et
Comme plusieurs observateurs placés sur la ligne des stations ont trouvé ces périodes trop rapprochées l'une de l'autre, on a jugé convenable d'insister de préférence sur le temps des solstices et des équinoxes.
L'Angleterre, depuis le temps de William Gilbert, Graham et Halley à celui des plus récents efforts de MM. Gilpin, Beaufoy (at Bushy), Barlow et Christie, a produit une riche collection de matériaux applicables à la découverte des lois physiques qui règlent la variation de la déclinaison magnétique, soit dans un lieu suivant les différentes heures et saisons, ou à différentes distances de l'équateur magnétique et des lignes sans déclinaison. M. Gilpin fit des observations pendant douze heures chaque jour pendant plus de sept mois. Les nombreuses observations du colonel Beaufoy furent régulièrement publiées dans les annales de Thomson. La mémorable expédition dans les régions les plus inhospitalières du Nord a fourni à MM. Sabine, Franklin, Hood, Parry, Henri Poster, Beechey et James Glarke Ross, une riche moisson d'importantes observations. La géographie physique doit un accroissement considérable de connaissances sur le magnétisme terrestre et la météorologie aux tentatives faites récemment pour déterminer la forme du passage. ou détroit du Nord-Ouest , et aux explorations périlleuses des côtes glacées de l'Asie par les capitaines Wrangell, Lûtke et Anjou. Pendant les progrès de ces nobles efforts, une impulsion inattendue a été donnée aux sciences physiques par la lumière jetée sur
elles par une branche de la philosophie naturelle dont les progrès théoriques ont été depuis deux siècles extrêmement lents. Tel a été Tefifet des grandes découvertes de Oersted, Arago, Ampère, Seebeck et Fara^ dey sur la nature des forces électro-magnétiques. Excités par les talents et les ingénieux efforts de savants voyageurs coopérant à l'avancement d'un seul objet, MM. Hansteen, Due et Adolphe Erman, par l'heureuse union de moyens astronomiques et physiques très-exacts ont exploré à travers l'immense étendue de l'Asie septentrionale, les courbes isoclinales, isogones et isodynamiqnes à une époque très-rapprochée. Lorsqu'on parlant de ce grand projet conçu et proposé depuis longtemps par M. Hansteen (158 bis), je devrais peutêtre passer sous silence les observations sur l'inclinaison magnétique que j'avais faites sur la frontière rarement visitée de la Dtzoungarie chinoise et sur les côtes de la mer Caspienne, publiées dans le second volume de mes Fragments asiatiques. Mon savant compatriote, M. Adolphe Erman, qui s'embarqua au Kamtchatka et retourna en Europe par le cap Horn, a eu l'avantage^ de continuer, pendant un long voyage, la mesure de trois manifestations du magnétisme terrestre à la surface du globe. Il employa les mêmes instruments et les mêmes méthodes dont il avait fait usage de Berlin à l'embouchure de l'Oby et de là à la mer d'Okhotsk.
Ce qui caractérise notre époque, dans un temps distingué par de grandes découvertes en optique, électri-
cité et magnétisme, c'est la possibilité de lier dès phénomènes par la généralisation de lois empiriques et l'aide mntuelle fournie par des sciences qui étaient restées longtemps isolées. Aujourd'hui de simples observations sur la déclinaison horaire ou l'intensité magnétique, faites simultanément dans des situations fort éloignées Tune de l'autre, révèlent, poul* parler ainsi, ce qui se passe à de grandes profondeurs dans l'intérieur de notre planète et dans les régions supérieures de l'atmosphère. Les émanations lumineuses, les explosions polaires qui accompagnent les tempêtes (storms) magnétiques, paraissent suivre de grands changements dans l'habituelle ou moyenne teùsion du magnétisme terrestre.
