‹ Correspondance littéraireChapitre 117 sur 179 · Traduit par Butel-Dumont.) Paris, Jombert, 1760, in · texte numérisé non relu

Traduit par Butel-Dumont.) Paris, Jombert, 1760, in

notes. On date de cet acte la richesse et la puissance des Anglais; c'est-à-dire qu'il y a cent ans que cette nation savait fonder sa prospérité sur de bonnes lois. Il n'y en a pas vingt que la nation française a commencé à réfléchir sur ces objets importants, jusqu'à présent sans profit, puisque les ministres n'ont encore fait aucune opération en conséquence des lumières acquises par la nation.

— Elixir de la morale indienne. Cet ouvrage, aussi traduit de l'anglais, est attribué à milord Ghesterfield. C'est un recueil de maximes parmi lesquelles il y en a de belles. On l'avait déjà traduit, il y a sept ou huit ans, sous le titre à' Économie de la vie humaine^,

— Lettres de ilf***^. Ce recueil paraît l'ouvrage d'un jeune homme qui sort du collège. Vous y trouverez les sentiments, le goût, les connaissances et le style d'un écolier qui ne promet guère. Il y a beaucoup de physique dans ces lettres.

— Les Céramiques y ou les Aventures de Nicias et d'Antiope, par M. de Saint-S... % sont un roman en deux volumes dans le goût de celui du Télémaque. Ce roman n'a été lu de personne. Horace vous a appris ce qu'il faut penser des imitateurs. Il est aisé de juger que lorsque le modèle est froid, sans vigueur de coloris et sans verve, l'imitation en devient plate et insipide.

— Les Mémoires de 7nilady B.,,^ ont assez plu à quelques femmes et n'ont pu réussir malgré leur suffrage. Le libraire a mis sur le titre : par M""*/?..., et par un petit avis louche qui se trouve à la tête du premier volume il a voulu nous faire entendre que ces mémoires étaient l'ouvrage de M'"*' Riccoboni ; mais il était trop aisé de voir que M'"^ R... ne ressemblait pas au charmant auteur des Lettres de Juliette Catesby,

— Mémoires politiques et militaires de notre temps^ ou Recueil de lettres françaises trouvées par les Hanovriens lors de

1. Attribue à Ghesterfield et à Hutcheson, cet ouvrage est en réalité de Robert Dodsley. Barbier lui a consacré (au mot Économie de la vie humaine) une longue note à laquelle nous renvoyons le lecteur.

2. (Par le marquis de Béthisy.) Manhcim et Paris, 17G0, in-12.

3. (Par Galtier de Saint-Symphorien.) Londres (Paris), 1760, 2 vol. in-12.

4. Paris, 1760, 4 vol. in-12. Quérard et M. Paul Lacroix attribuent à M"'= do La Guesnerie ce roman, que la troisième édition de Barbier donne à M"'^ Riccoboni, 11 n'a pas été d'ailleurs réimprimé dans les OEuvres complètes de celle-ci.

la bataille de Minden\ Sous ce titre, on a publié des remarques générales sur la décadence de la discipline, sur la conduite des généraux, sur les causes de nos désastres. C'est l'ouvrage de quelque lieutenant d'infanterie. Il faut qu'il soit bien mauvais, puisque, malgré les traits de satire dont il fourmille, il n'a pu se faire lire. Le titre était excellent pour en faire une satire sanglante.

— Les Philosophes de bois sont une mauvaise farce qu'on a fait jouer à Passy par les marionnettes. C'est une production du génie de M. Bertin, trésorier des parties casuelles-.

— M. de La Grange a mis V Écossaise de M. de Voltaire en vers, scène par scène, et l'a fait jouer au théâtre de la Comédie- Italienne^. Cette Écossaise versifiée vient d'être imprimée.

— Le Sentiment d'un inconnu sur l'Oracle des nouveaux philosophes, pour servir d' éclaircissement et d*errata à cet ouvrage''. Cette brochure, qui vient de paraître, est dédiée à M. de Voltaire, à qui l'auteur cependant ne veut rendre que la justice la plus exacte. L'Oracle des nouveaux philosophes^ que nous devons à un certain abbé Guyon, est un des plus impertinents ouvrages de nos jours, qui en ont vu éclore un si grand nombre. L'abbé Guyon peut disputer le pas à maître Abraham Chaumeix ; il serait difficile de dire lequel de ces deux écrivains est le plus bête et le plus méchant. Il faut donc que l'inconnu ait eu bien du temps à perdre pouv l'employer à réfuter un barbouilleur aussi méprisable.

— Il ne faut pas passer sous silence une lettre adressée à M. Le Franc de Pompignan par M. le marquis de Mirabeau, auteur de VAmi des hommes^. C'est une épître de consolation sur les malheurs que son discours lui a attirés. J'y ai trouvé une belle

1. Ces Mémoires et ces Lettres forment, selon Barbier, les neuvième et dixième séries des Mémoires -pour servir à l'histoire de notre temps, par VObservateur hollandais, de Moreau et Wattel. Voir la note du Dictionnaire des anonymes à ce titre.

2. Mouhy attribue cette parodie à Poinsinet de Sivry, sous le pseudonyme de Cadet de Beaupré. Paris, 1760, in-i2.

3. Représentée le 20 septembre 1760, et imprimée chez Duchesne, 1761, in-12.

4. (Par Chaumeix.) Villefranche, chez Philalèthe, à la Bonne Foi, 1760, in-S''.

5. Mirabeau avait publié en 1755 un Examen des poésies sacrées de Pompignan, que celui-ci a réimprimé en têts d'une édition de luxe de ses fameux « cantiques » ; mais nous n'avons pu retrouver l'épître dont parle Grimm.

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