CORRESPONDANCE
dans le duché d'Holstein, apps Danemark.
Cet acte d'émancipation proi rinstinct de la propriété.
Cette propriété étant bien étal parti que peut en tirer la Répubi
Les États de Juliers et de B dettes de Jean-Guillaume : Jul:
Berg pour 2/5.
. La République française a] limites jusqu'au Rhin, et le ducht étant acquis, il n'y a pas de doute galerie ne nous appartiennent. Il i sible que le duché de Berg ne se s< mesure, de ses 2/5 et qu'il fût di céder contre argent ou pour quelq la position actuelle de nos armée lui accorder.
L'affaire, bien claire quant au quelques difiîcultés, sinon des di des prétendants à la succession de tin. Le roi de Prusse, à qui doivei et Berg o par survivance » , fera 1 avoir les galeries de Dusseldorf, c du duché de Juliers.
Il faut que le gouvernement
[l798] DU GÉNÉRAL JEAN HARDY 45
avant le roi de Prusse. La galerie est à Gluckstadt, à Fembouchure de TElbe, et peut être facilement embarquée pour la Russie. C'est le parti que prendront les commissaires des États, s'ils apprennent que la France veut s'en saisir, et si le bruit d'une pointe des Français en Hanovre s'accrédite. 11 serait prudent d'envoyer à Gluckstadt un agent sûr, qui prendrait sur les lieux les mesures nécessaires pour assurer à la France la possession de la galerie de Dusseldorf.
Au printemps de 1798, le général Hardy est appelé à Lille pour commander une division de cette armée d'Angleterre, qui sera encore une fois licenciée avant d'être embarquée. Le Directoire ne l'avait d'ailleurs formée que pour donner le change au roi Georges et à ses ministres, pendant que Bonaparte préparaît l'expédition d'Egypte.
ARHEE d'aNGLET
4 et 5 mai 1798.
Le général Hardy à sa
Lille^ 16 floréal an
Ghampionnet n^a pu me donn gnement sur ma destination; il Boulogne, où Grenier saura p chose. Je n^en bougerai pas que intentions définitives du général 1
L'état-major de Ghampionnet < bal superbe aux belles de Lille, six jolies tètes et rien de plus ; en coup d'élégance et de clinquant.
J'ai été parfaitement accueilli de J'avais projeté d'aller, ce soir, à Sa comme nous sommes restés jusqu' matin au bal (où d'ailleurs je n^ Ghampionnet m'engage à coucher
CORRESPONDANCE DU GÉNÉRAL JEAN HARDf 47
tais. Je ne partirai pour Boulogne que demain, à t{Uatre heures du matin.
Boulogne-8ur-Mer, 17 floréal (5 mai).
Affivé hier^ à neuf heures du soir, à Boulogne, je n*ai vu Grenier que ce matin. L^armée est si mal organisée que personne ne s'y reconnaît.
Tout me fait présumer que je ne serai pas longtemps ici; il est possible que je revoie bientôt les -bords du Rhin. A la tournure que prennent les choses, il n'y a pas d'apparence que la descente en Angleterre s'effectue. Je viens du port; c'est pitoyable; on ne sait rien. J'irais à Calais dans deux ou trois jours; on m'a prévenu que je n'y verrai guère plus qu'ici. Vingt-cinq mille hommes sont en route pour le Haut- Rhin; ce n'est pas là le chemin de Londres!
Et, en effet, le Directoire renonce à la tentative de descente en Angleterre ; les divisions réunies au camp de Boulogne sont renvoyées aux armées de la frontière de l'Est; le général Hardy retourne vers le Rhin.
ARHÉE DE HAYEN du S au 5tt juin 1798.
Le général Hardy àsaj
Colmar, 15 |
Le général Lefebvre a été rete des raisons que le gouvernement Tattends à Golmar, avant de me r gue, aux portes de Bàle, pour ne de revenir prendre ses instruction)
On ne sait pas ce qui sera décid La Suisse est tranquille ; assez * qu^on n'ait rien à en craindre.
22 pi Lefebvre vient d'arriver. Il org.
(1) Les plénipotentiaires de TEmpire { réunis à Rastadt pour traiter toutes les ques paix avec les représentants d« la Républiqu Bonnier et Roberjot.
son corps d'observation. Je retournerai du côté. de Strasbourg. Il ne sait pas mieux que moi ce que nous allons devenir. Nous voilà subordonnés plus que jamais aux événements et livrés aux conjectures.
