‹ Correspondance littéraire (volume 3)Chapitre 44 sur 354 · ÉCRITS APOCRYPHES · texte numérisé non relu

ÉCRITS APOCRYPHES

Almanach historique de tous les spectacles de Paris ^ S. d^ iii-18.

M. R. Pallmann, dans l'article qu'il a consacré à Grimm {Encyclopédie de Ersch et Gruber), lui attribue cet Almanach, sans donner aucune explication à cet égard. Nous n'en connaissons point qui porte ce titre seul, et Técrivaln allemand a sans doute voulu parler d'un de» deux livrets publiés en 1751 par Cailleau et par Duchesne.

Lettres d'un Allemand à Fauteur de l'Espion chinois.

Un bibliophile des plus renseignés sur tout ce qui concerne Tbistolre littéraire du siècle dernier, M. Mouton-Duvernet, a cru reconnaître la plume de Grimm dans une brochure très-rare ^ et son portrait dans une réponse non moins rare *, qu'il a pris la peine de noussignaler.

Nous les avons lues avec le soin que méritait une attribution aussi compétente, et nous regrettons de ne point partager l'avis de leur

V Espion chinois, ou V Envoyé secret de la cour ds Pékin, pour examiner Véiat présent de V Europe ( Cologne, 1767-177/i, 6 vol. in-12 ), est d'Ange Goudar, de Montpellier, aventurier littéraire, connu surtout par ses InléréU de la France mal entendus, dont Grimm a rendu un compte très-avantageux dans sa Correspondance même (voir tome III, p. 207, 288, 29à, 383). Il affirme à deux reprises ignorer le nom de l'auteur ; cependant Goudar avait été présenté à Diderot par M. Gaschon, l'ami desdames VoUand ', et il est probable que Grimm savait fort bien à qui s'adressaient ses éloges. 11 est vrai qu'il a parlé plus tard en termes violents de l'Espion chinois et de son auteur, « un de ces honnêtes écrivains qui mériteraient d'être attachés au carcan et exposés à l'admiratioi» pabliqae » (tome Vf, p. 210), mais comment Goudar aurait-il eu con* naissance de cette appréciation 7

Les Lettres d'un Allemand, très>lourdement écrites, ne renferment aucun passage qui ait trait à une défense personnelle, et si Crispin

1. Lettres d^un Allemand à Vauteur de TEspion chinois. In-12, 48 p. Un simple faux-titre. La première lettre (il y en a onxe) est datée de Genève, !•' décembre 1764.

2. Criepin garçon bel esprit ou le Comte Fanfaradin. Nouvelle littéraire. S. L n. d. In.l2, 11 p.

3. Voir la lettre à M"« VoUand, du 30 septembre 1760, t. XVIII, p. 480 des. OEwores complètes de Diderot.

562 NOTICE PRÉUMINAIRE.

garçon bel esprit est réellement de Goudar, cette diatribe dégoûtante, dirigée contre un pauvre diable, sans feu ni lieu, ne saurait viser <}rin]m, qui avait depuis longtemps rompu avec la mauvaise fortune.

Prédiction tirée d'un vieux manuscrit. S. 1. n. d. In-12, 21 p.

Par Ch. Borde, selon Grimm lui-même, à qui elle a été attribuée dans Paris, Versailles et les provinces^ de Dugast de Bois Saint-Just. Grimm ne la trouvait « ni assez serrée, ni assez gaie » ( voir tome IV, p. ^27 «tnote). Nous savons par lui-même (même tome, p. 173 et 25/i)qu^oa avait mis à son actif la Relation de la maladie, etc., du P. Berthier, par Voltaire, et la Vision de Ch, Palissot, par Morellet.

Actes des apôtres. Tome IX, chapitre (ou n**) 261. Fragments de la correspondance secrète du baron de Grimm avec la première fonctionnaire publique de toutes les Russies.

Cette lettre apocryphe est une sorte de réponse à la circulaire de M. de Montmorin aux ambassadeurs et ministres résidant près les cours étrangères, en date du 23 avril 1792.

Le départ de Grimm rendait facile une supercherie qui ne pouvait d^ailleurs tromper personne. Rivarol la renouvela peu après avec plus d^éclat dans le pamphlet suivant.

