‹ Correspondance littéraire (volume 4)Chapitre 116 sur 377 · Inédite. Collection E.-J.-B. Ratherv · texte numérisé non relu

Inédite. Collection E.-J.-B. Ratherv

la préférence. Je ne sais quand ni où. J'ai le malheur, très-cher et illustre patriarche, d'être assez content de ce siècle, et je crains, puisqu'on vous a laissé faire, qu'il n'y ait avec le temps quelques sottises de moins, ce qui pourrait entraîner la fin du monde.

Vous nous avez renvoyé frère d'Alembert, en bien meilleure santé; c'est que vous êtes le Christ de ce temps-ci : qui vous touchez, guérit. Que ne suis-je malade pour avoir le droit d'aller chercher ma guérison !

Nous avons vu cette semaine un nouvel acteur, élève de Mlle Clairon, débuter dans le rôle de Zamore1. Je crains qu'il ne remplace pas Le Kain. Ce siècle, je l'avoue, n'est pas celui des remplacements : aussi ferons-nous bien de garder ce que nous avons. Le Kain va reparaître. On le dit rétabli. Mme Vestris fait des progrès considérables. Elle a été applaudie avec transport et avec justice dans le rôle d'Alzire. Ceux qui nous reprochent de ne plus aimer la tragédie n'ont pas tout à fait raison. Quoique le nouvel acteur n'ait pas réussi en général, on n'aurait pas trouvé la place d'une épingle dans la salle, et l'assemblée était formée de tout ce qu'il y a d'illustre et de considérable en France. Si vous avez dans vos domaines un poëte qui fasse des pièces comme Alzir.e, vous pouvez nous l'envoyer hardiment et l'assurer qu'en dépit de l'esprit philosophique, il court risque de se faire admirer.

Agréez, illustre et respectable patriarche, les vœux que je fais pour votre conservation, c'est-à-dire pour la durée de votre gloire, et l'hommage de mon respect et de mon attachement.

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