte orientale des États-Unis jusqu'à la latitude d'Orléans, etc.
— Après avoir fait l'éloge de M. Deleuil, l'élève chéri de Gambier, jeune homme laborieux, solide dans ses connais^ sances, d'un esprit cultivé, etc., eti;., Humboldt, dans sa lettre à Arago, n» 206, lui recommande fortement ce jeune savant ; et dans sa lettre n** 226, il Ventretient de la nouvelle petite planète, découverte par M. Ëncke de Driesen, qui vient d'être bbservée à l'Observatoire de Berlin, etc.
-— Oltmanns (labbo), dont il est question dans la lettre
de Humboldt à Arago, n'^TO, p. i08-ill, était un savant as* tronome allemand, né le 18maii783, à Wittmude,âans la Frise orientale, et mort à Berlin le 27 novembre 4833.
Nous ignorons quel est l'ouvrage mentionné par Humboldt et dont il envoie la préface.
•— V harmattan f dont parle Humboldt dans sa lettre à Arago, n* 136, p. 341, est un vent chaud et cuisant qui souflûe périodiquement de rintérieur de l'Afrique à Tocéan Atlantique, Il est accompagné ordinairement d'unevapeur et d'un brouillard épais qui cachent quelquefois le soleil pendant des journées entières et exercent une influence fatale pendant les mois de décembre, janvier et février.
— Dans la lettre de Humboldt à Arago, du 24 août 1844, n* 163, pages 278-283, on trouve un nouvel hommage rendu par Humboldt au mérite et aux talents du prince de Canino.
— En parlant dans sa lettre à Arago, datée de Potsdam, 31 juillet 1848, n« 227,pages 335-338, Humboldt, après avoir fait réloge de la belle carte de Bolivie de Pentland, ajoute : « J*ai été eflPrayé de voir citer sur cette carte, pour l^s montagnes plus élevées que le Chimborazo, Sorato et Illemani; je n'y conçois rien et suppose en citant V Annuaire pour 1830, p. 323, que ce sont tout simplement des incorrections des graveurs, etc. »
— Nous donnons dans ce volume dix-huit lettres de Humboldt à Arago et une d' Arago à Humboldt^ sur lesquelles nous nous sommes borné à mettre un petit nombre d'observations; et nous ignorons quel est l'ouvrage mentionné par Humboldt dont il envoie la préface.
-i- Nous avons emprunté à M. Gustave Revillod la lettre d'Arago à Humboldt, publiée !par nous sous le n<» 1 17, pages 214-215.
(21)P. 121. Warnhagen VON ENSE(Ch.-Auguste), écrivain aller roand fort distingué, né à Dusseldorf, le 21 février 1785, se destina d'abord à suivre la profession de médecin. Mais après avoir étudié les sciences naturelles, la philosophie et la littérature, ce fut à cette dernière qu'il se consacra plus spéciale-
ment. Entré en 1809 dans Farmée autrichienne, il ne tarda pas à la quitter, après avoir été blessé et avoir obtenu le grade d'officier. En d 813, il reprit les armes dans les rangs de l'armée russe, et abandonna définitivement la carrière militaire pour entrer dans la diplomatie à la conclusion de la paix; fixé ensuite à Berlin en 1819, il fut nommé conseiller intime de délégation par le roi de Prusse^ qui lui confia plusieurs fois des missions diplomatiques extraordinaires, les seules dont il consentit à se charger. Intimement lié avec les plus illustres personnages de son temps, et en particulier avec le baron Alexandre de Humboldt, il a publié un grand nombre d'ouvrages sur divers sujets littéraires. Varnhagen von Ense est surtout connu en France par son recueil des lettres écrites, soit par son illustre compatriote, soit par lui-même, de 1827 à 1858, publié à Leipsig sous le titre de Briefe von Alexander von Humboldt an Varnhagen von Ense ans den Jahren 1827 his 1858, etc., etc. Cet ouvrage, parvenu à une cinquième édition en 1860, a été traduit plusieurs fois en français à Paris et à Genève. On a supprimé, dans l'édition de Paris, quelques passages qu'on a trouvés un peu trop mordants pour certains grands 'personnages du jour, La dernière lettre de ce recueil est adressée par Humboldt à Ludmilla Assing, nièce de Yarnhagen, à laquelle on doit les préfaces des différentes éditions. Varnhagen est mort en 1866.
— Guillaume de Humboldt, dont il est parlé dans la lettre citée ci-dessus, né, comme son frère Alexandre, au Tegel, propriété de la famille à peu de distance de Berlin, est mort dans cette résidence, le 8 avril 1835, à six heures du soir. Le Morgenhlad a publié, dans son numéro du 18 mai, un article intitulé : Funérailles de Guillaume de Humboldt^ dans lequel on affirme qu'il est mort abandonné de sa famille. Il est inutile de faire observer que cette assertion calomnieuse n'a aucune i espèce de fondement : l'union la plus intime n'a pas cessée en
effet, de régner un seul instant entre les deux frères pendant tout le cours de leur vie, et la lettre que nous publions ici prouve qu'Alexandre a veillé constamment auprès de Guillaume jusqu'au moment de sa mort. Alexandre a placé une
préface en tête de l'ouvrage que Guillaume préparait depuis longtemps, qu'il ne put terminer et qui a paru à Berlin en 1836, sous le titre de La langue Kawi dans l'île de Java^ avec une introductioijL sur la diversité dans la structure des langues^ et de son influence sur le développement intellectuel du genre humain.
