JUNKER
S50 CORRESPONDANCE INTIM
jolie. Le jardin est bien tenu; nous i coup de fruits. Notre petit manoir * gentil.
Dijon, 15 mettidor
Je m^arréte à Dijon pour prend bains; ma main blessée ne peut pas J'en trouverai heureusement à Besai sanne, à Yverdun, à Berne et à Bàle.
bien me guérir, tout en faisant les l'État.
Mme L... vient d'arriver; la descen ture était une curiosité : deux femme grosse de huit mois; quatre petits ga petites filles, deux bonnes ; dix pers compter le cocher.
— a C'est la débâcle !» a dit le matti en déballant cette fourmilière.
Dieu te garde de semblables expédit
Berne, 25 messidor (14 joill
Je suis à Berne depuis deux jours ; j demain de bonne heure.
On va donner une nouvelle Gonsti Suisse. Les élections se terminent en et, comme on a craint du bruit dans qu tons, on a modifié certaines garniso
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obligé de courir jusque dans les Grisons et de prolonger un peu mon séjour ici.
Aux bainf de Schinznach (i), 29 messidor (18 juillet).
Au lieu d'aller courir dans les Grisons, j'y ai envoyé Robert (2). Pendant qu'il fera cette course, je prendrai les bains sulfureux de Schinznach.
L'eau douce ne me produit aucun eflFet.
2 thermidor (21 juillet).
Je m'ennuie ici à mourir. La maison des bains n'est remplie que de Suisses, fort épais et de figure à faire reculer. J'ai pour toute société un commissaire des guerres, qui est passablement bavard; au demeurant, bon diable.
Mes opérations dans les 2*, 3*, 4* et 5* divisions me demanderont moins de temps que celles de Suisse, où j'ai trouvé tous les corps en désordre ; au lieu que ceux qui me restent à voir sont parfaitement au courant.
17 thermidor (5 août).
Les bains ont fait sur moi un très bon effet. Tu
(i) Sur l'Aar, près du château de Habsbourg, berceau des empereurs d'Allemagne, entre Aarau et Brugg.
(2) L'inspecteur aux revues qui lui était adjoint pour ses tournées.
seras contente de me voir débarrassé c de ma blessure.
Je serai le 21 à Strasbourg, dont la gar retiendra trois jours; le 26, à Nancy et, k tidor, à Metz. De là, je me rendrai dans 1 sion; je présume que mes opérations n pas bien longues.- Si j'en vois la possil ferai une fugue de Mézières à Philippevil embrasser notre petit Félix.
Strasbourg, 26 thermidor (14 i
Arrivé avant-hier à Strasbourg, je Io( Debilly, qui n'a pas voulu me laisser à Ta
Je finirai demain toutes mes opéra!
m'acheminerai vers Nancy. Je n'ai pas un toi ; tu me réserves sans doute pour le toutes les choses que tu aurais à me dire.
Nancy, 2 fructidor (20 ac
Les régiments de carabiniers m'ont don besogne telle que je n'ai pu quitter Lu qu'hier. Je serai à Metz après-demain.
Ne t'impatiente pas, mon cœur; je vais vite possible et tout le monde, excepté toi, que j'expédie promptement. Partout on m'î de caresses, d'honneurs, de fêtes. Les
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gens soumis à mon inspection revoient avec plaisir un général qu'ils ont connu à la guerre.
Mais je ne m'endors pas sur le gala ; j'ai refusé un grand souper et un bal, que les carabiniers avaient préparé pour moi. J'ai pris gîte chez Robert, qui n'est qu'à deux petites lieues d'ici. Mme Robert a invité vingt-cinq personnes au dîner qu'elle donne pour moi et que je ne puis refuser. Elle me charge de te dire son regret de ne pas te posséder aussi.
Metz, 7 fructidor (25 ami).
Je pars demain, à portes ouvrantes, pour Mézières. Je m'arrêterai à Mouzon, pour céder aux vœux de mes compatriotes. Je n'irai ni à Luxembourg, ni à Thionville, ni à Sarrelouis, ni à Sarreguemines, tant il me tarde d'être revenu à Créteil!
Philippeville, 14 fructidor (i^ septembre).
