‹ Correspondance littéraire (volume 2)Chapitre 71 sur 167 · PAR M. DE RESSÉGUIER · texte numérisé non relu

PAR M. DE RESSÉGUIER

Dans une charmante brochure Deux écrivains fort importants Ont sur les poëtes vivants

Éclairé la race future.

— Kt de cette production

Les auteurs se sont nommés? — Non;

Mai< au goût sûr dont l'écrit brille,

A ce ton aisé dont il est,

Au <ol qui partout y pétille,

Sans se mépren Ire on reconnaît

l. e \ icomte de Jodelet

El 1<> marquis de Mascarille.

BPIGRAMME SDR M. LE GHEVALIEB ht FLORIA.N.

Génie actif e1 guerrier - 11 se bat peu, mais il écrit :

Il doit la croix à son esprit.

Et le fauteuil à son courage.

— n Ne croit-on pas, disail un bonhomme, en parlant de l'ouvrage de If. Necker, sur l'Importance des opinions religieuses; ne croit-on pas, à voir un si gros volume employé à prouver l'existence de Dieu, qu'il y a vingt-quatre millions d'athées en France? — Eh! plût à Dieu, reprit d'un air contrit M. de Ghamfort, eh ! plût à Dieu, monsieur, qu'il y en eût vingt-quatre millions en France. »

— o Je ne vois pas assez Dieu, dit M'"e la marquise de Gréquy, pour l'aimer au-dessus de toutes choses, et mon prochain beaucoup trop pour l'aimer comme moi-même. » Ce mot rappelle la confession du président du Harlay : « Je me confesse, mon père, de n'avoir jamais pu aimer Dieu au-dessus de toutes choses, ni mon prochain comme moi-même. » Voilà tout; il ne fit jamais d'autre confession.

— Un thaumaturge de Venise, qui s'était vanté d'avoir fait souvent le premier des miracles, celui de ressusciter des morts, hasarda d'exercer ce pouvoir merveilleux sur un mort dont il vit passer le convoi tandis qu'il haranguait la populace ; il le somma plusieurs fois, dans les termes les plus pressants, de se lever et de s'en retourner chez lui. Le mort faisant toujours la sourde oreille, il finit par dire à son auditoire avec l'impatience la plus imposante : No ho veduto un morto rosi ostinato (Je n'ai jamais vu un mort aussi obstiné).

— Parmi les calembours que l'on a faits sur les affaires pré-

.sentes, voici un des moins ridicules : « On parle, dit-on, du mariage de très-haut et très-puissant seigneur, monseigneur Déficit, avec très-haute et très-puissante DUe Plénière; mais il. s'élève, ajoute-t-on, de grandes difficultés contre cette alliance : la première, c'est que monseigneur est d'une taille énorme, et mademoiselle très-petite et très-peu formée; on prétend aussi que l'union serait incestueuse, tous deux étant enfants du même lit. »

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