DÉSORDRE
J'ai chargé quelqu'un de m'acheter cette pièce curieuse.
Langen-Randel, 11 ventôse (2 mars).
Me voilà établi dans l'énorme village de Kandel. 11 a une lieue et demie de long; il est fort sale. Je ne crois pas y rester longtemps; d'autant que ma division vient d'être renforcée de trois mille hommes.
Obligé de m'étendre depuis la bourg jusqu'à Germersheim, je centre de mes troupes.
L'organisation de Tarmée n'esi j'ignore encore ma destination.
13 ve
Tu parais fâchée que j'aie quitti j'en suis fort aise, parce quQ. le • d'une grande place de guerre four minutieux et ennuyeux ; qu'on ei caprices, à la morgue, à l'impertin ritie des autorités civiles. Je n'ai p désagréments à Mayence, où l'on mais une ville forte ne me convi j'avais à en soutenir le siège. Ce opération manque à ma carrière mi cela, j'ai tâté de tout.
Moreau est passé hier à Lautei rendre à Mayence. Il a suivi la roi je ne l'ai pas vu. J'espère qu'à son sera par mon village ; je vais lui engager.
ven
Je lis sur la gazette un arrêté di ne fera pas rire les jeunes gens qui
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miaire dernier, ont atteint leur vingtième année (1) .
Je crois notre voisin Martial dans ce cas ; mais, sans doute, il se fera remplacer. Avec de Targent, son père trouvera aisément quelqu'un qui se fera tuer pour son fils bien-aimé.
Mais je ne pensais plus aux Lettres et aux Sciences que cultive ce jeune adepte des Muses. Ne doivent-elles pas l'exempter des rigueurs de la loi? Sur ma foi! le' voilà sauvé; Minerve, Momus et Yulcain Font pris sous leur protection; a le cher enfant » n'ira pas à la guerre ! Vite, qu'on lui achète de nouveaux livres ; qu'il reprenne son cours de belles-lettres, et que la conscription ne vienne pas briser son bel avenir ; ce serait dommage ! grand Démosthène, je vous le recommande ; qu'il tonne, comme vous, à la tribune aux harangues ! Éloquent Gicéron, que ses dialogues éclipsent les vôtres! Et toi. Voltaire, l'immortel, laisse-le te dépasser dans l'art dramatique ; tu as fait des tragédies en cinq actes, que celles de Martial en aient sept!
Dieu soit loué ! a le cher enfant» ne sera pas tué et deviendra un grand homme ; l'Institut le guette !
(1) Le Corps législatif avait voté l'appel de cent mille conscrits, qui devaient renforcer les deux cent cinquante mille vieux soldats. Le remplacement à prix d'ai|;ent était autorisé.
Bonsoir, Calixte ; si tu ris de moi n^ai pas perdu ma soirée. Mais la c du bon, crois-moi, il faut des soldats les batailles !
23 ventôse
L'armée se rassemble sur le Hautpresque rien laissé à Mayence.
Tout file sur Brisach et Bâle.
Je pars dans une demi-heure pour
Strasbourg, 26 ventôse
Me voilà à Strasbourg. Les troupes il y arrive, jour et nuit, des corps de te On assure que la République a concl d'alliance offensive et défensive avec que cette dernière doit étendre sa li vis-à-vis Mayence ; que c'est pour cela les troupes que nous avions dans le Ba remontées.
Si cela est ainsi, nous sommes biei affaires; notre armée est forte de cen mille hommes, qui donneront de terri de collier. Il parait que Bonaparte v alors je regarde la victoire comme ce campagne sera courte et la paix en rési
Ainsi 8oit-il !
[l800] DU GÉNÉRAL JEAN HARDY 183
La Maison d^Autriche va baisser le ton ; après avoir repoussé deux fois nos propositions, elle se trouvera dans la dure nécessité d^en faire à son tour. C'est l'heure des événements graves. Dans peu, nous verrons des choses extraordinaires ; je te tiendrai au courant de ce que j'apprendrai.
Je vais encore retourner en Helvétie. J'en ai reçu l'ordre hier au soir ; mais, comme mes douleurs rhumatismales sont venues m'assaillir de nouveau et que je marche avec peine, j'ai écrit à Moreau pour lui faire part de l'impossibilité où j'étais de me mettre en route avant quelques jours.
27 ventôse (18 mars).
Il est d'usage, dans je ne sais quel pays, qu'une jeune mère, à ses relevailles, reçoive du parrain quelque régal. Je veux introduire cet usage à Philippeville en faveur de ta sœur de Sénarmont, à l'occasion de la naissance de ma filleule Jeannette.
Un excellent pâté de loies d'oie aux truffes partira demain par la diligence de Mézières. Je charge le directeur de la poste de vous l'apporter luimême et d'en prendre sa part. Ce qu'il y a de meilleur dans ce pâté n'est pas la croûte ; je t'en préviens, afin que vous ne vous donniez pas d'indigestion. Mangez du foie, des tru£Fes, de la farce ;
mais modérez- vous sur l'enveloppe. Bu vin de coteau à la santé du nouveau-né maman, de son vaillant papa, et croyez c de tout cœur avec vous !
