LETTRE A L'ABBÉ RAYNAL
les vues vastes et profondes du philosophe*, législateur des nations, et tantôt distrait par le jeu pathétique de ce violon inimitable*.
Cet homme extraordinaire, qui lui seul a du temps pour tout, trouve son autel élevé au milieu de ce temple. Vous l'y voyez ayant le gouvernail de ses États dans une main et sa flûte dans l'autre, dictant d'un côté à son chancelier' le système des lois, et de l'autre à son musicien * des desseins de symphonie. Et le ciel, pour le dédommager du malheur qu'il a de régner, lui a accordé le précieux privilège, dont il est digne, de répandre ses bienfaits sur les talents qu'il a le bonheur d'admirer.
LETTRE
DE H. GRIMM A M. l'aBBÉ RAYNAL,
SUR LES REMAnQOeS AU SUJET DE SA LETTRE SUR OUPHALE.
A Paris, le jour de P&ques, 2 avril 1752, à la sortie du concert.
Permettez, monsieur, que je m'adresse à vous pour faire mes remerciements à l'inconnu qui, par une suite de sa déférence pour vos conseils, a bien voulu enrichir ma Lettre sur Ompliale de ses Remarques, et surtout au public, qui a daigné juger avec indulgence une brochure dans laquelle il n'a pu trouver d'autre mérite qu'un grand zèle pour la vérité et pour le bien de l'art. Comme on est toujours timide quand on hasarde des principes qui ne peuvent pas être du goût de tout le monde, j'avoue que le jugement trop favorable que vous en avez bien voulu porter ne m'avait point entièrement rassuré; j'avais besoin des Remarques qui viennent de paraître, pour m'affermir dans tout ce que j'avais dit.
Cependant la reconnaissance que je dois à l'auteur ne m'empêchera pas de relever l'injustice qu'il a faite à un homme de
i. L^auteur de V Esprit des lois, et d'autres ouTrages consacrés à Timmortalitô.