S2 CORRESPONDANCE IN
Le lendemain, 21 vendémiaire demie du matin, nous nous tr IQ^'BS' de longitude occidentale, i presqu'en face du lac Swilly. L'ei avait serrés de près pendant tou nous avions en vain essayé de ti fausse route, ne tarda pas à nous
Le Hoche fut d'abord assailli
tenir le vent sur Tautre bord. A sept heui la Biche est venu nous héler; mais la gro pas permis d'approcher, par deux fois, on ordres qu*il avait à nous transmettre.
A huit heures, on a viré de bord, vent ar amures. De huit heures à minuit, grand fra La mer très grosse, le temps couvert. Les ont Tait des signaux et montré des feux de 1
A minuit, plusieurs de ces bâtiments no\ vent; nous avons viré de bord, pris bâbord voile pour nous conserver en ordre.
De minuit à quatre heures, toujours ï grosse ; rien de nouveau et les pompes touj
A quatre heures et demie, ayant toujoui à petite distance au vent à nous^ nous avoi arrière et pris tribord amures; le vent s't l'ennemi s'est toujours rapproché.
Le 21, au point du jour, nous nous so mêle avec la division anglaise, sans aucu d'autre.
Nous avons alors distingué quatre vaissea trois frégates. Le commandant a signalé br ce qui s'est exécuté de suite.
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rasé et un de 74 (1); nous nous battîmes pendant une heure sans éprouver beaucoup de pertes, mais bientôt Tennemi fut renforcé par un vaisseau de 80, un de 74 et une frégate de 18 (2). La frégate la Romaine (commandant Bergevin), qui s'était jointe à nous, fut obligée de virer de bord à l'approche du renfort ennemi, et nous nous trouvâmes seuls contre cinq. Le combat devint alors terrible et opiniâtre de part et d'autre; le Hoche vomissait le fer et la flamme de tribord, de bâbord et de l'arrière. Il est impossible de trouver plus de courage et d'activité dans nos soldats de terre et de mer, plus de fermeté et de sang-froid dans tous les officiers placés aux différentes batteries, ni plus d'ordre dans une action aussi chaude que meurtrière. L'espérance de la victoire allait toujours croissant dans l'équipage et chacun travaillait avec une ardeur égale à ses désirs.
Cependant, le vaisseau avait déjà près de cinq pieds d'eau dans la cale ; le poste des chirurgiens était encombré de blessés ; toutes les manœuvres étaient coupées, les voiles en lambeaux, les batteries en partie démontées; trois fois les gaillards avaient été complètement balayés; les sabords de
(1) Magnanime et Robust,
(2) Canada, Foudroyant et Amelia,
la deuxième batterie n'en formaiei les mâts et les vergues, fortement menaçaient d'écraser Téquipage p Enfin, réduit à l'impossibilité de g( venu pour la deuxième fois qu'il n'j place au poste pour les blessés, ne compter sur le secours de nos frégat ques-unes étaient déjà aux prises, j au nombre qui l'accablait, le che Bompard se détermina à amener l tional, après en avoir défendu l'honi intrépidité ordinaire, pendant trois rante-cinq minutes.
Aucune de nos frégates, excepté n'a eu part à cette action ; mais à p fut-il rendu, qu'à leur tour elles fui pées par les forces ennemies.
Tous ceux qui étaient à bord du / vaillamment battus (1) ; on ne saurai d'éloges aux officiers et aux soldats.
(1) Les bataillons de la 53* demi-brigade, sur le pont, exécutèrent des feux de salve, qui ravages dans les équipages anglais. Aussi, quan monta sur l'épave, il dit à Hardy, en lui tenda;
— «• C'était folie, général, de transformer désemparé comme le Hoche en un champ Sambre-et- Meuse ! »
Notre perte s'élève à cent trente hommes, dont trois officiers; parmi eux, Vildey, lieutenant au 6* d'artillerie, jeune homme d'un mérite rare et qui donnait les plus hautes espérances. La République perd en lui un brave défenseur et un zélé partisan. Avant d'expirer, il a recommandé sa famille à la sollicitude du gouvernement ; puis il est mort avec le calme de la philosophie et la tranquillité d'un homme qui a toujours rempli ses devoirs avec honneur et sans reproche. Il emporte l'estime de ses chefs et l'amitié de ses camarades.
Je m'occupe de recueillir les noms de ceux qui se sont particulièrement distingués.
Recevez, citoyens .Directeurs, l'expression du regret bien sincère que j'éprouve de n'avoir pas été mieux secondé par la Fortune et de n'avoir pu justifier la confiance dont vous m'avez honoré.
Jean Hardy.