5 germinal (2€
Tu me dis que Bonaparte étonne tout par sa conduite, que les royalistes eux-n gavent où le mordre. Je le crois bien; i loin avant de trouver un gouvernemc doux, aussi tolérant et qui leur fût plus prc Ce qu'a fait Bonaparte, depuis qu'il tient vernail, est merveilleux. Chacune de ses porte l'empreinte de son vaste génie. Si li ne détruit pas son ouvrage en violant l cipes, s'il remplit ses engagements, s'il pas arbitrairement de l'excessive autorité s'est emparé, la France sera le pays le pi reux de la terre. Personne ne le souhaita que moi.
6 germinal (27 n
Tu n'as pas besoin d'affranchir les lett
(i) Les églises rendues au culte et les prêtres ex* serment civique ; fermeture de la liste d'émigration ; i proscrits du 18 fructidor; abrogation de la loi des o1 celle qui excluait des fonctions publiques les ci-dev£ et les parents d'émigrés.
[l800] DU GÉNÉRAL JEAN HARDY 185
tu m'écris ; les généraux de division ne payent pas de port, autrement leurs appointements n'y suffiraient pas. La plupart de nos correspondances se font par la poste, et il est des jours où je reçois des paquets de lettres qui coûteraient plus de 40 francs. C'est le gouvernement qui supporte tous ces frais; nous en sommes quittes en certifiant, à la fin du mois, le bordereau du directeur des postes.
9 germinal (30 mars).
J'ai enfin découvert le motif du retard de tes lettres. Quelque directeur (je ne sais lequel), pour ne pas se donner la peine de faire un triage, les met dans le paquet de Paris, où elles sont de nouveau timbrées. De cette manière, je ne reçois de tes nouvelles qu'à neuf ou dix jours de date.
J'apprends avec plaisir que Sénarmont est employé à l'armée de réserve que Bonaparte forme aux environs de Dijon (I). Cela pourra hâter son
(1) Pour dépister les espions de la coalition, Bonaparte avait fait annoncer, par le Moniteur^ la formation, à Dijon^ d'une armée de réserve sous le commandement de Berthier.
Pendant qu'on y réunissait quelques milliers de conscrits, à qui de vieux officiers apprenaient l'exercice, quatre belles divisions actives, formées à Paris, à Bennes, à Nantes et à Lyon, s'acheminaient secrètement vers Lausanne et Genève.
Marmont et Gassendi formaient à Besançon, à Auxonne et
186 CORRESPONDANCE INTIBt
avancement ; je le désire bien sincèi le mérite sous tous les rapports. Si jN cette armée, je m'y rendrais sans mais c'est un poste que je ne convoi On sert son pays partout ; Fofficier q commencement de la Révolution, a é Tintérieur et n'a pas vu brûler une ai rempli ses devoirs, a été aussi utile à i celui qui, depuis huit ans, a toujoun La carrière de Tun est plus brillante (] Tautre, mais tout le monde ne peut pa au même poste. Au surplus, j'aime mi la première ligne qu'en réserve. Et armée de réserve est peut-être enco blême, comme tant d'autres choses qu avec quelque affectation ; la réalité Rhin.
Cette nuit, l'ordre est arrivé de faire toute la cavalerie, à l'exception des des chasseurs. Les dragons se rendent la grosse cavalerie à Épinal, pour y De là diverses conjectures (1). On se
Briançon un parc de soixante bouches à feu, am] visionnées. Marescot faisait la reconnaissance d< Alpe».
(1) Au 1*' avril 1800, les Français n'occup Italie, que la Ligurie. L'armée de Masséna (36,
[l800] DU GÉNÉRAL JEAN HARDY 187
Toreille qu4I y a un armistice de six semaines, des ouvertures de paix^ etc., mais on ne sait encore rien de positif. Cependant il y a quelque chose dans Tair.
L^archiduc Charles ne commande plus Tarmée autrichienne ; il est parti, à regret, pour la Bohême. On assure que le cabinet de Vienne n'est pas éloigné d'entrer en accommodement.
15 germinal (5 avril).
Moreau est ici depuis deux jours. Il vient de prendre ses dernières dispositions pour l'ouverture de la campagne. Comme je ne suis pas encore
établie sur T Apennin, entre Gênes et Nice, couvrait la Provence, que le feld-maréchal Mêlas prétendait envahir avec 120,000 Autrichiens.
Sur le Danube, le baron de Kray avait remplacé l'archiduc Charles, en disgrâce depuis Zurich. L'armée austro-bavaroise, échelonnée depuis Constance jusqu'en face de Strasbourg, tenait la base du triangle, dont les 130,000 hommes de Moreau occupaient les côtés, de Strasbourg à Bâle et de Baie à Schaffouse. Ainsi posté, Kray pouvait se porter en masse au point de passage choisi par Moreau.
Le plan de Bonaparte était d'attirer toutes les forces ennemies aux extrémités du vaste terrain d'opérations dont le massif des Alpes était le centre; de franchir secrètement ce massif avec l'armée de réserve, qu'il dirigerait lui-même; de descendre à l'improviste dans la vallée du Pô et d'y écraser Mêlas, pendant que Moreau rejeterait Kray sur le Danube, vers Uim et Ratiibonne.
guéri, je ne me presse pas pour lui d a£Fectation. D'ailleurs, je m'en rap amitié pour moi et à tout ce qu'il flatteurs.