(22) P. 143-159. Tchihatchef (Platon de), voyageur et géographe russe, frère cadet de Pierre de Tchihatchef, dont nous parlerons plus tard et avec lequel nous Tavons confondu dans notre premier volume, parce qu'avec un prénom différent, l'un et l'autre avaient la même lettre initiale de leurs prénoms, naquit en 1812, aux environs de Saint-Pétersbourg. Platon de Tchihatchef fut élevé dans la maison paternelle; fort jeune, il embrassa la carrière mihtaire, et prit part, dans l'armée russe, aux campagnes dé Turquie en 1828 et 182U, ainsi qu'à celle de Pologne en 1831, et devint ensuite aide de camp de l'empereur Nicolas. Dès lors, enflammé par la lecture des œuvres d'Alexandre de Humboldt, il renonça à ses projets belliqueux pour explorer pendant près de trois ans les deux Amériques, qu'il parcourut d'un bout à l'autre, en prenant surteutce qui lui paraissait remarquable des notes qu'il se proposait de coordonner et de publier plus tard. Mais ses papiers lui ayant été dérobés pendant un court séjour qu'il fit à Paris, il fut forcé de ne faire paraître que des fragments détachés dans des Revues russes. En 1835, Platon de Tchihatchef résolut d'entreprendre un nouveau voyage scientifique dans l'Asie centrale et aux Indes orientales par l'Hindou-Khoush. Des difficultés politiques survenues à cette époque entre l'Angleterre et la Russie, au sujet de leur influence respective dans ces régions, firent ajourner ce projet. Repris ensuite sous le patronage très-actif de feu le roi de Prusse et d'Alexandre de Humboldt, ce projet reçut un commencement d'exécution par la participation de Tchihatchef à l'expédition de Khiva, L'empereur Nicolas avait insisté tout particulièrement et avec la plus grande bienveillance sur son admission au nombre des collaborateurs, malgré l'opposition très-prononcée du ministère. On
connaît les tristes résultats de cette expédition, qui ajourna indéfiniment toute tentative extérieure de la part de Tchihat* chef. Néanmoins celui-ci n'était point resté incu^tif, comme on peut s'en convaincre par la série complète d'observations m6^ téorologiques qu'il transmit à M. Arago et qui ont été consignées dans les comptes rendus de TAcadémie des sciences de Paris. Platon de Tchihatchef publia en même temps une étude géographique sur TOxus et le laxarte, ainsi que sur le plateau du Pâmer, dans les Mémoires de la Société géographique de Russie. Plus tard, se trouvant aux Pyrénées pour cause de santé, il tenta et réussit à accomplir la première ascension du pic de Nithou, dont il présenta une description à l'Académie des sciences de Toulouse, qui lui décerna à cette occasion une médaille d'argent. Rentré enfin dans Tarmée russe comme volontaire, il servit dans les quatre derniers mois de la défense de Sébastopol, et publia ensuite, dans une Revue de Moscou, l'aperçu d'une expédition nocturne à travers les lignes françaises avec une petite escouade de Cosaques de la mer Noire, appelés Plastoun et connus des alliés sous le sobriquet de Itampeurs. Depuis lors, la vie et les affaires de famille ont mis fin à toute nouvelle entreprise. La correspondance de Humboldt avec Platon de Tchihatchef, que nous publions en ce moment, montrera combien ce savant prussien l'estimait et l'intérêt qu'il prenait à ses travaux.
— Hamboldt envoie h Platon de Tchihatchef, avec sa lettre de 1837, n» 88, p. 145, un grand nombre d'ouvrages et de cartes, sur l'Aral principalement, parmi lesquels se trouve un volume de Hitter, qu'il l'engage surtout à étudier*
— Les iS^i//)a5, cités par Humboldt dans sa lettre no 94, sont des mamelons artificiels dans l'Afghanistan surtout^ contenant des antiquités, des monnaies, des médailles, etc., explorés, entre autres, par MM. Honisgsberger et Massol.
— On voit dans la longue lettre que Humboldt écrit de Potsdam à Platon de Tchihatchef, au mois d'avril 1839, no 96, tout l'intérêt qu'il prenait aux travaux de ce savant voyageur russe^ qu'il ne cessait de recommander à l'empereur et à ses ministres; et ensuite qu'à cette époque le comte de Can-
crin était ministre des âtiânces et le comte Oawroff ministre de l'instruction publique.
