M. E. POITOU. CXLVII
sentir moilleur. Malgré vous, il vous élùve, il vous emporte vers ces sereines r(''gions d'où on ne redescend que calmé et forlitic^. Son livre, qui n'a reçu que depuis une dizaine d'an- Q(?es une complète publicité, est de ceux qui, sans devenir amais populaires, grandissent chaque jour dans l'estime de'j esprits distingués. Le temps n'est pas loin où il aura sa place dans la bibliotiiùque de tous les hommes de goût, sur Jo rayon déjà si riche de nos moralistes, entre Vauvenargues et Nicole, non loin de Pascal et tout près de La Bruyère.
ï8Gï,
Villeneuve-le-Roi, le 19 octobre 1788.
A M. le baron de J*, à Paris.
Monsieur, je veux vous parler de M. de Fontanes.
Ses talents sont rares, son caractère élevé, sa naissance honorable. Il est fait pour prétendre à tout. Son père, d'une très-ancienne famille protestante que la religion avait ruinée, est mort, dans la force de l'âge, inspecteur général du commerce, et digne d'en être le ministre. Sa mère était une Fourquevaux, maison considérable du Languedoc, dont la splendeur subsiste encore. Il ne reste à M. de Fontanes que des sœurs, filles de sa mère, qui tiennent à Niort, en Poitou, un rang distingué. C'est à Niort que M. de Fontanes est né.
Sa fortune est modique ; ce n'est pas qu'il soit sans patrimoine ; seulement il a le cœur trop grand pour ne pas s'y trouver resserré. Il a trente et un ans; fcs sentiments sont droits et forts; ses principes sont sains. Son seul défaut est une certaine mobilité d'opinions, tr>3-agréable en lui, et dont ses amis seraient bien