A Bernadotte, conseiller (TÉ
16 germina
Je ne puis résister plus longtemps ami, au besoin de t'entretenir un mo qui me touche.
La sciatique que j'ai rapportée de i reuse expédition d'Irlande et dont je débarrassé par Plombières est venue de nouveau. Me voilà dans mon lit, s martyre, hors d'état de faire campagn me rends justice, tu dois sentir que c tion n'est pas le moindre de mes maux
N'est-il pas désespérant d'être, à trei dans l'impossibilité de me présenter s de bataille?
Encore si la Faculté me donnait qu< rance ! Pour toute consolation, elle m faut attendre ; le temps s'écoule et le restent ! Plains-moi et présente mes h( ta charmante et digne compagne.
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A madame Hardy.
17 germinal (7 avril).
Toutes les espérances de paix s'évanouissent ; personne ne veut entendre raison ; les guinées anglaises étou£Fent la voix plaintive de l'humanité et remportent sur la plus saine politique. A moins d'un changement subit et comme électrique dans les tètes à perruques du conseil aulique (ce qui n'est pas sans exemple), il faudra, de nouveau, rougir de sang la terre, qui n'en est que trop abreuvée, avant de donner au monde le repos et la tranquillité.
On se prépare à la guerre de part et d'autre et, cependant, je ne crois pas que la campagne s'ouvre avant une quinzaine de jours. Pourvu que je sois guéri vers cette époque, c'est tout ce que je demande.
Pour te récompenser de ne pas abandonner ta musique, je te fais expédier de Paris un ballot de romances et d'ariettes.
27 germinal (17 avril).
Le bruit circule que nous avons été forcés d'évacuer Gènes (I) et le territoire ligurien.
(1) Fausse nouvelle. Le 7 avril, 70,000 Autrichiens avaient attaqué les lignes trop étendues de Masséna^ qui. voulait cou-
Ce serait un fâcheux événement qui rerait pas notre position ; mais il fallait à voir tous les Autrichiens d^Italie se n nous arracher le seul coin de terre q\ avions conservé.
4 floréal {%
Demain, Tarmée marchera à Tennem
Trîr^ à la fois, Gênes, Savone et Nice, sur un froi quatre lieues.
Après dix jours de combats acharnés, la petit Ligurie était coupée en deux. Suchet, commandi de gauche (14,000 hommes), était refoulé sur Ni nait, à l'embouchure du Var, la forte position Laurent et couvrait la route de Toulon, menacée (30,000 hommes).
Masséna, avec le corps de droite, commandé (12,000 hommes), s'enfermait dans la double e Gênes, occupait les forts construits au revers de W harcelait, sans répit, les 40,000 Autrichiens qui ava la place.
Le vieux Mêlas les commandait en personne, i Hohcnzollern pour lieutenants généraux.
Une flotte anglaise, croisant dans le golfe de Gên< le port et interdisait l'accès de la côte aux navires vivres et de munitions, qui tentaient de ravitailler 1
(1) L'armée d'Allemagne comptait, le 25 avri 100,000 combattants (12,000 fantassins, 13,000 116 canons). Elle était divisée en quatre corps : < Lecourbe, du lac de Constance à Schaffouse; cer, Gyr, vers Brisach; aile gauche^ Sainte-Suzanne, de à Kehl ; réserve, Laborie, au camp retranché de Bâ
Kray disposait d« 110,000 combattants, sai
premiers coups seront terribles, et si la fortune seconde les belles dispositions de Moreau, les succès seront pour nous, et très brillants !
J^ai dans la tête que TEmpereur a encore besoin d^un prétexte pour s^humaniser; les événements prouveront si j'ai tort ou raison.
Notre armée est superbe, bien disposée, bien commandée, pleine de cette confiance qui force la victoire; j'augure bien de nos affaires.
8 floréal (28 avril).
On a recommencé le branle hier. L'aile gauche s'est portée en avant de Kehl; elle s'est battue
40,000 hommes répartis dans les places du Bhin et du Danube.
L'infanterie austro-bavaroise était médiocre, mais Kray avait 26,000 cavaliers d'élite et 520 bouches à feu.
Bonaparte avait approuvé le plan de Moreau, qui lui avait été apporté à Paris par Deisolles, chef d'état-major. Le voici :
« Trois fortes colonnes déboucheraient sur la rive droite du Bhin par Kehl, Brisach et Baie, pour faire croire à l'ennemi que l'on voulait forcer les défilés de la Forêt Noire; puis elles remonteraient rapidement le long du fleuve jusqu'à Schaffouse, où elles prendraient position sur le flanc gauche de Kray, pendant que l'aile droite et la réserve effectueraient leur passage à Beichlingen. »
L'opération, commencée le 25 avril, réussit à souhait et fut terminée le 1* mai. Sainte-Suzanne, Saint-Gyr et Bichepanse refoulèrent les avant-postes autrichiens, firent 1,500 prisonniers et prirent 46 canons avant même que Lecourbe et Laborie eufsent passé le Rhin*
toute la journée avec les avant-poste qui ne se sont retirés que très lentec
Yallin y est allé comme spectatc et m'a rapporté que les a£Faires n'av extrêmement chaudes ; cependant oi monde de part et d'autre (1).
