‹ Correspondance littéraire (volume 2)Chapitre 56 sur 167 · LES DEUX DU VAL1, CHANSON · texte numérisé non relu

LES DEUX DU VAL1, CHANSON

Deux Daval sont à Paris; Tous deux fout les renchéris,

Voilà la ressemblance.

L*uu est tout sucre et tout miel, L'autre n'est qu'absinthe et fiel,

Voilà la différence.

Us vont débitant partout

De grands mots, et puis c'est tout,

Voilà la ressemblance.

L'un raisonne en confiseur, Et l'autre en plat confesseur,

Voilà la différence.

Tous deux sont des charlatans Admirés par les enfants,

Voilà la ressemblance.

L'un montre l'art des banquets, L'autre celui des baquets 2,

Voilà la différence.

En papillote à Paris

Des deux on met les écrits,

Voilà la ressemblance.

L'un est pour le diablotin, L'autre pour le chicotin,

Voilà la différence.

Tous les deux sont devenus Par leur monarque connus,

Voilà la ressemblance.

L'un sur sa porte l'a mis, L'autre voudrait faire pis,

Voilà la différence.

1. Le sieur Duval, confiseur, à l'enseigne du Grand Monarque, et M. Duval d'Éprémesnil, que sa conduite dans les dernières discussions parlementaires a fait surnommer le lord Gordon du Parlement de Paris. (Meister.)

2. Il a été trouvé tour à tour un d>:< ;<lus illustres champions de Mesmer et de Cagliostro. (Id.)

xv. 1 4

Chacun sait qu'ils ont tous deux Femmes publiques chez eux,

Voilà la ressemblance.

L'un les loue et fait fort bien, L'autre les épouse l. Ah! chien,

Voilà la différence.

L'un en sirop est confit, L'autre l'est en Jésus-Crist,

Voilà la différence.

Envoyons-les tous les deux Faire sucre, ils feront mieux ;

Voilà la ressemblance.

LETTRE

DE M. LE MARÉCHAL DE DURAS A M. PIEYRE, AUTEUR DE LA COMÉDIE DE l'École des pères 2 '.

« Le roi et la reine, ayant entendu avec la plus grande satisfaction, monsieur, l'Ecole des pères, m'ont chargé l'un et l'autre de vous marquer le plaisir qu'ils ont eu. Ce qui les a frappés surtout, c'est le ton de décence et la morale pure qu'ils ont remarqués dans cet ouvrage. Je m'empresse de vous en informer, monsieur, persuadé que vous éprouverez beaucoup de satisfaction d'avoir mérité un éloge aussi flatteur. Je profite de cette occasion pour vous témoigner le plaisir que j'ai eu, et vous assurer des sentiments avec lesquels, etc.

« Signé : le Maréchal de Duras.

<i J'ai chargé M. Desentelles de vous témoigner les intentions du roi, et je vous prierai de lui demander ce qui vous conviendra le mieux. »

Il a été décidé qu'il recevrait une belle épée damasquinée aux armes de Sa Majesté. De semblables encouragements honorent tout à la fois le talent qui les obtient et l'auguste protection qui sait si bien le distinguer. Ce sont les bonnes mœurs qui ont fait le succès de l'École des pères, et la récompense que Sa

1. M"1C Thilorier, ancienne maîtresse de M. de Clugny, renvoyée indécemment du contrôle général nar M. le curé de Saint-Roch. (Meisteh.)

Page 1