‹ Correspondance littéraire (volume 5)Chapitre 66 sur 113 · Tome I · texte numérisé non relu

Tome I

Le premier volume commence par un discours qui est fort peu de chose sur l'étude de l'histoire naturelle. Le discours suivant roule sur la théorie de la terre :

!• M. de Buffon prétend que la terre a été autrefois tout à fait couverte par les eaux, et il le prouve par la quantité de coquillages qui se trouvent sur les plus hautes montagnes. Il soutient en second lieu que les eaux ont séjourné longtemps sur la terre. Nous trouvons, dit-il, très-souvent des couches de matière plus pesante posées sur des couches de matière plus légère, ce qui ne pourrait être si toutes ces matières, dissoutes et mêlées en même temps dans l'eau, se fussent ensuite précipitées au fond de cet élément, parce qu'alors les matières plus pesantes seraient descendues les premières et au plus bas, et chacune se serait arrangée suivant sa gravité spécifique.

2° M. de Buffon demande pourquoi les plus hautes montagnes se trouvent plus près de l'équateur que des pôles. II répond que le flux de la mer, en s' exerçant avec plus de force sous l'équateur que dans les autres climats, y porte beaucoup de matières. Il dit que la terre a un mouvement rapide sur son axe, et par conséquent une force centrifuge plus grande à l'équateur que dans toutes les autres parties du globe ; il résulte de ces deux observations que, quand même on supposerait que la terre est sortie des mains du Créateur parfaitement ronde, son mouvement diurne et celui du flux et reflux auraient élevé peu à peu les parties de l'équateur.

Tout le reste du volume renferme ce qui concerne les fleurs, les montagnes, les vents, les volcans, les pluies, etc. Il y a dans tout cela des faits extrêmement curieux. Mais M. de Buffon

en abuse souvent pour étayer son système favori, qui est que la terre a été fort longtemps submergée.

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