Le chef de brigade du !•' chasseu Dubois-Grancé, qui a épousé dernier de Tex-directeur Merlin, y a été tué.
Aujourd'hui, tout est tranquille i J'ignore ce qui se passe en avant d( Brisach, mais c'est très sérieux. Je se passion ; me voilà condamné à une ti son de Plombières !
Vallin, pendant le séjour que j'y f auprès de Ney (2), qui le réclame.
Bàle, 12 flore
J'ai quitté Strasbourg hier et je sen Plombières.
L'armée avance, mais ce n'est pas Les paysans de la Forêt Noire sont so
(1) Combat d'Offembourg, livré par Saintt :25 avril, au général autrichien Starray. Il le i bourg, après lui avoir tué ou pris 1,500 hommes
(2) Ney commandait la cavalerie légère du oc
[l800] DU GÉNÉRAL JEAN HARDY 193
et nous font beaucoup de mal. Cependant, demain ou après, les plus grandes difficultés seront surmontées et Tarmée se trouvera au cœur de la Souabe et, par conséquent, plus à son aise.
Amuse-toi bien à la kermesse.
TROISIÈME SAISON DE PLO Du 4> mai au 5 septembre i8(
Plombières» 15 flc
Je n'ai pu arriver qu'hier, parce ( on quatre stations de poste, je n'ai t vaux, ni postillons, ni maîtres. J'ai 1 très lentement.
Il n'y a encore que deux ou tn d'arrivés ; mais, sous peu de jours, un grand nombre. Ce séjour sera me (jue les autres ; la saison est très fav( le plus beau temps du monde et ^ d'espérer que je trouverai enfin ma g cale; je ferai tout pour cela.
Mon voyage eût été fort agréable de l'adjudant général Dabancourt, ami, qui faisait route avec moi, n'éta comme un pot. Et c'est un grand de
elle a de Tesprit, de ramabilité sans prétention, et un cœur excellent; du reste, vertueuse comme ma Calixte, mais ne la valant pas à mes yeux. Elle vient prendre des douches sur la tête pour que les organes de Touïe se ra£Fermissent. Je le désire pour elle et mon ami, sans l'espérer.
Bernadotte m'écrit que Bonaparte a jeté les yeux sur moi pour occuper, comme inspecteur général (1), l'emploi qu'avait Carnot avant de prendre le portefeuille de la guerre. Je ne sais d'où peut me venir cette aubaine, mais je l'accepterai avec plaisir dans ma situation valétudinaire.
Mieux vaudrait être radicalement guéri et retourner à la guerre.
Tu as encore une nouvelle femme de chambre ; tâche au moins de la conserver, si elle est fidèle, obéissante et propre. Les bons domesitiques sont extrêmement rares, et quand on est destiné à ne
(1) "L'Inspection générale des revues et de l* administration des troupes a été créée par arrêté des consuls, en date du 9 pluviôse an VIII (29 janvier 1800). Elle faisait partie de Tétat-major de Farinée et comprenait, au début, six inspecteurs en chef ayant rang de généraux de division et douze inspecteurs assimilés aux généraux de brigade. Ils étaient assistés par des sous-inspecteurs et les commissaires des guerres.
L'Inspection aux revues fut remplacée, le 29 juillet 1817, par le corps de l'In tendance militaire.
pouvoir s'en passer, il faut leur pard des sottises et des faiblesses. Ces g comme nous, des défauts^ et nous ne 8 toujours, vis-à-vis d'eux, assez indulgei patients. C'est une bonne leçon que no Beaumarchais dans son Barbier de Sévh
u Aux qualités que vous exigez de t tiques^ combien trouvez-vous de maître d^être valets? »
C'est comme les enfants, ils sont ce fait, vertueux, bons^ vicieux ou méchant
Les principes qu'on leur donne se gra leur mémoire et passent dans leur cœi germent, croissent, se fortifient, se prop
Je ne veux pas m'étendre davantag sujet; j'aurais l'air d'un pédant et ce mon genre.
25 floréal (15 mai
J^attends avec impatience de nôuveai sur les opérations des armées.
Celle du Rhin a vu, jusqu'à ce moi efforts couronnés par les plus brillants si
(1) Du i''' au 15 mai, Moreau, exécutant les p du premier Consul, avait refoulé l'armée autrichic Danube et l'avait acculée dans le camp retrani ^ray avait perdu plus de 30,000 hommes à fingen,
Bonaparte vient d'entreprendre un coup de sa façon, un coup de maître. Un petit billet, reçu ce matin, m'annonce sa marche hardie et rapide sur ritalie avec quarante mille hommes de l'armée de réserve. Au moment où je t'écris, il doit avoir passé les Alpes, être dans le Milanais ou en approcher. Sous très peu de jours nous apprendrons quelque chose d'extraordinaire (l).