Gronde et gronde bien fort, bien souvent, bien longtemps, ma bonne Calixte^ je n'arriverai pas plus tôt. Que veux-tu ? C'est une série de travaux, de courses et de plaisirs auxquels il faut se résoudre. Tous ces plaisirs ne valent pas celui que j'aurai à t'embrasser, au retour.
Je serai à Créteil le 22. Tu m'enverras, la veille,
Comtois, avec trois chevaux, à Lagny.
chemin, puisque c'est là qu'il m'a dép je suis parti. Pour que le voyage soit pendieux, il prendra du foin ficelé et d pour deux jours.
Je suis arrivé à onze heures du matin peville; j'ai surpris la famille, que je n prévenue. Félix est un enfant charmant, que j'aurais mangé de caresses si je n peur de le faire crier. Oh ! mon bel an^ te sais gré de m 'avoir donné une si belle ture ! Continue ; il n'y en aura jamais ass
On ne peut être reçu avec plus de cor de déférence que je l'ai été à Mouzon. B patriotes m'ont porté sur la liste départe avec plus de quinze cents voix; je serai ii la liste nationale (I).
L'inspecteur en chef aux revues, présiden mité, au général de division Hardy, ù en chef.
Paris, 3 yendémiaire an X (23 septembre
Le Comité, mon cher général, a reçu e1
(i) C'est-à-dire «ligible au Sénat et au Corps législ
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autant de plaisir que d'intérêt votre excellent rapport au ministre de la guerre sur ^la situation des corps que vous avez inspectés pendant votre tournée, ainsi que vos observations sur Tadministration intérieure des conseils d'administration.
Le Comité ne doute point que le ministre n'apprécie votre travail, et il saisit l'instant où il va lui rendre compte des revues du trimestre de nivôse, pour lui soumettre les observations importantes qu'il contient. Il en usera de même à l'égard de celles qu'il a reçues de nos collègues, de manière que le Comité puisse lui présenter un travail complet sur les inspections, l'avantage dont elles jouissent et celui que l'on en peut retirer, si le gouvernement continue à nous laisser cette branche importante de l'administration militaire.
Salut et amitié
Yillehangy.
Le ministre de la guerre au général Hardy ^ inspecteur en chef aux revues.
16 vendémiaire (8 octobre).
Je viens de lire, citoyen général, le rapport que vous m'avez adressé sur votre tournée dans les
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2r, 3% 4% 5* et 6* divisions militai vétie, pour la revue des troupes qui nées. J'ai vu avec plaisir que si q laissaient encore à désirer pour Ton larité de leur administration, la n remplissait, avec exactitude et suc tions qui lui sont confiées.
Les instructions que vous leur pour guider leur marche, en dirigeai régulier leurs efforts et leur zèle, ne contribuer à rendre à cette partie c clarté et la précision qu'elle exige.
Je vous remercie des observation nent votre rapport. Celles qui traitent sont trop importantes pour que je ne pas de remédier aux abus.
J'ai lu, avec la même attention, vol sur les demi-brigades helvétiques; l'objet d'un rapport aux Consuls.
Je vous salue.
Alexandre Beb
Hardy à sa femme,
Paris, 4 vendémiaire an X (26 septe;
Je croyais te revoir ce soir, mais je
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ministre de la guerre et, comme on dîne fort tard chez les minisires, je serai encore obligé de coucher ici.
A demain, chérie.
Berthier invitait Hardy à dîner pour lui apprendre que Bonaparte Tavait nommé président du Comité central de l'inspection générale, en attendant mieux. Ce mieux, c'était le ministère de l'administration de la guerre, qui fut créé le 8 mars 1802 et que le premier Consul lui destinait.
Mais Hardy avait assez déjà des fonctions administratives. Sa blessure était fermée, sa sciatique vaincue; il était impatient de sortir le sabre du fourreau.
Oubliant le serment qu'il avait fait, au retour d'Irlande, qu'on ne le prendrait plus à courir les mei*s, il accueillit avec transport l'offre que lui fit Leclerc, de prendre part, comme général de division, à l'expédition de Saint-Domingue (1).
(1) En abolissant l'esclavage, la Révolulion avait livré notre belle colonie de Saint-Domingue à Vanarchie noire.
