II
Daassy, son père, ayant occupé le poste d'ingéaîenr hyâro* graphe, désirant loi faire suivre la carrière qu'il avait palv courue lui-même avec distinction, lui fît donner une éducation eonforme à ses vues. Tout en s'occnpant d'hydrographie, le jeune Daussy étudiait la théorie et la pratique de Tastrono^ mie À robservatoire de TEcole militaire où il s'initia, sons lés auspices du célèbre Burckhardt, à Tus^ge des instruments d'astronomie et de géodésie, ainsi qu'aux calculs astronomiques. Ses progrès furent si remarquables que de Zach n'hésita pas à insérer dans sa Corresponckmce astronomique les différentes occultations observées par le jeune savant» 11 n'avait pas encore atteint l'âge de 21 ans qu'un de ses mémoires, relatif à la détermination des perturbations de la planète Vesta* lui fît accorder par TlnMitut (académie des sciences) la médaille fondée par Lalande. Un second mémoire sur le même sujet, et dans lequel les calculs sont appuyés d'observations plus nombreuses, fut cité avec les plus grands éloges par Bouvard et Burckhardt, chargés de l'examiner. Il a été imprimé dans la Connaùsance des temps, pour 1818, et ses Tables de Vesta^ calculées d'après ces derniers éléments, ont été insérées dans le volume de 1820.
. Lorsque Beautemps-Beaupré entreprit en 1816; par ordre du gouvernement, la reconnaissance des côtes de France, Daussy, alors iniçénieur de 3* classe, fut chargé d'établir sur tout le littoral une chaîne de triangles qui pût servir de base à l'important travail qu'on allait exécuter. De 1816 à 1826 il conduisit cette opération depuis Brest jusqu'à Bayonne et là rattacha à quatre des chaînes principales de la grande triangulation de la France, opération dont des juges compétents, Puissant et Fourier, ont fait le plus bel éloge. Après la mort de Buache, en 1826, Daussy devint, en qualité de second ingénieur hydrographe m chef, le collaborateur de Beautemps- Beaupré. Chargé spécialement des travaux intérieurs du Dépôt de la marine, et malgré ses importante» et nombreu-* ses occupations, Daussy n'en exécuta pas moins en 1829 la triangulation qui devait joindre les iles anglaises de Jersey et Gaernesey et Aurigny, aux pointes de la côte de France dans
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les environs de Saint-lfalo. Le» triangles qu'il observa à cet effet ont été donnés dans un ouvrage que M. Bégat publia en 1839,
La discussion des nombreuses observations faites par Daussy sur Tiniluence des différents vents sur le niveau moyen de la mer, ainsi que les phénomènes particuliers qui arrivent dans certaines rivières, le conduisirent à rechercher les causes de cette influepce, et de constater que pour une .variation dans la; hauteur de la colonne barométrique^ le niveau moyen de la mer éprouvait une variation treize fois pins grande, c'est-à-dire à peu près dans le lapport du mer^ cure à celle de l'eau, fait vérifié depuis par Lubbock. Admis en janvier 1832 à la Société de géographie, Daussy s'y fît bien- .tôt distinguer par de nombreux, brillants et solides travaux ; .élu vice-président de la commission centrale en 4823, il en fut nommé président en 1841 et devint enfin président de la Société dans rassemblée générale de 1847. Continuant de concourir aux travaux du Bureau des Longitudes^ en insérant une série de mémoires dans la Connaissance des temps^ Ara go, j uste appréciateur de son mérite, l'invita au nom de l'Académie des sciences h parcourir avec persévérance la route pénible ^ mais féconde en utiles résultats dans laquelle il venait (Tentrer, De tels encouragements et de semblables excitations stimulant encore s'il était possible le zèle de Daussy, à cette époque hydrographe en chef de la marine, il put continuer ide prêter son concours au Bureau des longitudes, plus spécialement en ce qui concernait l'amélioration des Tables des positions géographiques des principaux points du globe^ dont il eut peu après la rédaction complète, et qu'il fit précéder .d'un savant mémoire en 1836. Nommé, en 1832, secrétairebibliothécaire de l'Observatoire et en 1839 astronome-adjoint, Daussy a fait paraître dans la Connaissance des temps de 1835 à 1843 deux mémoires sur les moyiens d'employer uniforraér ment toutes les observations faites dans une relâche pour obtenir une marche moyenne et pour faire entrer dans la détermination des longitudes des points intermédiaires, la diifârence d^ longitude des points. extrêmes» en même temps