« Lehmann, mon dernier compagnon de voyage à Samarcande, nous écrit M. de Khanikoff , â propos de la lettre de Humboldt à Platon de Tchihatchef, n» 150, est mort à Sîmbirsk au mois d'août 1842, en revenant d'Orembourg à Saint-Pétersbourg. Nous n^avons fait aucune observation astronomique à Samarcande, car on nous observait trop pendant ce voyage. »
(23J P. 159. BEiucHESNE {Jean-Marie-Max-Alfred de), né en Bretagne, vers 1806, et depuis 1830 secrétaire du Conservatoire général de musique et membre de la Légion d'honneur depuis 1861, et oncle du général Daumesnil qui périt, victime de son courage et de son dévouement, comme commandant en chef de la garde mobile en 1848, est surtout connu par un très-remarquable album dans lequel il a réuni des autographes et des dessins des personnages les plus célèbres de notre temps. La position de M. Beauchesne et l'appui de son frère, connu dans le monde littéraire par une Vie de Louis XVII^ couronnée par l'Académie française, et parvenue à sa troisième édition, lui ont facilité les moyens de donner à cette œuvre, qu'on peut appeler unique en son genre, ime couleur toute particulière. Pour qu'on puisse s'en former -une idée, nous -nous bornerons à citer l'annotation que le baron Alexandre de Humboldt a écrite de sa propre main sur cet album , à la fin d'octobre 1838 ; elle est extraite de son Voyage aux régions équinoxiales du nouveau continent, tom. Ill, liv. X, chap. XXVIII, p. 457 (1825) :
« Sans une communauté d'actions et d'efforts ^ resck'* vage. avec ses douleurs et ses excès, se maintiendra aux colonies, comme dans l'ancienne Rorne, à côté de l'élégance des mœurs, du progrès si vanté des lumières, dé tous les4)restiges d'une civilisation que sa présence accuse et qu'il menace d'engloutir lorsque le temps de la vengeance sera arrivé; La civilisation ou un long abrutissement des peuples ne peut que préparer les esprits à des événements futurs ; mais pour pro-
duire de grands changements dans l'état social, il faut la coïncidence de certains événements dont Tépoque ne peut être calculée d'avance. Telle est la complication des destinées humaines, que ces mêmes cruautés qui ont ensanglanté la conquête des deux Amériques se sont renouvelées sous nos yeux, dans des temps que nous croyions caractérisés par un éclat prodigieux de lumières, par un adoucissement général dtins les mœurs. La vie d'un seul homme a suffi pour voir la Terreur en France, l'expédition de Saint-Domingue , les réactions de Naples et d'Espagne : je pourrais ajouter les massacres de Ghio, d'Ipsara et de Missolonghi, œuvres des barbares de l'Europe orientale que les peuples civilisés de l'Ouest et du Nord n'ont pas cru devoir empêcher. — Dans les pays à esclaves, où une longue habitude tend à légitimer les institutions les plus contraires à la justice, il ne faut compter sur l'influence des lumières, de la culture intellectuelle, de l'adoucissement des mœurs, qu'autant que tous ces biens accélèrent l'impulsion donnée par les gouvernements ; autant qu'ils facilitent l'exécution de mesures énergiques adoptées par la représentation nationale....
« Paris, fin d'octobre 1838.
« Alexandre de Humboldt. m
(24) P. 167. Nicolas Paulowitch, empereur de Russie, troisième fils et le onzième enfant de l'empereur Paul I" et de Marie. Federowna, née princesse de Wurtemberg, avait pour aïeule la célèbre impératrice Catherine II. Il naquit au château deTsarkoé-Sélo, près de Saint-Pétersbourg, le 25 juin (7 juillet) 1796. Peu de temps après le divorce sans postérité du grandduc Constanlin, second frère de l'empereur Alexandre et de la grande-duchesse Anna-Federowna. l'empereur, dont le mariage avait été également stérile, crut devoir prendre des mesures pour assurer, après lui, la succession au trône de Russie- à Nicolas, son troisième frère. Celui-ci, outre qu'il était fort estimé par Alexandre, avait plusieurs enfants de la princesse de Prusse épousée par lui en 1817.
Pour prévenir toute difficulté, et instruit sans doute du
projet qu'avait Constantin de s'unir à la comtesse Jeanne Grousinsky, union qui s'effectua en eflfet le 12 mai 1820, Alexandre fit paraître quelques mois auparavant un manifeste déclarant que les membres de la famille impériale qui épouseraient des personnes étrangères aux maisons régnantes ou souveraines, ne pourraient désormais transmettre à leurs héritiers les droits appartenant aux membres de la famille impériale, et que les enfants issus d'une pareille union ne pourraienten aucun cas prétendre à la succession au trône. Alexandre ne borna pas là ses précautions; il obtint de Constantin la résolution formelle de renoncer au trône. Un acte spécial signé par ce dernier, et dressé parles soins de Philarète, archevêque de Tver, avec le concours du comte Araktcheeff et du prince Galitzin, fat en conséquence déposé sur l'autel de la cathédrale de l'Assomption, à Moscou. Après la mort de l'empereur Alexandre, arrivée à Tangarog le 1" décembre 1825, le grandduc Constantin annonça solennellement qu'il avait juré de renoncer au trône, qu'il tiendrait son serment et que son jeune frère, le grand-duc Nicolas, était désormais son souverain légitime. Malgré cette déclaration, Nicolas, en annonçant la mort d'Alexandre aux soldats du port militaire du Pa« lais, leur fit prêter serment au grand-duc Constantin, son successeur légitime, et retournant à l'église, jura lui-même fidélité au nouveau souverain qu'il venait de proclamer, fit prêter le même serment à toutes les autorités, et un Te Deum solennel fut chanté dans toutes les églises en l'honneur de l'empereur Constantin. Celui-ci qui se trouvait alors à Varso • vie, prévenu par son frère Nicolas de ce qui se passait^ et invité à se rendre à Saint-Pétersbourg pour y prendre les rênes du gouvernement, refusa positivement en déclarant de nouveau qu'il persistait dans sa renonciation à la couronne et reconnaissait son frère Nicolas comme son souverain légitime. Cette insistance détermina ce dernier à accepter enfin la couronne. « Que la volonté de Dieu s'accomplisse! écrivait-il au prince Wolkonski, le 12 décembre, en apprenant la révolte d'une partie de ses troupes; le 14 je serai em- . pereur de Russie ou je ne serai plus qu'un cadavre! » Nicolas