Un ancien esclave, <l*une volonté de fer et d'une vaste intelligence, le nègre Toussainl-Louverture, y était devenu toutpuissant. Il avait su persuader au Directoire que la France n'avait pas de serviteur plus fidèle que lui et, en mars 1797, il avait été nommé général en chef de la milice coloniale. Toussaint organisa « son armée » en divisions, brigades et bataillons, choisit ses généraux, imposa à ses troupes la plus rigoureuse discipline et les rendit assez redoutables pour obliger les Anglais, qui occupaient Port-au-Prince, à se rembarquer.
Le premier Consul partagea l'opinion du Directoire et con-
Il ne se doutait pas, en s'asseyant, à la table de Pauline Bonaparte, qu'il l'ao Tannée suivante, à Haïti et qu'il y :
avoir accompli ses hautes, destinées.
firina Toussaint dans son emploi de générai ei justifia cette confiance en prenant possession de et de la partie espagnole, cédée k la France ] Bàle (1795), et que nous n'avions pas encore oc
Il se crut alors « le Bonaparte de Saint-Doi c^ara que la colonie ne pouvait plus exister sans
Le Bonaparte de Marengo, éclairé sur les pro dance de son émule, déchira la constitution qu'i et envoya une flotte et une armée à Saint-Don rétablir l'autorité de la métropole.
EXPÉDITION DE SAINT-DOMINGUE Du 26 octobre 1801 au 27 mai 1802.
A bord de la Révolution^ en rade de Brest, 4 brumaire (26 octobre).
Me voilà en rade, attendant, comme toute i^escadre, que le vent favorable nous pousse en pleine mer. Jusqu'à ce moment, il a été contraire, mais il peut tourner au Nord. Nous sommes parés à tout événement.
Un arrêté des Consuls nous permet de laisser à nos familles le quart de notre traitement. Je remets à l'inspecteur aux revues Le Doyen une délégation pour que tu touches 1,125 francs par trimestre.
J'espère, au retour de Saint-Domingue, avoir acquis, par des voies licites et honnêtes, de quoi assurer ton bien-être, élever nos enfants, et nous mettre à Tabridu cap ricedes hommes puissants!
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brumaire
J'apprends avec plaisir que la sa lagée et que notre cher petit Victo en mieux. Dieu veuille que tu fat ment tes couches et que tu me doni une petite fille te ressemblant.
Tu me parles du chagrin que te ci paration. J'y prends plus de part < et je chercherai tous les moyens de 1
Crois-tu qu'il ne m'en coûte pai toi?
Je ne sais si mon sacrifice sera app qui ont charge de m'en récompeo ferai mon devoir, je travaillerai à 1 de notre sort et, au retour, nous 8( mages.
Ta sœur Agathe ne sera pas oubli< vous, mes bonnes amies, pour mes je vais encore tenter la fortune; ell peut-être à me sourire!
Nous attendons le vent favorabl reiller; il change à tout instant et i beaucoup. Nous espérons que la nouveau quartier, le fixera et nou$ reusement et promptement à destins
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J'ai reçu une lettre de Sénarmont, qui approuve fort la résolution que j'ai prise. Il voit la chose sous son véritable aspect, parce que lui raisonne le métier.
Bonsoir, ma bien -aimée Galixte ; tranquillise-toi sur ma santé et sur mon sort.
Je t'envoie mille baisers bien tendres en te priant de les partager avec Victor et Agathe. Je vous aime bien et vous aimerai jusqu'à mon dernier soupir.
Le 7, à sept heures du matin.
Le vent devient bon ; l'amiral fait le signal ; il est possible que nous partions aujourd'hui.
Encore un baiser!
Ce n'était pas le dernier adieu. Le départ fut retardé; Bonaparte avait persuadé à sa sœur Pauline d'accompagner son mari à Saint-Domingue, et Leclerc alla chercher sa femme à Paris ; Hardy l'accompagna. Galixte aurait voulu partir comme Mme Leclerc ; mais elle avait de nouvelles espérances de maternité et, surtout, elle ne voulait pas quitter Victor et Félix. Les emmener, c'était impossible ; elle redoutait pour eux la traversée, la guerre, le climat, la fièvre jaune ! Hélas ! peut-être avait-elle le pressentiment qu'elle ne verrait plus son « bien -aimé général » .
