II
ALEX. nUMBOLDT A CORDIER (n" 25).
Paris, rue d'Enfer, 67. Jeudi octobre 1812.
Monsieur,
Permettez, monsieur, que je vous importune encore une fois de mes questions sur Ténériffe. Vous savez que j'ai le désir le plus vif de rectifier mes idées ; il me reste quelques doutes sur la hauteur du pie qui pourrait bien être au dessus de 1,905 t. (toises). Je publie dans des notes ajoutées à mon itinéraire les résultats des observations barométriques de Borda (d'après le manuscrit conservé au Dépôt de la marine) et de Lamanon. J'y ai ajouté naturellement votre mesure, car comment parler de Ténériffe sans parler de vous et des observations précieuses que vous y avez faites ? J'ai recalculé toutes les observations d'après la formule de Laplace. Pour vos observations, si je n'ai pu recourir qu'au Journal de physique^ V.57, p. 60, j'y ai trouvé :
Estancia de los Ingleses 19' p' 9 5/10 li. Pourriezvous me donner l'obs. correspondante d'Orotava, et la température ? Vous avez trouvé par Deluc, 1,529 t. Borda (mssdu Dépôt) 1,518 t, ce qui est très-satisfaisant*
Cime 1 8 p* 4 li. Th. 6 -^ R. Orotava 28 p- 5 ^ le Th. 1 9 -]~. Auriez- vous peut-être ouvert vos baromètres à la Laguna et à la villa d'Orotava ? M; Lichtenstein a trouvé ces endroits après nous de 500 t. et de 160 t* Il
serait bon de pouvoir les calculer d'après la formule de Laplace.
J*ai trouvé Tinclinaison de Taiguille avec une belle boussole de Le Noir à Sainte-Croix, de 6i' 55'. D'Entrecasteaux de 62° 25' 1/2. Bordai Ta observée à la cime du pic de 64*" 45'. Dans l'ouvrage insignifiant de M. Le Duc, il est dit que vous avez trouvé Tinclinaison de 5** au Sud. Je crois que ce nombre se trouve aussi dans leJour- 7ial de physique ; n'y aurait-il pas une erreur de chiffres ?
Je demande mille et mille pardons à monsieur Cordier de mçs demandes importunes, mais je sais que je puis compter sur son extrême indulgence.
HUMBOLDT
Jeudi soir. Rue d'Enfer, 67.
CORDIER A HUMBOLDT (lN° 26).
Paris, 6 octobre 1812.
Comme vous l'avez pensé, monsieur, il y a erreur dans l'énoncé d'une expérience approximative sur l'inclinaison de l'aiguille aimantée. Ne m'étant proposé d'autre observation à faire sur l'aimant que relativement au magnétisme particulier des couches de laves et à celui des montagnes volcaniques, lesquelles offrent quelques bizarreries, il m'a suffi d'employer à cet effet l'espèce de tournebroche qu'on a décoré du nom de boussole d'in-
clinaison, avant celle de Gassendi et de Lenoir. D* ailleurs,
la difficulté de placer un aussi instrument
dans le plan du méridien magnétique tend, comme vous savez, à donner des erreurs en plus toutes les fois qu'il s'en éloigne. J'avais rapporté mon expérience sur le pic comme une approximation prise au milieu de File sur un sommet parfaitement isolé. Il m'importait beaucoup de la faire, c'est pourquoi je l'ai rapportée. J'' ai donc trouvé rinclinaison de C aiguille aimantée déplus de soixante-cinq degrés vers le pôle boréal.
Je n'ai point pris l'altitude de la ville d'Orotava, et un accident m'a mis hors d'état d'avoir celle de la Laguna.
On n'a commis qu'une erreur de chiffre en imprimant dans le Journal de physique les observations relatives à la hauteur de la cime du pic : au lieu de ô^'yO, c'est 6*, 7 , température de
Vous pouvez noter, monsieur, que les instruments étaient au vent du cratère et placés avec toutes les attentions possibles contre la chaleur que les orles offrent en certains endroits.
Voici les observations pour la hauteur de la Stanza de los Ingleses.
Quatre heures et demie du soir.
Al punta (ou alpuerto)^ à 7 toises au-dessus de la cour :
Bar. 28 p. 4 1. 6/1 0'.
