‹ CorrespondanceChapitre 75 sur 102 · M; H. POITOU. C · texte numérisé non relu

M; H. POITOU. C

1 intelligence qui doit décider, et non pas le nombre. « Le peuple est capable de vertu, mais incapable de sagesse. .> Le public vertueux et judicieux est le seul vi5ritable public, le seul dont les suiîrages puissent compter et dont les jugements fassent loi. »> Sur bien des points, mais avec plus de mesure et de modération, Joubert pense comme le profond auteur des Co7isidérations sur la France. Comme lui, il croit peu aux constitutions écrites, aux gouvernements improvisés; comme lui, il pense que les constitutions sont filles du temps, que les gouvernements sont le résultat de nécessités profondes, qu'ils ont leurs racines dans le passé, qu'ils ont leur raison d'être dans l'esprit et le caractère des peuples, dansleurs mœurs et leurs besoins. Ce& idées-là, nous les avons fort raillées dans un certain temps : aujourd'hui, et après les expériences de soixante années, elles commencent à.pa^ raître un peu moins bizarres, un peu moins déraisonnableSb. Dans [un livre récent, livre empreint du plus vrai libéraslisme comme du plus noble talent, on lit ces belles paroles : « 11 ne faut jamais se lasser 4e le répéter pour rabattre et retenir à son juste niveau l'orgueil humain : Dieu seul est souverain, et personne ici-bas n'est Dieu, pas plus les peu-^ pies que les rois. Et la volonté des peuples ne suffit pas àfaire des rois; il faut que celui qui devient roi porte en luimôme et apporte en dot au pays qui l'épouse, quelquesuns des caractères naturels et indépendants de la royauté '. « Au surplus, Joubert abonde sur ces matières en pensées élevées, en remarques profondes, en maximes éloquentes. « Imitez le temps : il détruit tout avec lenteur; il mine, il use, il déracine ; il détache, il n'arrache pas. — La souveraineté appartient à. Dieu et à Dieu seul. 11 la maintient, iLla retire, il la suspend et la promène à son gré. — Être capar ble de respect est aujourd'hui presque aussi rare qaen être digne. — Nous vivons dans un siècle où les idées superflues abondent, et qui n'a pas les idées nécessaires. — L'incrédu.-

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