attaqua immédiatement aprôsBt avec vigueur les révoltes, les vainquit complètement, et n'éprouvant plus de résistance, prit paisiblement les rônes du gouvernement. L'une des premières mesures prises par lui fut la codiOcation des lois de l'empire; il força ensuite la Turquie à rendre à la Moldavie . et à la Valaohie les privilèges que cette puissance s'était en- {^agée à leur accorder et conclut bientôt après, avec la Suède, un traité relatif à la délimitation des frontières de la Laponie russe. Ayant battu complètement Tarmée persane, vers la fin de 1827| il conclut au mois de février de l'année suivante un traité de paix avec cette puissance, et se fit couronner roi de Pologne en 1829. Ce fut la même année qu'il termina ses différends avec la Turquie par le traité de paix du 14 septembre, et c'est enfin grâce à son intervention et à celle de la France et de l'Angleterre que l'indépendance de la Grèce fut officiellement reconnue au mois de février 1830. La même année, un soulèvement de la Pologne, à Toccasion des ravages du choléra, ne tarda pas à être réprimé par Tempereur Nicolas, qui dota en 1838 la Russie d'un nouveau digeste et vint ensuite au secours de la Turquie, qu'il garantit contre les attaques du pacha d'Egypte. Le renversement du trône du roi de France Charles X (1830) l'avait profondément affecté, et il crut devoir prendre, en 1836, le grand deuil à la mort de ce prince. Ses succès au Caucase furent grands, et le 3 août 1847 il signa une espèce de concordat avec le Pape pour régler la situation des sujets russes qui professaient la religion catholique. Lorsqu'il apprit, en 1848, le renversement du roi Louis-Philippe, pour lequel il avait toi^jours témoigné une certaine aversion, et rétablissement d'une république en France, Nicolas crut devoir prendre des naesures de précaution contre les éventualités qui pouvaient survenir, en faisant mettre ses troupes sur le pied de guerre, sans prendre toutefois aucune part aux débats qui pouvaient survenir. Letraitementfait par les Romains au Pape Pie IX pour lequel il avait une grande estime, excitait ses regrets, et ce fut avec une extrême satisfaction qu^il apprit que le prince Louis Napoléon avait été élu d'abord président de la République française et plus tard en^areiir.
Pendant les années 1848 et 4849» l'empereur Nicolas, tout en poursuivant, en général avec succès et sans interruption, la guerre contre les peuplades du Caucase, multipliait dans ses États les établissements d'instruction, et lorsqu'en 4854; la Turquie crut devoir déclarer ]a guerre à la Russie, celle-ci vit la France et l'Angleterre se prononcer en faveur du sultan. Les succès de ces puissances, ceux de la France surtout, furent immenses; elles remportèrent plus d'une victoire, occupèrent la Grimée, battirent les Russes sur plusieurs points, à Malakoff et à Sébastopol principalement, et les forcèrent enfin à conclure une paix désavantageuse. Ce fut peu de temps après ces revers que la santé de l'empereur s'étant affaiblie de plu^ en plus, il cessa de vivre le 18 février 1855.
Son fils aîné, Alexandre II, a été son successeur.
-^ La copie de la lettre de Humboldt à l'empereur Nicolas a été faite sur le manuscrit dont l'autographe original nous avait été communiqué.
(â5) P. i69 à 193. Helmehsbv, voir sa notice biographique au tome P', page 451, du second volume.
— Le texte idlemand d'un passage de la lettre de Humboldt à Helmersen, n*" 99, porte : der etwas gonfusb ; on a traduit ce dernier mot par brouillon. M. de Kbanikolf pense, avec raison^ quilvaudrait mieuxEMBBOCiLLÉyVéritable traduction deconfuse^
— Hagemeiêtery dont il est parlé page 171, était à cette époque correspondant du ministère des finances de Russie, à Ber* lin, et en 1863 sénateur à Pétersbourg. Quant au général Gens^ cité page 172, il a été très-longtemps chef de Khirguises d'Orembourg, et par sa position, à même de recueillir beaucoup de données intéressantes sur l'Asie centrale ; et Jean Wltkc witscb i mentionné dans une note de la lettre d'Helmersen n» lOO^ était, suivant ce dernier, un jeune i'olonais plein de talent, fait soldat en 1827, et envoyé avec quelques autres à la frontière d'Orembourg, enpunitionde délits politiques. Humboldt les y rencontra en I829> et crut devoir prier l'empereur Nico* las de les gracier. Cette intervention fit obtenir la liberté à Wit< kewilsdi qui^ peu après, futpouieadu grade de sous-officier
et puis, en récompense de services distingués, fuit sous-lieutenant. En cette qualité il fut envoyé, pour un but peu conQU, par le ministère des affaires étrangères, à Kandahar, où il rencontra, suivant Humboldt et Helmersen, le voyageur anglais, Alexandre Burnes. A son retour de ce voyage à St-Pétersbourg, il se brûla la cervelle dans un accès de profonde mélancolie.
— (( Je prendrai la liberté, nous écrit à ce sujet M. dê'Kba* nikoff, de rectifier un peu les renseignements du baron de Humboldt et ceux du général Helmersen sur Witkewitsch. Il n'a pas passé, en effet, par Boukara pour aller à Kaboul; il y avait été envoyé par le comte Simonitcz du camp de Herat, et il est venu à Téhéran par Kandabar, Lack, Nib, Tebes et Ispahan. Ce n'est pas à Kandahar qu'il a rencontré A. Burnes, qui n'y a pas été lors de sa mission, mais bien à Kaboul ; il n'avait pas l'habitude d'écrire un journal de voyage, étant fort peu lettré, mais sa mémoire gardait facilement les détails des hommes et des choses qu'il avait vus. Je l'ai vu moi-même la veille de son suicide; il n'était pas trèsgai, mais ce n'était pas à cause de ce qu'on l'avait désavoué, ni même parce qu'il se plaignait de ne pas avoir été récompensé, car il l'a été plus qu'il ne pouvait l'espérer. Depuis longtemps il disait à qui voulait l'entendre qu'il était décidé a se tuer dès qu'il aurait trente ans, et c'est seus l'influence de cette idée fixe qu'il s'est donné la mort le 19-31 mai 1839. »
— Keuper n'est point un nom d'homme, ainsi qu'on l'a imprimé n"* 100, p. 173, mais un nom de terrain; il faut donc mettre, suivant M. de Khanikoff, (fu Keuper au lieu de Keuper.