Therm. libre, 15^ Plateau de la Stanza :
Bar. 19 p. 91. 5/10% Therm. libre, 4*, 9/1 O*.
Je joins ici quelques remarques qui vous aideront, monsieur, à critiquer mes observations, comparativement aux vôtres et à celles des autres observateurs.
J*ai poussé dans mes opérations les attentions diverses jusqu'au scrupule : par exemple, avant de m'en aller au pic, j'ai fait bouillir à deux reprises le mercure du tube du baromètre ; c'est une pratique avec laquelle je suis familiarisé il y a longtemps.
Vous ne voyez point paraître dans la notation des observations la température du mercure,' parce que j'ai eu le soin de la ramener pour chaque baromètre à celle de l'air, afin de simplifier.
J'ai opéré par un beau temps fixe et général, qui durait depuis huit jours et qui s'est prolongé, à ma connaissance, au delà d'un mois, circonstance plus importante encore pour les observations barométriques faites près des tropiques.
Les heures auxquelles les observations ont été faites peuvent fournir l'objet d'une discussion, surtout d'après les données de M. Ramond. Mais si vous voulez vous rappeler la position des lieux et faire attention à toutes les autres conditions dans lesquelles j'ai opéré (la direction du vent, par exemple), vous verrez que c'est la seule qui soit défavorable et qu'elle est atténuée même par diverses considérations*
Aussi, monsieur, je vous avoue que je compte beau-
coup sur le résultat qui peut être tiré de mes observations.
Les instruments portés au pic étaient de Massy. Les correspondants étaient anglais et supérieurement divisés. Le baromètre portait un vernier et n'avait pas encore servi, car on n'avait pas su qu'il fallait détourner la vis de pression inférieure pour le mettre en expérience. Il était d'accord avec le mien à 3/10 de lignes françaises près.
ALEX. HUMBOLDT A MALTE-BRUN (n** 27).
{Paris^ ce jeudi 18H-4815,
Monsieur,
J'ai trouvé hier M. Laplace^ au moment où il allait aux Thuileries... J'ai eu le plaisir de faire votre commission, et je ne doutais pas qu'il ne serait très-flatté de faire votre connaissance personnelle. « M. Malte-Brun est un « savant très-estimable ; il a fait un excellent ouvrage « dont je fais le plus grand cas ; il travaille à une partie « qui a fortement besoin d'être encouragée en France. « Je recevrai avec plaisir M. Malte -Brun. » Voilà les expressions de M. Laplace, que je vous transmets fidèlement et qui sont d'autant plus flatteuses que ce "grand machiniste des cieux n'est pas prodigue d'éloges et d'enthousiasme. Comme M. Laplace était très-pressé, je n'ai
pas pu convenir d'un jour pour la semaine prochaine. Je repasserai chez lui et j'aurai le plaisir de passer chez vous pour vous proposer le jour et l'heure, qui sera avant onze heures du matin.
Je vous prie d'agréer les assurances de mon estime et de ma considération la plus distinguée.
HUtfBOLDT.
Ce jeudi.
ALEX. HUMBOLDT A MALTE-BRDN (N° 28). Paris, ce samedi 1811-1815.
Monsieur,
Pourrais-je obtenir par votre bonté une annonce de quelques lignes dans le Journal de P Empire?
« On va mettre en vente, le 1 *' mars, un ouvrage de M. Humholdt portant le titre d'Essai politique sur le royaume de la nouvelle Espagne^ cinq volumes in-8% chez Schoell, libraire, rue des Fossés-Saint-Germain-l'Auxerrois, n* 29. »
Si vous le jugez nécessaire, veuillez bien le demander, en mon nom, à M. Etienne, que j'ai^eu le plaisir de voir autrefois souvent chez le duc de Bassano et qui m'a téraoigifé de l'intérêt.
M. de Ch. a eu un accès de fièvre ; je l'ai vu hier, il se propose de vous conduire chez M. de Fontanes, et j'espère
que je vous verrai, à la fin, à la place que je désire depuis si longtemps pour vous.