On réussirait grandement à étendre les progrès des sciences mathématiques et physiques, si, sous la présidence et les auspices de Votre Altesse royale, la société Royale de Londres à laquelle je m^enorgueillis d'avoir appartenu depuis vingt ans, voulait manifester sa puissante influence pour multiplier les lignes d'observations simultanées et pour établir des stations magnétiques permanentes soit dans la région des tropiques, de chaque côté de l'équateur magnétique, dont la proximité diminue nécessairement l'amplitude des déclinai^ sons horaires, ou dans les hautes latitudes de Thémisphère méridional et dans le Canada. Je me hasarde à proposer ce dernier point, parce que des observations sur la déclinaison horaire, faites dans la vaste étendue
des Etats-Unis, sont encore très-rares. Néanmoins
celles de Salem en 1810, calculées par M. Bowâich, et comparées par M. Arago avec les observations de Gassini, Gilpin et Beaufoy, méritent de grands éloges, et pourraient servir comme de guide aux observateurs dans le Canada pour rechercher si la déclinaison dans cette localité ne doit pas diminuer entre Téq^iinoxe de printemps et le solstice d*été, contrairement à ce qui arrive dans l'Europe occidentale. Dans un mémoire que j'ai publié il y a cinq ans, je suggérai comme stations magnétiques extrêmement favorables au progrès de notre connaissance, la Nouvelle-Hollande, Geylan, Maurice, le Gap de Bonne-Espérance, que les travaux de sir John Herschell ont' rendu illustre, Sainte-Hé^ lène et quelques points sur la côte orientale de l'Amérique au midi de Québec. Dans les années 1794 et 1796 du dernier siècle, un voyageur anglais, M. Magdonald fit quelques nouvelles et importantes observations sur la motion diurne de raiguille à Sumatra et à Sainte-Hélène, qui ont été confirmées depuis et étendues sur une large échelle dans les expéditions des capitaines Freycinet et Duperrey ; le premier ayant le commandement du sloop VUrimie de 1817 à 1820, et le second, qui a traversé six fois Téquateur magnétique, commandant le sloop la Coquille de 1822 à 1 825. Pour augmenter l'avancement rapide de la théorie du magnétisme terrestre, ou pour établir du moins avec plus de précision des lois empiriques^ il est nécessaire de prolonger et de varier en même temps les lignes d'oBSERVATioNs CORRESPONDANTES; de distiûficuer aussi
en observations de variations horaires, ce qui provient de l'influence des saisons, du temps serein et nuageux et de pluies abondantes, des heures de jour et de nuit et du temps vrai à chaque endroit, c'està-dire de l'influence du soleil et de toutes influences isochrones aux différents méridiens. A ces observations de déclination horaire on doit ajouter celles du mouvement annuel de la déclinaison absolue, de
l'iNGUNAISON DE l'aIGUILLE et de l'iNTENSITÉ DES forces
MAGNÉTIQUES, dout l'accroisscment, depuis l'équateur magnétique jusqu'aux pôles, est inégal dans les hémisphères américain occidental et asiatique oriental. Tous ces faits, bases indispensables de la théorie future, ne peuvent acquérir certitude et importance qu'au moyen d'établissements qui resteraient permanents pendant un grand nombre d'années, d'observatoires physiques dans lesquels l'investigation d'éléments numériques pourrait être répétée à des intervalles de temps déterminés, et avec des instruments semblables. Des voyageurs qui traversent un pays seulement dans une direction et à une seule époque, préparent simplement la voie pour une entreprise qui embrasserait l'esquisse complète des lignes sans déclinaison à intervalles également distants ; le déplacement progressif des points d'intersection des équateurs terrestre et magnétique ; les changements de forme dans les lignes isogonales et isodynamiques ; et l'influence sur le mouvement lent ou accéléré des courbes, qui provient indubitablement de la configura-
lion et de rarticulation des continents. On doit considérer comme heureux si les travaux isolés des voyageurs, dont il est de mon devoir de plaider la cause, ont contribué à donner de l'animation à cette espèce d'investigation qui est le travail des siècles, et qui demande le concours de nombreux observateurs, distribués suivant un plan disposé après mûre considération, sous la direction de plusieurs des grands centres scientifiques d'Europe. Les directeurs ne devraient pas se confiner toujours dans les étroites limites des mêmes instructions, mais ils les modifieraient librement en les adaptant à l'état progressif de la science, et à l'amélioration des instruments et des méthodes d'observation. En priant Votre Altesse Royale de vouloir bien communiquer cette lettre à l'illustre société qu'elle préside, il ne m'appartient en aucune manière de re chercher quelles "sont les stations magnétiques qui méritent la préférence en ce moment, ou que des circonstances locales permettraient d'établir. Avoir le concours que j'ai ^sollicité de la Société royale de Londres suffira pour donner une nouvelle vie à une entreprise utile dans laquelle je me suis engagé depuis un très-grand nombre d'années. Je me hasarde seulement à exprimer le désir que dans le cas où ma proposition serait accueillie avec indulgence, la Société royale ^voulût bien entrer en communication directe avec la Société royale de Gôttingue, l'Institut royal de France et l'Académie impériale de Russie, afin d'adopter des mesures, propres à relier de nouvelles com-
binaisons avec ce qui existe déjà sur une étendue considérable du globe. Peut-être aussi des résolutions pourraient être préalablement concertées pour la publication d'observations partielles, et aussi (si le calcul ne demandait pas trop de temps et les communications trop de retard) de faibles résultats. L'un des heureux effets de la civilisation et le progrès de la raison est que, lorsqu'on s'adresse aux sociétés savantes, on peut compter sur leur concours volontaire si l'objet qu'on leur soumet tend à augmenter le progrès des sciences ou le développement intellectuel de l'humanité.