qu'il fournissait au même recueil une excellente dissertation sur les marées des côtes de France. Toutes ces occupations ne lui faisaient point perdre de vue les obligations que lui imposaient ses fonctions d'hydrographe en chef de la marine, chargé du personnel; c*est ainsi qu'en 1842 il Bt paraître une remarquable brochure, sous le titre modeste de : Quelques mots sur le corps des Ingénieurs hydrographes dont il était le défenseur naturel. Arago la défendit victorieusement dans la Chambre, en citant le passage d'une lettre du capitaine Beaufort, chef du bureau hydrographique de l'amirauté anglaise, dans laquelle ce savant étranger reconnaissait que tous les hydrographes du monde étaient maintenant les élèves des hydrographes français. Dans l'intérêt des marins, Daussy a construit un grand nombre de cartes hydrographiques, publiées de 1833 à 1835, et a refait les cartes de l'ancien Neptane oriental de Daprès. Devenu seul hydrographe en chef, à la retraite de Beautemps-Beaupré en 1848, Daussy demanda ce titre pour lui-même et l'obtint en 1852. En 1855, il fut nommé à la presque unanimité membre de l'Académie des sciences.
Au mois de janvier de l'année suivante il devint membre titulaire du Bureau des longitudes, surveilla la publication de la partie géographique du voyage d'Hommaire de Hell en Turquie et en Perse, et celle du voyage en Perse du capitaine Truilhier, dont Burckhardt lui avait confié quelques feuilles manuscrites, et prit une part active à l'organisation du voyage de Castelnau. Outre ces travaux si divers, Daussy continuait de corriger et de perfectionner les tables des positions géographiques; il calculait, dès janvier 1853, les éclipses et les marées, calculs auxquels Largeteau avait été obligé de renoncer. Parmi ses principaux travaux, nous devons citer en première ligne la découverte des variations du niveau "moyen de l'Océan et des causes de ce mystérieux phénomène, découverte qui assure à Daussy un rang élevé parmi les savants qui ont agrandi le champ des découveites géographiques. Doué d'un zèle et d'une activité infatigables, il unissait à des connaissances profondes et variées en astronomie,
hydrographie, physique et météorologie, uno aptitude extraordinaire pour les observations et les calculs scientifiques, une sûreté de critique peu commune et en même temps, chose rare, une excessive modestie et une obligeance extrême. Elevé, en 1852, au grade de commandeur de la Lésion d'honneur, membre d*un grand nombre d'académies et sociétés savantes, Daussy est mort à Paris le 5 septembre d860, laissant de son mariage avec mademoiselle Fannel un fils unique, attaché aujourd'hui au Dépôt général des cartes et plans de la marine.
Une partie des informations que nous donnons ici ont été puisées dans une notice biographique fort étendue publiée par nous en 1861, et à la suite de laquelle se trouve la liste détaillée des nombreux mémoires dont Daussy est l'auteur. Il a écrit en marge de la lettre que lui adressait Humboldt en 1842, l'annotation suivante :
(35) P. i>48-325. Barbier (Louis-Nicolas). Conservateur de la bibliothèque du Louvre, né à Paris, le 4 novembre 1799i fils aine d'Antoine-Alexandre Barbier, savant auteur du Dictionnaire des anonymes^ fut initié de bonne heure aux rçtîherches bibliographiques par son père, mort en 1825. Après avoir terminé ou continué plusieurs des ouvrages que celui-ci avait laissés inachevés, le jeune Barbier fut chargé par.le gouvernement de former, en 1832, une bibliothèque spéciale ^our le conseil d'Etat. Nommé en 1837 sous-bibliothécaire de l'établissement créé au Louvre, il en devint bibliothécaire, dix ans après à la mort du titulaire, M. de Jouy. Cette bibliothèque ayant été rendue publique après la révolution de 1848, Barbier, tout en conservant les mêmes fonctions^ obtint alors le tftré dé Gonservateur-âdministrafeur qu'il à cdnèérvé depuis et conserve encore aujourd'hui (1867.)
On lui doit entre autres opuscules ou brocbures : • {.Notice sur Antoine-Alexandre Barbier, publiée pour la première fois en 4827, plusieurs fois réimprimée, et Souvenirs sur* le Bibliothécaire de l'Empereur.