Lettre de M. de Volney à M. le baron de Grimm ^ chargé des affaires de S. M. V impératrice des Russies à Paris y en renvoyant la médaille d'or que S. M. lui avait fait remettre^ suivie ■de la réponse de M. le baron de Grimm à M. de Chassebœuf de Volney^ en date du 1**" janvier 1792. Paris, chez Senneville, au Palais-Royal, 1792, in-8% 16 p., ou Potey, 1823, in-8% 20 p.

Ant.-Alex. Barbier, qui n'a décrit que fort sommairement Tédition originale S la possédait dès 181/i quand il publia son Supplément à la Correspondance littéraire. Si la lettre de Volney avait toujours passé pour authentique, il n'en était pas de môme de la Réponse ; mais Bar- "bier avait surtout été frappé d'une inexactitude matérielle que Grimm, en parlant de lui-même, ne pouvait commettre, puisque le titre de la brochure le qualifie de Chargé d'affaires de S. M. l'Impératrice des Russies j alors qu'il était ministre plénipotentiaire du duc de Saxe- -Gotha près du roi de France, erreur déjà relevée par le Journal de Paris (il décembre 1791), après que cette feuille eut elle-même reproduit deux

• i. Examen critiqué ou complément des dictionnaires historiques Us plut répandus, 1829, in-8, p. 490.

jours auparavant une partie de la soi-disant leltre de Grimm ; elle a été également citée en extrait dans le Journal général de Tabbé de Fontenai, du 25 janvier 1792. Elle semblait depuis longtemps oubliée lorsque, sous la Restauration, les Le lires champenoises de Uély-JsLnïn^ uiséTèrent^ au sujet du prospectus des Œuvres de Volney recueillies par Carion-Nisas, un article « communiqué » signé L. C. P. S. R. où Tauteur anonyme rappelait que, selon la Biographie des hommes vivants, il avait couru alors une réplique à Volney signée Pélroskoy, en même temps que la réponse de Grimm, et s'étonnait que Barbier n'eût pas fait figurer la seconde de ces lettres dans son SupplémefiL Barbier répliqua immédiatement ( p. 175 du même volume ) et rappela les circonstances dans lesquelles le pamphlet atu-ibué à Grimm avait été écrit, a On me demandera maintenant, ajoutet-il, quel était ce M. Pétroskoy. . . Ce nom me parait élre un masque sous lequel s'est caché un des plus spirituels collaborateurs des Actes des apôtres. Si ce nom est réel, le Russe qui le portait aura sans doute emprunté la plume d'un Français qui se croyait très versé dans l'histoire sscrète du xviii« siècle et de la Révolution de 17&9. » Barbier n'avait irès-probablcment pas vu le factum de Pétroskoy, car il le juge avec ane bienveillance qu'il ne mérite pas ; grâce à l'obligeance de M. J. Grot, nouspouvons le mettre sous les yeux du lecteur. Meister avait reproduit la lettre de Pétroskoy dans Tannée 1791 de la Correspondance^ sans en indiquer Torigine et M. Grot a pris la peine de la faire coi)ier : la voici, toute hérissée de citations latines et de réminiscences de collège; le plus mince rédacteur des Actes des apôtres n'eût jamais écrit d'un pareil style, car la feuille royaliste était volontiers ordurière, mais point pédante.

BÉPONSB

d'dn bosse a la lettre de m. de volney.

Paris, ce 7 décembre 1791.

Monsieur l'ex-député, j'ai voulu laisser deux fois vingt-quatre heures i M. le baron de Grimm comme chargé d'affaires de la part de S. M. I. de toutes les Russies, ma souveraine, soit pour vous faire désavouer la lettre insolente insérée sous votre nom dans le Moniteur du lundi 5 de ce mois, soit pour y répondre d'une manière digne de cette grande princesse. Ce terme est passé, et je remplis ma tâche.

Apprenez d'abord, monsieur l'ex-député, que si cette souveraine avait besoin d'un rayon pour dessiller ses yeux, ce ne serait pas dans la fange de vos systèmes qu'elle le chercherait.

Lorsqu'au commencement de son glorieux règne, elje a voulu consulter des hommes éclairés dans la législation d'autres pays pour réforiner les lois civiles de son vaste empire, ce ne sont pas des philosophes <\u'elle demandait, mais des magistrats, ou plutôt des hommes qu'une lODgue expérience jointe à beaucoup de vertus et à des études pro-

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