— Humboldt donne à l'opinion de de Buch, p. J73, l'épithète de griffenhaft que nous avons omise m.al à propos et qui signifie capricieuse ou fantasque; M. de Khanikoff préfère cette dernière épithète.
— Cette première manière d'apprécier l'âge de nos roches calcaires et dévoniennes^ dit Helmersen dans une note de sa lettre n^ iOO, était principalement basée sur le caractère des couches du sol de la Russie moyenne. Mais après que ces fossiles ont été trouvés en grand nombre et après qu'ils ont été exactement déterminés, on a vu qu'ils n'appar-
tenaient ni au Ketnper, ni au Jura, mais qu*ils devaient être rapportés auxterraiusdévoniens et carbonifères.
— Nous n'avons pu, M. N. de Rhanikoff et moi, déchiffrer ni les noms donnés par Humboldt aux cartes, dont il parle au n** 10, ni les qualifications dont il les accompagne.
— Quant aux observations soumises à Helmersen par Humboldt sur le croquis de carte placé p. 196, à la suite de la lettre duâO mars 1840; carte que nous avons fait graver sur pierre dans notre second volume, nous les transcrivons ci-après :
i** Qu'est-ce que Kurktu? Est-ce la vûUée longitudinale Statoust qui y est formée ? Kurktu, est-ce une montagne en forme de selle, ou bien un nœud de montagne?
2*^ La chaîne d'ilmen n'a-f-elle pas un nom spécial entre Miask et £ara-£dir-Tau? Gisialsk en fait-il partie? . 3^ Gomment TObschei-Firt se joint-il aux chaînes de l'Oural et du Fremel? Dans quel rapport se trouve cette jonction avec les sources de la Sakmara?
. 4** Que deviennent à la fin les chaînes de l'Oural et du Fremel?
On ne trouve pas la réponse d'Helmerscn aux questions cidessus.
(26) P. 369. ÂRCHIAG (Btienne-Jules-Adolpbe Desnier de Saint-Simon, vicomte d'), géologue français, membre de l'Académie des sciences et professeur au Muséum d'histoire naturelle, est né à Reims, le 24 septembre i802. Sorti, à l'âge de 19 ans, de l'école militaire de Saint-Gyr, il quitta le service après 1830. Il avait déjà publié, en 1828, un roman en 3 volumes in-8^, intitulé : Zizim, ou les chevaliers de Rhodes; il se consacra plus tard à l'étude de la géologie et ne tarda pas à se faire distinguer par d'importants travaux. On lui doit do nombreux mémoires publiés par lui dans les Comptes Rendus de l'Académie des sciences et dans le Bulletin et les Mémoires de la Société géologique^ dont il était devenu membre. L'un des mémoires présentés par M. d'Archiac i l'Académie des sciences fut jugé digne de l'insertion 'dans le Recueil des savants étrangers^ sur le rapport de M. Dupinoy. NT. d'Archiac, l'un des membres les plus zélés
et les plus importants de la Société géologique de France, publie chaque année, depuis 4834, et au nom de cette so«-. eiéfé^ V Histoire du progrès de là géolopie^ dans laquelle il résume et discute tous les travaux exécutés, tant en France qu'à l'étranger, sur la physique générale du globe, les terrains tertiaires et diluviens» la formation numulitique, crétacée, etc. Déjà six volumes de ce précieux recueil ont été publiés. Présenté en 1848 comme candidat à la place laissée vacante à TAcadémie des sciences, par suite du décès de M. Alexandre Brongniart, en même temps que MM. Constant Prévost et de Sénarmont, M. d'Archiac ne fut nommé qu'en 1857 membre de ce corps savant (section de minéralogie, en remplacement de Constant Prévost). Il a été plusieurs fois président de Isl Société géologique àe France, et est membre de celle de Lfondres, de la Société philomatique de Paris, etc. Dans un billet fort court, écrit à M. d'Archiac par M. le baron de Humboldt, ce dernier le félicite sur ses excellents travaux, dont il doit la communication au jeune et savant Frapoli.
