‹ Correspondance littéraire (volume 2)Chapitre 164 sur 167 · L'uutcur des Deux Pages. (Meisteii · texte numérisé non relu

L'uutcur des Deux Pages. (Meisteii

clans la bonne compagnie: il n'a plus son habit, il n'a que son masque et son pantalon, avec un surtout de velours noir et une grosse perruque à la financière. L'auteur ne lui a conservé de son ancien langage qu'à proportion de ce qui lui restait d'Arlequin. Le juste mélange de ces nuances n'est pas aisé à saisir. Ce bon pore est plutôt un père bonhomme qu'un bon père; il ne vit 'que pour sa tille, il ne peut être heureux que par elle; tout ce qu'il t'ait cependant pour son bonheur, c'est de concevoir d'abord l'idée de lui adresser une chanson le jour de sa fête, ensuite de lui donner pour époux l'amant qu'elle avait choisi, un jeune homme qui s'était introduit dans la maison à titre de secrétaire, mais qu'Arlequin reconnaît à la lin pour le fils de son bienfaiteur, du comte de Valcourt, qui lui avait laissé toute sa fortune en déshéritant ce iîls unique que les fautes de sa mère lui avaient rendu trop odieux, etc., etc. La scène qui a le plus réussi, quoique encore un peu longue, est celle où M. Arlequin veut dicter à son secrétaire ces couplets à sa fdle, dont il ne peut jamais trouver que le premier mot, et s'étonne si bonnem 'in, après qu'ils sont faits, du peu de peine qu'il lui en a coûté : « C'est mot à mot ce que j'ai dit, je croyais cela plus dilïicile... et puis c'est fort bien, fort bien. Sans me flatter, conviens qu'ils ne sont pas mal. »

Nous ne connaissons point l'auteur de l'Époux généreux, ou le Pouvoir des procédés, comédie nouvelle, en un acte, en prose, donnée sur le même théâtre le lundi 15 février1. C'est moins une comédie qu'un proverbe, mais c'est un proverbe très-moral dont le dialogue nous a paru écrit avec noblesse et facilité.

Une jeune femme, entraînée par l'ascendant qu'a pris sur elle une de ses amies, s'est livrée à la passion du jeu. Cette malheureuse habitude, sans avoir pu corrompre encore la pureté naturelle de son cœur, l'a rendue pour ainsi dire étrangère à tous ses devoirs ; les pertes considérables qu'elle vient de faire et qu'elle n'a osé confier à son époux l'exposent à tous les dangers de la liaison la plus dangereuse. Au bord du précipice elle est retenue par les soins les plus tendres ; sans la compromettre aux yeux de ceux qui l'entourent, son époux parvient à obtenir

1. Attribuée par Quérard à Bcdeno Dcjaure et remise en opéra-comique par le fils de l'auteur en 1804.

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l'aveu de tous ses torts, et la sauve de l'extrême embarras où elle se trouve engagée par un sacrifice dont la délicatesse et la générosité ne peuvent manquer d'obtenir toute sa confiance, toute sa tendresse, tout son amour ; c'est par la main môme de ses enfants qu'il lui fait présenter les titres d'une terre destinée à payer ses dettes ; en se livrant désormais au soin de leur bonheur, elle est bien sûre de tout acquitter et de n'avoir aucun regret à craindre.

— Correspondance particulière du comte de Saint-Germain, ministre et secrétaire d'Etat de la guerre, lieutenant général des armées de France, fcld-mu récital au service du Danemark. chevalier de l'ordre de V Eté pliant, avec M. Pàris-Duverncy , conseiller d Etat, On y a joint la vie du comte de Saint-Germain et plusieurs pièces qui le concernent . 2 volumes in-8n.

Ces lettres sont copiées sur les originaux que M. de Saint- Germain confia quelques mois avant sa mort cà un de ses amis à qui il voulut donner une idée de ce qui s'était passé à son sujet depuis le commencement de la guerre, en 1757, jusqu'à l'époque à laquelle il entra au service du Danemark. On n'a pas cru devoir supprimer celles qui précèdent à compter de 17/|9, parce qu'elles contribuent au moins autant que les autres à faire connaître son caractère et ses opinions.

L'auteur qui a écrit la vie de M. de Saint-Germain placée à la tête de cet ouvrage est, dit-on, un militaire qui le connut particulièrement et qu'il employa pendant son ministère ; on soupçonne que c'est M. le baron de Wimpfen1. Cet auteur trouve une grande similitude entre le caractère de M. de Saint- Germain et celui de J.-J. Rousseau. Comme le philosophe genevois, il ne voyait dans ses supérieurs et dans ses égaux que des envieux toujours ligués pour le perdre; ce qui n'est pas moins vrai, c'est que lé philosophe lui-même eût été ministre de la guerre qu'il n'aurait guère pu s'y prendre plus adroitement que M. de Saint-Germain pour commencer cà disposer l'armée en faveur de la révolution qui vient de se faire. « Enfin, disait-il un jour à M. de Choiseul, enfin, monsieur le duc, le roi n'a point d'armée. — Qu'en avez-vous donc fait? répondit le duc de Choiseul, car j'en avais laissé une qui existait encore lorsque

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