Hardy, commandant la 2* division du corps d'observation du Haul-Rhin, à sa femme,
24 prairial (il juin).
Je pars demain pour Huningue, où je vais prendre le commandement de la division de Duhesme, en attendant qu'il arrive. Je serai tout près de Bàle, où je visiterai, de temps à autre, les camarades de Suisse. Mon intention n'est pas de prendre mon quartier général à Huningue même, mais dans un village voisin, où la vie sera moins chère. Cependant écris-moi toujours à Huningue.
J'avais cru que Lefebvre nous apprendrait du nouveau; j'ai lu ses instructions; elles ne disent rien. D'ici à quinze jours ou trois semaines, il faut qu'on en finisse à Rastadt, d'une manière ou d'une autre.
A Bourg-Libre (Fort-Louis), le 2 messidor (18 juin).
J'ai de nouvelles troupes, qui viennent de l'armée d'Italie, où la discipline est très relâchée.
50 CORRESPONDANCE INTl
Il est urgent de remonter les resso je les verrai souvent, en détail. *
J'arrive de Bàle. Rien de triste ce cloaque^ où tout ce qui respire ne V( ne rêve qu'argent!
Huningue, 6 messu
Bàle réclame sa réunion à la B elle l'obtient, j'irai m'y établir.
Tu me demandes comment je Huningue. Mal! Tous les habitants trebandiers, qui ont fait plus ou mo ce métier; ils ne révent qu'argent, intérêt; leur avidité est sordide; leui butante; fort sots d'ailleurs et peu n'ai pas encore rencontré une fem l'on put causer agréablement; la ] laides, hautaines, sales à faire peur; ne songent qu'à fumer et à boire. Ai nuie à périr.
Je suis logé dans une gargote, où j cevolr personne ; je couche dans une ci grande comme notre cabinet de toilett peville. Notre table coûte un prix fo sert si malproprement, avec tant de que je suis rassasié avant de déplier n
Les six francs que la loi m^accorde pour mes chevaux ne suffisent pas pour nourrir les six que j'ai. On demande à nos domestiques trente-six sous par jour, pour leur faire manger de mauvais légumes ou un maigre morceau de basse viande.
Dans la cassine que j'habite, je suis assailli, toutes les nuits, par les puces, les punaises, les moucherons, les hannetons, les cousins. (Au diable la parenté !) Depuis que je fais la guerre, je ne me souviens pas d'avoir encore été aussi mal logé. Mais c'est notre sort, à nous militaires, d'habiter aujourd'hui un palais doré, où nous couchons dans le duvet, et demain d'avoir une écurie pour gîte, avec un grabat, fait de la litière de nos chevaux!
Je n'ai d'autre distraction que la société de trois bourgeois de Bàle, artistes amateurs, chez qui une àme charitable m'a introduit depuis quelques jours.
J'irai demain à Colmar, où la société est char* mante. J'y verrai le général Lefebvre et tâcherai de savoir si nous devons rester longtemps dans cette situation. Dans ce cas, je changerai de village.
EXPÉDITION d'iRLANDE de juillet à octobre i798«
Le général Hardy à safemt
Paris, 27 messidor an Y l (14 ju
Tu ne t'attendais pas à recevoir lettre datée de Paris; je ne songeais p; à te l'envoyer.
(1) En juillet 1798^ après le départ de i TEgypte, le Directoire reprit brusquement son ] la guerre dans les iles Britanniques.
La révolte de l'Irlande, noyée dans le sang { den, couvait encore sous les ruines, malgré les \ mence adoptées par le nouveau vice-roi, lord Ce
Le gouvernement français décida qu'on envei dais-Unis un chef, le général Hardy, cinq mil troupes aguerries» de l'argent, des armes et c Deux divisions navales, réunies à Brest et à Roi mises à la disposition du général Hardy. La pi celle de Brest, comprenait un vaisseau, huit aviso, sous le commandement de Bompard, m expérimenté. Nous verrons, par les lettres qui si misérables questions administratives la retinrei jusqu'au 17 septembre, dans la rade de Brest, bl escadre anglaise.
