‹ Correspondance littéraire (volume 4)Chapitre 90 sur 377 · DÉDICACES ET ERRATA, ETC · texte numérisé non relu

DÉDICACES ET ERRATA, ETC

de Venise, comme nous l'avons qualifié sur le frontispice, attendu qu'il n'y avait point de parlement dans cette ville. Nous ignorons si M. le traducteur d'Avignon est en droit de hasarder de pareilles assertions. 11 nous suffit de remarquer combien il est peu vraisemblable qu'une ville capitale comme Venise soit sans parlement, sans lois et sans justice. En tout cas, c'est à lui-même que M. le traducteur d'Avignon doit adresser ces reproches. Nous avons imprimé le titre comme il nous l'a envoyé. La seule liberté que nous avons prise, sur le conseil d'une personne très-respectable, c'est d'ajouter ancien à la qualité d'avocat; considérant qu'il n'y a guère d'apparence qu'un avocat actuel au parlement de Venise soit réduit à faire des comédies, ce qui paraît mieux convenir à un avocat émérite ou retraité.

M. Huit-Étoiles nous reproche ensuite d'avoir défiguré l'épigraphe du frontispice. 11 est vrai que nous y avons supprimé un mot, qu'aucun littérateur de Liège n'a jamais pu déchiffrer, et nous avons mis des points à la place. Ce n'est point notre faute, si II. le traducteur d'Avignon n'écrit pas plus lisiblement. Au lieu de nous faire des reproches, il aurait mieux fait de nous dire le mot qui nous manque ; nous aurions pu du moins l'insérer dans cet errata. Au reste, notre prote, étant d'ailleurs homme de lettres et de foi, nous ayant avertis que le passage cité ne se trouve point dans Horace, que M. Huit-Etoiles nous avait indiqué pour auteur, nous avons cru devoir lui substituer le poète Hieronymus Vida. On trouvera sans doute dans son Art poétique le vers choisi par M. le traducteur d'Avignon.

En reconnaissance de cette importante correction, M. Huit- Étoiles nous permettra de ne faire nulle mention des chicanes qu'il nous fait au sujet des étoiles de son épître dédicatoire. Il veut, entre autres, que les huit siennes soient beaucoup plus minces. Est-ce à nous qu'il faut s'adresser pour cela ? Pénétrés comme nous le sommes de son mérite, nous ne devons pas être de moitié dans sa modestie. Et à l'égard des six étoiles de Mme la princesse de Six-Étoiles, que M. Huit-Étoiles ne trouve pas assez grosses, et auxquelles il veut qu'on en ajoute une septième (nous ne savons pas trop pourquoi, comme si six étoiles n'étaient pas fort honnêtes), nous l'assurons que nous nous conformerons à ses désirs, par rapport au nombre et à la grosseur des étoiles, dans une seconde édition.

Sans nous arroger le moins du monde le droit de mettre des entraves au génie des auteurs, qu'il nous soit permis de remarquer la sage économie de M. l'abbé Deux-Points, chanoine de l'église de Saint-Luc, et traducteur du Véritable Ami. En accordant à Mme la comtesse de Trois-Points, sous les auspices de laquelle il a jugé à propos de publier son ouvrage, trois points d'une grosseur raisonnable , il n'en a pris que deux pour sa personne. Nous osons avancer avec confiance que M. le traducteur d'Avignon eût mieux placé sa modestie dans le nombre que dans la grosseur des étoiles. Mais après en avoir pris huit pour luimême, M. Huit-Etoiles paraît n'avoir que trop senti la difficulté de porter les étoiles de M"R' la princesse de Six-Etoiles à un nombre fort supérieur aux huit siennes.

Quoi qu'il en soit, et en rendant justice au mérite de M. Huit- Etoiles, notre reconnaissance nous oblige de déclarer que M. l'abbé Deux-Points ne nous a chicanés ni sur la forme, ni sur le nombre des points et des étoiles dont il a eu besoin, et qu'en vertu de ses procédés avec nous, nous ne pouvons nous dispenser d'être persuadés que le susdit M. l'abbé Deux-Points est d'une humeur beaucoup plus aisée et d'un caractère infiniment plus facile que M. le traducteur d'Avignon avec toutes ses étoiles.

N. B. A l'article errata, ligne deuxième, lisez M. le docteur Goldoni au lieu de M. l'abbé Goldoni. Le lecteur est aussi prié de corriger les autres fautes d'impression dans les pièces de l'avocat.

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