(27) P. 175 à 369. Denis (Jean-Ferdinand), voyageur et lit* térateur distingué. Aujourd'hui (1867), administrateur-conser* vateur de la bibliothèque Sainte-Geneviève, membre de la Légion d'honneur et commandeur de l'ordre royal dlsabellela-Catholique , est né le 3 août 1798. Ayant montré de bonne heure une passion toute particulière pour les voyages et pour l'étude des langues, il renonça à la carrière diplomatique à laquelle son père l'avait destiné et se rendit en Amérique, en 1818. Il s'arrêta d'abord au Brésil et, après avoir fait un assez long séjour dans ce pays, à cette époque et même encore si incomplètement connu, il en eut bientôt appris la langue (le portugais). Les notes recueillies par lui sur la géographie, l'histoire et la littérature du pays qu'il venait d'explorer, lui servirent plus tard, lorsqu'il fut rentré dans -sa patrie, à composer les nombreux et remarquables ouvrages qu'il a publiés depuis, et dont nous nous bornerons à citer quelques-uns des principaux, parmi lesquels on doit distinguer les Scèn^'s de la nature sous les tropiques. Nommé
bibliothécaire du ministère de rinstractioa publique, il fut attaché, peu après, eu qualité de conservateur à la bibliothèque Sainte-Geneviève , dont il est devenu le chef, après la mort du titulaire, sous le titre de conservateuradministrateur. II est, en outre, un des collaborateurs des ChefS'd*œuvre du théâtre européen et du théâtre étranger y des Revues européenne et britannique^ de la Revue des Deusç-Mondes^ de V Artiste, du Journal et des Annales des voyages^ de la Nou^ velle Biographie générale, et traducteur de la Cprografia bra-* silica, etc., et il termine en ce moment la traduction du Romancero espagnol. Nous ajouterons qu'il a publié de splen* dîdes ouvrages sur les manuscrite à miniatures, et enfin qu'il a fait paraître dernièrement un livre qui eût été droit au cœur du grand Humboldt, l'un des admirateurs les plus prononcés de cet humble Yves d'Évreux, fondateur, en 1613, de a mission du Maranhan, et dont un seul exemplaire fut arraché à la destruction par Tamiral de Razilly,
— La lettre, n'» 167, a été écrite à M. Ferdinand Denis h, l'occasion de son petit livre intitulé : Le monde enchanté. Lorsque Humboldt la lui adressa, il était à Paris depuis quelques jours seulement.
Une autre lettre de Humboldt, que nous publions sous le n» 169, a été adressée à Ferdinand Denis, à propos de son ouvrage intitulé : Fondation de la régence d Alger ou Histoire de fiarberousse, publié avec Sander Rang^ en 1837.
Et enfin celle qui porte le n" 216 est motivée principalepient par l'envoi que F. Denis venait de faire à Humboldt de ses Chroniques chevaleresques de l'Espagne et du Portugal. Cette lettre n'était point datée, mais comme on y parle de la mort inattendue et récente de Pihan de laForesl, arrivée en 1847, nous avons cru pouvoir lui donner cette date,
(28) P. 176. MiWTO (Gilbert-Elliot, deuxième comte de) né àLyon,le 16 novembre 1782, mort le 31 juillet 1859, commença sa carrière par la diplomatie et fut élu en 1806 membre du parlement d'Angleterre. En 18i4, après la mort de son père, il entra à la Chambre où il vota avec le parti Whig pour
rémancipation des catholiques et la réforme parlementaire. Envoyé comme ambassadeur à Berlin, en 1832, il fut nommé, en 1835, directeur général des postes à la formation du ministère Melbdurne; il changea ce poste pour celui de premier lord de l'Amirauté, qu'il occupait à Tépoque où Humboldt loi écrivait la lettre que nous publions ici. Le comte de Minto, après avoir contribué à mettre la marine anglaise sur un fort bon pied, se retira à la chute du cabinet Whig, en 1840. Rap* pelé en 1846, en qualité de lord du Sceau privé, sous le ministère J. Russel, qui avait épousé sa fille, il entreprit, en 1847, un voyage en Italie, chargé d'une mission qu'on a supposée se rattachera l'intention du pape de créer des évêques catholiques romains en Angleterre. Il tomba avec le ministère Russel, en février 1859, et mourut la même année, ainsi que nous l'avons dit plus haut.
— La lettre dont nous venons de parler a été traduite de Tespagnol et extraite du mémoire (p. 6) d'un savant écrivain, D. Manuel Rico y Sinobas, professeur de physique à l'Université centrale de Madrid, portant le titre de : E studios meteorologicos y topografico-medicos en Espana en el siglo XVIH. Parmi les ouvrages qu'on doit à D. Manuel Rico y Sinobas, nous nous bornerons à citer : Libres delsaher de astronomia del rey Don Alfonso Xde Castilla^ dont 5 volumes ont déjà paru.
(29) P. 177 à 367. Elie de Beatjmont (Jean -Baptiste- Armand- Louis-Léonce), célèbre géologue français, membre et secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences, etc., etc., sénateur, etc., etc., est né le 25 septembre 1798 à Canon, département du Calvados. Après avoir fait d'excellentes études au collège d'Henri IV^ il sortit le premier, en 1819, de TEcole polytechnique pour entrer à TEcole des minets. 11 fit en 1821, par ordre du gouvernement, plusieurs voyages métallurgiques, fut nommé à son retour ingénieur ordinaire, et en 1829 professeur à l'Ecole des mines; trois ans plus tard, il obtint la même position au Collège de France. Nommé en 1833 ingénieur en chef, et peu après inspecteur général de première classe, Élie de Beaumont devint, en 1835, membre
de rAcadémie des sciences et secrétaire perpétuel de cette Académie & la mort d'Arago. Depuis il a été élevé à la dignité de sénateur et créé en 1866 grand oiticier de la Légion d'honneur. Elle de Beaumont a publié un grand nombre d'ouvrages remarquables et des mémoires dont les premiers furent consacrés par lui àla métallurgie. Nous nous bornerons à citer parmi les plus anciens et les principaux sa Notice sur les mines de fer et les forges de Framont et de Rothau (Vosges), insérée en i82^, dans les Annales des mines, et Tarticle ilfme^ publié dans le Dictionnaire des sciences naturelles^ et réimprimé à part en d8â4 sous le titre de : Coup d'oeil sur les mines. Après un voyage exécuté en Angleterre pour recueillir dans ce pays les éléments d'une carte géologique de la France, que M. Becquey, à celte époque directeur général des ponts-et-chauss^es, se proposait de faire dresser à l'imitation de celle qui venait de paraître en Angleterre, Elie de Beaumont et Dufrénoy publièrent les résultats de leur excursion, d'abord en 1827, dans les Annales des mines, dont ils donnèrent plus tard une édition considérablement augmentée. Cet immense et beau travail est aujourd'hui (1867) terminé, du moins quant aux principaux travaux préparatoires. Parmi les nombreux et savants ouvrages qu'on doit à Élie de Beaumont, nous citerons seulement ici celui qui a pour tilre : Recherches sur quelques-^nes des révolutions de la surface du globe, publié par lui en 1829, dans lequel il expose, dans leur ensemble, ses idées sur les soulèvements des systèmes de montagnes, en éttmdant aux soulèvements anciens les théories ingénieuses émises par Léopold de Buch sur la formation des cônes volcaniques; Élie de Beaumont définit dans son ouvrage la direction des soulèvements des chaînes de montagnes, établit le synchronisme des soulèvements opérés parallèlement h un même grand cercle de la sphère terrestre, et jette enfin les bases d'un système nouveau de géologie stratigraphique, d'après lequel il parvient à classer les formations sédimentaires successives suivant la direction des soulèvements qu'elles ont éprouvés. Cette doctrine, Élie de Beaumont a cru devoir la modifier plusieurs fois après avoir repoussé avec un rare ta-
lent les sérieuses attaques dirigées contre ses principes et les conséquences qu'il en tirait. Les derniers comptes rendus de TAcadémie des sciences renferment un très-grand nombre de payants Mémoires de M. Éiie de Beau mont, qu'il serait trop long d'énumérer ici.