Le 19 messidor, à 9 heures du soir, le télégraphe apportait à Strasbourg un ordre de Scherer, ministre de la guerre, expédié de Paris le même jour à sept heures Su soir, prescrivant au général Sainte-Suzanne, commandant d^armes, de me dépécher un courrier, pour que je me rende sur-lechamp, en poste^ à Paris, Le 20 au soir, je recevais le courrier; le 21, je faisais mon paquet; le 22, à neuf heures du soir, je partais d'Huningue; le 25, à dix heures du soir, j^étais à Paris. Hier matin, 26, j'ai vu le ministre et les directeurs. Dans quatre ou cinq jours je partirai pour Brest.
Que vais-je y faire? Je n'en sais rien encore. J'ai quitté Barras hier, en pleine fête; il m'a donné rendez-vous aujourd'hui à midi. Je dine ce soir chez le ministre. Le prochain courrier t'en apprendra davantage.
Paris, 29 messidor (16 juillet).
J'ai dîné hier au Luxembourg; Barras m'a dit qu'aujourd'hui ou demain j'apprendrais du nouveau.
Je suis attendu chez le ministre des relations extérieures ; j'y cours
54 CORRESPONDANCE INTl
Paris, i* thermidi
Je partirai après-demain matin terminerai demain matin toutes me le Directoire et les ministres.
Le général Hardy , commandant et expéditionnaire d^ Irlande, au citoy nistre de la marine.
Brest, 15 tliermidc
Vos instructions m^ont été remises le général Terrasson, qui m'a comm lettre. Vous me pressez de partir, autant que vous.
Le gouvernement a certainement l'expédition réussisse, mais il n'en a donné les moyens. La Trésorerie e remplit pas les promesses qu'elle avant mon départ de Paris. L'ordc 135,000 francs que le Directoire a mis position devait me précéder à Brest, de la 13* division n'en a même pas Cependant il rassemble les fonds; il n Trésorerie qui le retienne.
Je me suis concerté avec le chef d Bompard. Il résulte de notre conférei
flotte est prête à mettre à la voile. Ce qui reste à embarquer peut Tétre en moins d'une matinée, mais ce qu'on a fait pour l'équipage et pour l'étatmajor ne sufBt pas. II est indispensable que vous accordiez encore un mois de solde d'avance. La majeure partie de mes troupes, embarquée depuis vingt jours, a dépensé les deux tiers de ce qu'elle a reçu. Il ne reste plus rien à la Marine pour faire de nouveaux approvisionnements et nourrir les passagers. Les officiers de marine et leurs matelots réclament un arriéré de plusieurs mois. On avait promis aux troupes de terre une avance de trois mois de solde; il n'y a pas à la caisse du payeur divisionnaire de quoi en payer un seul et, aurait-il des fonds, qu'il n'a pas d'ordres.
J'ai passé les troupes en revue ; je les ai trouvées dans un état de nudité qui fait pitié. Il ne reste pas une guenille dans les magasins de Brest. J'ai cependant, à force de sollicitations, obtenu de l'ordonnateur en chef de la Marine une chemise bleue par soldat. Je devais trouver deux mille habits d'uniforme, des gibernes, des armes, pour les transporter en Irlande ; je ne sais si le département de la Guerre a donné des ordres, mais il n'y a rien de tout cela à Brest.
C'est encore la Marine qui a bien voulu me prêter
56 CORRESPONDANCE INTl
cinq cents briquets pour armer et les sous-ofBciers. La cavalerie devait se trouver à Guincamp; ell Nantes et ne pourra pas être à Bi jours. Je devais avoir deux cents ci n^en trouve pas cent, tant à pied qi
Enfin, le commissaire des Guerre nistrations ne sont pas encore arriva
Je suis convaincu qu'il me suffir nistre, de vous faire connaître ces d qu'elles soient levées. Le moyen le est Targent; sans argent, on ne fait ]
16 thermîi
J'ai reçu ce matin les adresses < Irlandais, en français et dans leur 1 répandrai à profusion dans le pays.
Je vous envoie copie de ma procla ferai distribuer en abordant en Irlan<
Ze général commandant t armée en Irlande y aux Irlandais ré
Irlandais,
La persécution que vous éprouvez nement atrocement perfide a excit
ments d'indignation et d'horreur dans Tâme des amis de rhumanité. Tous les hommes libres déplorent votre malheur et admirent votre constance. Vos plaintes ont retenti dans toutes les parties du globe ; mais votre cause est devenue particulièrement celle du Peuple français.