5 prairial (25 mai).
Les Autrichiens se retirent en Bavière.
On s'attendait à une très chaude et très san-
Biberach et Memmingen, et tous ses magasins, échelonnés entre le Rhin et le Danube. Le ministre de la guerre Carnot vint, en personne, demander à Moreau un renfort pour l'armée de réserve.
Lorges fut dirigé vers le Saint-Gothard avec 16,000 hommes, afin de rejoindre Bonaparte en Italie.
L*armée d'Allemagne, réduite à 72,000 combattants, fit face au Danube, la gauche à l'IUer, la droite à la Guntz, la réserve à Augsbourg. M. de Kray ne pouvait plus secourir M. de Mêlas.
(1) Bonaparte avait quitté Paris, le 6 mai, avec Duroc, son aide de camp, et Bourienne, son secrétaire. Après avoir inspecté les dépôts de Dijon et les divisions actives de Genève et de Lausanne, il donnait le signal du départ à 35,000 fantasuna et 5,000 cavaliers, pour franchir dUi lac Léman aux plaines du Piémont, quarante-cinq lieues, dont dix de montagne, sans chemin frayé.
Moncey devait passer le 9aint-Gothard ave<i la division
glantc bataille à Ulm ; mais tout s^est quille ment, grâce au mouvement de Bonaparte.
En ce moment, peut-être se bat-on a nement du côté d'Augsbourg.
Moreau a dû renouveler, avant cetf les propositions pacifiques du gouverne çais (ce que je trouve fort sage).
L^armée autrichienne a perdu plus mille hommes depuis Touverture de la ( et nous, moins de six mille tués, blessi sonniers.
Ney m'écrit, le 27 floréal, que la de toujours croissant dans Tarmée ennemi<
d'Helvétie (15,000 hommes); Turreau (4,000 h Mont Cenis; Chabran (5,000 hommes), le petit Sai Bonaparte s'était réservé le grand Saint- Bernai 40,000 hommes de Tarmée de réserve.
Lannes passa avec l'avant-garde, du 14 au 15 mt au delà du roi, à Saint-Remy, dans la vallée d'A( au débouché, pendant que le premier Consul, resU Saint-Pierre^ surveillait le passage des troupes et de l'artillerie et du matériel.
Tout était passé le 20 mai ; le fort de Bard avait Lannes, le 22, entrait à Ivrée. Haddick^ qui n*a fendre la vallée d'Aoste avec ses 9,000 hommes, 8*c a lurin.
[l800] DU GÉNÉRAL JEAN HARDY 199
19 prairial (8 juin).
Moreau est dans une position avantageuse^ aux confins de la Bavière ; mais je ne crois pas qu'Ulm soit encore en notre pouvoir.
C'est d'Italie maintenant que viendront les nouvelles intéressantes, malgré l'importance des opérations sur le Danube.
20 prairial (9 juin).
L'armée du Rhin est, depuis quinze jours, fort tranquille. Il n'y a eu qu'une petite affaire à l'aile gauche, qui s'est bien et promptement terminée. Sa position est avantageuse ; mais restera-t-elle longtemps encore dans cette inaction, je ne le crois pas. Le manque de vivres pourrait l'obliger à rétrograder, et les Autrichiens reprendraient l'offensive, ce qui ne nous est pas toujours favorable.
Cependant, les opérations ont été combinées avec tant de précision qu'on peut se rassurer.
L'armée de réserve fait des miracles et un chemin du diable.
La voilà à Milan, maîtresse de la Lombardie.
Masséna est débloqué (I) par la seule position de
(i) Masséna avait évacué Gènes le 4 juin.
Investi depuis le 21 avril, il avait fait l'impossible pour obéir à Bonaparte en retenant M. de Mêlas dans l'Apennin.
Rivalisant d'intrépidité avec ses généraux (Soult, Marbot,
200 CORRESPONDANCE INTIl
Berthier (1). Mêlas ne peut plus « avec Kray. Si celui-ci s'avise de Moreau est là qui le guette pour Téc
Gazan, Gardanne, Miollis, Petitot, Fresfinet, presque tous, furent blessés, I' « Enfant chéri dirigeait lui-même les sorties et rentrait à Gê longues colonnes de prisonniers.
Le 20 mai, il n'avait plus de vivres; mais u de Soult, Franceschiy envoyé à Bonaparte, rapp Bernard l'assurance que l'armée de réserve al marches forcées vers la Ligurie. Masséna donm de la soupe à l'herbe, à ses soldats le cacao dans les docks, et il ordonna, le 28 mai, une générale des lignes autrichiennes. Il voulait les trois camps qui cernaient la ville n'était Mêlas avait passé précipitamment dans la valW 10,000 hommes pour rallier 4HnKli dispersés l'oaragan descendu des Alpes. MalNRln avait laîi Elsnitz, devant Suchet, 30,000 autour de Gêw Saint-Jullien. Bonaparte, sacrifiant Masséna à conceptions stratégiques, avait fait son entrée à ^ Le 3 , Ott offrait aux assiégés d'entamer dei Masséna y consentit, la rage au cœur, comme déjà à ses sentinelles, exténuées et mourant defai pendant leur faction.
