‹ CorrespondanceChapitre 13 sur 102 · DF. :\I. J. JOIMF.UT. XV · texte numérisé non relu

DF. :\I. J. JOIMF.UT. XV

cédés et les délicatesses littéraires pour les appropriei à ses œuvres. Tous deux, enfin, couraient dans la même lico, pleins d'émulation et de curiosité ; mais ils pouvaient s'encourager de la voix et du regard, car ils tendaient vers un but différent et ne risquaient point de se heurter dans la carrière.

Ils n'étaient pas, d'ailleurs, toujours d'accord sur le mérite des livres et sur les règles de la composition littéraire. Héritier des doctrines du siècle de Louis XIV, M. de Fontanes ne comprenait pas de plus belle gloire que celle d'imiter et de faire revivre ses grands écrivains, en demandant comme eux à la muse française de revêtir les couleurs des muses grecque et latine. Pendant qu'il s'abandonnait avec confiance, avec paresse peut-être, à cette sorte d'inspiration d'emprunt, reflet un peu terne de l'éclat antique, M. Joubert se plaignait de ce que les écrivains montraient moins de spontanéité que de déférence aux modèles. Il voulait que toute œuvi^e de l'art offrît, comme les traits du visage humain , ce caractère distinct et personnel qui sépare chaque individu des individus qui l'entourent. Dans le livre, enfin, il cherchait l'homme et se détournait quand il ne le trouvait pas.

Aycc de telles réserves on devient un juge difficile; aussi M. de î'ontanes s'irritait-il souvent des froideurs qu'opposait son ami à des admirations moins exigeantes. Je n'ai le droit d'en blâmer M. Joubert ni de l'en

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