C'est pour vous prouver son affection, c'est pour seconder vos généreux efforts que le Directoire exécutif de la République française m'envoie vers vous.
Je n'aborde pas votre île pour y porter le ravage et vous dicter des lois. Compagnon d'armes et ami de Hoche, je viens remplir ses engagements (I) et vous tendre une main secourable. Je vous apporte
(i) En 1796, HocKe avait appuyé auprès du Directoire les propositions de Wolfe-Tone' et de Napper-Tandy, chefs des patriotes irlandais, qui assuraient que le débarquement d'une seule division française en Irlande serait le signal d'un soulèvement général.
— « Le plus court chemin de Londres, disait le pacificateur de la Vendée, c'est par Dublin! »
On l'avait chargé de l'entreprise. Quinze vaisseaux de ligne, douze frégates, six corvettes, neuf transports avaient quitté Brest, le 16 décembre 1796, pour conduire dix-sept mille Français sur les côtes d'Irlande. Le lendemain, la tempête avait dispersé cette flotte. Hoche et l'amiral Morard de Galles, montés sur la frégate la Fraternité y avaient débarqué, en janyier 1797, dans l'ile de Ré, sans avoir pu tenir les promesses faites aux Irlandais.
58 CORRESPONDANCE INTIl
des armes, des munitions et les m< affranchir d^un joug barbare.
Je vous présente mes braves coi ne connaissent que le chemin de V victoire. Vieillis dans Tart de vainc sous quelque forme qu^ils se préseï dront leur courage au vôtre, leurs vos piques, et Tlrlande sera affranch
Victimes infortunées du plus exé> tisme, qui gémissez dans les cachot terre, ouvrez vos cœurs à l'espérance ront brisés !
Irlandais qui avez vu vos maisons • les flammes, vous les verrez reconstr
Apaisez-vous, mânes innocents de d'O'Coigley, d'Edward Crosbie, de 1 de Thomas Bacon ; votre sang, versé j sainte de la liberté, cimentera l'indéj votre Patrie. Il coule dans les veines « patriotes, et les Français vont châtie reaux !
Jean
A madame Hardy , à Philippeville.
Brest, 19 thermidor (6 août).
J^al reçu enfin les instructions du Directoire. Sans quUl me dise encore bien positivement où j'irai, une division de dix navires (1) est prête à mettre à la voile. J'y embarque quelques milliers d'hommes avec de Tartillerie et des munitions; au premier vent favorable, nous partirons. D'ici là, je saurai sans doute où je dois aller, ce que je dois faire, et je t'en instruirai.
Que ce voyage ne te cause pas la moindre inquiétude ; c'est l'afiFaire de trois à quatre mois.
(1) Le vaisseau le Hoche, de 74 canons, commandant Bompard, chef de division.
Les frégates : la Romaine, de 44 canons, commandant Bergevin, capitaine de vaisseau; l* Immortalité, de 44 canons, commandant Legrand, capitaine de vaisseau; la Loire, de 44 canons, commandant Segond, capitaine de frégate ; VEmbuscade^ de 36 canons, commandant Clément de la Roncière, capitaine de vaisseau; la Coquille, de 36 canons, commandant Déperonne, capitaine de vaisseau; la Bellone, de 36 canons, commandant Jacob, capitaine de frégate; la Résolue^ de 36 canons, commandant Bargeau, capitaine de frégate ; la Sémillante, de 36 canons, commandant Lacouture, capitaine de frégate.
L'aviso la Biche,
Les gazettes, à Brest, comme à Pai s^occupent beaucoup de notre expédit affirment que nou& allons à Malte, d^a Domingue, à la Jamaïque, en Irlam ne sait au juste de quoi il est questio
L^opération dont je suis chargé i périlleuse qu\ine autre ; elle me donn travail, mais elle me fera honneur, n'avais pas un plein succès. Plusieurs division distingués, Championnet p ont demandé au Directoire le commi l'expédition. Je leur ai été préféré san démarche; à telles enseignes que le arrivée à Paris, je ne me doutais pas m'y avait appelé.
Mes aides de camp, Yallin et S{ arrivés hier, en poste.