J*ai trouvé un mot sur M... dans votre journal qui m'a fait plaisir parce que j'aime tout ce qui tient à la douceur et ce qui calme d'anciennes inquiétudes. C'est d'ailleurs à M. Oltmanns qu'est dû le mérite d*avoir donné les premières et les meilleures tables barométriques : celles de M. Biot sont imprimées d'un type plus petit, mais elles ont quelques milliers de chiffres de plus, ne donnent pas la hauteur rigoureusement exacte et offrent un calcul plus long.
Agréez, monsieur, je vous prie, l'assurance de ma haute considération.
HOMBOLDT.
Samedi.
ALEX. HDMBOLDT A MALTE-BRUN fN* 29).
Paris, ce jeudi 1811-1815.
Monsieur»
11 n'y a de salut sur cette terre de douleur que jusqu'à ce qu'un ouvrage a été annoncé dans le Journal de r Empire, qui parle à trente mille personnes à 4a fois. Ne trouveriez-vous pas un petit moment pour faire un extrait de l'ouvrage de deux de mes amis, MM. Gay-
Lussac et Thénard : Recherches physico-chimiques faîtes à Toccasion de la grande pile voltaîque accordée par S. M. l'Empereur à l'École polytechnique. C'est le plus grand ouvrage de chimie qui a paru depuis Lavoisier et Priestley, je veux dire de plus riches en découvertes nouvelles, car la belle statistique chimique de M. Bertholet est un système, un ouvrage théorique. Je plaide toujours la cause de mes amis ; j'aime à la plaider devant vous, parce que je sais que vous ne m'en voulez pas de mon importunité. Vous avez jadis fait des extraits de l'ouvrage de M. Haûy, je sais que le public ne s'amuse pas beaucoup de la potasse : mais vous savez répandre de l'agrément sur les objets arides, et il s'agit d'un grand service que la munificence de l'Empereur a rendu aux sciences. Vous trouverez à la fin du second volume un rapport fait par iMM. Laplace, Monge et Bertholet, qui vous dispense de sacrifier votre tems à lire tout cet ouvrage. Agréez, je vous prie, monsieur, l'assurance de mon attachement et de ma haute considération.
HUUBOLDT.
Ce jeudi.
ALEX. HUMBOLDT A MALTE-BRUN (n** 30).
Paris, ce 1811-1815.
Mille grâces pour votre aimable lettre ; veuillez bien offrir à M. Etienne l'expression de ma reconnaissance.
Vous avez beaucoup plus fait que je ne demandais. D'ailleurs, je ne vous aurais pas parlé de cette misère, si le mot avait été contre un de mes ouvrages qui, embrassant beaucoup d'objets et écrites {sic) dans une langue que vous ne possédez qu'imparfaitement, peuvent sans doute prêter à la critique. Mais madame de Staël est regardée comme une puissance maritime, et un Prussien qui est réduit à un peu de poussière doit craindre le choc impétueux des vagues. Je vous remercie infiniment de la Gazette de Leipsic. Je ne m'en plains pas, mais la critique n'est pas bien savante. Attribuer au sol ce qui appartient à la différence de climat, effet de la hauteur, est une assertion bien arbitraire, et l'on pense que sur le dos et sur la pente des Cordillères, il existera, à la même hauteur, toutes les sortes de sol. Ces messieurs veulent nier l'existence de la géographie des plantes et cela est très-commode pour les botanistes nomenclateurs. 11 vous en arrive la même chose pour votre excellent travail géographique. Nous sommes tous deux des corsaires qui envahissent le terrain dont ces messieurs croyent être les possesseurs absolus. De même, il est difficile de nier le phénomène des plantes sociales, si l'on a vu les forêts de sapins, des bruyères et des myrtilles dans nos bois.
HUMBOLDT
ALEX. HUMBOLDT A MALTE- BRUN (n* 31),
Paris, 18H-1815.
Le Journal de r Empire a dit hier que j'étais attendu à Weiraan On me nomme avec madame de Staël et avec le détracteur de Racine. Madame de Staël n'est nommée dans ce journal que d'une manière qui ne rend pas agréable au gouvernement ceux que l'on annonce comme étant en liaison avec elle.
