‹ Correspondance intime du général Jean Hardÿ de 1797 à 1802Chapitre 15 sur 22 · S36 CORRESPONDANCE INTIME · texte numérisé non relu

S36 CORRESPONDANCE INTIME

Il devra rabattre de ses prétentions et r à son système de dévastation.

Je crois, comme le disaient les générav chiens après Hohenlinden, que TEmpei rien de mieux à faire que la paix.

Je vois passer jusqu'à quatre courriers p allant de Vienne à Paris ou à Luné ville.

28 frimaire (19 décem

L'emploi d'inspecteur général aux revues résidence à Paris, avec un traitement de vii mille francs. C'est très joli, surtout à lavei paix; on ne peut pas être mieux traité. Q recevrai l'avis officiel, je me rendrai à Pa je ferai au premier Consul ces deux questi<

— a Cette place ne me prive-t-elle pas grade? Conserverai-je le droit de rentrer e comme général divisionnaire quand bon n blera ou quand les circonstances me l'i ront? »

Si oui, j'accepte; si non, je refuse le n brevet comme j'ai refusé le premier.

Rien ne me fera renoncer au grade de di naire, que j'ai acheté par dix ans de fatigi peines, de malheurs et au prix de mon san^

Sainte-Suzanne et plusieurs autres gé

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étaient chez moi ce matin, quand on a apporté la lettre de Leclerc. Je leur en ai fait part, ainsi que du parti que je prenais.

Tous y ont applaudi en me félicitant.

L'armée est déjà à plus de cinquante lieues de Munich. Les Autrichiens se sont retirés derrière TEms. C'est là que se fera la paix.

30 frimaire (21 décembre).

Tu recevras incessamment un joli petit habit de hussard pour Victor. Il a été mis à la diligence de Paris à Mézières, le 16.

Sauvage est arrivé, hier au soir, avec le commissaire des guerres qui m'accompagnait en Irlande. Il m'a apporté une lettre de Bernadotte, répétant que c'est par erreur que l'on m'a expédié le brevet de simple inspecteur aux revues ; Bonaparte lui-même a été trompé à ce sujet.

a Mais, continue- t-il, le Premier Consul, complètement éclairé sur tes services, m'a promis pour toi la place d'inspecteur général. Il a donné des ordres en conséquence au ministre de la guerre. Je lui ai observé que tu préférais rester en ligne, que ton intention n'était pas de renoncer à ton grade. Il m'a répondu que cet emploi ne t'empêchait pas d'être conservé sur le tableau des

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officiers généraux; que les généraux O Gauthier (tous deux inspecteurs généraux] dans le même cas. *

Les questions que j'avais Tintention de [ Premier Consul se trouvent ainsi résolue cepte remploi.

k nivôse (25 décem!

L'armée est au cœur des États hëré<i Elle y trouve facilement à subsister. More, des contributions suffisantes pour aligner 1 arriérée.

Nous ne savons rien de positif sur 1 d'Italie (I), mais les bruits de paix circule que jamais.

10 nivôse (31 décemb

Un nouvel armistice de 45 jours est coi des conditions désastreuses pour les Autri< Ils évacuent le Tyrol, en nous cédant les pla Passau et Braunau, les seules qui leur re pour garder Vienne.

(1) Ce jour même (25 décembre), elle gagne la bs Pozzolo, sur le Mincio, qu'elle franchit le 26,. et Brui Bellegarde à se retirer derrière l'Adige.

Brune avait investi Peschiera, masqué Vérone et s'ap passer l'Adige à Buisolengo, quand il apprit, le 1*^ janvi que Moreau avait conclu avec l'archiduc Charles Varva Steyer.

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Notre armée n'en est plus qu'à dix-huit lieues et, en définitive, l'Empereur a signé les préliminaires de paix dans les termes où ils avaient été arrêtés à Paris par le Premier Consul et le comte de Saint-Julien. Dn courrier les porte à Paris. Quelle humiliation pour l'orgueilleuse et superbe maison d'Autriche! Quelle gloire pour la République !

Je reçois l'ordre de me rendre, sans délai, à Paris, pour y exercer les fonctions d'inspecteur en chef aux revues, en remplacement de Garnot, nommé ministre de la guerre.

Ma blessure va tellement bien que je pourrais me mettre en route dès aujourd'hui; mais je veux la laisser se consolider encore cinq ou six jours ; puis je prendrai la poste.

Dès que je serai installé, je demanderai un congé de deux décades pour t'aller chercher à Philippeville et t'amener, avec Agathe et nos enfants, à Paris. Je vais écrire à un de mes amis pour qu'il m'y loue une maison commode, dans un quartier agréable.

16 nivôse (6 janvier 1801).

Je pars demain et je serais déjà en route, si le payeur avait pu me solder plus tôt les trois mois

S40 CORRESPONDANCE DU GÉNÉRAL JEAl

d'appointements qui m'étaient dus. Je t* arrivant à Strasbourg, d'où il te sera ei pâté de foie d'oie aux truffes, que vous :

en famille, en buvant à ma santé.