2. Notice sur le manuscrit appelé LiVRB d'heures de Gharie- MAGNE, 4837; publiée dans les Voyages pittoresques de F ancienne FrancCj par le baron Taylor.
Louis - Nicolas Barbier a publié en outre un quatrième volume au Dictionnaire des ouvrages anonymes et pseudonymes, ou supplément général des trois autres volumes, avec des tables et des renvois. Il a été chargé de la révision du Dictionnaire historique du général Beauvais ; de l'Examen des dictionnaires historiques, de quelques parties de la France littéraire, etc.
Ses études se sont spécialement portées sur tout ce qui se rattache à la personne et aax écrits de Voltaire et de Jean- Jacques Rousseau.
L.-N. Barbier a épousé la fille du bibliophile Bouchot, et a été nommé, en 1837, chevalier de la Légion d'honneur. Antoine-Alexandre Barbier, célèbre bibliographe, père de Louis-Nicolas, né le H janvier 1765, à Coulommiers, et mort à Paris le 5 décembre 1825, à publié plusieurs ouvrages estimés* M. Weiss a inséré sur ce savant un assez long article dans la Biographie universelle Michaud, et nous avons signalé ce que Ton doit à son fils.
(36) P, ^48. Kbrhallet (Charles-Marie-Philippe de) , capitaine de vaisseau de la marine française et hydrographe distiO'gué, né à Rennes, le 17 septembre i 809, entra en 1825 à Técole navale Jtablie à cette époque à Angouléme , et en sortit en 1827, À l'âge de dix*huit ans, en qualité d'aspirant, ou élève de deuxième classe. Nommé au mois de janvier 1832 lieutenant de frégate ou enseigne de vaisseau, il fit une campagne de trois ans aux Antilles, à Gayenne et à Terre-Neuve. Promu en 1837 au grade de lieutenant de vaisseau, il en^treprit une seconde campagne également de trois ans sur la côte septentrionale du Brésil, et réunit pendant cet intervalle de temps lc?s matériaux de son premier ouvrage nautique. Lors de êQn
rôtonr en France. le ministre de la marine, appréciant rntilité des travaux du jeune officier, l'appela à Paris et le chargea de rédiger, pour être publiées, les Instruction pour remonter la côte du Brésil, de San-Lwz de Maranhao à Para, A peine ce travail fut-il terminé que, voulant mettre à profit le goût et l'aptitude d'exploration dont Kerhallet venait de donner des preuves, le ministre lui donna le commandement de V Alouette^ et l'envoya en mission au Sénégal. Kerhallet leva, pendant cette nouvelle campagne, les plans de plusieurs rivières du Sénégal et réunit de nombreux documents pour l'important ouvrage qu'il devait publier plus tard. Ne se bornant pas aux travaux d'exploration qui lui avaient été spécialement et uniquement confiés, Kerhallet voulut pren«* dre part à la lutte qui existait entre la France et les colons révoltés; il assista à la prise de possession du Grand-Bassam, et montra une telle bravoure que, le gouverneur du Sénégal écrivant au ministre delà marine, le 27 novembre i843, disait de lui : a Ayant lutté comme ses collègues d'Abyssinie avec le même succès et la même énergie contre les mêmes difficultés, il est le plus digne de récompense. » Revenu en France en 4844, il fut appelé de nouveau au Dépôt de la marine pour surveiller la publication des cartes qu'il avait levées pendant sa campagne. Cette publication termmée, on l'envoya de nouveau sur la côte du Sénégal pour continuer ses explorations, pendant la durée desquelles il fut nommé capitaine de frégate (8 septembre 1846). Le service actif et pénible auquel il avait été livré dans ce climat funeste ayant gravement altéré sa santé, il dut rentrer en France pour la rétablir. Attaché de nouveau au Dépôt de la marine, en 1848, il corrigea les cartes qu'il avait publiées précédemment, rédigea les instructions sur la navigation de la côte étudiée par lui^ et pour compléter son œuvre retourna de nouveau, en iS49, ati Sénégal, où il se fit distinguer contre les tribus révoltées et plus particulièrement à l'attaque de Rio-Nunez. Malgré ce service actif, Kerhallet trouva le temps de cnnipléter les renseignements qui devaient lui servir pour le Manuel de la navigation sur la côte occidenfale d'Afrique y qu'il publia en. 1851.