On laissa sortir sans conditions les 8,000 Fra vaient encore porter leurs armes. Ils allèrent rej vers Nice. Masséna s'embarqua sur un corsaire, aux Génois qu'ils le reverraient avant quinze jour et les blessés devaient être transportés par m Tous les prisonniers autrichiens étaient rendus.
(1) Berthier était nominativement le généra a rmée de réserve.
[l800] DU GÉNÉRAL JEAN HARDY 201
Que nous donneront ces spéculations si savantes, ces calculs si justes, ces efforts si merveilleux? La paix, ma chère Calixte, la paix ! Nous l'aurons cette année ; avant deux mois peut-être !
Si le bon Génie de Bonaparte ne Tabandonne pas, si la Fortune, à qui il se confie avec autant d'audace que d'heureuses conceptions, continuée le seconder, je réponds qu'il reviendra à Paris l'olivier à la main.
Sénarmont m'a écrit son opération du Grand- Saint-Bernard (1). Je n'en suis pas surpris; je connais le passage. Ma division l'occupait, l'année dernière, et je me rappelle tout le mal que j'ai eu pour faire arriver sur la crête du glacier deux pièces de 4. Ce sont de ces choses que l'on ne peut croire si on ne les a pas vues.
Sénarmont ne finira pas cette campagne sans
(I) On avait enclavé les canonf dans des troncs d'arbres pour les tirer avec des câbles à travers les glaciers et les précipices ; les affûts avaient été démontés et attachés sur des traîneaux à roulettes; les munitions, mises dans des caisses de sapin, étaient portées à dos de mulet. Une seule pièce de 8 fut enlevée par une avalanche avec trois canonniers.
Bonaparte avait promis mille francs par pièce transportée, avec son affût, au sommet du col, les soldats remplacèrent les paysans, qui renonçaient à cette pénible besogne et refusaient la prime.
avoir répaulette de chef de brigade pense de son mérite et de sa bravoi
29 praii
Quand vous avez appris révacuat vous avez sans doute, comme tous < tendent rien à la guerre, pouss a hélas ! n et vous avez cru tout pen
Ce n'est qu'un petit malheur, don s'alarmer. L'événement est même l'armée de réserve, qui avait besoin qui, au lieu de les attendre de l'i trouve sous sa main.
Elle ne les aurait pas, si Masséna Gènes ou s'il en fût sorti sans sa [ d'action.
Il va pouvoir entrer en ligne d< Suchet, qui était trop faible pour fi chose tout seul.
De plus, l'armée autrichienne e:
s'affaiblir d'au moins quinze mille h( composer une garnison, qui aura tou des Génois. C'est autant de moins à C( rase campagne.
5 messidoi
Bonaparte a porté le coup de grâc
[l800] bu GÉNÉRAL JEAN HARDY 203
autrichienne d'Italie. L'on s'est battu avec un acharnement inouï. Quatre fois, les deux armées ont été, tour à tour, victorieuses et repoussées (1). Le malheureux Desaix, qui était arrivé à Tarmée depuis deux jours, a été tué, dans le rang, à la dernière charge, qui a décidé la victoire. Les Autrichiens ont perdu quinze mille hommes, presque toute leur artillerie, et se sont vus telle-
(i) Bataille de Marengo. Bonaparte a quitté Milan pour prendre position , le 8 juin, avec 32,000 hommef, sur la rive droite du Pô, au défilé de Stradella entre Pavie et Plaisance. A sa droite, 14,000 Français barrent la ligne du Tessin; 11,000, à sa gauche, couvrent l'Adda. Il veut couper la retraite à Mêlas et lui livrer une bataille décisive qui nous rende Tltalie.
Lannes, avec son avant-garde de 12,000 hommes, rencontre à Montebello, le 9 juin, Ott, revenu de Gênes (18,000 hommes). Il lui tue 3,000 hommes, lui en prend 4,000 et le rejette sur Alexandrie, oii Mêlas a concentré ses forces disponibles : 40,000 soldats aguerris, une cavalerie superbe, 300 bouches à feu. Bonaparte n*a que 40 pièces de campagne et 2,000 cavaliers; les autres battent l'estrade au nord-ouest et au sud, à la découverte des Autrichiens venant du Piémont et de la Toscane.
Le conseil des généraux ennemis a courageusement décidé de se faire jour. Mêlas engage, le 14 juin, dans la plaine de Marengo, une glorieuse bataille, qu'il gagne à trois heures et reperd à cinq. Le lendemain, il signe la convention d'Alexandrie, qui rend à la France Gênes, le Piémont, le Milanais, la Toscane, et rejette les Autrichiens derrière le Mincio.
Il était défendu, de part et d'autre, d'envoyer des détachements en Allemagne.
S04 CORRESPONDANCE INTl
ment enveloppés que M. de Mélat capituler. Bonaparte y a consenti que toutes les places de Tltalie, m lui seraient à Tinstant livrées. MéU avoir Tassentiment de TEmpereur a un pareil traité.
a II n Y a pas d^Empereur qui tiei le consul ; ce sera ainsi, ou je prend votre armée, qui n^a aucun moyen
Mêlas a dû en passer par là.