Je passerai par Dormans, où je ne \ avant le 28, parce que, ne voyageant que je n'irai pas bien vite. Écris-moi à Parii couvert du ministre de la guerre.

INSPECTEUR EN CHEF AUX REVUES De janvier à octobre 1801.

Strasbourg, 21 nivôse an IX (11 janvier 1801).

J'arrive seulement à Strasbourg. Les chemins sont si mauvais^ les jours si courts, qu'il ne m'a pas été possible de faire plus de vingt lieues par jour. Encore ai-je été obligé de mettre, plusieurs fois, six chevaux à ma voiture. Me voilà à peu près à mi-chemin de Paris. Le voyage ne me fait pas soufiFrir; ma blessure va bien et paraît devoir se cicatriser bientôt. Breuilly se charge de te faire passer le pâté aux trufiFes que je t'ai annoncé dans ma dernière lettre de Munich.

Tu dois être contente de mon retour en France, ma bien-aimée. J'y arrive presque guéri, ou du moins avec la certitude que ma blessure n'aura point de suites funestes. Je viens occuper une des premières places de l'État; sans compter l'avanie

tage inappréciable d'avoir auprès ( femme et mes enfants.

Je rapporte la certitude de la paix ment désirée, qui va mettre le combh de la République et assurer le bonh concitoyens. Nous Tavons achetée i notre sang; mais il faut que chacun de d'une manière ou d'une autre, sa dette et à la Liberté. Elle ne me coûte pas des milliers de vaillants soldats sont i reux que moi !

J'ai quitté Tarmée sous les meilleur Au moment où je montais en voiture, n tique m'a apporté une paire de gan Dans Tun d'eux, j'ai retrouvé mon mé croyais qu'on me l'avait volé à Strasboi dernière.

J'avais à peine fait dix lieues qu'u m'apportait la lettre dont voici la copie.

BUREAU 0E8 REVUES ET DE l'administration DES TROUPES

Paris, 15 nivôse an IX (6 jai

Le ministre de la guerre au citoyen i inspecteur en chef aux revues.

Je vous adresse ci-inclus, citoyen, voi

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d'inspecteur en chef aux revues, signé par le

Premier Consul le 3 de ce mois.

Le zèle que vous avez mis, jusqu^à ce jour,

dans tous les postes qui vous ont été contiés,

ajoute au plaisir particulier que j'ai de vous faire

cet envoi.

Alexandre Berthier.

Dormans, le 28 nivôse (18 janvier).

Me voilà à Dormans, dans cette bonne famille Vallin, qui parle de toi à chaque minute et désire ardemment te posséder.

Je comptais ne rester qu'un jour et demi, mais ma blessure me fait souffrir; ma main est enflée, la route Ta échauffée. Je me reposerai demain, et, le 2 pluviôse, au matin, je serai à Paris. Je logerai rue et hôtel de Grenelle, faubourg Saint- Germain.

Dès que j^aurai vu le ministre et les consuls, dès que je serai entré en fonctions, je m^occuperai de trouver une maison commode pour loger notre petite famille.

Une fois ma besogne en train, j^irai vous chercher. Je crains bien que notre petit Félix ne puisse supporter le voyage; les routes sont si mauvaises et si dures que la meilleure voiture ne

met pas les grandes personnes à Vi fatigue ; à plus forte raison, les tout pet Ne pourrions-nous pas le laisser à ta nous ramènerait au printemps; je lui ma chaise de poste pour qu'elle fasse agréable. Voyez si cela vous convient à deux.

Parif , 4 pluviôse (24 y

Je suis arrivé hier, vers midi, et me su rendu chez le ministre de la guerre, qu:

bien accueilli. J'ai vu aussi trois de mes c entre autres le général Olivier. Mon arriv fait plaisir. J'irai, tout à l'heure, chez Le Bernadotte, puis je demanderai une aud Premier Consul.

Je n'entrerai en fonctions que dans trois jours, le ministre voulant m'instc même.

On me propose un joli logement, tout avec cour et jardin, au prix de 1,800 fr an. Ce n'est pas cher; j'irai le voir dans la

Le général Mortier, que tu as connu à ( où il s'est marié, m'a chargé de le rappe souvenir, ainsi que le général Olivier, • grand plaisir à te revoir.

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6 pluviôse (26 janvier).

J'ai vu hier le Premier Consul, à Taudience qu'il donne tous les quintidis aux militaires, après la parade.

Rernadotte et Lefebvre étaient également flattés de me présenter. Je n'ai eu besoin ni de Tun, ni de Tautrej car, en entrant dans la salle où nous étions quarante officiers généraux ou supérieurs, le Consul est venu droit à moi et m'a dit les choses les plus obligeantes. Bernadotte s'est approché et lui a parlé de moi dans les termes que l'amitié bien sincère peut seule dicter.