A la même époque, il fit paraître successivement ses Gokside* RATIONS 9ur r océan Atlantique^ sur V océan Pacifique^ et sur focéan Indien, ouvrage réédité et traduit en plusieurs langues. Ce fut peu après qu'il publia le Manuel de la navigation Sans la mer des Antilles et le golfe du Mexique, Nommé en 1854 (8 mars) capitaine de vaisseau, Kerhallet fit avec l'ingénieur Vincendon Dumoulin la reconnaissance hydrographique du détroit de Gibraltar, d'une partie de la côte méridionale d'Ës* pagne et de la côte nord du Maroc, œuvre remarquable ter* minée en 4855. Rattachés de nouveau au Dépôt de la marine, ces deux savants y publièrent conjointement les cartes levées ensemble sur ces côtes, ainsi que le Manuel de la navigation dans le détroit de Gibraltar et la Description nautique de la côte du Maroc, ouvrages qui parurent en i857. Rerhalletfit ensuite sa dernière campagne dans l'Adriatique, et rentra en 1861 au Dépôt de la marine, où il s'occupa de divers travaux. La guerre du Mexique donnant de l'actualité à son Manuel sur [amer des Antilles et du golfe du Mexique, il avait entrepris d'en publier une nouvelle édition revue et considérablement augmentée , et venait de terminer le second volume, lorsqu'une maladie contractée durant ses nombreuses explorations dans les colonies le contraignit à suspendre ses travaux, et peu de temps après il cessa d'exister, le 16 février 18ô3« ne manifesttmt qu'un regret, celui de ne pas mourir à son poste sur le pont d'un vaisseau, en face de l'ennemi. Tous les renseignements donnés ici ont été puisés par nous, en majeure partie, dans une intéressante notice publiée par M. A. Mou- Iharac à l'époque de la mort de M. Philippe de Kerhallet, et imprimée en 1862 dans la JRevue maritime et coloniale. Nous avons consulté aussi une notice sur ce savant et laborieux officier, imprimée en 1866 dans les Gloires maritimes de la France^ ainsi que dans les Archives de la marine.
— Quoique nous ne possédions qu'une lettre, ou plutôt qu'un billet écrit par Humboldt à Kerhallet, la juste réputation que cet ofiScier de la marine française s'était acquise, nous a déterminé à la publier, avec une notice sur ses travaux.
(37) P. 252. Valenciennes (Achille), naturaliste français, membre de TAcadémie des sciences et profe«(seur an Muséum d'histoire naturelle, naquit à Paris, le 9 août 1794. Après avoir publié dès 18i8 des Mémoires dans les Annales du Muséum, il fit paraître peu après une introduction aux Observations dezoo* logie du baron Alexandre de Humboldt qui devint depuis ce moment son protecteur le plus zélé. C'est aux démarches et -aux sollicitations incessantes que le savant prussien, après s'être fait une haute idée du mérite de Valenciennes et avoir montré pour lui un véritable attachement, fit en sa faveur, que son protégé a dû une partie de sa réputation. On peut attribuer à cette protection si vive, l'honneur qu'eut Valenciennes de concourir avec Cuvier à VHistoire des poissons^ dont onze volumes avaient paru de 1829 à 1848. On lui doit aussi une Histoire naturelle des mollusques, d''S annelides et deszoophytesj publié en 1823, des recherches et observations d'histoire naturelle fournies à ditférents recueils scientifiques, et eu particulier au Voyage autour du monde de Dupelit-Thouarsj au Dictionnaire classique d'histoire naturelle de Dorbigny, etc. • Nommé en 1830 professeur d'anatomie à l'École normale; il devint, en 1833, chevalier de la Légion d'honneur, et fut élu, le 9 décembre 1844, membre de l'Académie des sciences dans la section d'anatomie et de zoologie , comme successeur d'Étienne-Geoffroy Saint-Hilaire.
Valenciennes est mort à Paris le 13 avril 1865. Son éloge officiel n'avait pas été publié en 1867 à l'Institut, où M. Robin ((iharles-Philîppe) lui a succédé.