Après cet événement extraordina de Vienne n'a d'autre parti à prendi ter les propositions de paix qui 1 pour la sixième fois, à moins que U à perruque ne soient frappées de v(
10 messie
Moreau a encore battu M. de Kn fait cinq mille prisonniers, lui a pri
(1) Bataille d'Hochstett. En apprenant qi heureusement franchi les Alpes, Moreau, p< lui abandonner le camp retranché d'Ulm^ pi 18 au 20 juin, entre cette ville et l'embou livra, dans les plaines d'Hochstett, une sér Lecourbe, Richepanse, Gudin, Montrichard phcrent des efforts désespérés des Autrichiei
Non seulement Rray abandonna son can
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de canon. Les Autrichiens font sottise sur sottise. Ils sont perdus s'ils refusent nos propositions si modérées.
Pauline Bonaparte, qui a épousé le général de division Leclerc, il y a trois ans, est arrivée ici, hier, pour rétablir ses reins affaiblis par une première couche. Elle m'a fait prier de passer chez elle. C'est une bonne petite femme, fort douce et fort gentille. Elle m'a engagé à dîner aujourd'hui ; J irai.
Elle ne connaît personne à Plombières et parait tout heureuse d'avoir pour voisin un camarade de son mari. Je lui dois les soins que je voudrais qu^on eût pour toi si tu étais à sa place. D'ailleurs, à moins de lire dans l'avenir, on ne peut prévoir ce qui résultera du hasard d'une rencontre; les bons procédés ne sont jamais perdus !
14 messidor (3 juillet).
On a donné un bal où se trouvaient soixante femmes dont plusieurs très jolies. Il n'y avait qu'une douzaine d'hommes et quatre danseurs
grands magasins de Donawerth et de Ratisbonne, mais il évacua la Souabe, la Franconie et la Bavière. Decaen entra, le 28 juin, à lAunich, d'où TËlecteur s'était enfui la veilUi
306 CORRESPONDANCE INI
seulement. La musique écorchalt n'y suis resté qu^un moment.
On m'a beaucoup engagé à dai reaux ! croyez-vous que je serais i j'étais en état de gambader?
J'ai quitté le bal pour tenir comj Montesson (I); elle est arrivée, il avec M. Depont, que j'ai connu, à de la province de Lorraine.
19 meMÎ
Voilà Bonaparte revenu à Paris, qui demande plus de réflexion, d d'arrangements, de conditions !
Il faut ménager les intérêts respc queur, qui dicte ses conditions, n montrer trop exigeant, de peur de cendie au lieu de l'éteindre. Ui quelles que soient les faveurs dont 1 Fortune, doit être assez adroit pour son grain dans la balance politique, la faire pencher entièrement de son (
(i) Charlotte-Jeanne Béraud de La Haye i de Montesfon, veuve (morganatique), depuii Philippe d'Orléans, petit-fiU du Régent. El troif ans en ISOO,
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sera éphémère et ces lauriers se faneront. G^est une paix solide qu'il nous faut ; nous ne l'obtiendrons qu'en renonçant aux prétentions exagérées des directeurs. Bonaparte Ta senti; il a quitté Tltalie avec la certitude que, sous très peu de temps, cette grande œuvre serait terminée.
J'ai annoncé que la campagne ne serait pas longue et que le résultat des étonnantes conceptions du premier Consul tiendrait du miracle ; tu vois si je me suis trompé !
Mme de Montesson m'a fait lire une lettre de Mme Bonaparte très rassurante. Son mari lui annonce qu'avant un mois tout sera fini. Le cabinet de Saint-James cherche à se rapprocher et prend des biais pour entamer des négociations. Espérons que la tranquillité sera bientôt rendue à notre malheureuse patrie ; que nous pourrons jouir, dans le calme, sous la protection d'un gouvernement sage, du fruit de nos travaux, en trouvant notre récompense dans l'union de nos concitoyens.
Trop heureux de leur avoir sacrifié, pendant neuf ans, notre sang, notre repos, notre santé et nos plus douces affections !
23 meffidor (i
La nouvelle d'un armistice sur le i prématurée. Il était près de se conc Moreau, maître de la Bavière, s'est mo plus exigeant.
Yallin m'écrit que l'affaire est encon mais qu'elle va se terminer.
Je le crois d'autant plus volontiers q autrichienne, constamment battue depi ture de la campagne, est très rédui découragée ; tandis que la nôtre, toujc rieuse, a gagné en nombre, en énergie voure.
Voilà ce qui déterminera M. de Kr.
crire aux conditions de Moreau. Cette devait être courte ; la voilà presque tem
5 tbermidor (24
Je partirai, le 10, pour Bàle, où mes et mes équipages arriveront le 13.
Je me rendrai de là à Constance, d'oM un officier à Moreau, pour lui demandei tination.
L'armistice (1) est enfin conclu.
(1) Armistice de Parfdorf, 15 juillet. « Suspensit
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8 thermidor (27 juillet).
Leclerc vient d'arriver à Plombières pour prendre quelques bains, dont il a besoin. Nous avons dîné ensemble.