. -— « Les Anti-Canariens, dit Humboldt dans une lettre à Élie do Beaumont, les ennemis que possède M. de Buch au sein de l'Institut, ne manqueront pas de lui opposer le spectre deHuttoAHls remonteront jusqu'aux Grecs, et s'il le faut, au roi Oêortasen; mais vous savez, pour l'avoir éprouvé vousmême, à l'occasion des grandes vues géologiques que vous avez introduites dans notre science, vous savez combien sont yaines ces recherches sur les premières traces d'une concep* tion. La découverte ne date pour moi que de l'époque où l'on parvient à lier et coordonner un grand nombre de faits bien observés. Mayon^9piritti8-nitro^creu8 et Laminer-Schiller Gallilée et Chladni, Le juif qui, à Hambourg» reconnaissait la fausse monnaie par le double contact et la saveur est comparé à Galvani et à Yolta. d
— M. de Humboldt joint à sa lettre du jeudi 1842, n* ISâ, page 235, une épreuve dans laquelle il fait mention d'un compte rendu de l'Académie des sciences des mois de mars ou avril 1842. Il soumet à Élie de Beaumont, dans sa lettre du n** 109, quelques questions sur les mû/de<, enfoncements ou cavités qui se trouvent dans les filons horizontaux des couches de houille, et lui annonce dans sa lettre n*^ 209, la vente que les héritiers du grand anatomiste Munster viennent de faire à la Bavière do la célèbre collection de ce savant, pour moins de 6,000 francs. Tout Berlin en est attristé, dit Humboldt, et la Bavière s'en réjouit.
. — Humboldt envoie à Elie de Beaumont une lettre ouverte adressée par L. de Buch.à ce dernier, lettre un ne peut plus flatteuse pour celui-ci; mais dans la lettre ouverte destinée pour Humboldt, ce dernier trouve que de Buch se montre in^ juste dans l'appréciation qu'il fait des travaux de plusieurs savants ses compatriotes, et en particulier d'Ëbrenberg, de Rose, etc.
(30) P. 490 et aOB. — Murghisson (Sir Roderick-Impey),. l'un des plus célàbres géologues et géographes anglais de notre temps, né en 1792 à Tarradale dans le (ù)mté de Rosa (Ecosse), reQut sa première éducation à l'école de Durham et la termina au collège militaire de Marlow et aux Universitéa de cette dernière ville et de Cambridge. Il entra en 1807 comme officier dans l'armée anglaise, fit les campagnes d'Es^ pagne et de Portugal dans le 36* régiment d'infanterie jusqu'en 1816, qu'il servit dans l'état-major de son Qucle le général sir Alexandre Mackenzie, et devint plus t>ird oa*» pitaine an 6* régiment de dragons. Murchison ne tarda pas à renoncer à la carrière militaire pour s'adonner entièrement à Tétude de la géologie, avec cette ardeur et ce zèle ardent qu'il a apportés à tout ce qu'il entreprenait. Nous ignorons à quelle époque il devint membre de la Société géologique d'Angleterre ; mais nous voyons en tête de la longue liste de ses principales publications do.nnée par lui-môme que, dès 1825, il avait fait paraître dans le tleuxième volume des transactions de cette société, un, mémoire intitulé Geological sketch of part of Smsex ^ liants^ etc. Les communications qu'il ne cessa de lui faire, ainsi qu'à la Société royale géographique de Londres dont il était devenu membre et dont il a été plusieurs fois et est encore président, sont pour ainsi dire innombrables. Ce qui ne l'empêcbait pas d'en adresser de semblables sur la géologie et la géographie aux autres recueils scientifiques d'Angle* terre et de France, et de publier en outre des ouvrages séparés sur les mêmes sujets. On voit qu'à partir de 1831, Murchison se livra plus spécialement à l'étude et à l'examen systématique des anciens dépôts sédimentaires de l'Angleterre et de la principauté de Galles, et qu'après cinq ans d'un travail opiniâtre, il parvint à établir ce qu'il appela le système silurien, ainsi nommé par lui, parce qu'il occupe les contrées qui formaient l'ancien royaume des Silures, comprenant une succession de couches {strata) qui existent au-dessous de l'ancien {redsandstone]. Il reconnut plus tard, pendant •ses nombreux voyages, que cette succession des anciens