Pourquoi donc je me trouve englobé dans les affaires de madame de Staël. Il n'existent [sic) que deux personnes dans le nord qui s'appellent Humboldt. Je vis tranquillement à l'École polytechnique, je n'ai aucune liaison avec madame de Staël, et je pense autant d'aller à Weimar qu'à Saint-Pétersbourg. Mon frère, envoyé du roi de Prusse à Rome et à Naples, mon frères existe tranquillement à Rome, plaidant le divorce de quelques catholiques en Prusse et ne vivant que pour la littérature classique et pour les arts; si vous aviez vu l'article, je suis sûr que vous l'auriez rayé. Vous m'avez témoigné de la bienveillance. Je n'ai aucun reproche à me faire envei's vous ni envers M. Etienne, dont j'ai toujours admiré les talents et qui m'a paru prendre de l'intérêt à mes travaux. Pourquoi fixer l'attention sur mon nom dans un temps où l'on nuit plus facilement que l'on rend de services. J'étais venu, cher monsieur Malte-Brun, pour vous
parler avec cette franchise qui me caractérise et que je compte conserver d'ici à Lassa et à Gandahar.
Agréez les assurances de mon attachement sincère et rappelez (moi) au souvenir de monsieur Etienne. Je me flatte que vous aurez reçu mon conspectus.
HUMBOLDT
ALEX. HUMBOLDT A GORDIER (iS* 32).
Paris, ce jeudi 9 octobre 1812.
Je m'empresse, monsieur, de vous remercier pour Taimable communication des observations à la station des rochers. J'aurai, sous peu de jours, le plaisir de vous communiquer les résultats de toutes les mesures que j'ai recalculées. J'ai une très-grande confiance dans celles que vous avez faites à la cime et je ne suis pas si difficile pour l'heure que M. Ramond, qui cherche une exactitude supérieure à celle que l'on peut espérer d'atteindre. Comme on ne peut pas peser chaque tranche d'air et que le décroissement du calorique varie à la même heure, la supposition de 4- (t. -t.) est très-hasardée et il faut toujours compter sur une compensation des erreurs. J'ignore pourquoi M. Ramond a imprimé, p. 5 de son livre sur les hauts bar. , que l'on ne peut se servir de votre mesure du pic parce que le bar. inférieur est resté entre
— elles mains d'une personne qui ne savait pas employer le vemier. Gela paraît inexact et vous me permettrez de le
dire.
Agréez, en attendant, Tassurance de ma vive reconnaissance et des sentiments de la plus haute estime dont je me fais un devoir de vous donner un témoignage public.
Hdmboldt.
Rue d^Enfer^ 67.
Ce jeudi.
COHDIER A HUMBOLDT (iN" 33).
Paris (rue de Ghoiseul 19)^ 10 octobre 1812.
M. Ramond a répété un fait exact et que j'ai dû lui écrire dans le temps en disant que la personne chargée d'observations à \d.puenie (tOrotava n'a point fait usage du vernier. Je l'avais jugé plus convenable pour ne point compliquer l'attention de personnes inhabituées à toucher des instruments. Ces personnes-là étaient votre compagnon de voyage aii pic et monsieur Lille. Le baromètre et les thermomètres ont été observés au demi, au tiers, au quart et au cinquième de chaque division. J'ai traduit le tout en dixièmes, en opérant les réductions. J'avais au reste dressé ces messieurs à placer ie rayon visuel
dans la ligne du niveau, lorsqu'il s'agissait d'observer et pour cela monter sur des chaises, retenir leur souffle, etc., etc. Us n'ont point touché à la vis de la cuvette et j'ai tenu compte des petites différences que cela a dû produire pendant mon ascension et que je tiens leurs observations pour très-bonnes. Je crois que M. Ramond a poussé trop loin dans cette circonstance une rigueur et une sévérité que je trouve d'ailleurs très-louables, etc. Ce que mes correspondants d'Orotava ont pu faire lorsque nous observions les hauteurs ordinaires.... entre les divisions barométriques. Un observateur habile voit et note un dixième, mais vous savez bien que sur le terrain et en.... la notation du baromètre qui n'est jamais qu'une approximation, il faut faire tout ce qu'on peut pour approcher de la parfaite exactitude ; il ne faut agir que comme si on n'avait pas la confiance. Il ne faut user d'aucune pédanterie et je donseillerai de bien perfectionner. •.. de nos moyens en pensant à ce que vous me rappelez, savoir, savoir que les erreurs se compensent, il en est de même de beaucoup d'autres. Cependant elle influe plus que tout autre cause sur les résultats que les erreurs de cette forme sont celles qui peuvent affecter le plus sensiblement les résultats.