(38) P. 265. Lacroix (Frédéric), savant et laborieux écrivain français, né à l'île de France vers 1810 ou 1812, après avoir été en correspondance avec Alexandre de Humboldt, a rempli des emplois importants en Algérie et publié un grand nombre d'ouvrages dont quelques-uns sont remarquables. Les premiers que nous connaissions de lui, mentionnés dans le tome IV de la Littérature contemporaine^ sont intitulés :
— Opinion^ sur le vrai système du gouvernement représentatifs
(wécf existence politique de la France^ publié: en 1838, à Périgueux.
. — Guide du Voyageur à Constantinople et dans ses environSi contenant rhîstoire de cet^e capitale depuis sa fondation jos^ qu'à àa conquête par Mahomet II, 1838, 1 vol. iu^"*.
— Question d Orient, Paris, 1839, în-8**.
<^ Les Mystères de la Russie^ Tableau politique et moral de f empire Russe^ Paris, Pagnerre, 1844-1845, grand in -8**, publié en 30 livraisons^. ^
Frédéric Lacroix a dirigé en outre, à partir de 1844, la pul)lication de VAnn, des voyages et de la géogr,^ par une réunion de voyageurs et de géographes, Paris, Giâllaumin et Gide.
— Des Mœurs et Coutumes de tous les Peuple»^ d'après les documents les plus authentiques, les voyages les pins récents et des matériaux inédits, Paris, 1846-1848, grand in-8°; et il a été le rédacteur en chef du i/onde et l'un des collaborateurs 4e la, Revae Indépendante, ainsi que du Cours complet d'Agriculture de Deterville.
On lui doit, dans V Univers pittoresque, publié par Didot, le complément d'une notice sur le Mexique, interrompue par la mort de Larenandiëre, ainsi que plusieurs articles sur le Pérou, la Patagonie, les Terres polaires, les îles de l'Océan, les Iles africaines, etc; il a concouru enfin, avec Louis Reybaud, à la Collection pour l'instruction du peuple, publiée par Dubochet, et a donné une introduction aux Découvertes maritimes et coloniales.
En 1848 et 1849, F. Lacroix, nommé préfet d'Alger, fut chargé d'études sur la colonisation romaine en Algérie. Ses recherches lui fournirent un nombre considérable de synonymies recueillies par lui dans tous les ouvrages ou mémoires modernes, dans les anciens voyageurs et dans les auteurs grecs et romains. Depuis huit mois il travaillait à compléter et à vérifier ses notes, lorsque la mort vint l'enlever à ses travaux en 1864. Heureusement pour la science, les indications fournies par Lacroix et les notions quîl avait recueillies, ont permis à M. Nau de Champlouis, capitaine au corps d'étatmajor, aidé des conseils de M. Léon Renier, membre de
rinBttfot, déterminer ses rechercbes encore ma<$hevéèe. Noun croyoné dexoir renvoyer pour de plus amples ioforraatîoits à lat Notice sur la Carte de l Afrique sous ladomination des Romains^ dressée en 1864 au Dëpôide la guerre, et non encore publiée. D'après l'exposé des nombreux travaux de Frédéric Lacroix, et les fragments de la lettre que Humboldt lui écrivait le 4 mars 1844, imprimés d'abord dans le Bulletin de la So* eiété de Géographie, tome I*' de la 3°"^ série, page 147, et reproduits dans notre second volume de la Correspondance de rillustre Prussien, n° 156, page 265, on doit s'étonner qix'on n'ait encore consacré aucune notice biographique à un écri*' vain aussi distingué par ses nombreux travaux. Nous ajoutée rons que, suivant le savant et consciencieux auteur des Su^ percheries littéraires^ F. Lacroix aurait rédigé les Mémoires de la reine Hortense et de la famille impériale^ publiés par Ladvocat de 1836 à 1837, en 4 volumes in-8^ qui ont paru sons le nom de Mademoiselle Goebelet (depuis madame Parquin} ancienne lectrice de la reine Hortense.