strates on couches sëdimentaires {of ihe older sedmentary strata) existe également dans les parties occidentales de l'Europe, aussi bien que dans rAmérique septentrionale et méridionale, de même qu'en Norvège, en Suède et en Russie. L'ouvrage qu'il publia en 1836 sur le système silurien et dont les principaux recueils scientifiques d'Angleterre, de France, etc., rendirent un compte très-avantageux, lai firent une réputation européenne. C'est dans cet ouvrage qu'il décrit avec exactitude les couches primordiales, composées en grande partie de schistes ardoisés et de calcaire et introduit en même temps une nomenclature plus régulière des formations successives du grauvacke. Sous le titre de : Siluria, Murchison a publié en 1859, avec de nombreuses additions, une troisième édition du système silûrim^ qu'il a dédiée à MM. de Verneuil, de Keyserling et Barrande. Lorsque, en 1840, sir Roderick L Murchison communiqua à Humboldt le projet qu'il se proposait d'entreprendre, d'après l'invitation pressante de l'empereur Nicolas, et qu'il a exécuté depuis, avec MM. de Verneuil et Keyserling, pour déterminer la véritable succession géologique de la Russie en Europe et dans les Monts-Ourals, l'illustre Prussien s'empressa de les encourager et de les aider de ses conseils, en regrettant que son excursion trop précipitée ne lui eût pas permis de faire connaître l'âge véritable de ces grès qui occupent une région si vaste dans l'ancien royaume de Permie^ et qu'on allait leur devoir. La publication de la relation du voyage de Murchison a justifié les espérances de Humboldt ; elle est intitulée : The Geology of Russia in Euaope and THE Ural Mountains, by MM. Murchison^ de Ve^^neuil and Keyserling^ London^ 1845; â vol. in-4^ avec cartes et planches de fossiles ; le deuxième volume, qui comprend la paléontologie, est en français. Une nouvelle édition en a été publiée en 1853. Avant môme que Touvrage eût paru, le tzar fit présent à Murchison d'un magnifique vase colossal d'aventurine de Sibérie, monté sur une colonne de porphyre, avec cette inscription : <c Gratia imperatoris tutius Russiœ Roderico Murchison^ Geologiœ Russiœ expiaratori^ 1842,» et lui conféra la grand-çioix de l'ordre de
Saint-Stanislas. A son arrivée en Angleterre, Murehison fut élevé par son goavernement à la dignité de chevalier [British knighthooi). )>
Dans sa lettre remarquable da là janvier 1841, n® 115, M. de Humboldt répond à an appel aux savants de l'Europe (étant alors premier secrétaire général de l'Association britannique pour Tavancement des sciences), qu'il a rendu public dans son discours, préparé avec l'aide de son cosecrétaire, le major, — • maintenant le major général Sabine.
<( Le grand voyageur, ne pouvant pas sacrifier le temps né* cessaire, n'a pas rendu justice h mon appel, ajoute Murcbison ; car la proposition que j'ai mise en avant à été spécialement de supprimer, pendant l'aunée à venir, toutes les réunions de diverses natures et de réunir Français, Allemands, Italiens, Anglais, Russes, etc., sous la présidence de M. Humboldt. Il est infiniment à regretter que ces associations soient trop locales, et je persiste dans l'idée que chacune d'elles, ayant du repds toiis les deux ans ^ et alors expédiant leur élite (sans cette afiluence de gobe-numches qui nous étouffent), ferait retremper la science en indiquant exactement les desiderata de chaque pays. » Les réflexions générales qui suivent sont pleines d'intérêt et dévoilent de grandes vues.
— A la demande de l'éclairer sur les grès de Perm, Murcbison a établi, d après l'examen de la Russie (avec ses amis distingués de Yerneuil et Keyserling), le système Permien.
— M. de Khanikoff pense qu'an n* 115, page âll, ligne 4 de la lettre écrite par Humboldt à sir Roderick L Murcbison, lé i2 janvier 1841, c'est k tort que ce dernier a mis sur* face de la terre, au lieu de surface de Ui lune*
(131) P. 199. Brongniart (Alexandre), savant français, membre de l'Académie des sciences, etc. , né à Paris le 5 février 1770, était fils d'un architecte distingué, auquel on doit plusieurs monuments remarquables. Après avoir reçu une excellente éducation, le jeune Brongniart montra de bonne heure un penchant très-prononcé pour l'histoire naturelle. Nommé, à T&ge de vingt- quatre ans, ingénieur des niines, il
entra, en 4196, comme professeur à TÉcole eentrale ; plas tard) il remplaça le célèbre Haûy dans ses coars àrÉcQlé des mines, et fut nommé, en 1800, directeur de la maonfaclare de porcelaine de Sèvres. Il reçut, au commencenieût de 481 5, la décoration de la Légion d'honneur et, la même année, Bo* naparte, après son retour de File d'Elbe, loi conféra l'ordre de la Réunion. Quelques mois plus tard (29 novembre I8i5)| TAcadémie des sciences Tadmit au nombre de ses membres^ section de minéralogie. Parmi les nombreux ouvrages qu'on
doit & M. Alexandre Brongniart, nous citerons :
i. Cours de minéralogie et de géologie^ faits à Tëcole Gentralej à celle des Mines et à la Faculté des sciences, de 1704 à 18âl ;
â. Dmité élémentaire de minéralogie, 2 vol. in^«, 1807 ; . 3. Myologie comparée de pluswurs eepèçes de singes^ 1796;
4. Euai sur la minérabgie géographique des environs de PariSj in-4<», 1811 ;