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fondes pouvait avoir rendus meilleurs ; des hommes qui* sans être ni juges, ni jurisconsultes ni rhéteurs, fussent, suivant l'expression de Torateur romain, les arbitres et comme les prêtres de Téquité K
Si elle a été séduite un moment par la rumeur de vos philosophes, elle a promptement reconnu Tillusion de leurs systèmes, et elle a renvoyé tous ces fantômes dans leur terre natale.
Les petits dons que font les souverains aux gens de lettres, qui*comme vous, les convoitent avec tant d'ardeur, ne sont pas toujours des preuves de leur estime ; voilà pourquoi ils dispensent ceux qui les obtiennent de toute reconnaissance.
Vous avez voulu avoir une médaille pour un livre qu'on n'a probable ment pas lu ; vous l'avez obtenue par Tentremise d'un homme aimable et officieux qui voulait obliger un ami qui vous protégeait. Là finissaient tous vos rapports avec la souveraine d'un grand empire, qui a oublié votre nom et votre livre.
Qu'est-ce qu'un pareil missile * peut avoir de commun avec la politique des États? Quel rapport l'or d'une médaille peut-il avoir avec celui qui est nécessaire au maintien des empires et à la tranquillité des peuples? Vous renvoyez cette médaille avec autant de solennité que les Romains en mettaient à renvoyer les tesseres de l'amitié ' ; peu s'ea faut que vous ne disiez à l'impératrice que vous rompe/, avec elle pour jamais.
Cette espèce de manifeste de guerre n'excitera que sa pitié, et la seule marque d'attention qu'il obtiendra de Catherine If sera un sourire, mais ce ne sera ni celui de la bienveillance ou de l'approbation, ni même celui du doute, mais celui du mépris.
Lorsque je vois tant de petits êtres Ignorés s'élancer avec impudence dans l'arène des rois, et sous des attitudes ridicules soulever péniblement la massue d'Hercule pour menacer les trônes, je me représente involontairement ces anciens habitants de l'île d'Égine qui, après avoir été transformés en hommes. par Jupiter sous le nom de Myrmidons^ à la prière d'Éaque, demandèrent à accompagner Achille à la guerre de Troie.
Allez, monsieur l'ex-député, laissez à l'impératrice et aux autres souverains à décider si les princes français et leur suite sont des rebelles et des dëprëdaleurSj les ennemis de leur patrie, des hommes pervers et dénalurés; ce ne seront pas vos déclamations qui influeront sur le jugement qu'on en portera.
1. Vir bonus non est judex, non jurisconsuUus, non orator, sed tBquitatis veluti sacerdos et arbiter,
2. Les tnmtd'a étaient des présents d'argent qu'on Jetait au peuple aux grandes solennités. Les souverains ne s'en servent plus que pour le peuple écrivassier.
3. Le tessere était un gage d'une union éternelle ; le droit de la guerre même ne le détruisait pas, à moins qu'on n*y renonçât d^une manière authentique. Oa brisait le tessere, et on annonçait à un ami infidèle qu'on avait rompu avec lui pour Jamais. C'était ou une pièce de monnaie, ou un morceau d'ivoire qu'on sciait en deux, et dont chacun des contractants gardait la moitié.
NOTICE PRÉLIMINAIUE. 265
rignore si le voyage populaire que vous avez fait en Anjou sous les ordres du Genevois ^ vous a rendu riche ; mais 11 vous reste encore bien des voyages à faire avant que vous ne soyez sage.
Al. PÉTBOSEor.
M. Louis Barbier nous a communiqué une lettre que le comte Daru écrivait à Tancien bibliothécaire de l'empereur, sans doute au sujet do rhommage de YExamen critique :
Le n juillet 1820.
c Je vous remercie du billet qui était joint à votre livre et
surtout de n^avoir point fait réimprimer la prétendue réponse du baron de Grimm à M. de Volney. D'abord, elle a l'inconvénient de dénaturer une action noble de celui-ci ; en second lieu, elle est dans un style que Grimm ne pouvait se permettre avec personne et encore moins avec un homme de lettres connu par des succès et que sa qualité de membre de rAssemblée constituante rendait respectable: M. de Volney n'était point un brochurier. a La petite médaille que je vous avais accordée, dont je vous avais honoré • : un ambassadeur extraordinaire n'écrirait pas sur ce ton-là. Rien n'est moins diplomatique que cette lettre. Comment croire que Grimm eût imprimé les injures qu'on y lit contre Cabanis, l'abbé de La Roche, M"** Helvétius ; et comment supposer qu'il eût dit à M. de Volney : vous pouviez vous vanter de quelques incendies dans V Anjou et de quelques douzaines d'assassinats? Les noms de scélérat, de valet de conjuré , de vilain, n'appartiennent ni au style diplomatique, ni k celui des honnêtes gens. Les injures qui sont à la fin contre Manuel et Morel achèvent de me prouver que cette lettre n'est qu'un pamphlet dicté par la rage »
Tout cela était fort judicieux, mais un bibliographe qui détient dans ses papiers une curiosité a grand'peine à la garder indéfiniment sous clef : Barbier succomba à la tentation trois ans plus tard. 11 avait attendu, disait-Il, la mort de Volney pour mettre au jour une pièce «qui aurait pu affliger un savant aussi recommandable », et, sans paraître tenir compte des observations de Daru, il ajoutait : •< M. de Volney laisse assez de titres à l'estime publique pour le venger des sarcasmes de son ancien ami, que les circonstances les plus extraordinaires avaient métamorphosé en implacable ennemi...
c Plusieurs personnes pensent que cette Réponse est une pièce supposée, et elles ne sont pas éloignées de l'attribuer au comte de Rivarol. Je serais charmé que la présente réimpression contribuât à en faire connaître le véritable auteur. »
Il est évident que Barbier ignorait que cette pièce avait d'abord paru dans les Actes des apôtres, tome XI, p. 306; s'il l'avait su, sa bonne oi littéraire ne se serait pas laissé ainsi surprendre.
Fayolle, qui avait préparé un volume de supplément à l'édition des Œuvres complètes de Rivarol (Paris, 1808, 5 vol. in-8°), et M. Poulet-Malassls, qui a plus récemment rassemblé une partie de ces introuvables