27 thermidor (mard
Le courrier m'a apporté Tordre de voile et de me rendre en Irlande pour les Anglais, en assurer Tindépendanc niser l'autorité civile et militaire.
a Partez, m'écrit le Directoire, part l'Irlande vous attend, partez! La gloi pays, le salut d'un million de malh
VOUS tendent les bras et la confiance du Directoire en dépendent. »
Pour instructions :
tt Dévouement, audace, loyauté, respect des mœurs, des personnes et des propriétés. Voilà ce que le Directoire vous sait capable d'accomplir; voilà ce qu'il attend de vous ! »
Ce voyage n'est pas plus dangereux qu'un autre. Si le Ciel favorise notre traversée, qui ne doit pas durer plus de cinq jours, si nous abordons heureusement, alors je réponds du salut de Tirlande I
Adieu, ma belle amie, ma bien-aimée Galixte.
Je te quitte pour me rendre à bord du vaisseau le Hoche, J'espère être plus heureux que le héros dont il porte le nom.
A Bruix, ministre de la marine.
3 fructidor (20 août).
Tous les éléments paraissent s'entendre pour bous clouer dans la rade de Brest et y enchaîner l'ardeur de nos troupes. L'escadre anglaise augmente à vue d'oeil; hier, elle nous a présenté quarante-deux voiles qui, à la chute du jour, étaient encore en ordre de bataille en face du Goulet»
J^aurais peine à vous dire qui est 1< de tous ces contre-temps, de Bompar Nous n'avons, ni l'un ni l'autre, le mo à tant d'inconvénients.
Cependant, en me reportant à c m'avez dit dans le principe et à c m'avez écrit depuis, qu'il importe si voyer un général aux Irlandais, il me idée que je vous soumets.
Je partirai de Rochefort (ou de 6 vingt officiers bien choisis, quatre cei (infanterie, artillerie et hussards), quel de campagne sur deux bonnes frégate:
dées par des capitaines éprouvés, promptement en Irlande sans accident
Pendant que je travaillerai sur les I naître l'esprit public, à préparer la i projet du gouvernement, la division, i( attendre qu'une bourrasque violente i cadre anglaise sur ses côtes ou dans 1 ce qu'on ne peut guère espérer avar maines, c'est-à-dire avant l'équinoxe.
Vous apercevrez aisément, citoyen que ce projet n'est point celui d'un m quelle que soit l'opinion que vous en { repentirai d'autant moins de vous l'avoi
que j'espère, par là, vous convaincre que si les intentions du Directoire exécutif n'ont point été jusqu'à ce moment remplies, il n'y a pas de ma faute.
Je me plais à vous répéter que le désir le plus ardent de partir anime toutes les troupes, qu'elles brûlent d'impatience de voir arriver le moment où elles pourront faire briller leurs baïonnettes victorieuses aux yeux d'un peuple digne de la liberté, et que ces sentiments sont bien partagés par leur chef.
jP.-aS. — Dans le cas où vous approuveriez mon projet et où vous ne voudriez pas détacher Bompard de sa division pour lui donner le commandement de la flottille, je vous recommande son second, Maistral, capitaine de frégate.
4 fructidor (21 août).
Depuis quelques jours, un calme profond régnait dans nos parages ; à peine les flammes des bâtiments mouillés dans la rade nous indiquaient^ elles positivement quel semblant de vent nous avions.
Hier, vers la brune, nous eûmes un bon frais ; Bompard, cédant à son impatience et à la nôtre, et voulant enfin exécuter les ordres du gouverne-
ment, donna Tordre à la division d^ A notre sortie du Goulet, tout se:
favoriser ; le temps s^obscurcit, la lune brise devint plus forte. Nous filions 1 nœuds ; nous aurions certainement ligne ennemie, bien qu'elle fût de qi voiles, et nous nous serions trouvés, au notre vaisseau et les huit frégates, à lieues de terre, si un événement mal nous eût arrêtés. A hauteur de la p Mathieu, deux de nos frégates, la Fra Bellone (1), s'abordèrent et se firent mi
(1) « Notre frégate, la Bellone, fut abordée [ Fraternité, que la trop grande obscurité de la n chée de nous voir et de nous éviter. Les deux v« chés par leurs manœuvres, se heurtaient avec était grosse et nous filions sept nœuds (deux lie l'heure. Le choc fit tomber à l'eau un matelot Le maître d'équipage Calwess sauta dans la mer rir ; il le saisit par les cheveux et le ramena à h vouloir changer ses vêtements -mouillés, treml Calwess courut à son poste, grimpa, comme i cordage en cordage, encouragea les matelots, n les manœuvres rompues et ne pensa à lui que q plus tard, quand l'ordre fut rétabli, le calme rev deux frégates, enfin séparées, eurent repris trant marche. »
(Rapport au général Hardy du chef d*escad embarqué sur la Bellone.)
des avaries. Les marins vous en rendront un compte détaillé.