Des travaux d'une précision étonnante ont été exécutés, pendant un petit nombre des dernières années, avec des instruments d'une puissance extraordinaire, dans un pavillon magnétique de l'Observatoire de Gôttingue, qui sont bien dignes de l'attention des philosophes, car ils offrent une méthode plus exacte de mesurer les variations horaires. La barre magnétique est de plus larges dimensions, même que la barre du télescope magnétique de Prony, et l'extrémité est pourvue d'un miroir dans lequel sont réfléchies les divisions d'une échelle qui est plus ou moins éloignée, suivant la valeur angulaire qu'on désire donner à ces divisions. Par l'emploi de cette méthode améliorée, on obvie à la nécessité, pour l'observateur, de s'approcher de la barre magnétisée ; on empêche les courants d'air produits par la proximité du corps humain, ou pendant la nuit, d'une lampe, et des observations peuvent être faites dans les plus courts intervalles de temps. Le grand géo-
mètre, M. Gauss, auquel nous devons ce mode de faire des observations, aussi bien que les moyens de réduire l'intensité de la force magnétique dans toute partie de la terre à une proportion absolue, et l'ingénieuse invention d'un magnetomètre mis en mouvement par un multiplicateur — d'induction — a publié en 1834 et 1835 plusieurs séries d'observations simultanées faites avec de semblables appareils, et à des intervalles de cinq ou dix minutes, à Gôttingue, Copenhague, Altona, Brunswick, Leipzic, Berlin (où M. Encke a déjà établi une maison magnétique très-spacieuse, près du nouvel observatoire royal), Milan et Rome. M. Schumacher, dans ses éphémérides allemandes iJarbuch fur 1836) prouve graphiquement et par le parallélisme des plus petites inflexions des courbes horaires, la simultanéité des perturbations à Milan et à Copenhague, deux villes ayant en latitude une différence de 1 0° 1 3' .
M. Gauss, le premier, fit dans le temps des observations... que je proposai en 1830, mais avec l'intention de rapporter les dimensions angulaires de la déclinaison magnétique aux plus courts intervalles de temps (le 7 février 1834, des altérations de six minutes de l'arc correspondaient à une simple minute de temps). M. Gauss réduisit les quarante-quatre heures d'observations simultanées à vingt-quatre heures, et établit six (sept) périodes de l'année, savoir : le dernier samedi de chaque mois consistant en un nombre inégal de jours, pour les stations qui sont pourvues de ses nou-
veaux appareils. Les petites barres magnétisées qu'il emploie comme magne tome très, sont d'un poids de quatre livres et les plus grosses de vingt-cinq livres. Le curieux appareil d'induction propre à rendre sensible et mesurable le mouvement oscillatoire annoncé par une théorie fondée sur l'admirable théorie de M. Faradey consiste en deux barres liées ensemble, chacune d'un poids de vingt-cinq livres. Je pensais qu'il convenait de mentionner les précieux travaux de M. Gauss, afin que ceux des membres de la Société royale de Londres qui ont rendu le plus de services à l'étude du magnétisme terrestre, et qui connaissent les localités des établissements coloniaux, puissent prendre en considération si les barres d'une grande pesanteur, pourvues d'un miroir et suspendues à un pavillon soigneusement fermé, doivent être employées dans les nouvelles stations à établir ; ou si la boussole de Gambey , uniformément employée jusqu'ici dans nos stations existant en ce moment en Europe et en Asie doit continuer de l'être. En discutant cette question on appréciera sans doute • les avantages qui résultent, dans l'appareil de M. Gauss, de la plus faible mobilité des barres par les courants d'air, aussi bien que de la facilité et de la rapidité avec lesquelles les divisions angulaires peuvent être lues dans un très-court intervalle de temps. Je désire seulement voir étendre la ligne des stations magnétiques, quels que soient les moyens par lesquels la précision des observations correspondantes peut être atteinte. Je dois aussi mentionner que deux voyageurs accomplis.
