A MADEMOISELLE DE FONTANES
de m'apercevoir ({ue ce que je dis n'en vaut pas la peine. Le temps de mettre du noir sur du blanc, avec quelque plaisir, est passé pour moi. Trouvez bon que j'emploie ou ma femme ou mon frère à vous répondre avec ponctualité, me réservant cependant de vous témoigner, de loin en loin, tout le plaisir que je reçois de vos lettres. Les plus longues et les plus détaillées, sur vos biens et sur vos maux, sur vos plaisirs et sur vos peines, me sembleront toujours les plus courtes et les meilleures.
P. S. L'article de Chateaubriand a fait, en effet, ici beaucoup de bruit, et peut-être beaucoup de bien... Mais qui le sait ?
Villeneuve, 8 septembre 1819.
A mademoiselle de Fonto.nes.
Vous avez. Mademoiselle, pour admirateurs décidés deux hommes qui peuvent se donner carrière. A la distance où ils seront toujours de vous, leurs hommages, quelque éclatants ou indiscrets qu'ils puissent être, ne pourront ni vous compromettre ni vous paraître intéressés ; car l'un habite aux extrémités de la terre, et l'autre aux extrémités de la vie. C'est l'ambassadeur de Perse et moi.
Je crois que nous avons été créés exprès pour vous donner la gloire de plaire à des goûts opposés. Ce demi-Turc est un franc étourdi qui s'est épris de vous à la première vue , tandis que vous avez été souvent l'objet de ma plus sérieuse attention. Vous avez d'abord charmé ses yeux et vcu^ charmez aussi les