Cet accident arriva sous nos yeux ; Tennemi, que nous frisions alors, s^en aperçut; il tira un coup de canon, lança force fusées et multiplia ses signaux pour avertir Tescadre, qui ne tarda pas à répondre.
Bompard, voyant son projet découvert, crut qu'il était prudent de virer de bord. Le reste de la nuit fut employé à regagner la rade, où nous entrâmes au point du jour, après avoir fait cinq lieues marines.
C'est grand dommage que nous ayons eu cet accident ; le coup était audacieux. Il aurait redoublé l'énergie de nos marins, déconcerté les Anglais et nous aurait fait grand honneur. Il nous reste celui de l'avoir tenté. C'est particulièrement au commandant de la flotte, à Bompard, qu'en appartient le mérite.
Maintenant l'Anglais nous bloque étroitement ; il croise dans l'Yroise et garde le passage du Raz. Nous avons d'autant moins l'espoir de passer que notre tentative d'hier l'a fait redoubler de vigilance et de précautions ; nos moyens maritimes sont insuffisants pour l'éloigner de Brest. 11 n'y a plus que le gros temps d'équinoxe qui puisse nous en débarrasser.
D'après ces considérations, p citoyen ministre, de remettre soi projet que je vous ai soumis dam dépêche. Si j'insiste, c'est que je cï qui me précèdent (en supposant q barque) n'agissent à contresens de\ Directoire. Ils sont isolés ; chacun maître de faire ce que bon lui semb sur les lieux, personne pour les ( contenir.
Je vous prie de bien peser ce q neur de vous dire et de songer sér résultat.
J'attendrai vos ordres avec une imj à mon désir de réussir.
il fructido
Ce qui m'inquiète le plus, c'est pressé de faire partir la petite divisio à Rochefort (1) avec le général Hu
(1) La division de Rochefort, comprenant 1 Concorde^ capitaine Papin; la Franchise^ cap la Médée, capitaine Coudein, et une corvette, taine Senez, mit à la voile le 4 août. Son chei à débarquer, le 22, au nord-ouest de l'Irlande Killala, le général Humbert, deux adjudants taine et Sarrazin, 1,150 soldats français et troi pagne. Un millier d'insurgés se joignit aux lil
de savoir si nous étions en mesure ici, et que je crois Humbert arrivé. Cela dérange totalement mon plan de campagne et va entraver mes opérations. Je connais Humbert et je crains quetoutne soit bouleversé quand j'arriverai. J'ai envoyé un courrier à Paris, pour témoigner au gouvernement mes craintes à ce sujet. Si les choses ne réussissent pas comme j'avais lieu de l'espérer dans le principe, le gouvernement n'aura aucun reproche à me faire. Chargé de l'organisation civile et militaire, j'ai senti tout le poids de ma mission ; je sais combien ma tâche est pénible. J'avais tout préparé pour répondre pleinement à la confiance du Directoire ; j'ai communiqué mon projet aux Irlandais (1) que j'ai à mon bord ; ils me promettaient un succès complet. Peut-être mes pré-
bert, sans attendre son général en chef, courut aux Anglais, les battit à Gastelbar, le 27 août, et se rendit maître du comté de Gonnaugbt. Il avait déjà prescrit la levée en masse et organisé un gouvernement provisoire, lorsque lord Gornwallis vint, avec quinze mille hommes, lui demander une revanche. Humbert battit en retraite vers la côte, et, après une série de combats glorieux, il fut enveloppé et vaincu, le 8 septembre, à Ballinamiick. Les Anglais eurenAles égards inaccoutumés pour le général et les 844 Français qui survécurent à cette héroïque folie ; les insurgés irlandais se dispersèrent.