MM. Sartorius et Listing, pourvus d'instruments trèsportatifs de petites dimensions, ont employé avec beaucoup de succès Ja méthode du grand géomètre de Gôttingue dans leurs excursions à Napleseten Sicile (159).
Votre Altesse Royale voudra bien, je l'espère, excuser la longueur de cette communication; mais j'ai pensé qu'il serait utile d'unir sous un point de vue ce qui a été fait ou proposé dans différentes contrées, en ce qui concerne l'acquisition d'observations étendues simultanées sur les lois du magnétisme terrestre.
Agréez, Monsieur («ir), l'hommage du profond respect avec lequel j'ai l'honneur d'être, etc. de V. A. R., etc., *etc.
Al. de Humboldt.
Berlin, avril 1836.
Rapport d'une Commission de la Société royale de Londres
sur une lettre du B^ Alex, de Humboldt
du mois d'avril 1836 (160).
A SON ALTESSE ROYALE LE DUC DE SUSSEX, PRÉSIDENT DE LA SOCIÉTÉ ROYALE DE LONDRES.
9 juin 1836.
MM. S. Hunter Ghristie et G. B. Airy, membres de la commission nommée à cet effet, après avoir exposé dans leur rapport le plan du baron de Humboldt pour l'observation des phénomènes du magnétisme terrestre, expriment leur opinion personnelle, en tous points favorable au projet du savant Prussien. Nous n'avons
pas cru devoir insérer ici ce rapport qui porte la date du 9 juin 1 836, a été lu par les commissaires à la séance de la Société royale de Londres, le 17 novembre suivant, et publié, dans les proceedings de cette société, tome III, 1830-1837, pp. 418-428. Nous nous bornerons donc à l'analyse fort bien faite qui en a été présentée par S. A. R. le duc de Sussex, dans son adresse à la réunion anniversaire de ladite société du 30 novembre 1837.
« Dans le cours de la dernière année, le célèbre baron de Humboldt m'adressa une lettre, comme président de la Société royale, pour m'exprimer le désir que des observations magnétiques pussent être établies sur un plan uniforme, dans ce pays et dans ses colonies afin d'entreprendre des observations simultanées avec celles qu'on fait maintenant ou qui sont en voie d'être exécutées dans différentes parties du continent de l'Europe et de l'Asie septentrionale. Je crus qu'on devait à l'illustre auteur de cette communication de l'exposer en détail aux membres de la Société royale, et de demander qu'un comité du Conseil fût désigné pour examiner le meilleur mode de donner suite à ces recommandations. Un rapport, imprimé dans les Proceedings of ike royal Society , t. III, p. 418, très-élaboré fut fait en conséquence par l'astronome royal, et M. Ghristicau mois de novembre dernier, énumérant plusieurs des importantes conséquences qui pouvaient résulter d'un tel système d'observations, en indiquant une série de stations où elles pourraient être faites officiellement.