(39) P. 266. Câncrin (comte de), ministre des flnancès de Russie, né à Hanau (Hesse), en 4774, termina ses études à rUnvversité de sa patrie. En 1800, il passa au service de la Russie où son père était déjà établi. Neuf ans plus tard, il fut nommé inspecteur général des colonies étrangères du gouvernement de Saint-Pétersbourg, et publia sur les finances de la Russie plnsieurs ouvrages remarquables qui le recommandèrent à l'attention des hommes d'État russes de cette époque. En 1810 il fit paraître un traité sur les moyens d'approvisionner les grandes armées, et fut nommé, en 1812, intendant général du premier corps d'armée russe. En 1820, il publia un grand ouvrage sur l'économie militaire en temps de guerre et en temps de paix; écrit remarquable qui lui attira l'attention des savants économistes de l'Europe. Ce fut trois ans après que Gancrin fut nommé ministre des finances ; il occupa ce poste important jusqu'en 1844, qu'il fut forcé de quitter le service pour cauf>e de santé. Après avoir cherché à rétablir ses forces aax eaux minérales d'Allemagne, Cancrin revint à Saint«
Pélersbourg en 1^45, pour y mourir le 9/24 septembre de la même année* Une notice détaillée sur le comte do Gaocria a été publiée en français dans les n°- i38, 139, 140, 142 et 143* du Journal âe Sainte Piter$hourg de Tannée 1860.
Humboldt fait le plus grand éloge des travaux de Cancrin, dans une lettre écrite par lui à Hittorff le 4 juin 1844, publiée par nous sous le n^' 160, pages 274 et 275.
«— Nous avons donné dans le premier volume dé la correspondance de Humboldt, pages 382 à 384, une lettre écrite par le savant prussien au comte de Cancrin, sans pouvoir y join^ dre une notice biographique sur ce ministre des finances de Tempire russe, faute de renseignements suffisants. Ces renseignements nous ayant été fournis depuis par M. de Khanikoff, nous remplissons aujourd'hui cette lacune, en publiant une nouvelle lettre de Humboldt dans le tome II, qu'on trouvera n® 157, pages 266*270. lettre curieuse par les observations adressées à Cancrin, sur l'observatoire de physique fondé à Saint-Pétersbourg, et par suite sur le magnétisme terrestre, sur la météorologie, etc.
Nous devons ajouter en même temps, qu'à la page 461 du pT volume, supposant alors que dans la lettre précitée, portant la date du 11 avril 1839, Humboldt mentionnait Pierre Tchi* hatcheff, tandis que c'était de Platon Tchihatcheff, son frère cadet, qu'il voulait parler, erreur assez naturelle, attendu que lès deux frères indiquent leurs prénoms par la même lettre P, ce que nous ignorions, nous avons mis une note relative au premier, note qui doit être considérée comme non avenue. Nous en donnons au surplus aujourd'hui la substance, à sa véritable place; c'est-à-dire, à la suite de la biographie qui précède, celle de Pierre Tchihatcheff.
(40) P. 275. Madame Geoffroy SAiNT-UiLàÎRE, veuve du célèbre naturaliste Etienne-Geoffroy Saint-Hilaire, mort à Paris, le 19 juin i844, auquel nous avons consacré une notice biographique, dans le tome P' de la Correspondance de Humboldt, pages 427-428, est née le 10 novembre 1785. Isidore-Simon Briere de Mondétour, père de madame Geoffroy, occupait
sous Louis XVI- le poste de receveur général des économats et devint successivement, après la Révolution, maire du deuxième arrondissement de Paris, membre du Corps législatif, etc^ En apprenant la perte cruelle que venait de faire madame Geoffroy, Humboldt, qui avait eu depuis un grand nombre d'années des relations intimes avec son mari, écrivit à sa veuve, de Sans-Souci, le 18 juillet 1844, une lettre toù-* chante de condoléance, qui nous a été communiquée par sa famille, et que nous publions dans le présent volume, jop 161^ page 275.
(41) P. 306. WjaoNTCHENSKo (le comte de), né en 1780 dans la petite Russie, après avoir terminé ses études à l'Université de Moscou, entra, suivant l'usage, au service militaire, en 1801. Il le quitta quelques années après et devint, en 1824, secrétaire général, ou chef du cabinet du ministère des finances. Nommé en 1840 adjoint du comte de Cancrin, ministre de ce même département, il lui succéda en 1849 et mourut à Saint-Pétersbourg plusieurs années après, le 6/18 avril 1852.