Dans une heure, je me rendrai au Comité central des inspecteurs généraux et j'entrerai en fonctions. Je me mettrai bien vite au courant de ma besogne afin d'obtenir, au plus tôt, la permission d'aller te chercher.

L'inspecteur général aux revues Hardy à sa chère Calixle.

13 pluviôse (2 février).

J'ai trouvé un logement joli, commode, dans le plus beau quartier de Paris ; un peu cher, mais il est impossible de faire autrement. Il y a de l'eau

St46 CORRESPONDANCE INTIME

partout, même dans la cuisine, avantaj trouve que dans très peu de maisons à

Les appartements ne sont pas très g d'eux a vue sur le boulevard des Italiei petit jardin pour Victor.

J'ai reçu ce matin ta lettre du 9, qui de te rejoindre. Patience, un peu de p\ doux moment n'est pas éloigné !

18 pluviôse (7

Sénarmont part aujourd'hui pour Bel Mer, menacée par les Anglais et que 1 a failli dernièrement leur livrer. Son pè riette m'ont écrit pour m'inviter à les 8 Dreux; mais cela n'est pas possible à pr

24 pluviôse (13

Depuis six heures du matin, le can< entendre, mais ce n'est plus le canon d le signal de la mort!

C'est l'annonce de cette paix (1) tan qui va rendre le calme et le bonheur à

(1) Traité de paix entre la République françaisi reur d'Allemagne, signé à Lunéville, le 9 février 1( définitive de la Belgique et de la rive gauche d France; de l'Istrie, de la Dalmatie et des États l'Empereur.

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trie. Tu viendras ici, ma bien-aimée, partager Tallégresse que cause à tout bon Français un événement aussi glorieux.

Le premier Consul m*a invité à diner demain chez lui.

Après-demain, je partirai pour Philippeville, où j'aurai bien de la joie à t'embrasser, ainsi que Victor et Félix.

Voilà nof gens rejoints et je laisse à penser

De combien de plaisirs ils payèrent leurs peines !

Le général Hardy alla faire la connaissance de son petit Félix à Philippeville et il le laissa aux soins de il maman », la bonne grand'mère Hufty de Busnel.

11 ramena à Paris, dans sa jolie maison déjà meublée, la obère Galixte, sa sœur Agathe et le beau hussard Victor, qui put fiaire résonner son sabre sur le boulevard des Italiens.

Les cinq mois de bonheur qui suivirent n'ont pas d'histoire . Mme Hardy se lia étroitement avec Mme Bernadette. Elle l'accompagna souvent aux Tuileries et à la Malmaison, où Mme Bonaparte accueillait u la belle Galixte » avec autant de bonne grâce et d'affection que le premier Consul témoignait d'estime et de confiance à son mari.

Hardy quitte souvent Paris ; il est en Normandie en avril 1801.

Hardy, général de division, inspecteur aux revues, à sa femme.

Rouen, 25 germinal an IX (15 avril

Nous sommes arrivés aujourd'hui, ^ moi, à une heure, sans accident.

Demain, de grand matin, je me rendrai lieues de Rouen, pour remplir ma mission

Embrasse Victor et Agathe, et reçois, | seule, un baiser bien doux^ comme je n'en qu'à ma Galixte.

26 germinal (16 ai

Sî j'ai terminé demain à Rouen, con l'espère, je serai le 28 à Paris. Envoie Go; Nanterre, avec mes chevaux, à huit heu soir. Il m'attendra jusqu'à huit heures et < si je n'y suis pas, il rentrera à la maison viendra le lendemain à la même heure.

Le 17 juin, le commissaire ordonnateur (François) dénonce au ministre de la guer Tétat-major de la 6* division militaire (1) do général Hardy le titre d'inspecteur général i vues, alors qu'il n'a droit, d'après l'arrêté des <

(1) « La division est prévenue que le général Hardy

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en date du 27 messidor an YIII, qu'à celui d'inspecteur en chef.

Le général commence, le 30 juin, une grande tournée dans l'Est; il est chargé de l'inspection des troupes de la Franche-Comté, de la Lorraine et de l'Helvétie. Avant de partir, il a installé sa famille dans une villa, à Gréteil.

Hardy y inspecteur en chef aux revues^

à sa femme,

Dormans, 12 messidor an IX (i" juillet 1801).

Nous ne sommes arrivés qu'à une heure du matin à Dormans. Comtois t'aura conté nos péripéties dans les chemins de traverse. Une autre fois, je prendrai la grand'route.

Je suis allé hier à Troissy; l'ouvrage avance. L'escalier fera bon effet; on commence aujourd'hui le plafond du salon; la salle à manger est

leur général aux revues, va arriver incessamment et qu'il

passera la revue des troupes qui la composent.

« En conséquence, les chefs de corps se prépareront sur cet

objet.

« Le général commandant la 6* division^

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