— « Général, je ne vous croyais plus ici, m'a-t-il dit.
— « Où voulez-vous que j'aille, dans Tétat où vous me voyez?
— « Il est pénible, mais il ne peut vous empêcher de remplir vos nouvelles fonctions.
— a Quelles fonctions ?
— a N'étes-vous pas inspecteur général aux revues ?
— « Pas que je sache !
— « Eh bien ! il n'y a que l'absence de mon beaufrère Bonaparte qui ait pu retarder votre nomination. Il Ta promise d'une manière trop positive, pour que la place soit donnée à un autre. Il suffirait de lui rafraîchir la mémoire ; pourquoi ne le faites-vous pas?
il septembre des hostilités dans le Tyrol, la Suisse et les Grisons. La reprise devra être annoncée respectivement douze jours d'avance. Les places de Philipsbourg, Ulm, Ingolstadt resteront bloquées par les Français, mais elles pourront se ravitailler tous les dix jonrs. »
210 CORRESPONDANCB INTIM
— « Ce serait la première fois que rais quelque chose pour moi.
— tt Alors, je m^en charge. Demaii rai; je vais le presser de tenir sa paro
Bonaparte aime beaucoup Leclerc confiance en lui. Laissons faire et a événements avec tranquillité.
Bàle, 24 thermidor
J*ai envoyé un officier à Moreau pou:
der ce qu'il voulait faire de moi. Il tt qu'en ce moment il ne peut me doni mandement ; mais que, très incessamr placera d'une manière avantageuse ; q dant, j'achève ma guérison sans m'c l'armée. »
Pour m'en faciliter les moyens, il m' quante louis à titre de gratification.
26 thermidor (i
J'ai reçu, ma bien et doublement aim les lettres de ton père m'apprenant toi accouchement (1). Tu devines la joie causée cette nouvelle. On me dit que
(1) Élevé au Prytanéc, entré à Saint-Cyr, en
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Félix est joli, gracieux, à croquer ! Alors, il te ressemble ; ce qui prouve qu'il a déjà de l'esprit. Comme je voudrais vous embrasser tous les trois !
4 fructidor (22 août).
J'habite dans la meilleure maison de Bàle, chez de riches négociants, dont j'ai faitld connaissance avant mon départ pour l'Irlande.
J'y trouve bon visage, bons procédés, bonne compagnie, bonne table, «jardin spacieux et magnifique, bains commodes ; c'est charmant !
Je t'ai envoyé une romance de ma composition ; tu ne me dis même pas comment tu l'as trouvée ! On m'a assuré que les paroles allaient bien avec la musique. Tu as eu de si grandes affaires à terminer depuis cet envoi que tu n'as pas essayé cela sur ta guitare ; tant pis !
Je ne quitterai pas Bàle sans t'avoir acheté du bazin, des robes de mousseline anglaise et tout ce
Victor, son frère aine, Félix Hardy fut, aprèf une brillante carrière, tué en Grimée, au Mamelon vert, le 7 juin 1855, comme colonel du 11* Léger. L'£mpereur avait déjà signé sa nomination de général, sur la proposition de Pélissier, ancien aide de camp du général Vallin.
De son mariage avec Mlle de Périni, Félix Hardy a eu un fils, qui est le général Hardy de Périni.
qui pourra te convenir. J^y joindrai de qi 1er Victor et Félix. Je consacrerai à c vingt-cinq des cinquante louis que Mo donnés.
14 fructidor (i*** septe
Grenier (1) et Ney m'.ont tenu paro cher Vallin est enfin chef d^escadrons ressenti le plus vif plaisir.
Le thermomètre politique est à la paix ; le ministre impérial acharné à la continu la guerre (et qui a reçu de Londres force g cet efiFet), est remercié et remplacé par le ( Cobenzel, le signataire du traité de Campo-
Si la paix se conclut cet hiter, nous i tuerons, au printemps, notre gentil méi Troissy. Nous vivrons comme de bons gnards, sans luxe ni profusion.
Tu verras qu'une honnête médiocrité, par la sage économie, donne Taisance • mieux que la fortune sans Tordre.
Moreau m'a fait réserver quatre très bea vaux, qui m'attendent à Neubourg.
(1) II avait remplacé dans le commandement de l'ail le lieutenant général Gouvion-Saint-Cyr, brouillé avec Sainte-Suzanne, envoyé sur le Rhin, avait cédé à Rich< cojnmandement du centre de l'armée d'Allemagne.
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Tu vois qu'il ne m'oublie pas ; j'espère que je ne tarderai pas à le rejoindre, et, si les hostilités recommencent, je lui revaudrai cela l'épée à la main.
Je fais faire pour notre fils aîné, le turbulent Victor, un habit de hussard. Je le lui enverrai, avec un sabre, qui fera grand bruit sur le pavé. Donnons-lui des goûts belliqueux dès le premier âge, pour qu'à vingt ans il ne ressemble pas au voisin Martial.
18 fructidor (5 septembre).
Je fais mes malles pour rejoindre Moreau à Augsbourg ; j'y serai le 22 fructidor.