ALEX. HUMBOLDT A JOMARD (n"* 34).
Paris, le 26 juillet 1843.
J'ai reçu, monsieur, avec une vive reconnaissance votre beau Mémoire sur les Hypogées. De toute la description de rÉgypte ancienne, c'est la partie qui attache le plus le lecteur par l'intérêt que l'on prend aux œœurs, à la vie domestique et aux arts utiles des Égyptiens. Vous avez su augmenter cet intérêt par le charme du style. Le morceau dans lequel vous retracez les dangers de vos compagnons de travaux est admirablement écrit. Il a de la chaleur et de la rapidité et je voudrais bien que vous fissiez insérer la majeure partie de ce mémoire dans le Moniteur. C'est le seul livre in-folio qu'on est parvenu à faire lire au public. Je sens moi-même les désavantages qui résultent de la forme des livres. On réimprime en ce moment mes Vues des Cordillères en deux volumes in-8* ornés de 20 planches, sous le titre de Recherches sur les monuments des peuples indigènes de r Amérique. J'ai tâché de rétablir l'ordre des objets, en décrivant successivement les monuments mexicains, péruviens Je me flatte que sous peu je pourrai vous
présenter cet ouvrage que vous avez honoré d'un intérêt si flatteur et qui gagnera un peu par la nouvelle forme qu'on lui donne*
Je vous prie d'agréer Texpression de mon estime profonde et de mon dévouement amical.
HUMBOLDT
Ce lundi.
Votre observation sur la chaleur de la pyramide est infiniment curieuse, la chaleur des grottes étant en d'autres pays égale à la température moyenne du lieu. Il faut croire que le soleil dardant sans cesse sur la pierre parvient à échauffer l'intérieur.
ALEX, HDMBOLDT A JOMARD (w' 35).
Paris^ ce luDdi 1813.
Incertain si j'aurai le plaisir de vous trouver aujour-^ d'hui à l'Institut, monsieur, je m'empresse de vous témoigner ma plus vive reconnaissance pour les mémoires intéressants que vous avez bien voulu me communiquer. Il y règne cette clarté d'idée, cette sagacité dans l'observation, ce goût dans la rédaction, qui distinguent si éminemment tous vos travaux. Le mémoire sur le lac Moeris est une mine de recherches et de conjectures heureuses.
Si les monuments des peuples berbères peuvent fixer un instant votre attention, veuillez, je vous prie, jeter les yeux sur le calendrier des Muyscas. J'ai ajouté à ces
feuilles les tables hypsométrîques de M. Ottmann, qui, peut-être, seront agréables à vous et à vos amis qui s'occupent de mesures barométriques ;
J'ai trouvé dans un mémoire de M. Costaz, qtfil est persuadé un peu vaguement que le therm. se soutenait toute la journée, près de Syene, je crois à 35 degrés. Depuis que les physiciens ne se servent plus de therm. à esprit de vin qui, par leur couleur foncée, absorbent les rayons, depuis que l'on observe les maxima à l'ombre et hors de la réverbération du sol et des rochers, ces grandes chaleurs de 32, 38 et 40 degrés, ont disparu dans nos relations. C'est même un fait très-certain qu'au cap de Bonne-Espérance, dans les endroits les plus arides de TAmérique méridionale, le therm. de Réaumur ne s'élève quelquefois pas en vingt 8,ns à 29 ou 30 degrés et que même 27 degrés y sont très-rares. Il paraîtrait donc bien extraordinaire que l'Egypte fasse une exception aussi rare, quoique placée hors des tropiques. M. Berthollet et M. Monge m'ont parlé quelquefois de nombres très- extraordinaires de 35, 36, 37 degrés; mais, en insistant sur les faits, j'ai vu que ces nombres n'avaient pas été marqués sur les lieux sur des registres, et que l'on avait observé l'instrument sous des tentes auprès du sol... Pourriez-vous, monsieur, par votre grande obligeance, me donner quelques renseignements sur ces maxima de chaleur? Aurait-on tenu au Caire un registre, jour par jour, comme en a publié, je crois, Niebuhr, et qui ne donne guère ces nombres extrêmes de
Le sable répandu dans l'air et agissant par rayonne-