(42) P. 318. DuBAN (Jacques-Félix, ou Féltx^Jaeques suivant l'Annuaire de l'Institut pour 1866), architecte français^ membre de rinstitut (académie des Beaux-Aris), naquit à Paris le 13 octobre 1797. En même temps qu'il étudiait l'architecture sous Debret, le jeune Duban suivait assidûment les cours de l'école des Beaux-Arts, et il le fit avec tant de succès qu'il remporta en 1823 Ift grand prix sur un projet d'Hôtel des douanes et de loctroi. Peu après il se rendit en Italie où il séjourna de 1824 à 1829. Il s'y livra presque tout entier à des études sérieuses sur l'antique et la renaissance, en sorte qu'à son retour en France, il fut chargé, en 1834, de continuer le palais des Beaux-Arts, commencé par son ancien professeur Debret. M. Duban crut devoir reprendre cet édifice sur un plan tout à fait nouveau ; mais limité par un bud'^ get fort restreint, il dut laisser aux objets d'art, dont la cour de l'École est devenu le dépôt, le soin d'en compléter la sobrer
ornementation. Ce fat pendant }e cours de 1815 qu'il restaura rancien château de Blois. et qu'il modifia ramena* géoient du château de 0ampierre, sur la demande dii duc de LuynéiB, son propriétaire^ En i845» ou peu auparavant, il restaura la Sainte-Gbapelle^ travail que le baron Alex. de Humboldl ainsi que le roi de Prusseappellent ùdmirabkj et qui mérita à son auteur une médaille à l'effigie de ce souverain* Nommé après la révolution de février 1848 architecte du Louvre, pendant les six ans qu'il occujpa ce poste, il exécuta entre autres travaux remarquables: la restauration ou plutôt l'acbèvement de la façade extérieure, dite galerie do bord de l'éaut de lit galerie d'Apollon, du saloii cai^ré, dé la salle des sept cheminées, etc», etc. On lui doit enfia tou$ les détails d'ornementation intérieure qu'il avait loogtèmps étudiés et préparés. En 1854, il se démit de son titré d'architecte du Louvre. Éminent dessinateur et archéologue distingué, M. Duban a successivement envoyé aux Salons une l^rie imposante d'œuvres qui lui obtinrent nne grande médaille d'honneur. Nommé chevalier de la Légion d'honneur en 1836, il fut fait oûicier de ce même ordre cinq ans plus tard; à la mort de Yisconti, il lui succéda à l'Académie des Beaux-Arts en 1854, et devint la même année inspeclenr général des bâtiments civils*
-^ Nous devons à TobUgeance dé M. Duban le portrait de Uumboldt, placé un tête de ce volume ; il a été fait d'après la statue du savant Prussien due à cet artiste, auquelelle avait été coiïuuandée par r£mpereur Napoléon IIL
(43) P. 320 et 346. ëgger (Emile),' helléniste français, membre de l'Académie des inscriptions, né à Pads le 18 juillet 1813, d'une famille d'origine allemande, était docteur es lettres en 1833, et fut successivement professeur dans plusieurs collèges de Paris. Il se fît d'abord connaître par de nouvelles éditions de VarroU) de Longin, de Festus et de Valérius Flac^ eus. £n 1839, il remporta le prix proposé par l'Académie des inscriptions sur V Examen critique des historif^ns anciens deiavin et du règne (fAugustexPaim 1844,in-r8'')y et fut aussitôt nomxp^
— «fô —
maîrré de conférenceft à l'École npnnale et profeasèvr spp* pléaiit de littératare grecque à la faculté des lettred dé Pisris; il en devint titalaire en 1856. L'année précédente il avait été élu membre de l'Académie des inscriptions. Outre les ouvrai ges déjà cités, on doit à M. Ëgger : . ^
{ . Latinis sermonis vetusiioris religttiœ selecàB, Paris^ 1843^ in-8«;
' 2. Rechercha sur les Avgastales , suivies des fragments du testament politique d*Auguste, Fans, iS^^fin-S^; ' 3. Méthode pour étudier l'uccentuatton grecque, Paris, 1844^ in-i2, en collaboration avec M. Galusky;
4. Aperçu sur les origines de la littérature grecque^ Paris, 1846, in-8«;
5. Essai sur V histoire de la critique chez les Grecs^ suivi de kk Poétique d*Aritoste, et d'extraits de ses Pi oblerh^s^ avec tradm-* tien française et commentaires, FàviSj^iSMjinS*;
6. Isolions élémentaires de grammaire comparée, pour servir à t étude des trois langues classiques, conformément au nouveau programme officiel, Paris, 1852, in- 12; 5* édition, 1864; 6* édition, revue et augmentée, 1865, un vol* in^^lS jésob;