Cette séparation fut plus cruelle que les autres et c'est dans les larmes que s'acheva leur roman d'amour
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conjuguai, après quatre années d'un .
nuag^e.
Rennes, 26 brumaire (17 i
Lcclerc n'ayant cheminé qu'à petit à cause de sa femme qui ne supports turc, notre voyage s'est fait très le; suis arrivé à Rennes hier à deux hei dotte a donné un grand dîner, suivi d*i pour faire ses adieux à Mme Leclerc.
sa femme. Le ménage me précède; partir, il y a une heure ; de sorte que rai continuer ma route que ce soir, fa vaux. Pour peu que ce train-là con serai pas à Bre.st avant trois jours. \ prévu, je serais resté plus longtemps p pourrai recevoir ta réponse, car nous pas encore prêts. Je t'écrirai jusqu'au mettre à la voile.
A bord de la Révolution, en n 8 frimaire (29 novembre)
Nous nous attendions à quitter la ra Le vent est bon ; mais l'amiral Villarel le trouve pas assez fixé. Il est possib!
soyons encore ici dans trois ou quatre dfné, hier, à bord du vaisseau -am
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trouvent le général en chef et sa femme. Elle se plaint déjà de migraines^ de maux de cœur. Elle parle de Paris avec un intérêt qui fait croire qu'elle le regrette beaucoup. Elle a cependant un très joli appartement sur le vaisseau fOc^an; mais cela ne vaut pas son boudoir de la rue de Courcelles. Et puis (entre nous soit dit), je crois que la petite madame s'écoute beaucoup et prend quelque plaisir à se plaindre.
Elle et son mari me font toujours mille amitiés; Leclerc m'a dit et promis les choses les plus flatteuses. Je tâcherai de conserver leurs bonnes grâces.
16 frimaire (7 décembre).
Le temps est affreux, le vent contraire ; impossible de sortir!
Toussaint-Louverture n'a pas pu faire accepter sa constitution. Pendant qu'il l'envoyait en France pour la faire sanctionner par le gouvernement, il cherchait à renforcer son armée insurrectionnelle en achetant des nègres à la Jamaïque (1).
Les Anglais n'ont pas permis qu'on lui en vendit un seul. Déconcerté, il a présenté de nouveau
(1) Colonie anglaise.
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sa constitution, qui a été, une se refusée par les Consuls.
Les colons ont appris avec une joi les préliminaires de la paix entre la TAngleterre. Les nègres désertent le de Toussaint pour redemander du tra^ anciens maîtres.
Tout fait espérer que nous serons cueillis.
22 frimaire (13 àk
Enfin, le signal d'appareiller est donc vaisseaux, plusieurs frégates et corvette
(1) Trois escadres avaient été réunies à Brest, à à Lorient, pour transporter l'armée de Leclerc à i gue. Celle de Brest, la plus importante, sous le ment direct du commandant de la flotte, le vice-am Joyeuse, était renforcée par l'escadre espagnole amiral Gravina (cinq vaisseaux : Neptuno, de Guerrero, San Pablo, Francisco de Pauloy FrancL de 74 canons ; six frégates : la Soledad, la Sirène, c la Furieuse, de 44 canons; la Fraternité, la 1 Fidèle, de 36 canons; trois corvettes : la Cigogn verte y la Vigilante; un cutter, le Poisson-Volant ports : la Nécessite et la Danaè), Elle comprenai de 120 canons, t Océan, et neuf de 74, le Atont-B, loiSf le Patriote, le Cisalpin, le J.-J.- Rousseau, h le Révolutionnaire, le Duquesne, leJemmapes. Su français ou espagnols, 7,000 hommes étaient embi
L*e8cadrc de Rochefort, sous le pavillon du ^ Latouche-Tréville, comprenait un vaisseau de 8<
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partis. Demain, à la pointe du jour, nous les suivrons. ' '
J'ai vu Leclerc ce matin. Il n'a pas encore organisé son armée ; mais il m'a dit que, comme il comptait sur moi plus que sur tout autre, il voulait m'avoir près de lui.
Je commanderai la partie nord de Saint-Domingue ; Boudet, la partie ouest ; Rochambeau, la partie espagnole.