(1) Un des chefs du mouvement insurrectionnel irlandais, Wolfe-Tone, était attaché au général Hardy comme adjudant général, sous le nom de Smith.
curseurs ont-ils déjà tout mis sent et faudra-t-il que je recommence frais. Je ne perds cependant pas m'en coûtera sans doute plus de p dra déployer plus d'énergie et fair« j'en ai la force, j'en aurai le couraj
12 fructi
J'ai reçu la lettre que vous m'a neur de m'écrire, le 9, pour m'in Directoire a suspendu notre dépari ment où la division navale pourr danger. Nous obéirons, citoyen n c'est avec chagrin.
Je regrette que vous n'ayez pas a projet.
On dit que le Directoire a permi en course à quiconque se chargerait ter une compagnie en Irlande. Gett< n'a pu être faite au gouvernement ennemis; car que deviendraient nos lées, en débarquant en Irlande? Desl porteraient indistinctement la désolai royalistes et les patriotes ; et il est ais comment nous serions reçus, après < insulaires I
[l798] DU GÉNÉRAL JEAN HARDY 69
Je VOUS remercie des vœux que vous formez pour le succès de notre expédition; il dépend beaucoup des troupes qui sont arrivées les premières. Si donc Humbert vous a informé de son débarquement, je vous conjure, citoyen ministre, de lui tracer, d'une manière bien positive, le cercle dans lequel il doit se circonscrire. Il est brave (personne ne peut lui contester cette quar lité), mais, dans les circonstances présentes, le courage ne suffit pas.
Au moment de rembarquement, j'ai fait donner un acompte aux troupes, sur les fonds mis à ma disposition. Non seulement cette somme ne m'est pas encore rendue, mais le payeur ne sait pas même où puiser de quoi solder quinze jours à l'armée expéditionnaire. Cependant on a promis hautement aux soldats de leur payer trois mois d'avance, et ils y comptent toujours. La même promesse a été faite, à Paris, aux officiers sans troupes qui ont obtenu de s'embarquer ; ils demandent quand on les payera. J'appelle, citoyen ministre, votre sollicitude sur cet objet.
A madame Hardy,
13 fructit
Le courrier quej'avais envoyé à P hier au soir. J^avais exposé notre Directoire. Je lui avais fait sentir 1 possibilité de sortir de la rade, tant anglaise, forte, encore aujourd'hui, quarante voiles, croiserait devant no vent nous serait contraire. Mais, coi dernière dépêche il me témoignait sa ce que nous n'étions pas encore sous ai demandé des ordres positifs poui responsabilité à couvert et lui ai pro cela rien ne nous arrêterait.
Cette détermination, bien appuyée ] mandant de nos forces navales, a mii Toreille à nos Directeurs. Ils ont craint coup de crànerie et se sont empressés pondre que, quelque pénible qu'il fût riser, ils m'ordonnaient d'attendre qu'u vent, éloignant l'ennemi de nos côtes, mit de passer sans nous compromettre.
Nous ne pourrons pas sortir avant quinze jours, c'est-à-dire avant l'équinos
[l798] DU GÉNÉRAL JEAN HARDY 71
époque, de violeules bourrasques éloigneront les Anglais de nos côtes. Le vent les rejettera sur les leurs ou dans la Manche et nous pourrons passer. Dieu le veuille !
19 fructidor (5 septembre).
Ce qui me rend ma femme plus précieuse, plus adorable et plus chère, c^est cette détermination profondément réfléchie qui la porte à me dire :
— a Va te couvrir de gloire en Irlande et reviens dans mes bras ! »
Oui, mon amie ; oui, j'irai où mon devoir et Tbonneur m'appellent; je servirai la cause de Thumanité ; je déploierai Fétendard de la liberté sur le sol de la tyrannie ; je briserai les fers d'un million d'Irlandais et je reviendrai, plus digne de toi.
Ma proclamation aux Irlandais a reçu l'approbation du Directoire. Je l'ai fait traduire en anglais et imprimer à vingt mille exemplaires.
Bompard est un bon enfant, brave comme César, franc et loyal comme son épée ; il fait tous ses efforts pour nous rendre, à mes officiers (1) et
(1) u Nous restâmes six semaines en rade de Brest^ contrariés par les vents, qui nous empêchaient de passer le goulel et de gagner la pleine mer. C'est un triste séjour qu'un vaisseau pour les officiers de terre ; on est entassé les uns sur les autres^