Je suis heureux de vous informer, Messieurs, que des mesures sont en voie de progrès pour l'accomplissement de tous ces objets : un observatoire magnétique qui avait été longtemps médité et vivement recommandé par le Board des visiteurs de l'Observatoire royal, a été établi à Greenwich dans une situation si éloignée de tout autre bâtiment, qu'elle est à l'abri de tout soupçon de trouble extérieur. Le corps des Ingénieurs royaux qui a été toujours distingué par le zèle et les acquisitions scientifiques de plusieurs de ses membres s'est offert spontanément pour les observations nécessaires dans quelque point du globe qu'ils fussent stationnés. L'astronome royal a déterminé la nature des observations à faire, ainsi que le caractère et la construction des instruments à employer; et les lords de la trésorerie ont mis à la disposition de la Société royale les fonds nécessaires pour leur acquisition. J'ai cru de mon devoir, Messieurs, de porter ces circonstances à votre connaissance, comme formant non-seulement une partie importante des actes du Conseil de la Société royale pendant la dernière année, mais comme un exemple encourageant et instructif de là facilité avec laquelle une coopération et une assistance efficace peuvent être obtenues pour l'exécution de tout objet scientifique quelque étendu qu'il puisse être, lorsque les moyens pratiques pour l'exécuter sont distinctement et clairement définis. »
ALEX. DE HUMBOLDT A l' AMIRAL FR. LUTKE (161).
Berlin, 24 décembre 1836.
Monsieur T Amiral,
Si j'ai tardé si longtemps à offrir à Votre Excellence rhommage de ma vive reconnaissance pour l'ouvrage important qu'elle a daigné me faire transmettre et qui retrace de si pénibles et courageux efforts, ce n'était que dans l'attente de pouvoir lui présenter les deux premiers volumes de mes recherches sur l'Histoire de la géographie duxv® siècle. Je serais heureux si elle voulait bien les agréer avec indulgence et les parcourir avec quelque intérêt. J'espère souspeului présenter auss mon mémoire de physique générale sur les courants de la mer du Sud, entre les parallèles de Gallao et d'Acapulco, le long du littoral. J'ai pu profiter à temps des excellentes et judicieuses observations que renferme la partie nautique de votre grand voyage autour du monde, p. 184-189. Il me serait difficile en général de vous exprimer assez vivement, monsieur l'Amiral, le degré d'admiration et d'intérêt avec lequel tout récemment encore j'ai lu page par page, vos quatre volumes, la plume à la main. J'y ai puisé non-seulement les notions les plus précieuses sur toutes les parties de la géographie physique, mais j'ai été ravi aussi de ces descriptions charmantes des mœurs... (162) des habitants de l'île Oualan. Ces grands seigneurs Ourousse (163) qui ont seuls le droit de manger des fruits du cocotier, et
qui vivent séparés des autres classes dans un îlot à part, espèce de faubourg Saint-Germain ; cette inégalité de droits qui se perpétue sans l'usage des armes ou d'un bâton correcteur, sont des phénomènes nouveaux peu connus dans l'ancien monde. J'ai beaucoup intéressé notre excellent monarque, pendant le ;séjour solitaire de Postdam, en fixant son attention sur tout ce que votre ouvrage, dont en outre il a admiré (avec raison) l'exécution pittoresque, présente de piquant sous le rapport de la vie des peuples que nous nous plaisons à appeler barbares.
Daignez, je vous supplie. Monsieur, me rappeler au souvenir du respectable amiral Krusenstern, qui vient d'enrichir la géographie nautique d'un nouveau volume bien important, et auquel je reste dévoué avec la plus vive affection.
Je suis, etc.
Berlin, ce 24 décembre 1836.
A. HUMBOLDT
Janvier 1837.
Vous m'avez donné à toutes les époques de ma vie tant de marques de votre affectueuse bienveillance, mon cher confrère, que j'ose réclamer votre protection spéciale pour un voyageur de la côte des AbassideSy et du Caucase et d'Arménie, qui rapporte en outre d'excellentes observations géologiques, des matériaux géographiques très-précieux. M. du Bois (164) joint, à beau-
coup de modestie, un grand courage, car, avec peu de moyens pécuniaires, il a recueilli d'immenses matériaux. Il s'attriste sur la difiBculté de publier tant de richesses. Vous m'obligeriez infiniment, mon illustre confrère, si sous ce rapport vous daigniez l'aider de vos conseils. Mille affectueux hommages.
Al. Humboldt.
Berlin, ce 9 janyier 1837
Vous êtes trop philosophe pour m'en vouloir pour une feuille coupée.